DU PARLEMENT SOUS LE MINISTÈRE DUBOIS
«t de l'absurdité mohniste. H avait, dans le commencement de «a régence, abandonné le parti jésuitique à l'indignation et ad mépris de la nation. H avait longtemps favorisé le cardinal de Noailles et ses adhérents, persécutés sous Louis XI? par le jésuite Le Telfcer ; mais les temps changèrent lorsque, après une guerre de courte dorée, il se réconcilia arec le roi d'Espagne Philippe V, et qu'il forma le dessein de marier le roi de France avec l'infante d'Espagne, et Time de ses filles avec le prince des Asturies. Le roi d'Espagne PhiKppe ▼ était gouverné par un jésuite, sen confesseur, nommé Daubenton. Le général des jésuites exigea pour article prèfinrinaire des deux contrats qu'on reçut la bulle en France comme un article de foi. C'était un ridicule digne des usages introduits dans une partie de l'Europe, que le mariage de deux grands princes dépendit d'une dispute sur la grâce efficace ; mais enfin on ne put obtenir le consentement du roi d'Espagne qu'à cette condition.
Celui qui ménagea toute cette nouvelle intrigue rat l'abbé Dubois, devenu archevêque de Cambrai. II espérait la dignité de cardinal. C'était un homme d'un esprit ardent, mais fin et délié. U avait été quelque temps précepteur du duc d'Orléans ; enfin de ministre de ses plaisirs il était devenu ministre d'État. Le duc de Vailles et" le marquis de Canillac, en parlant de lui au régent, ne rappelaient jamais que l'abbé Friponneau. Ses mœurs, ses débauches, ses maladies qui en étaient la suite, sa petite mine, et sa basse naissance *, jetaient sur lui un ridicule ineffaçable; mais il n'en devint pas moins le maître des affaires.
Il avait pour la bulle Unigenitus plus de mépris encore que les évéques appelants, et que tous les parlements du royaume ; mais il aurait essayé de faire recevoir l'Àlcoran, pour peu que l'Àlceran eût contribué à son élévation.
C'était un de ces philosophes dégagés des préjugés, élevé dans sa jeunesse auprès de la fameuse Ninon de l'Enclos. Il y parut bien i à sa mort, qui arriva deux ans après. Il avait toujours dît à ses amis qu'il trouverait le moven de mourir sans les sacrements de l'ÉgHse, et il tint parole.
Voilà l'homme qui se mît en tète de faire ce que Lattis XIV n'avait pu, d'obliger le cardinal de Noailles à rétracter son appel