DE L'ÀBOLISSEMENT DES JÉSUITES
dait avec les pierres de Port-Royal, qu'ils avaient détrait sous Louis XIV «.
Pendant qu'on avait plaidé cette cause, tous les esprits s'étaient tellement échauffés, les anciennes plaintes contre cette compagnie s'étaient renouvelées si hautement, qu'avant de les condamner pour leur banqueroute, les chambres assemblées avaient ordonné, dés le 17 avril, qu'ils apporteraient leurs constitutions au greffe. Ce fut l'abbé Ghauvelin qui, le premier, dénonça leur institut comme ennemi de l'Ëtat, et qui par là rendit un service éternel à la patrie.
Ils obtinrent par leurs intrigues que le roi lui-même se réserverait dans son conseil la connaissance de ces constitutions : en effet, le roi ordonna, par une déclaration, qu'elles lui fussent apportées. La déclaration fut enregistrée au parlement le 6 août ; mais le même jour, les chambres assemblées firent brûler par le bourreau vingt-quatre gros volumes * des théologiens jésuites. Le parlement remit au roi l'exemplaire des constitutions de cet ordre ; mais il ordonna en même temps que les jésuites en apporteraient un autre dans trois jours, et leur défendit de recevoir des novices et de faire des leçons publiques, à commencer au 4" octobre 1761. Ds n'obéirent point ; il fallut que le roi lui-même leur ordonnât de fermer leurs classes, le 1*' avril 1762; et alors ils obéirent.
Pendant tout le temps que dura celte tempête qu'eux-mêmes avaient excitée, non-seulement plusieurs ecclésiastiques, mais encore quelques membres du parlement les rendaient odieux à la nation par des écrits publics. L'abbé Chauvelin fut celui qui se distingua le plus et qui hâta leur destruction.
Les jésuites répondirent; mais leurs livres ne firent pas plus d'effet que les satires imprimées contre eux du temps qu'ils étaient puissants. Tous les parlements du royaume, l'un après l'autre, déclarèrent leur institut incompatible avec les lois du royaume. Le 6 août 1762, le parlement de Paris leur ordonna c de renoncer