‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens, ou, Recherche sur les éléments premiers de cette écriture sacréeChapitre 32 sur 79 · En colonnes perpendiculaires, se succédant de gauche · texte numérisé non relu

En colonnes perpendiculaires, se succédant de gauche

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a droite ', fa tête des animaux est tournée vers la gauche ( i ) ;

3.° En lignes horîiontales , les signes allant de droite à gauche; la tête des animaux regarde la droite;

4.'^ En lignes horizontales , les signes allant de gauche a droite; la tête des animaux regarde alors la gauche.

25. La première et la seconde de ces dispositions sont les plus habituelles dans les manuscrits hiéroglyphiques; les autres sont usitées dans les bas-reliefs et les peintures , lorsque les légendes se rapportent à des personnages ou à des objets regardant vers la gauche.

2.6, Ainsi une ligne d'hiéroglyphes, composée de caractères représentatifs , figure une sorte de procession régulière, toutes les images d'êtres animés paraissant suivre la marche du signe initial; et c'est probablement pour indiquer cette direction, que presque toutes les figures d'hommes, de quadrupèdes, de reptiles, d'insectes et d'oiseaux ont été dessinées de profil , ce qui d'ailleurs était bien plus commode et plus expéditif.

Ici se terminent les observations relatives au matériel des inscriptions hiéroglyphiques. Nous devons ajouter que cette disposition régulière des signes distingue déjà, d'une manière tranchée, un livre égyptien, de ce qu'on a voulu appeler un livre mexicain ; l'un est un

(i) II existe au cabinet dti Roi un très- beau manuscrit hiéroglypliique, qui fait exception à cette règle : les colonnes de caractères se succèdent de gauche à droite ; mais les signes sont rangés de droite à gauche ; les têtes des animaux regardent aussi la droite. C'est le seul exemple que je connaisse d'une disposition semblable.

( ^7' ) vtf) table livre ; l'autre ne sera jamais qu'un tableau ou une série de tableaux.

S. V. De V expression des Signes et de leurs différentes espèces,

27. II existe nécessairement parmi les caractères qui forment ces textes pittoresques , et pour ainsi dire animés par des images fidèles des productions principales de la nature et de Tart, difFérens modes d'expression, qui tous, mais par un chemin plus ou moins direct, concourent à un même but, la représentation des idées.

Il est facile, en effet, de comprendre que toutes ces images si diverses ne peuvent être prises au propre, surtout celles qui, dans leur composition, violent les règles immuables de la nature (i). D'un autre côté, on conçoit difficilement l'existence d'une écriture formée de signes représentatifs des choses, qui, dédaignant toujours l'expression propre des signes qu'elle emploie, procéderait seulement par des tropes , des symboles et des méthodes énigmatiques , à la représentation des idées et de leurs objets même les plus matériels. On ne comprendrait point davantage qu'un peuple ai'rivé à un assez haut degré de développement moral, eût sanctionné et perpétué l'usage d'une écriture absolument indépendante de sa langue parlée.

28. Le nombre immense d'inscriptions conçues en- Ci) Supra, 4, page 255.

ces caractères images dobjers physiques, et qui couvrent les monumeiis publics et privés des Égyptiens de tous les âges, prouve d'abord l'emploi général de l'écriture hiéroglyphique dans toute la vallée du Nil; fait soupçonner que cette écriture ne fut point jadis aussi difficile à apprendre que nous pouvons le croire, et sur-tout que ^ ce système ne fut jamais réservé, comme on voudrait parfois le soutenir encore, à une petite fraction , à une classe privilégiée de la nation égyptienne. Clément d'Alexandrie ne nous dit-il point en effet que, même iS de son temps, ceux qui parmi les Egyptiens recevaient

de l'instruction , apprenaient les trois genres d'écritures égyptiennes, l' epistolographique , l'hiératique et I'hiéro- GLYPHIQUE (i)!

2p. Nous devons croire en Conséquence que le système hiéroglyphique reposait, en très-grande partie, sur des principes fort simples; qu'il ne se priva point de l'emploi de caracthres fguratifs des objets pour exprimer ces objets mêmes , et c'est en effet la première méthode qui s'offre à l'esprit de l'homme pour perpétuer le souvenir des choses ; qu'il recourut forcément à des caractères tropiques, mais qu'il parvint bientôt à se lier intimement avec la langue parlée , en s'accroissant d'un troisième ordre de signes d'une nature fort différente de celle des deux autres.

Ces diverses propositions seront développées et prouvées dans les paragraphes suivans.

(i) Stromates. Livre V, Chap. 4-

S. VI. Des Carac thés figuratifs.

2c). On doit entendre par caractères figuratifs , des signes qui, parleurs formes matérielles, sont une imagée des objets mêmes dont ils doivent exprimer l'idée dans un système d'écriture.

30. Des caractères de cette nature existèrent incontestablement dans récriture sacrée des Egyptiens.

Nous avons vu d'abord que tous les noms propres de simples particuliers , écrits en hiéroglyphes , sont terminés par un caractère représentant un homme (i), si ces noms sont maculins , et par le caractère représentant \xwQ femme [z], si ces noms propres sont féminins.

3 I . Toutefois on pourrait considérer ces deux signes , non comme des caractères véritablement figuratifs , mais comme de simples marques d'espèce ou de genre.

Et en effet, tous les noms propres égyptiens étant significatifs par eux-mêmes > il devenait indispensable de distinguer d'une manière particulière les groupes de signes qui les exprimaient, pour qu'on vît bien qu'ils étaient l'expression d'un nom propre, et non celle d'un verbe, d'un participe, d'un adjectif, d'un nom commun, ou même d'une courte proposition. Ainsi, par exemple, si le groupe numéroté 1^4 ^^^ dans notre Tableau général , était dénué de son signe final, le caractère homme, ce ne serait plus un nom propre,

(i) Tableau général, n.'* 153, I54> ^c. &c.

(2) Ibidem^ n.*" 158, 159, 162, 16), 169, 176, I78,<5cc.&c.

( ^74 ) ^jw.n^>,2>s Amotmiûî , mais une simple qualification C^^u-^u-M, chéri d'Ammon , que prennent habitueilement les souverains de l'Egypte parmi leurs titres dans leurs légendes.

32. Mais il est impossible de méconnaître de véritables caractères figuratifs dans les signes du texte hiéroglyphique de Rosette qui expriment les mots du texte grec Veto ç , chapelle, èita»»!, image, ^oclvov y statue ,rejcvoVt enfant, cta-ynt;, aspic, et stèle; ces divers objets sont représentés très-fidèlement dans le courant du texte (i).

33. Il est nécessaire d'indiquer ici plusieurs autres exemples de l'emploi de caractères figuratifs.

i.° Dans la dédicace du temple de Ouady-Essebouâ en Nubie, par Ramsès le Grand, dédicace dessinée par M. Huyot, et dont on publiera bientôt le texte et la traduction , il est question de l'édifice et des sphinx qui le précèdent; et cette dédicace est reproduite sur le socle même des sphinx, qui y sont indiqués figurativement par leur image parfaitement détaillée (Tableau général, n.*^ 3° 0*

2.° L'inscription qui décore l'appui des colosses oriental et occidental de Louqsor, présente parmi ses signes l'image môme de ces colosses (Tableau général, n.° 2^p), dont l'énorme proportion est exprimée par un groupe de deux caractères, qui signifie ^mW, placé sous l'image de la statue.

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