‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens egyptiens, ou, Recherches sur les élémens premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes (volume 3)Chapitre 45 sur 45 · LES OUVRAGES INTITULÉS · texte numérisé non relu

LES OUVRAGES INTITULÉS

Lettre a A4* D acier , relative a V alphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les Egyptiens pour écrire sur leurs monumens les titres, les noms et les surnoms des souverains grecs et romains ; par jM. Champoilion Je jeune. Paris, 1822, in^Sé Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens , ou Recherches sur les élémens premiers de cette écriture sacrée , sur leurs diverses combinaisons, et sur le rapport de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes ; par A4, Champoilion Je jeune; avec un volume de planches. Paris, 1824, in-S'l An Account of some recent discoveries in hieroglyphical literature and egyptian antiquîties , includingthe autor s original alphabet, as extended by A4. Champoilion , with a traduction of Jtve unpublished greek and egyptian manuscripts ; by Thomas Young, M. D. P. F* S., fellow of the royal college of physidans* — Exposé de quelques découvertes récentes concernant la littérature hiéroglyphique et les antiquités égyptiennes , où se trouve r alphabet original de V auteur , augmenté par A4. Cham» ^ poilion , avec la traduction de cinq manuscrits grecs et égyptiens inédits; par Tf. Thomas Young, &c, Londres, 1823, in^Sd

Par M. le Baron SILVESTRE DE SACY.

Extrait du Journal des Savans, Mars 1825.

La lettre à M. Dacier n’est, sous une autre forme, que le mémoire lu par M. Champoilion le jeune, devant l’académie

royale des inscriptions et belles-lettres, Je 17 septembre 1822, et dont il a été donné, par l’auteur lui-même, une analyse détaillée dans le Journal des Savans, du mois d’octobre de la même année. Je ne la rappelle donc ici que parce que les découvertes qu’elle contient, et qui, avant même sa publication, étoient venues à la connoissance de M. Th. Young, ont donné lieu, de la part de ce savant, à une réclamation qu’on peut considérer comme le principal objet du volume intitulé , Exposé de quelques découvertes récentes concernant la littérature hiéroglyphique, M. Champollion a répondu à cette réclamation dans le premier chapitre de son Précis du système hiéroglyphique des Egyptiens , et il a, à mon avis, complètement démontré que, malgré quelques légers points de contact entre les résultats des conjectures de M. le docteur Young et ceux qu’il a d’abord obtenus de la découverte dont l’honneur lui est dû, leurs manières de procéder sont essentiellement différentes l’une de l’autre, et qu’en adoptant pour base du déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique des Egyptiens , les idées fondamentales du travail de M. Young, on se seroit égaré dans une fausse direction, et on n’eût fait qu’augmenter le nombre des conjectures hasardées dont les hiéroglyphes ont été l’objet. Nous croyons que ce jugement sera confirmé par tous les savans , de quelque nation que ce soit , qui examineront avec impartialité les droits respectifs de M. Young et de M. Champollion, à l’honneur d’avoir découvert la route qui peut conduire à l’intelligence des anciens monuméns écrits de l’Egypte. Nous ne nions point que les travaux du savant anglais n’aient pu contribuer à suggérer à notre compatriote quelqu’une des idées qui , après bien des tâtonnemens , l’ont enfin amené à adopter certains principes féconds en heureux résultats; mais on sait qu’un bon esprit peut puiser quelques lumières dans les erreurs mêmes de ceux qui l’ont précédé dans la carrière qu’il embrasse. Je n’en dirai pas davantage sur cette réclamation, qui d’ailleurs semble être déjà oubliée.

Les lecteurs de ce Journal connoissent déjà, par l’analyse du mémoire de M. Champollion. insérée dans le cahier d’octobre 1822, la marche par laquelle ce savant est parvenu à recon-

noître dans récriture égyptienne, lempioi vraiment alphabétique de certains caractères originairement hiéroglyphiques, qui perdent accidenteilement leur valeur idéographique pour devenir des signes de sons ou d’articulations , et auxquels , h raison de cet emploi , notre auteur a donné le nom ^hiéroglyphes phonétiques. L’emploi des hiéroglyphes phonétiques n’avoit d’abord été re-connu que dans des mots d’origine étrangère , je veux dire grecs ou, latins; et en effet, supposé même que les anciens Egyptiens n’eussent point eu d’autre système d’écriture que le système idéographique pur et sans aucun mélange, on pourroit conjecturer à priori qu’ils avoient dû être amenés nécessairement, comme les Chinois, à dépouiller quelquefois leurs caractères hiéroglyphiques de leur valeur idéographique, pour les réduire à la simple fonction de signes des sons et des articulations. Autrement ils eussent été constamment dans l’impossibilité d’exprimer un nom propre étranger, et le son d’un mot appartenant à fout autre idiome qu’à leur propre langue. On pouvoit encore, par le seul raisonnement et sans invoquer le témoignage d’aucun fait , imaginer que , supposé la priorité du système d’écriture hiéroglyphique sur toute autre méthode graphique , cette conversion des signes idéographiques en signes purement phonétiques, avoit été le premier germe de toute écriture alphabétique.

L’usage des hiéroglyphes phonétiques eût-il été rigoureusement borné à la transcription des noms étrangers à la langue égyptienne , la découverte de A^. Champolîion auroit déjà offert un grand intérêt historique, puisqu’elle donnoit un moyen sûr de reconnoître l’âge d’un grand nombre de monumens de i’Égypte , et de substituer des dates certaines à des suppositions fantastiques adoptées beaucoup trop légèrement, mais dont la fausseté ne pouvoit être établie que d’une manière indirecte. Mais Al. Champolîion , faisant à chaque instant quelques découvertes nouvelles qui augmentoient le prix de l’instrument qu’il s’étoit formé pour le déchiffrement d’une partie de l’écriture égyptienne, en même temps qu’elles conhrmoient la vérité des premiers résultats obtenus, ne craignit point de dire, à la fin de

sa iettre à M. Dacier, qu’il pouvoit avancer, «avec quelque « certitude , que l’usage d’une écriture auxiliaire , destinée à «représenter les sons et les articulations de certains mots, >3 précéda, en Egypte, la domination des Grecs et des Romains, « quoique, ajoute-t-il, il semble très- naturel d’attribuer l’intro- « ducîion de l’écriture semi-alphabétique égyptienne à l’influence « de ces deux nations européennes, qui se servoient depuis long- >> temps d’un alj)habet proprement dit. « Et ce qu’il semble énoncer dans ce passage, avec quelque réserve, il le dit bientôt d’un ton plus affirmatif, quoiqu’il n’en apporte encore , pour le moment , aucune preuve. «J’ai la certitude (ce sont ses propres termes) que les mêmes signes hiéroglyphiques phoné- « tiques , employés pour représenter les sons des noms propres « grecs et romains , sont employés aussi dans des textes idéo- « graphiques gravés fort antérieurement à l’arrivée des Grecs en « Egypte, et qu’ils ont déjà, dans certaines occasions, la même « valeur représentative des sons ou des articulations , que dans « les cartouches gravés sous les Grecs et sous les Romains .... «Je pense donc que l’écriture phonétique exista en Egypte à « une époque fort reculée ; quelle étoit d’abord une partie né- « cessaire de l’écriture idéographique, et qu’on l’employoît aussi « alors , comme on le fit après Cambyse , à transcrire ( gros- « sièrement, il est vrai) dans les textes idéographiques, les « noms propres des peuples, des pays, des villes, des souverains « et des individus étrangers dont il importoit de rappeler le « souvenir dans les textes historiques ou dans les inscriptions « monumentales. «

II est évident qu’au moment ou M, Champollion écrivoit cela, il ne regardoit encore l’emploi des hiéroglyphes phonétiques que comme un auxiliaire du système d’écriture idéographique, comme une exception au principe général de l’écriture égyptienne, exception à laquelle on n’avoit recours que lorsqu’on ne pouvoit pas s’en dispenser. On va voir que de nouveaux faits en grand nombre ont considérablement modifié sur ce point sa manière de voir.

C’est en effet ce que M. Champollion annonce dès les pre-

inières pages de son Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens, Ce n’est pins seulement comme moyen auxiliaire et non indispensable du système hiéroglyphique égyptien qu’iJ doit considérer l’écriture phonétique, ce n’est plus même comme une écriture qui s’appiiquoit , déjà avant Cambyse, à la seule transcription des noms propres de pays, de peuples ou d’individus étrangers h l’Egypte , l’écriture idéographique demeurant seule en possession d’exprimer les idées et les noms nationaux; les nouveaux aperçus que lui offre chaque jour l’application de son alphabet phonétique, lui ont appris à voir dorénavant dans récriture phonétique une partie essentielle , nécessaire et inséparable de l’écriture hiéroglyphique , en un mot à l’envisager comme lame même de ce système. L’auteur auroit désiré réserver ces nouveaux résultats de ses études , pour en faire l’objet d’un grand ouvrage où ils pussent être offerts aux lecteurs dans toute l’étendue de leurs applications et de leurs conséquences ; mais de puissantes considérations l’ont déterminé à présenter au public, dont l’attention avoit été éveillée et la curiosité fortement excitée par la publication de ses premières découvertes , cette nouvelle série de faits et de déductions, d’une manière ^très- sommaire , mais pourtant suffisante pour leur conserver toute leur certitude, et tout l’intérêt auquel ils ont droit.

Le but principal de ce nouvel ouvrage est de démontrer , par les faits , les quatre propositions suivantes :

* id L’alphabet hiéroglyphique découvert par l’auteur, s’applique aux légendes royales hiéroglyphiques de toutes les époques ;

2d La découverte de l’alphabet phonétique des hiéroglyphes, est la- véritable clef de tout le système hiéroglyphique;

3. ° Les anciens Egyptiens l’employèrent à toutes les époques, pour représenter alphabétiquement les sons des mots de leur langue parlée ;

4. ° Toutes les inscriptions hiéroglyphiques sont, en très-, grande partie, composées de signes purement alphabétiques, et tels qu’ils ont été déterminés par l’auteur.

Après avoir établi ces propositions sur des faits nombreux ,

eî avoir cherché à connoitre la nature des diverses sortes de caractères qui sont empfoyés siinuiîanément dans les textes hiéroglyphiques , l’auteur en déduit une théorie qui n’est plus que l’énoncé des mêmes faits sous forme de propositions abstraites et générales. «Cette théorie j dit M. Champollion, sera « tout-à-fait neuve, et certaine, j’ose le dire, puisqu’elle résufw tera des faits. Elle nous conduira d’abord à reconnoître le sujet >3 et le contenu souvent tout entier d’un assez grand nombre » d’inscriptions hiéroglyphiques , et par des travaux successifs » qu’elle rend désormais possibles, conçus toutefois et dirigés 35 par ses principes, elle nous donnera bientôt l’intelligence 35 pleine et entière de tous les textes hiéroglyphiques. «

Peut-être est--il permis encore de douter que l’espoir conçu par M. Champollion et exprimé dans ces derniers mots , se réalise en entier. Peut-être y a-t-il encore dans le système graphique des Égyptiens quelque procédé qui s’est dérobé jusqu’ici et se dérobera encore long-temps aux efforts de notre auteur et de ceux qui marcheront dans la route que le premier il a ouverte; peut-être enfin, faute de connoître dans toute son étendue l’ancienne langue des Égyptiens, et les changemens qui ont pu s’introduire pendant une longue suite de siècles, soit dans sa structure grammaticale, soit dans sa nomenclature, enfin les divers dialectes cjui ont pu être en usage simultanément en diverses parties de l’empire des Pharaons, serons-nous réduits à deviner le sens de plus d’un mot dont nous aurons bien reconnu les éléraens et la prononciation. Mais , par bonheur , un succès complet n’est pas absolument nécessaire pour que la découverte de M. Champollion reçoive de l’Europe savante l’accueil qu’elle mérite ; et les nombreux rayons de lumière quelle a jetés , dans un court espace de temps, sur l’histoire, la chronologie et les monumens de l’Egypte, en la confirmant et lui assurant une place parmi les vérités les mieux démontrées, pourroient suffire pour garantir à son auteur la reconnoissance de tous les amateurs de l’antiquité.

L’ouvrage de M. Champollion, comme on a déjà dû le pressentir par ce que j’en ai dit , se divise naturellement en

deux parties, i’une analytique et Fautre synthétique : cette dernière étant déduite de la première, a dû aussi être rejetée ii fa fin de J’ouvrage. C’est ce que l’auteur fui- même exprime dans son introduction , en disant : « Les conséquences ne devant venir qu’après l’énonciation des faits , forment donc le sujet du huitième (c’est une faute, il falloit dire du dixième) chapitre » de mon ouvrage , que plus d’un lecteur peut-être sera tenté >3 de regarder comme le premier; mais il ne pourra me savoir ■>3 mauvais gré d’avoir plutôt cherché à le convaincre par des faits 5= seuls , qu’à lui inspirer mes opinions qu’il n’auroit pu adopter 33 que de confiance, Toutefois nous à qui il seroit impossible de suivre M. Champollion dans l’exposé et la discussion des faits qui servent de base à sa théorie, et qui d’ailleurs pourrions à peine nous faire comprendre sans le secours des planches et des tableaux qui forment une partie essentielle de son ouvrage , nous croyons devoir nous borner à la partie synthétique de son travail, c’est-à-dire, à l’exposition de sa théorie, au moins dans ses propositions fondamentales. Les lecteurs voudront bien supposer que tous les faits sur lesquels repose cette théorie, nous ont paru solidement établis; et si quelque partie de cette même théorie nous semble aller au-delà de ce qui résulte rigou» reusement des faits, nous en ferons l’objet de nos observations. Pour les personnes qui voudront juger par elles-mêmes , et en pleine connoissance de cause, la découverte de M. Champollion, elles devront recourir à son ouvrage, et nous ne croyons pas que leur jugement diffère essentiellement de celui que nous en portons.

Le système graphique des Egyptiens se composoit de trois espèces d’écriture auxquelles M. Champollion donne les noms di hiéroglyphique ou sacrée, hiératique ou sacerdotale , démotique ou populaire. Dans l’écriture hiéiogîyphique , on employoit simultanément trois espèces bien distinctes de signes , savoir, î.° des caractères représentant l’objet même qu’ils servoient à exprimer, ou une partie principale et caractéristique de cet objet; 2.° des caractères exprimant une idée par l’image d’un objet physique qui avoit une analogie vraie ou fausse , directe

ou indirecte, prochaine ou éloignée, avec cette idée; 3.'*" des caractères exprimant ies sons et les articulations de la langue pariée , mais toujours au moyen d’images et d’objets physiques. Notre auteur appelle les caractères de la première espèce, hiéroglyphes figuratifs, et ceux de la seconde, hiéroglyphes symboliques, tropiques ou énigmatiques ; ceux de la troisième espèce sont nommés par lui hiéroglyphes phonétiques, La seconde espèce de caractères se compose, tantôt de symboles faciles à deviner et qu’on pourroit appeler naturels, comme sont un roseau et une palette pour Y écriture , une cassolette et grains d'encens pour l’adoration, tantôt de symboles ])Ius subtils et qu’on pourroit nommer métaphoriques , tels que les parties antérieures d^un ' lion, pour la force ; le vol d'un épervier pour le vent ; tantôt enfin de symboles de pure convention, qu’il est presque impossible de deviner à priori, parce qu’ils tiennent à des idées ou à des préjugés particuliers à la nation qui en faisoit usage : on peut appliquer h ceux-ci la dénomination d’énigmatiques. C’est ainsi que le scarabée étoit le symbole de la nature mâle , ou de la paternité, et le vautour, celui de la nature femelle , ou de la maternité.

Les hiéroglyphes figuratifs et les hiéroglyphes symboliques sont employés toujours en moindre proportion que les hiéroglyphes phonétiques. Peut-être cette proposition , tout-à-fait contraire à ce qu’on seroit tente de supposer, n’est-elle pas jusqu’ici complètement démontrée.

Quant aux hiéroglyphes phonétiques , ce sont de véritables signes alphabétiques qui se combinent entre eux pour former des mots, comme les lettres de tout autre alphabet, de telle sorte cependant que dans cette écriture , comme dans les écritures hébraïque , phénicienne , syriaque et arabe , les voyelles médiales des mots sont très-souvent supprimées. Il faut encore observer que les hiéroglyphes phonétiques, au lieu de s’écrire parallèlement sur des lignes horizontales, comme les caractères de ces autres écritures, se superposent souvent, et d’une manière variée , soit en colonnes j:)erpendiculaires , soit en lignes horizontales, suivant la disposition du texte, ce qui en rend la

îecture un peu compliquée. Tout /hiéroglyphe phonétique est l’image d’un objet physique dont le noui , dans la langue égyp tienne parlée, commençoit par le son voyelle ou par l’articulation que le signe phonétique est destiné à exprimer. Ainsi une mam exprime la consonne T , et une bouche la consonne R, parce qu’en égyptien le mot TOT exprime la main, et le mot RO la bouche. Ceci, pour le dire en passant, sem!)le prouver l’antériorité de l’écriture hiéroglyphique proprement dite, sur l’écriture alphabétique. Par suite du procédé par lequel les hiéroglyphes figuratifs sont devenus des caractères alphabétiques, il est arrivé tout naturellement que chaque son et chaque articulation ont pu être et ont été effectivement représentés par plusieurs signes différens , employés équivalemment; ces divers hiéroglyphes phonétiques sont alors respectivement homophones. J’ai dit employés équivalemment et non pas indifféremment , parce que celui qui tra^çoit les caractères a pu être guidé dans son choix entre divers hiéroglyphes homophones, par l’intention d’attacher à la chose dont il écrivoit le nom , des idées de respect ou de mépris, d’amour ou de haine, de joie ou de tristesse. Cette espèce de poésie de l’écriture est pratiquée par les Chinois, et elle a pu l’être par les Egyptiens. Cette partie de la théorie de M. Champollion pourroit sembler la partie foibfe de son système, d’autant plus que les caractères homophones qu’il offre sur son tableau, sont déjà très -nombreux , et que les homoj)hones paroissent devoir encore se multiplier, à mesure qu’on pénétrera plus avant dans la connoissance de l’écriture égyptienne. Mais les faits nous semblent parler trop clairement en faveur de cette proposition, pour qu’on puisse encore la révoquer en doute.

L’usage des caractères phonétiques n’est point particulier aux monumeiis égyptiens d’une certaine époque, ou renfermé dans certainesMiinites chronologiques; au contraire, on reconnoît l’emploi simultané des trois sortes de signes , dans toutes les inscriptions hiéroglyphiques tracées sur des monumens du style égyptien ; et , pour copier ici les propres expressions de M. Champollion, «il est prouvé, p.ir une série de monurnens

» publics, que i’écriture sacrée, tout-à-îa-fois figurative, symboclique et phonétique, fut en usage, sans interruption, en 35 Egypte, depuis le siècle avant i’ère vulgaire jusqu^à fa

33 conversion totale des Égyptiens au christianisme , sous fa 33 domination romaine, époque à faqueffe toutes fes écritures 33 égyptiennes furent rempfacées par l’écriture copte, c’est'à- ^3 dire, par l’aiphabet grec, accru d’un certain nombre de 33 signes d’articuîations , tirés de f’ancienrie écriture démotique - 33 égyptienne, 33 En reportant fa date des plus anciens monumens ou notre auteur a reconnu l’empfoi simufîané des trois sortes de caractères hiéroglyphiques, auXïX.^ siècle, M. ChaiU' poffion suppose prouvé îe système de chronologie égyptienne fondé sur Manéthon et sur fes monurnens eux-mêmes qui ont été l’objet de ses études, La démonstration de fa concordance de ces deux autorités , et une chronologie des souverains de î’Égypte établie sur leur comparaison, devront, je pense, devenir l’objet d’un travail spécial; mais on sent que M. Champoilion a dû, dans cet ouvrage, se contenter de quelques aperçus , qui toutefois semblent ne devoir pas être sujets à de grandes erreurs.

Deux nouveaux systèmes d’écriture , dérivés de l’écriture hiéroglyphique ou sacrée , furent inventés, plus tard sans doute , et vraisemblablement dans la vue de rendre l’art d’écrire d’une exécution plus rapide et plus usuelle. De ces deux nouveaux systèmes, le premier est 1 écriture hiératique ou sacerdotale , qui dérive immédiatement de l’écriture sacrée, et n’en est qu’une sorte de tachygraphie. Dans i’écriture hiératique , la forme des signes est considérablement abrégée ; du reste elle se compose, comme i’écriture sacrée, de signes figuratifs, de signes symboliques et de signes phonétiques : mais les deux premiers ordres de signes sont souvent remplacés, soit par des signes formés, ce semble, arbitrairement, et dont on n’aperçoit point le rapport avec le signe qui leur correspond dans l’écriture hiéroglyphique, soit par des groupes de caractères phonétiques. M. Champollion conjecture que l’emploi de l’écriture hiératique a été limité à la transcription des inscriptions religieuses et des textes qui

avoient pour objet des choses sacrées, et ii affirme que tous ies manuscrits hiératiques connus, soit qu’ils remontent à l’époque des Pharaons, soit qu’ils aient été écrits du temps de la domination grecque ou romaine , appartiennent à un seul et même système d’écriture, quelle que soit d’ailleurs la différence qu’on croit apercevoir au premier coup d’œil dans le tracé des caractères.

La dernière espèce d’écriture, celle h. laquelle M. Champollion donne les noms de démotïque ,^épistolograp}iïqueo\xdienchonale , dérive de l’écriture hiératique. Elle se compose, pour la trèsgrande partie , de caractères phonétiques , exclut presque entièrement les signes figuratifs, et n’admet les caractères symboliques qu’en petit nombre, et seulement quand il s’agit d’exprimer des idées essentiellement liées au système religieux. Les caractères dont se forme ce dernier système d’écriture, sont beaucoup moins nombreux que ceux des écritures hiéroglyphique et hiératique. Les voyelles médiales y sont très-souvent omises ; elle a aussi, pour chaque son ou articulation, plusieurs signes, homophones , en moindre nombre cependant que ceux des autres écritures.

Les trois systèmes d’écriture hiéroglyphique, hiératique et démotique, ont été simultanément en usage en Egypte et dans toute l’étendue de ce pays , pendant une longue série de siècles ; mais chacun d’eux avoit sa destination particulière , et ici je vais laisser parler M. Champollion. « On couvroit, dit-il, les édifices :>3 publics et religieux d’inscriptions en hiéroglyphes purs ( c’est- >5 à-dire , parfaitement formés et souvent même coloriés) ; oir 33 traçoit des manuscrits en hiéroglyphes linéaires (c’est-à-dire, 33 au trait seulement ) , en même temps que ies prêtres écrivoient 33 en caractères hiératiques les rituels sacrés, les rituels funé- 33 raires, des traités sur la religion et sur les sciences, des hymnes 33 en l’honneur des dieux ou les louanges des rois, et qüe toutes 33 les classes de la nation employoient l’écriture démotique à leur 33 correspondance privée et à la rédaction des actes publics et 33 privés qui régloient les intérêts des familles. On découvre 33 jouniellenient, en effiet , dans les catacombes de l’Egypte,

>* des rouleaux de papyrus purement hiéroglyphiques, et d’autres » conçus dans leur entier en caractères hiératiques : il en est enfin :>» qui sont totalement démotiques; mais ces derniers n’ont aucun rapport bien direct aux choses sacrées. Enfin, nous possédons » des manuscrits qui prouvent la simultanéité de l’emploi des trois >9 sortes d’écritures : les uns sont à-la-fois hiéroglyphiques et hié- •*9ratiques, et d’autres contiennent, dans diverses parties, des 93 légendes hiéroglyphiques , hiératiques et démotiques.

Dans l’endroit même d’où nous avons tiré ce passage, l’auteur fait voir qu’on s’est fait une fausse idée de l’influence que dut exercer sur le développement moral et intellectuel de la nation égyptienne, la nature de l’écriture qu’elle employoit , et que des trois systèmes graphiques qu’elle possédoit simultanément, le plus compliqué même, c’est-à-dire, le système sacré ou hiéroglyphique , dut être étudié et compris par la partie la plus distinguée de toutes les castes de la nation, « loin :>9 d’être, comme on l’a dit si souvent, une écriture mystérieuse, >9 secrète, et dont la caste sacerdotale se réservoit la connois- » sance, pour la communiquer seulement à un très-petit nombre 99 d’initiés. 99 Toutefois M. Champollion ne croit point devoir révoquer en doute ce que d’anciens écrivains grecs ou romains nous disent d’une sorte d’écriture qui ne dut être connue que des prêtres et de ceux qu’ils initioient à leurs mystères. Mais cette écriture, qui est plutôt une sculpture ou peinture symbolique, ne fait point, à proprement parler, suivant notre auteur, partie du système graphique, il lui applique exclusivement le nom (îanaglyphes t qu’il emprunte de Clément d’Alexandrie. Cette distinction entre les hiéroglyphes et les anaglyphes, est trop importante dans la théorie de M. Champollion, pour que nous ne la mettions pas sous les yeux des lecteurs, et que nous ne l’exposions pas dans les propres termes dont il s’est servi.

cc Le premier pas à faire , dit-il ( page 256 ), dans l’étude 99 raisonnée du système d’écriture dont ces caractères ( les hié- 99 roglyphes) sont les élémens, étoit sans contredit de distinguer » d’abord les hiéroglyphes proprement dits, de toutes les autres 99 représentations qui couvrent les anciens monumens du travail

» égyptien. . . La première distinction, si importante et si fon- 59 damentaïe, ayant été négligée, on prit pendant long-temps 55 les figures et les divers objets reproduits dans des peintures et des bas-reliefs égyptiens qui représentoient simplement des 5? scènes allégoriques, religieuses, civiles ou militaires, pour de 55 véritables hiéroglyphes , et l’on s’épuisa en vaines conjectures 55 sur le sens de ces tableaux, n’exprimant, pour la plupart, 55 que ce qu’ils montroient réellement aux yeux; mais on s’obs- 5> tinoit à vouloir y reconnoître un sens obscur et profond, à y 55 voir, sous des apparences prétendues allégoriques, les plus 55 secrètes spéculations^ de la philosophie égyptienne, 3)

Je remarque, en passant, que M. Champollion n’auroit pas dû appeler lui-même ces sortes de tableaux, des schies allégO'- Tiques , en même temps qu’il accuse d’erreur et d’obstination ceux qui y reconnoissant des apparences allégoriques , s’efforçoient d’en découvrir le sens secret. Quoi qu’il en soit , on ne sauroit douter que la plupart des monumens égyptiens n’offrent à côté des inscriptions hiéroglyphiques, des tableaux tout-à-fait étrangers au système graphique; et c’est un fait dont on est convaincu au premier coup d’œil : ce qui n’empêche pas que ces tableaux ne puissent être des allégories.

Ce qui suit rendra plus sensible la distinction établie par M. Champollion entre les hiéroglyphes et les anaglyphes.

ce Les notions les plus étendues , dit-il ( pag. 299 ) , que .55 l’antiquité nous ait transmises sur les caractères tropiques des >5 Egyptiens, sont renfermées dans le célèbre ouvrage d’Hora- 53 pollon , intitulé On a jusqu’ici considéré cet

>5 ouvrage comme devant jeter une grande lumière sur la marche 55 et les principes de l’écriture hiéroglyphique proprement dite ; 55 et cependant l’étude de cet auteur n’a donné naissance qu’à 55 de vaines théories, et l’examen des inscriptions égyptiennes,, y* son livre à la main , n’a produit que de bien foibles résultats. >5 Cela ne prouveroit-il point que la plupart des signes décrits 55 et expliqués par Horapollon, ne faisoient point réellement 55 partie de ce que nous appelons récriture hiéroglyphique , et >5 lenoient primordialement à un tout autre système de repré-

seniation de la pensée! Je n’ai reconnu, en effet, jusqu’ici, >3 dans les textes hiéroglyphiques , que trente seulement des » soixante-dix objets physiques indiqués par HorapoIIon , dans :» son livre premier, comme signes symboliques de certaines >5 idées ; et sur ces trente caractères, il en est treize seulement, >» savoir, le croissant de la lune renversé, le scarabée , le vautour, èdc. . . . , qui paroîssent réellement avoir dans ces textes le sens qu’Horapollon leur attribue. Mais la plupart des 3> images symboliques indiquées dans tout le livre premier :)3 d’Horapollon , et dans la partie du deuxième qui semble la >5 plus authentique, se retrouvent dans des tableaux sculptés ou >5 peints, soit sur les murs des temples et des palais, sur les parois des tombeaux, soit dans les manuscrits, sur les enveloppes et cercueils des momies, sur les amulettes, &.C., peinai îures et tableaux sculptés qui ne retracent point des scènes de >5 la vie publique ou privée , ni des cérémonies religieuses, mais qui sont des compositions extraordinaires, ou des êtres » fantastiques , soit même des êtres réels qui n’ont entre eux •>5 aucune relation dans la nature, sont cependant unis, rap- :>3 prochés et mis en scène. Ces bas-reliefs , puremei^ allégo- 33 riques ou symboliques, abondent sur les constructions égyp- 33 tiennes, et furent particulièrement désignés par les anciens 33 sous le nom déanaglyphes , que nous adopterons désormais. 3>

M. Champollion ne cite d’autre autorité en faveur de la définition qu’il adopte des anaglyphes , que le célèbre passage des Stromales de Clément d’Alexandrie; mais il me semble bien difficile de lui accorder que le terme anaglyphes employé par cet écrivain, désigne là une chose étrangère à l’écriture. Je conviens avec M. Letronne, qui a fourni à M. Champollion une traduction littérale, et une discussion très-lumineuse de ce texte de l’écrivain ecclésiastique, que cette partie du passage, t^vç

TMV ÏTTtLivaç fULvùûiç ^ G(vcty^ct(pü(n

TMv àvctyXvcpMv J est fort obscure : mais toutefois il me paroît certain que les anaglyphes de l’auteur giec sont une partie du système graphique. Aussi M. Letronne dit-il : te II paroît que 33 les anaglyphes ou bas-reliefs allégoriques étoient, en certains

53 cas, considérés comme une sorte d’écriture symbolique, en 55 ce sens qu’ils exprimoient des idées par des actions. 53 Mais n’est-ce pas un peu abuser des termes de Clément d’Alexandrie, que de substituer au mol ûnaglyphes , comme un équivalent, celui de has-relîefs. allégoriques , et de supposer que ce n’étoit qu’accidentellement et par une sorte d’exception, que les anaglyphes étoient admis dans le système d’écriture l Et si ces doutes ne sont pas sans fondement, M. Champollion ne s’est-il pas un peu hasardé en posant dans sa théorie du système graphique des Egyptiens , les deux principes suivans , comme démontrés par les faits!

cc Certains bas -reliefs égyptiens ou peintures composées 55 d’images d’êtres physiques, et sur-tout de figures monstrueuses 55 groupées et mises en rapport, n’appartiennent point à Vécri- 55 ture hiéroglyphique ; ce sont des scènes purement allégoriques 55 ou symboliques, et que les anciens ont distinguées sous la 55 dénomination d'anaglyphes , nom que nous devons leur con- 55 server.

53 Un certain nombre d’images étoient communes à récriture 53 hiéroglyphique proprement dite, et au système de peinture, ou, 35 si l’on veut même, d’écriture, qui produisoit les anaglyphes,^->

Et, je le demande, si l’on admet ces principes, quelle règle nous donnera-t-on pour discerner parmi ces anaglyphes ceux qui pouvoient, par une faveur toute particulière, être admis dans l’écriture hiéroglyphique , comme signes symboliques , tropiques ou énigmatiques, et ceux qui en étoient rigoureusement exclus !

J’ai trop sincèrement applaudi à la découverte de M. Champollion, pour qu’on me soupçonne de vouloir, par ces observations critiques, en diminuer ou en obscurcir le mérite.

Puisque j’ai parlé des résultats importans déjà obtenus des travaux de M. Champollion, je ne saurois mieux terminer cet article qu’en donnant un court aperçu des fruits qu’avoit produits , à l’époque de la publication de l’ouvrage dont je viens de rendre compte , la découverte de l’alphabet phonétique des Egyptiens , et je ne me ferai aucun scrupule d’employer ici les

propres termes de l’auteur, en les abrégeant, parce que je n’y trouve rien qui ne me paroisse conforme à l’exacte vérité.

Après avoir réduit en théorie générale les faits établis dans ce volume, il s’exprime ainsi :

cc Les applications nombreuses que j’ai eu occasion de faire 37 de ces principes fondamentaux à des textes appartenant aux » trois espèces d’écritures égyptiennes , ont déjà acquis aux 33 études historiques des faits nouveaux , des données qui ne >3 sont point sans importance , et des moyens dont on peut 33 facilement apprécier l’étendue.

3) La grande question de l’antiquité plus ou moins reculée des 33 monumens de l’Egypte, soit temples, soit palais, tombeaux, 33 obélisques ou colosses, a été irrévocablement décidée par la 33 découverte de l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques, et par 33 la lecture de soixante-dix-huit cartouches, faisant partie des 33 légendes hiéroglyphiques de rois lagides ou d’empereurs ro- 35 mains; e^ c’est au temps de ces derniers que se rapportent 33 les zodiaques d’Esné et ceux de Dendéra.

33 La lecture des noms propres et la traduction des légendes 33 royales des anciens Pharaons , données dans le présent ou- 33 vrage , nous font connoître la chronologie relative, non-seu- 33 lement des temples et des palais, mais celle même de chaque »3 partie de ces constructions , ouvrages des rois du pays, et 33 véritables preuves et témoins de l’antique civilisation égyp- 33 tienne. . . .

33 L’histoire nationale de l’Egypte en a déjà recueilli de nom- 33 breuses certitudes ; j’ai reconnu les noms de ses plus grands 33 princes, inscrits sur des monumens élevés sous leurs règnes. 33 Les exploits des plus fameux de ces rois, Adîsphrathouthmosîs ,

Thouthmosis , Aménophïs II , ■Rams}s - Aleiamoun , Ramsès h 3î Grand, Sésonchis , & c., personnages dont la critique moderne, 33 trop prévenue contre les témoignages des écrivains grecs et 33 latins , contestoit déjà l’existence , rentrent enfin dans le 33 domaine de fhistoire, l’agrandissent, et én reculent les limites 33 jusqu’ici trop rétrécies ....

» Appliquée enfin aux monumens de tous les genres, ma théorie du système hiéroglyphique nous apprend déjà leur « destination réelle , les noms des princes ou des simples par- >5 ticuliers qui les firent exécuter, soit pour honorer les dieux 55 ou les souverains de l’Egypte, soit pour perpétuer la mémoire 55 des pareils auxquels ils avoîent survécu. Par mon alphabet 55 encore, j’ai distingué sur ces monumens les divinités égyp- 55 tiennes mentionnées dans les auteurs grecs, et celles bien » plus nombreuses dont ils n’ont point parlé; j’ai retrouvé dans 55 les textes hiéroglyphiques leur hiérarchie donnée par l’ordre 55 même de leur filiation; ailleurs, des généalogies des races 55 royales, et plus souvent celles des familles particulières; il 55 m’a été possible enfin de réunir une foule de détails curieux 55 sur divers sujets, et dont nous ne trouvons aucune trace 55 dans les écrits des Grecs et des Latins qui ont parlé des 55 Égyptiens.

55 Mais ce n’est point à l’histoire seule de l’Égypte propre- >5 ment dite que les études hiéroglyphiques peuvent fournir de 55 précieuses lumières ; elles nous montrent déjà la Nubie 55 comme ayant, aux époques les plus reculées, participé à tous les avantages de la civilisation égyptienne ; l’impor- 55 tance, le nombre et sur-tout l’antiquité des monumens qu’on 55 y admire , édifices contemporains de tout ce que la plaine 55 de Thèbes offre de plus ancien, sont déjà, pour l’historien, 55 des faits capitaux qui l’arrêtent, en ébranlant les bases du 55 système adopté jusqu’ici sur l’origine du peuple égyptien. . , . 55 Les monumens de la Nubie sont couverts d’hiéroglyphes par- 55 faitement semblables , et dans leurs formes , et dans leurs 55 dispositions, à ceux que portent les édifices de Thèbes : on 55 y retrouve les mêmes élémens , les mêmes formules , les 55 mêmes mots, la , même langue; et les noms des rois qui 55 élevèrent les plus anciens d’entre eux , sont ceux mêmes des 55 princes qui construisirent les plus anciennes parties du palais 55 de Karnac à Thèbes. 55

Je m’arrête ici, de crainte de trop alonger le compte que j’avois à rendre d’un des plus importans ouvrages qui aient

paru depuis long-temps ; et je finis en souhaitant que de nouveaux résultats viennent, non pas confirmer fa découverte de M. ChampoIIion , mais accroître les fruits que le monde savant en a déjà recueillis.

A PARIS, DE L’IMPRIMERIE ROYALE. — Mai 1825.

Page 1