SUTURE IMMÉDIATE DES OS BRISÉS
On a une tendance actuellement à systématiser le traitement des fractures par la réunion immédiate, par diverses variétés de suture. On peut opposer à cette méthode sa gravité et surtout la lenteur de la réparation.
La gravité est incontestable jusqu’aujourd’hui. J’estime qu’elle tient surtout aux mauvaises méthodes employées, car si on employait pour ces sutures immédiates une bonne méthode antiseptique, on n’aurait pas les déboires et les quelques désastres dus à la chirurgie dite aseptique.
Mais la grande objection à faire à la méthode est la lenteur de la réparation. Tous ceux qui ont une grande expérience de la suture osseuse n’en peuvent douter. Des os réunis par la suture se soudent moins rapidement que des os simplement juxtaposés. Ces sutures extraînent l’application d’appareils inamo-
SUTURE OSSEUSE
vibles de protection et à la fin du traitement le résultat est très inférieur à celui que donne sans danger et avec beaucoup moins de difficultés le traitement par la mobilisation. La suture est indiquée par les cas dans lesquels le rapprochement ne saurait être fait autrement. Elle peut éviter le retour de certains enclavements des parties molles, mais elle ne saurait invoquer de supériorité comme méthode d’application générale.
Aussi je donne comme exemple de pratique ma manière de considérer les cas dans lesquels on a surtout étudié la suture osseuse.
Je suture la rotule, parce qu’il est impossible que le traitement donne les résultats définitifs de cette opération appliquée à des fragments qu’il est matériellement impossible de rapprocher.
Je ne suture ni la clavicule, ni l’olécrane, parce que le massage et la mobilisation donnent des résultats meilleurs et plus rapides.
Les sutures faites plus tardivement s’appliquent surtout au cas où une mauvaise méthode de traitement a laissé des difformités à corriger.