POUDRE DE TALC
nouveaux sur le massage, c’est toujours l’huile que j'emploie.
Elle a des avantages multiples. Les parties lubréfiées avec l’huile sont réellement assouplies par cette imprégnation. Il est très facile, avec un peu de savon et d’eau de panama ou de teinture quillaya saponaria, de laver d’une façon parfaite et les parties massées et les mains de l’opérateur.
Cependant, en général, les masseurs n’aiment pas l’huile. Il est probable que massant beaucoup, cette imprégnation des mains par l’huile exige d’eux des lavages trop fréquents et trop parfaits qui leur fatigue la peau des mains. Le plus grand nombre d’entre eux masse à sec en recouvrant la région à masser d’une couche de poudre de talc.
Le savon des bottiers a évidemment l’avantage de bien faciliter le glissement de la main, tout en laissant une surface assez propre.
Peut-être a-t-il l’inconvénient de boucher, comme on dit, les pores de la peau, c’est-à-dire surtout de boucher l’orifice des glandes et cela peut n’être pas sans inconvénient. Toutefois, le mal ne doit pas être bien grand, car cette pratique est très répandue et je n’en ai jamais pour ma part observé un inconvénient évident.
En tous cas, le masseur pourra faire une remarque
MOBILISATION SANS MASSAGE
pratique. La nécessité des lubréfiants varie avec l’opérateur et avec l’opéré. Il y a des masseurs qui, comme on dit, ont la peau sèche et il leur faut en tous cas employer une grande quantité de lubréfiant et de même, il y a des opérés dont la peau nécessite l’application de lubréfiants en abondance, tandis que pour d’autres, c’est à peine si on a besoin de les utiliser.
MOBILISATION SANS MASSAGE
C’est une pratique qu’il est impossible de ne pas signaler et diriger, car on peut pratiquer la mobilisation sans massage en plusieurs circonstances.
Il est possible de la pratiquer dans des cas dans lesquels on ne peut faire le massage et, par conséquent, à défaut de massage qui serait utile.
Il peut arriver que la mobilisation seule soit préférable au massage.
A elle seule, la mobilisation peut déjà jouer un rôle considérable dans le traitement des fractures. Pendant une longue période, je n’ai employé que la mobilisation, alors que je n’osais pas encore employer le massage. C’est avec la mobilisation seule que j’ai commencé de 1867 à 1875, à traiter les fractures du radius et les fractures du péroné sans appareils ou en en raccourcissant l’application, ou en les faisant moins
MOBILISATION SANS MASSAGE
contentifs; et déjà, j’ai pu par cette méthode obtenir des résultats que l’application commune des appareils ne donnait pas.
Par conséquent, en nombre de circonstances où le massage ne peut être pratiqué, on peut s’en contenter Puis, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, il est bon de s’abstenir du massage chez les enfants, et, chez beaucoup de vieillards, il faut être très réservé dans son emploi.
En quoi consistent les manœuvres de mobilisation ? Avant tout, en mouvements peu étendus, imprimés aux articulations les plus voisines de la fracture, aux articulations qui comprennent le foyer de la fracture.
On ne sera guère surpris d’apprendre que chez un sujet atteint de fracture des deux os de l’avant-bras, on peut mobiliser le poignet, les articulations des doigts et celle du coude. Chez un enfant on le fera très facilement. Mais s’il s’agit d’une fracture du coude, d’une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus, d’une fracture du col du fémur, il paraît surprenant que l’on puisse faire cette mobilisation sans massage.
Cependant rien n’est plus facile, à la condition d’aller très progressivement et de donner peu d’étendue aux mouvements.
On peut même dire que, pour toutes les fractures
MOBILISATION SANS MASSAGE
articulaires qui ne sont pas accompagnées de beaucoup de contractures, c’est là enoore une pratique facile à instituer.
Or, pour celles qui s’accompagnent de contractures, on n’a guère d’occasions d’y avoir recours. La contracture étant une des meilleures indications du massage, on a peu d’avantages à mobiliser sans massage dans ces cas.
Il faut commencer très doucement, sans déterminer aucune explosion de douleurs, mais surtout il faut commencer le plus tôt possible après un traumatisme.
C’est là une nécessité peut-être plus grande encore pour la mobilisation sans massage que pour la mobilisation avec massage.
On ne peut retarder d’un jour ou deux que lorsqu’il y a eu une nécessité de réduction. L’ébranlement causé par les efforts pour la réduction rendrait malaisée la mobilisation le premier jour. Mais il n’y a aucune raison pour ne pas l’exécuter, dans une petite mesure, dès le lendemain.
Non seulement les mouvements doivent être faits au début avec très peu d’amplitude, mais certains sens de mouvements doivent être défendus en quelque sorte. Ce sont ceux qui favoriseraient la déformation menaçante.
Ainsi, après une fracture du radius ou une fracture
LUCAS-CHAMPIONNIÈRE. 4
MOBILISATION SANS MASSAGE
de l’avant-bras très voisine du poignet, jamais de mouvement de renversement du poignet vers la face dorsale.
Avec une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus, point de mouvements de rotation de l’os sur son axe.
Avec une fracture du col du fémur, pas de mouvements d’abduction du membre et surtout pas de mouvement de rotations en dehors, etc., etc. . .
Ces manœuvres de mobilisation seule seront naturellement beaucoup plus courtes que celles du massage.
Elles devront être indolores et toujours plus modérées que celles qui suivent le massage , puisque celles-ci se font pour une région anesthésiée au préalable.
Néanmoins elles sont tout à fait suffisantes. Chez l’enfant le retour des mouvements est facile et chez le vieillard les mouvements recherchés n’ont souvent pas grande étendue. Ce sont ceux qui sont les plus utiles et les plus familiers qui seront surtout recherchés.
Mais, pas plus chez le vieillard que chez l’enfant, il ne faut provoquer les mouvements douloureux, il ne faut forcer le sujet par la violence.
Il ne faut non plus jamais chercher les mouve-
SENSIBILITÉ DU CAL
ments extrêmes en procédant comme le font le plus grand nombre de ceux qui exercent les sujets, c’està-dire en provoquant des mouvements exagérés pour en obtenir de moins étendus dans l’usage ordinaire.
C’est une erreur capitale de beaucoup de rééducateurs qui importent la violence dans leurs exercices.
Il n’est pas inutile de faire remarquer que ceux qui forcent ainsi les articulations ou les muscles des sujets ont le plus souvent entre les mains des sujets dont l’enraidissement a été déterminé par les longues immobilisations. Or, même dans ces cas, la violence a peu de chance d’obtenir les mêmes résultats que la douceur et la patience. Mais dans les cas récents la violence a bien des chances d’amener une imperfection dans les mouvements, tandis que les mouvements indolores, de peu d’étendue, dans tous les sens où l’articulation est mobile, assureront pour l’avenir la perfection la plus grande des mouvements.