DÉFORMATIONS SECONDAIRES
On la rencontre surtout au moment où le sujet commence à faire des mouvements actifs ; onia rencontre surtout sur de très jeunes sujets. Elle accuse d'ordinaire une excitation trop grande du cal et je l’ai vue accompagner l’hypertrophie du cal et même une formation de véritables tumeurs. Elle est plus commune chez les enfants que chez les adultes et, comme je n’ai cessé de le répéter, elle donne une indication formelle à la modération des mouvements.
J’ai vu le fait aussi chez des sujets qui avaient subi des massages pratiqués par des masseurs qui ignoraient complètement quelles manœuvres doivent être appliquées aux fractures. Ils justifient cette objection qui a été faite à notre méthode par ceux qui ne la connaissaient pas et prétendaient la connaître et même quelquefois l’avoir inventée. C’est parce que la méthode a été mal appliquée, parce qu’on a provoqué des mouvements intempestifs et surtout parce que des pressions intempestives appliquées au foyer même de la fracture, ont été pratiquées, que ces phénomènes pénibles ont été développés.
Nous avons là une notion très utile pour nous diriger dans le traitement secondaire des fractures. Un chirurgien doit toujours se défier d’un cal qui reste sensible à la pression au moment où les fonctions du membre sont permises.
SENSIBILITÉ DU CAL
En cette circonstance particulière, la constatation de la sensibilité du cal peut rendre les plus grands services. Cette sensibilité du cal coïncide avec une consistance imparfaite du cal. Le sujet souffre donc de son cal, mais en outre il est exposé à ces déformations secondaires, qui sont mal connues des chirurgiens, mais qui ne sont pas moins réelles. On les voit se produire chez des sujets qui pouvaient être considérés comme définitivement guéris, qui avaient même paru très solides et qui, peu à peu, font des déformations qui sont bien appréciables par le chirurgien qui les étudie attentivement, puisqu’il avait auparavant constaté avec leur solidité l’absence de toute déformation importante.
Les déformations secondaires des membres fracturés sont très mal connues. Il y a même des chirurgiens qui les nient. Elles ne sont pourtant pas niables pour les chirurgiens qui étudient attentivement les fractures et les fracturés Elles ne sont heureusement pas très communes, je les ai observées pour des fractures diverses et je les ai toujours trouvées accompagnées d’une sensibilité du cal très marquée. Beaucoup de sujets me disaient qu’ils avaient souffert de la région du cal, en même temps que se faisait la déformation ; pour d’autres, il était facile de constater encore la sensibilité