CHAPITRE II
Du schisme d'Angleterre (1534),
Î. CAUSE DE CE SCHISME. — Lorsque la doctrine je Luther eut commencé à se répandre en Europe,
Henri VIII se signala par son zèle pour la foi catho-
que ; il publia des édits sévères pour empêcher hérésie de pénétrer dans son royaume, et composa lui-même, pour la combattre, un ouvrage qui jui valut du pape le titre glorieux de défenseur de Église. Mais un attachement criminel étouffa dans fon cœur de si heureuses dispositions, et fit le maleur de son règne. Ayant conçu le projet de faire annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, afin de faire monter sur le trône Anne de Boleyn, dame l'honneur de la reine, pour laquelle il se sentait ivement épris, il s’adressa au pape. Mais le saint- Père refusa d’autoriser un pareil scandale. Alors Henri VII, se livrant à tous les transports de son jessentiment, ne Voulut plus reconnaître l'autorité
du souverain pontife, et, par un acte solennel du parlement d'Angleterre, il se fit déclarer chef suprème de l'Église anglicane.
216 SEPTIÈÉME ÉPOQUE.
®. PERSÉCUTIONS DE HENRI VIII. — Henri so cette démarche schismatique par une violente sécution contre ceux qui ne voulurent pas 5 crire à la déclaration du parlement. Thomas] rus, grand chancelier, et Fisher, évêque de} chester, ayant refusé de reconnaître la suprém ecclésiastique du roi, eurent la tête tranchée, supplice de ces deux hommes illustres fut le p lude d'un grand nombre d’exécutions sanglant et Henri, qui jusqu'alors n'avait point paru por la cruauté, devint violent et sangvinaire. Pow venger des religieux qui persévéraient dans l'obé sance due au saint siége, il supprima les monas res et s'en appropria les revenus. On eût ditq
ne s'était fait chef de l'Eglise de son ravauié
qu'afin d’avoir un titre pour la piller.
S. EDOUARD VI ÉTABLIT LE PROTESTANK (1547). — Malgré ses égarements, Henri n'avait rien changé dans la doctrine; mais schisme conduit en peu de temps à l’hérésie, nouvelles erreurs ne pouvaient manquer d'être: cueillies avec faveur dans un pays ainsi disposé larévolte ; aus:i, du vivantmême de Henri, etcont son gré, voit-on le luthéranisme commencer à! glisser. Après sa mort, Edouard VI abolit enti ment la religion catholique, et y établit ap tendue réforme. On supprima la messe, les imag furent détruites, les églises pillées et profanées, les chaires occupées par des prédicateurs quial
quaient publiquement les anciens dogmes et!
saintes cérémonies de la religion.
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Pourquoi se déclara-t-il chef
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SCHISME D'ANGLETERRE. 217 anglaise était si profondément dégradée qu'elle obéit constamment, en matière religieuse, aux caprices despotiques de ses souverains. Avec
: Henri Vlil, elle ne fut que schismatique, parce
qu'il suffisait à son souverain d’être séparé de l'Eglise romaine pour satisfaire ses appétits grossiers. Sous les ministres d'Edouard VI, elle se fit protestante, parce que telle était la volonté de ces puissants magistrats. Pendant le règne de Marit, sœur d'Edouard VI, elle revint à ses anciennes traditions, parce que le pouvoir y était lui-même revenu. Mais à l’avénement d’Elisabeth, qui était profondément attachée aux doctrines nouvelles, l’Angleterre abandonna définitivement son ancienne croyance et forma une Egiise particulière, qui prit le nom d'Eglise anglicane. Pour bien juger cette réforme, il suffit de se rappeler la honte de son origine et de connaître l’impiété de tous ses altentats.
QUESTIONNAIRE