‹ Précis élémentaire d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 162 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De Ja révolution française (1789).

#. COMMENCEMENTS DE LA RÉVOLUTION. — À peine Eglise avait-elle recouvré sa tranquillité du côté l l'Allemagne, qu'ur orage plus terrible s’éleva au ein de la France. Les funestes doctrines répandues jar l'impiété, dans le peuple et parmi les grands, aient enfin produire des fruits de mort. On ne arlait que d’affranchissement et de liberté ; parout. on affectait un amour sans bornes pour la buveauté, un éloignement extrême pour Îles aninnes institutions et une profonde aversion pour a religion. Dans ces conjonctures difliciles, on onvoqua les états généraux, Les représentants du euple, ou le tiers état, s’assurèrent de la majorité ans celte assemblée, et commencèrent par porter es décrets les plus contraires à la religion et à l'I-

glise. On déclara d’abord que les biens ecclésiasti. à ! ques appartenaient à l'État, ct que les vœux mcnastiques étaient provisoirement suspendus ; peu de temps après, on miten vente pour quatre cents millions de biens de l'Église, et l'on supprima tous ies ordres religieux. En vain les évêques réclamo. rent-ils contre ces mesures violentes ; leurs voix à furent étcuffées et ieurs représentations inutiles.

2. CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ. — On forma dans l’assemblée nationale un comité pour les af. faires ecclésiastiques, mais on cut soin de le composer presque en entier de jurisconsultes hostiles à l'Église. Suivant la nouvelle division de la France par départements, ces jurisccnsultes réduisirent à quatre-vingts le nombre des évèchés qui jusque-là avaient été en France de cent rente-cinq. [ls anéan- b tirent des siéges, en érigère a d'autres, etsupprimè. Î ? rentles charges, abbayes, prieurés, chapelles ethé. Ô néfices. Ils décidèrent que les nouveaux évèques de- l manderaient l'institution canonique au m'tropolitain vu au plus ancien évèque desa province, ctnon D " au pape, ce qui détruisait la primauté du saint-siége, LE P Ils réglèrent que le choix des évèques et des curés À À serait confié aux colléges électoraux, et que les 1 k

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vicaires seraient choisis par les curés, parmi les prêtres ordonnés ou admis dans le diocèse, sans qu’ils eussent besoin de l'approbation de l'évêque. Tels étaient les principaux articles de la constitution à ! civile du clergé, qui sapait par les fondements | C l'autorité de l'Église, lui enlevait le droit qu'elle eut toujours de se gouverner elle-même, de régler Æ ‘ sa discipiine, d’instituer les évèques, et de dé

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terminer le territoire qui lui était soumis (1790). 3. RÉSISTANCE DU CLERGÉ. — La conduite de l'épiscopat français fut admirable, Sur cent trente-

cinq évêques, quatre seulement reconnurent cette

constitution schismatique, et jurèrent de l’observer. Irritée de trouver tant de 1ésistance, l'assemblée décréta que tous les ecclésiastiques qui, sous huit jours, n'auraient pas prêté serment à la constitu-

tioncivile,seraient considérés commeayantrenoncé

à leurs fonctions. L'Église eut la douleur de voir quelques-uns deses ministres trahir leur conscience en prêtant le serment exigé; mais elle fut bien consolée par le grand nombre e ceux qui le refusèrent, et préférèrent la persécution, le bannissement et la mort à l'oubli de leurs devoirs. L’assemblée nationale ou constituante termina ses séances, après avoir ainsi consommé le schisme le plus

déplorable, et elle fut remplacée par l'assemblée

législative.

&, PERSÉCUTIONS SANGLANTES. — Les nouveaux

| représentants de la nation condamnèrent à la dé-

portation les prêtres qui étaient restés fidèles. Alors sur tous les points de la France éclata la plus violente persécution. Les prêtres étaient chassés de leurs presbytères, poursuivis à coups de pierre et massacrés impitoyablement. On établit pour eux dans les grandes villes des prisons spéciales, tant le nombre de victimes était considérable ! On voyait des brigands enlever impunément des religieuses de leur couvent, ou chasser des religieux de leur

à cloître. Pendant cr teraps l'assemblée législative

faisait conduire le roi Louis XVI dans la tour du

Temple, avec la reine, ses enfants et sa sœur. À la même époque on ouvrait des listes de proscriy. tion où l'on inscrivait les noms de tous les Francais fidèles à la religion et au roi. Les cachots furent remplis de ces hommes dévoués, mais ils n'eurentli pas longtemps à souffrir les horreurs de la prison. Le 2 septembre 17992, le massacre des prisonniers commença ; il dura quatre jours entiers et coûtah vie à plus de 14,000 Français; trois évêques, plus de cinq cents prêtres furent égorgés aux Carmes, l'Abbaye ou à Saint-Firmin, et peu de jours après, un plus grand nombre encore périt à Meaux, À Versailles, à Châlons et dans plusieurs autres villes, On vit dans ces jours affreux des scènes de la plus atroce barbarie; des bourreaux chantaient et dansaient autour de leurs victimes expirantes ; d'autres leur déchiraient les entrailles, s’abreuvaient de leur sang et promenaient en triomphe leurs cadavres sanglants. Au milieu de ces épouvantables horreurs, l'assemblée législative déclara sa mission terminée, et fit place à la convention.

®. EXCÈS HORRIBLES DE LA CONVENTION (1793), — Le jour même de son ouverture, la convention abolit la royauté, proclama la république et mit Louis XVI en accusation. La mort de ce monarqe infortuné, qui périt sur l’échafaud, le 21 janvier 1793, fut le signal des massacres et des exécutions les plus atroces. La France fut inondée du sang

de ses enfants sans distinction de rang, d'âge,

ni de sexe: des villes furent bombardées et des milliers de citoyens égorgés. La convention aboll la religion chrétienne et proclama le culle de

la Raison. Ce fut à Notre-Dame qu’on célébra Ja première fête de cette infâme divinité. Une | comédienne, assise sur l’autel du Dieu de toutes |les vertus, y recevait l’encens de la multitude et se faisait appeler du nom de reine des dieux. La France entière imita l'exemple de la capitale; desfêtesimpuresremplacèrentles solennités saintes | du christianisme ; et des hommages sacriléges furent rendus à la perversité. On vit les abominations ". paganisme se renouveler au milieu d’un peuple éclairé, et la religson chrétienne, foulée aux pieds, | fut proscrite et bannie du pays qu’elle avait le plus illustré.

t Sa Sœur, À le proscrip.

les Francais chots furent ils n’eurenti de la prison.

prisonniers s et coûta vêques, plus ix Carmes, À jours après, à Meaux, À

autres villes, | es de la ps Tout exercice du culte fut interdit, les églises aient et dan furent profanées et livrées au pillage, les vases tes ; d'autres sacrés furent brisés, les croix renversées, les sta- “euvaient dei tues et les images des saints mutilées, les maisons leurs cadr de la charité chrétienne démolies ou aliénées, enfin ouvautablesi à France entière n'offrit bientôt plus que des a sa mission ruines s’entassant sur les ossements deses habitants

égorgés. Vingt-cinqévêquesconstitutionnels renoncèrent aux fonctions d' leur ministère, et quelques-uns souillèrent leur apostasie par des turpitudes révoltantes.

G. ATTENTAT DU DIRECTOIRE CONTRE LE SOUVE- RAIN PONTIFE. — La convention, épuisée par l'excès mème de ses violences, livra la France à un nou. veau gouvernement qui prit le nom de directoire. Les armées qui envahirent alors l'Italie, s'empressè- Lrent d'y proscrire la religion et d'y répandre les principes destructeurs qui avaient causé tant de Edésastres en France. Elles reçurent du directoire

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