‹ Précis élémentaire d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 164 sur 180 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Du concordat.et de l'empire

#. ÉLECTION DE Pie VII. — Après la mort de Pie VI, les cardinaux, dispersés ou captifs, ne pouvaient se réunir pour donner à l'Église un chef et à Rome un souverain digne d’elle. Maïs la Proyidence y pourvut. Lés Français ayant été obligés de quitter Rome et l'Italie, l'empereur d'Allemagne convoqua les cardinaux pour élire un souverain pontife ; is s'assemblèrent à Venise, formèrent le conclave et élurent le cardinal Bernabi Chiaramonti qui prit le nom de Pie VIT. Le nouveau pape signala son avénement au pontificat par des sages et honorables mesures ; il s’empressa de rétablir l’ordre dans l'Église romaine et ne tarda pas à entamer des négociations avec le nouveau gouvernement français pour les affaires ecclésiastiques.

®. CONCORDAT (1801). — Bonaparte était alors le ichef de l'État et administrait la république sous le titre de premier consul. Il comprit qu'il était temps de rendre à la France son culte et sa religion, et que le peuple.était fatigué de tant d'impiété et de folies. 1 travailla donc à vaincre la résistance du Corps législatif qui soutenait opiniâtrement l'Église cons-

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cordat qu'il avait fait avec le nouveau pontife fut adopté comme loi de l'Etat, On publia en même temps deux bulles du pape; la première développait et ratifiait les conventions faites avec le gouvernement français; la seconde supprimait tousles

siéges en France et en formait à leur place soixante D

nouveaux. Avant de donner cette dernière bulle, Pie VII avait adressé un bref aux anciens évêques pour solliciter ieur démission. Quelques-uns l'a vaientrefusée, mais ils se soumirent pour la plupart et rétractèrent cette première résolution.

3. RÉTABLISSEMENT DU CULTE. — Aussitôt que le concordat fut connu, l'exercice public du culte fut rétabli. Une magnifique cérémonie eut lieu à Notre-Dame le jour de Pâques : le cardinal légat célébra la messe, à laquelle assistèrent les consuls avec tous les.corps de l’État. On chanta un Te Deum en actions de grâces de:ces heureux changements et du rétablissement de la foi catholique. Le calme, la paix et la confiance commencèrent dès lors à renaître. Les pasteurs de tant d’églises qui gémissaient depuis longtemps dans l'exil, abandonnèrent

la terre étrangère et reparurent au milieu de leur |

troupeau. On établit les congrégations des filles hospitalières et de la doctrine chrétienne; on permit même à quelques congrégations d'hommes deseréu

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lèrent la foi dans leur cœur. Le souverain pontife, |

consolé par ce magnifique spectacle, avait en mème temps les regards fixés sur les églises du Piémont,

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DU CONCORDAT ET DE L'EMPIRE. 95e

d'Italie et d'Allemagne. Il s'empressait de les pourvoir de pasteurs, d'y rétablir la discipline etd’y faire refleurir la religion que les désastres des dernières guerres en avaient bannie.

4, BONAPARTE EST SACRÉ EMPEREUR (1804). — L'homme de génie qui avait rendu à la religion catholique ses temples et ses autels, avait marché de victoire en victoire, et la France, éblouie de sa gloire, l'avait investi d'une puissance absolue. Il avait pris le titre d’empereur et avait été reconnu pour tel par toutes les nations de l'Europe. Pour rendre son autorité plus respectable aux yeux des peuples, il résolut de se faire sacrer par le souverain pontife. Pie VII se rendit à Paris. Sur son passage il reçut les plus beaux témoignages de vé-

| nération, et il fut étonné de trouver tant de foi dans

un peuple qu'on s’était si fort appliqué à pervertir.

All resta quatre mois en France, et pendant tout ce temps il fut occupé des intérêts de l'Eglise. De re- [tour à Rome il exprima aux cardinaux sa satisfac-

tion, leur racontant tout le bien quele Seigneur avait

| daigné opérer par ses mains.

Napoléon, après avoir rendu de si grands services à la religion, se laissa éblouir par sa propre

cloire et ne craignit pas d'avoir recours à la vio-

lence pour forcer le souverain pontife à approuvér

[tous Ses projets. De son camp impérial de Vienne,

il décréta la réunion des Etats de l'Eglise à l’empire français, et le 6 juillet 1809, le jour même où il remportait une de ses plus éclatantes victoires à Wagram, le général Radet reçut l'ordre de s'emparer du pape et de l’éloigner de Rome. L'auguste

—… ET DT SRE

+ 1 vieillard fut successivement transféré à Valence, À è Avignon, à Nice et enfin à Savone.

L'illustre conquérant forma une commission d'é. vêques pour s'éclairer sur les difficultés de la situation. L'autorité du souverain pontife étant nécessaire pour l'institution des évêques, on ne put lui suggérer aucun expédient pour sortir de la voie fausse dans laquelle il s'était engagé. Il convoqua un concile à Paris, mais le concile déclara que rien ne pouvait suppléer aux bulles du pape (1841).

Napoléon fit transporter Pie VIE à Fontainebleau, dans l'espérance de se rendre plus facilement maître de ses volontés. Il obtint en effet quelques concessions, mais Pie VIT les regretta aussitôt comme une faiblesse, et retrouva dans la puissance de sa foi une fermeté bien supérieure à son âge.

&. CHUTE DE L'EMPIRE (1814). — Après les affreux revers qui assaillirent les armées françaises penà dant la campagne de 1812, l'empereur eut hâte de mettre un terme à tous les démêlés qu'il avait eus avec le souverain pontife, pour ne plus s'occuper que de défendre la France contre l'invasion étran- ET gère. Il fit avec lui un nouveau traité et lui rendit WE € Ja liberté. Après cinq années d'exil, le digne pon- ÆY tife rentra dans Rome au milieu des acclamations à 6 de, son peuple et Acheva paisiblement sa car- ÆT rière. Napoléon, au contraire, malgré les res sources de son génie, se vit obligé de renonce 1

à sa. couronne et d'aller mourir sur un rocher de MR d l'Atlantique. .Il expira le 5 mai 1821, et eut lt LD bonheur de terminer sa gloricuse carrière pa à |

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QUESTIONNAIRE

1, Quel fut le successeur de Pie VI? Comment fut:il élu ? Par quelle action signalat-il son entrée dans le pontificat ?

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