CHAPITRE VII
Des sciences et des lettres pendant cette époque, Hérésie de Bérenger.
. ETAT DES LETTRES AU IX° ET AU X° SIÈCLE. — Charlemagne s'était plu à réunir autour de luitous
mes savants de l'Europe chrétienne, pour encoura-
ger leurs talents et rehausser l’éclat de son règne. Louis le Débonnaire et Charles le Chauve avaient imité son exemple; aussi, malgré les troublès qui surgirent pendant leurs règnes, les invasions des
Normands et de tous les autres barbares qui désolèent la chrétienté, lerx° siècle ne fut point une épo-
que de ténèbres. Durant cetté période, l'activité des
esprits Se porta surles questions les plus profondes
de la théologie et de la philosophie, et toutes les
parties de Ja science furent cultivées par des hom-
mes d’un grand mérite. Mais au commencemen du x° siècle, l'ignorance couvrit de ses épaisses {4 nèbres l'Allemagne, l'Italie et la France; l’Angk terre seule fut préservée par le génie de son roi Albertle Grand. Ce prince, après la mort de Charl le Chauve (833), avait envoyé en France une am puis bassade chargée d'attirer à sa cour tous ceux quitivite possédaient quelque instruction, comme s'ile ons, voulu retirer de ce pays ses dernières lumières, af@4e fa d'y ralentir les progrès de la civilisation. bert
®æ. RENAISSANCE DES LETTRES AU X° SIÈCLE, Ab for Toutefois cette épreuve ne fut pas de longue durépec, Othon le Grand fit en Allemagne ce qu'avaient älrous
Isiasl au C disc:
pont
Charlemagne dans son empire et Alfred le Grande C: en Angleterre. Il restaura les lettres, honora les slenco: vants, fonda de nombreuses écoles et excita ent@d':bt elles une brillante émulation. Les princes eudirent
mêesetles nobles prirent à cœur leur instructioliifiqu et l'on vit les Burkhard de Souabe, les Henri dà 4. Bavière et une foule d'autres se glorifier de leur sut d voir. Cette activité passa d'Allemagne en Fran'ob et en Angleterre. Les moines de Cluny et les ajemei .Chevèques de Cantorbéry, saint Odon et saint Dieu: Stan, tout en rétablissant la discipline ecclésiaisicld que, travaillèrent à faire refleurir les études. L'un lie paraissait assoupie, mais la Providence lat altaq de son sommeil léthargique, en plaçant à la tte rue : monde chrétien le plus grand homme du x° SC as le pape Gerbert qui prit le nom de Sylvéstre Il Mussi savant illustre était allé en Espagne s'instruiérine
la sciencedes Arabes et avait ainsi uni les connd 'Egli Sances profanes à toutes les connaissances cils
HÉRÉSIE DR BÉRENCER. . 441 nencemen siastiques de son temps. Gerbert aida puissamment paisses au développement des esprits et s'environna de >; l'Angleiisciples qui firent la gloire de son siècle et de son de son rpontificat, de Chark@S &. Du PROGRÈS DES LETTRES AU XI° SIÈCLE. — De- 2° une an@puis Sylvestre 11 jusqu'à saint Grégoire VII, l'acàS Ceux qutivité des esprits alla toujours croissant. Nous citeme S'il elBrons, parmi les écoles illustres qui eurent le plus mières, af@de faveur, celle de Reims, rendue célèbre par Gern. bert lui-même, et qui fut présidée par saint Bruno, SIÈCLE. Se fondateur des chartreux ; en Normandie celle du ague durépec, qui eut pour chefs Lanfranc et saint Anselme. ‘avaient aTous deux devinrent successivement archevèques À le Grande Cantorbéry, et leur école eut la gloire de donner nora les encore à l'Eglise un pape, huitévèquesetunefoule excila ent@d'asbés. Autour de çes grandes abbayes rayonnèrinces eurent une multitude d'écoles, et la grandeur scieninstructioMifique du moyen âge fut dès lors préparée. es HenidS 4. HÉRÉSIE DE BÉRENGER (1050). — Ce qu'il y r de leur eut de remarquable, c'est que pendant ces temps e en Franr'obseurité et d’ignorance, la Providence veilla tely et les aBement sur le dépôt de la foi, qu'on né vit paraître saint Ducune hérésie. Ce fut seulement au milieu du xr ecclésisiiècle, lorsque les études avaient partout repris vitudes. LlBeueur, que Bérenger, archidiacre d'Angers, osa dence la lRtaquer le mystère de l'Eucharistie et enseigner + à la tte ne je corps etle sang de Jésus-Christ n'y soni du x° SRCas contenus réellement, mais en figure. 11 s’éleva vestre Îl Mussitôt une réclamation générale contre cette docinstruire( rine qui est contraire à la croyance constante de les CON Eglise ; les docteurs catholiques réfutèrent avec ances CRèle cette nouveauté impie, et on écrivit de toutes
parts pour défendre la vérité. Lanfranc, archevt. que de Cantorbéry, et Adelman, évêque de Bresse, adressèrent des lettres au novateur pour le ramener à de meilleurs sentiments. Il fut condamné dans un concile à Paris et il comparut devant le pape Nicolas IH. N’osant soutenir son erreur en face du souverain pontifé, il souscrivit la profession de foi suivante : « Je proteste de cœur et de bouche, que je tiens, touchant l'Eucharistie, la foi que le pape et le concile m'ont prescrite selon l’antorié des Evangiles et de l’Apôtre, savoir que le pain et le vin, qué l'on offre sur l'autel, sont, après li consécration, le vrai corps et le vrai sang de Jé: sus-Christ. »
Cette hérésie, anathématisée par l'auteur lui mème, fut dès lors anéantie et ne reparut que pl. sieurs siècles plus tard, lorque les protesiants là renouvelèrent.
QUESTIONNAIRE
-:4) Quel fat l'éclat des sciences ‘et des lettres sous Louis le Débonnaire et Charlès le Chauve? À quelle époque les ténèbres couvrirent-elles la France, l'Allemagne et l'Italie ?
En quel état se trouvait alors Angleterre ?
9. Que fit ‘Otion en Allemagne? Comment les études furent-elles réhabilitées en France et en Angleterre ?
Quelle fut l’infuence du pape Gerbert ?