COMMENCEMENT DE LA CAPTIVITÉ
et Jérémic s’éleva en vain contre lui. Le siége de Jérusalem fut continué par les lieutenants de Nabuchodonosor, et ce grand roi, étant venu lJuimême Je diriger eu personne, se rendit maître une seconde fois de la cité sainte. 11 enleva tous les trésors du temple et du palais, et emmena un grand nombre de captifs, parmi lesquels on distinguait Jéchonias lui-même, sa mère, ses femmes et ses officiers. Le nrophète Ezéchiel les accompa-
gna, comme Daniel avait suivi les premiers cap-
tifs, et c’est ainsi que l'esprit de prophétie accompagua le peuple de Dieu chaque fois que le vainqueur le poussa devant lui.
3. TROISIÈME EXPÉDITION. RUINE DE JÉRUSA- LEM (587).—Dans ce moment, Dieu témoigna encor8 aux Juifs qu’il ne les punissait qu'à regret. Au lieu de consommer leur ruine, il inspira à Nabuchodonosor une dernière pensée de comuisération, et le royaume de Juda ne fut pas entièrement détruit, L'illustre conquérant lui donna ua nouveau roi dans la personne de Sédécias, oncle de Jéchonias. Mais l’endurcissement de la nation était si affreux que tous ces revers ne sufirent pas pour éclairer ce malheureux piince. En vain Jérémie et Ezéchiel unirent ensemble leur voix pour le rappeler au cuite de ses pères, il aima mieux croire aux faux prophètes, qui flattaient ses passions, qu’à la parole de ces homnes de Dieu, qui lui prêchaient le repentir et la pénitence, Cette fois ce fut la fin du royaume de Juda et du temple de Jérusalem,
Nabuchodonosor, . apprenant que les Juifs s’étaient lignés contre lui avec les Âmmonites, ies Moabites, les Tyriens et les Sidoniens, se précipita sur Jérusalem avec la rapidité de ’aigle qui pour.
suit sa proie, et la ruina entièrement. Il brûla le temple et tous les édifices publics, pilla tout ce qui s’offrit à sa vue, réduisit à l’esc :vage les Juifs que son glaive avait épargnés, et changea er un vaste désert ce royaume, naguère si glorieux et si opulent.
4, LAMENTATIONS DE JÉRÉMIE.—Cest alors que Jérémie, assis sur les débris encore fumants de sa patrie désolée, fit entendre ces immortelles lamentations. ‘“ Comment est-elle assise solitaire la cité jadis si pleine de peuple ? Elle est devenue, comme veuve, la maîtresse des nations; la reine des provinces a été rendue tributaire. Elle pleure dans la nuit, et personne ne la console, tous ses amis l’ont méprisée et sont devenus ses ennemis... Les chemins de Sion sont désolés parce qu’il n’y a plus personne qui vienne à ses solennités.. Toutes ses portes ont été détruites, ses prêtres gémissent, ses : es sont souillées, et elle est elle-même accab.e. d’amertume. La fille de Sion a perdu sa parure; ses princes sont coiame des béliers qui ae trouvent plus de pâturages, et ils ont marché sans force devaut la face de celui qui les conduisait. O vous tous qui passez par le chemin, considérez et voyez s’il y a une douleur qui soit eemblable à ma douleur.”
5. MorT DE JÉRÉMIE.—Jérémie resta encre pue temps en Judéc sous le gouvernement de
odolias. Ce prince assyrien exécuta fidèlement l’ordre qu’il avait reçu de traiter le prophète avec beaucoup d'égards; malheureusement ce gouverneur fut mis à mort par des séditieux. Les Juifs, craiguant que ce crime no lonr fût imputé par le roi d’Assyric; se retirèrent en Egypte ct entrai nérent avec cux Jérémie. Les livres saints ne nous
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