‹ Précis élémentaire d'histoire sainte suivi de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ [microforme]Chapitre 89 sur 186 · CHAPITRE v · texte numérisé non relu

CHAPITRE v

HisTorRe pe ToBteE.

1. Vertus De ToBIE. —Au nombre des captifs emmenés à Ninive par Salmanasar, se trouvait un pieux Ikraélite, nommé Tobie, qui était de la tribu de Nephtali et du pays de Galilée, Il avait toujours

écu selon la loi du Seigneur ; aussi tandis que sa tribu s’agenouillait devant les veaux d'or établis par Jéroboam, seul se rendant à Jérusalem, il adorait le vrai Dieu auquel il offrait les prémices de ses fruits, et il payait aux enfants de Lévi la dime que la loi leur avait réservée. La captivité ne changea point son cœur ; étant à Ninive avec Anne sa femme et Tobie son fils, il montra ga charité en visitant ses rères qu’il consolait et qu’il aïlait de ses aumônes, nourrissant ceux qui avaient faim et donnant des Vêtements à ceux qui étaient nus ; enfin il prenait soin d’ensevelir les morts, 2. SA PATIENCE ET SES CONSEILS À SON FILS. — Pour l'éprouver, Dieu permit qu’il devint aveugle et que tous, ses biens lui fussent enlevés. Ses parents insultérent à son malheur, comme autrefois de faux amis s'étaient raillés des infortunes de Job; mais Tobie leur répondait: ‘ Nous sommes les enfants des saints, ct nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne manquent ja-

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mais à la fidélité qu'ils lui ont jurée.” Néanmoins cet homme vertueux, affigé des reproches et des sarcasmes dont il était l’objet, versa des larmes et conjura le Seigneur de le faire sortir de ce monde. Puis, croyant que Dieu allait lui accorder cette grâce, il appela son fils pour lui donner ses derniers conseils et lui exprimer ses dernières volontés, “Mon fils, lui dit-il, lorsque Dieu aura reçu mon âme, ensevelissez mon corps. ‘ Honorez votre mère ct n'oubliez jamais ce qu'elle a souffert quand elle vous portait dans son sein. Lorsqu'elle aura elle-même achevé sa carrière, ‘msevelissez-la près de moi. Pensez à Dieu tous les jours de votre vie, et ne consentez jamais à aucun péché. Faites aumône de votre hien, et ne detournez pas votre visage dugauvre, dans la crainte que le Seigneur ne se détourne de vous. Soyez charitable autant que vous le pourrez: si vous avez beaucoup, donnez beaucoup, si vous avez peu, donnez peu, mais de bon cœur ; car l’aumône délivre de la mort et du péché, elle devient un trésor pour le jour du jugement. Soyez chaste; aimez vos frères, ne vous enorgucillissez point dans votre cœur, et ne les dédaignez pas, car l’orgueil perd l’homme et le ruine. Ne retenez pas le salaire de l’ouvrier, et prenez garde de faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-même. Demandez toujours conseil aux sages, et bénissez en tout temps le Seigneur.”

3. VOYAGE DU JEUNE TOBIE.—Après avoir donné à son fils ces admirables conseils, Tobie lui apprit qu'ii avait autrefois prêté dix talents à Gabélus qui demeurait à Ragès, ville des Médes. Le jeuue Tobie a connaissant ni Gabélus, ni le che-

min qui menait dans son pays, son père voulut qu’il prît un guide. Aussitôt se présenta à lui un homme habillé en voyageur qui s'offrit de le con: duire à Ragès. C'était l'ange du Seigneur, mais Tobie l’ignorait, Le premier soir, les deux voyageurs arrivèrent sur les bords du Tigre et s’y ar rêtèrent. Tobie était descendu dans le fleuve pour s'y baigner, lorsque voyant un énorme poisson prêt'à s'élancer sur lui pour le dévorer, il voulut fair, mais l’ange lui ordonna de le prendre par les ouïes et de le tirer sur le rivage. Ayant exécuté cet ordre, il fendit le poisson en deux, en garda soigneusement le cœur, le foie et le fiel, d’après le conéeil de l'ange, et emporta la chair qui devait leur servir de nourriture pendant le reste du voyage,

4. Son MaRtAGE.— Arrivés à Ecbatane, ils lo gèrent dans la maison de Raguel, parent de Tobie, qui les reçut avec joie. Raguel avait une fille appelée Sara, qui avait déjà été mariée sept fois, mais tous ceux qu’elle avait épousés étaient morts la première nuit de leurs noces. L'ange exhorta Tobie à demander Sara en mariage : “Jo n’ose pas, répondit le jeune homme, je crains de mourir comme tous les autres, et le chagrin que mon père et ma mère en ressentiraient les conduirait au tombeau.” L'ange le rassura en lui disant que tous les fiancés de la vertueuse Sara étaient morts parce qu'ils n’étaient pas dignes d’une telle femme, que pour lui il pouvait compter sur la protection du ciel. Tobie, persuadé, demanda et ob. tint la main de Sara. Il passa les premières nuits de son mariage en prières, et le Seigneur le bénit. Les noces durèrent pendant quinzs jours. L'ange alla à Ragès inviter Gabélus à venir au

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5. RETOUR DU JEUNE ToBrs.— Dévorés d’inquiétude, ils s’expliquaient difficilement le retard qu'éprouvait son retour. Tobie était triste, et Anne répandait sans cesse des larmes on «sant: “Mon fils! mon fils! pourquoi t’avons-nous en. voyé si loin, toi la lumièro de nos yeus. }: bâton de notre vieillesse, la consolation de notre ::: >, Prspérance de notre postérité? Nous ne devions pas nous éloigner de toi, puisque seul tu nous tenais ieu de tout.” Chaque jour elle sortait de sa maison, allait sur les chemins où elle espérait le voir revenir, et regardait de tous côtés pour tâcher de le décou: vrir. Enfin, comme elle était assise près du chemin sur le haut d’une montagne, elle laperçut de bien loin, le reconnut aussitôt et courut en porter la nouvelle à son mari en lui disant : “ Voici votre fils qui revient.” Au même instant arriva le chien qui avait accompagné les voyageurs et qui précédant le jeune Tobie témoigna sa joie par ses caresses.

Le père de Tobie, tout aveugle qu'il était, se leva et se mit à courir, mais il heurtait du pied à chaque pas. Il donna la main à un serviteur et ge it conduire au-devant de son fils. Quand ils se furent rejoints, ils s'embrassèrent en versant des larmes de joie, bénirent le Seigneur et s’assirent, D’après l’ordre de l'ange, Tobie prit le fiel du voisson, en frotta les yeux de son père, et après une demi-heure une petite peau blanche, semblable à celle d’un œuf, se détacha de ses yeux, et la vue lui fut rendue. Tous giorifièrent Dieu et lui adressèrent des actions de grâces. ‘Je vous bénis, Seigneur, disait le saint vieillard, je vous bénis,

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