‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 74 sur 105 · RE AS · texte numérisé non relu

RE AS

ve

ÈNE. | 243

D 0 prog prises pour la musique sont mélancoliques ou sujettes à des accidens nerveux plus ou moins graves.

. En- général les musiciens sont remarquables par Jeur bizarrerie. 1l n’est pas étonnant qu’un moyen «d'excitation qui stimule si vivement une portion du cerveau agisse en même temps d’une manière re- "marquable sur son ensemble. |

La musique éloigne souvent la fatigue : le soldat semble recevoir du son des instrumens une force et une ardeur toutes nouvelles. Des personnes faibles.et se traînant à peine marchent sans lassitude si leur oreille est frappée du bruit d’un fifre ou d’un tambour. Une jeune personne débile, que cent pas ac- £ablent, passe, sans en ressentir le moindre mal j toute une nuit à danser. en musique.

L'emploi judicieux de ce moyen peut être d’un grand secours pour la conservation et pour le rétablissement de la santé. Le musicien Farinelli guérit par le charme de sa voix l’aliénation de Philippe V, oi d'Espagne. Les bienfaits de la musique se font Surtout ressentir dans les affections morales, Les personues qui éprouvent de grands chagrins suspendront par elle les atteintes qu’ils ne manqueraient pas de Porter à leur santé. En pareil cas, la musique dont

les effets peuvent exciter l’attendrissement, est la plus salutaire : ce n’est que par degrés qu’on peut #6

lui substituer des chants plus brillans et plus gais.

Dispositions particulières de l'appareil audüif, es moyens de remédier à ses imperfections.

nd douloureuse l’action de. certains sons , princi pament de, ceux quisont aigus Un pareil état se mani-

feste souvent à la suite de l’inflammation de l'oreille,

etilsufit alors de la boucher pendant quelque temps.

Mais, au contraire, s’il est congénial » il faut tâcher

de.le réformer par l'exercice, et en habituant insend. 11

« L'ouie a quelquefois une excessive sensibilités qui

QUES œi'Ln te NOMVEL ESCT Es, Su) A AE à LS 242 | ÉLÉMENS siblement l’ouie à admettre des sons de plus en plus voisins de ceux qui l’incommodent. La musique peut être, dans ce cas, d’un utile secours. RENT Les sons peuveni aussi, presque toujours à la suite de maladies de l'oreille, déterminer sur elle une impression différente de celle qu’ils produisent dans l’éfat naturel, sans que sa sensibilité paraïisse cependant augmentée où diminuée. Cela résulte, dit-on, de ce que les deux oreilles modifient différemment les sons. On conclut généralement de cés accidens que l'imperfection connue sous lenom d'oreille fausse a sa cause dans une altération dél’appareil acoustique; mais il est bien plus probable qu’elle 4 son siége dans la portion du cerveart qui préside à la perception des sons. Il est beaucoup de gens qui chantent absolument faux , ou plutôt ne peuvent pas chanter, et qui ont l’ouie d’une finesse ‘extrême, déclament fort ‘bien, et imitent fidèlement toutes les inflexions de voix et les accentuations qu’ils veuient reproduire. Quoi qu’il en soit, comme un organe très-faible peut souvent acquérir un certain développement par l'exercice , il ne faut pas , en cas pareil , renoncer à toute réforme. La fille d’un célèbre naturaliste notre contemporain devint tout à coup musicienne à l’âge de seize ou dix-sept ans, après s'être livrée pendant lusieurs années à l'étude de la musique avec ut dégoût presque insurmontable. Enfin, si, quelquefois, et surtout à la suite de quelques maladies, fausseté de la voix peut tenir au défaut de rapponl dés deux oreilles, on pourra la corriger en en cons damnant une au repos. VRRPÉ A La plus grave de toutes les imperfections de l'o H est sans contredit la diminution de! sa sensi bilité.

Nous ne devons nous occuper que de la surditéimparfaite. Celle qui est complète est presque constament congéniale : il est très-rare que l’ouïe se: perde accidentellement d’une manière absolue: I est vra qu’elle devient parfois si peu sensible, qu’elle ne per çoit que les bruits les plus violens. Il est indispensabli

ALAN ent ER AE TTE 4 RE ES AA Rs F A A :

D D'HYGIÈNE. 245 dans ce cas de recourir à l'emploi de moyens mécaniques propres à recueillir les ondes sonores d’une manière plus parfaite que ne le fait la conque de l’oveille, et à ne lui rien laisser perdre du son. Nous ne devons donner notre attention qu'à cette spécialité, toutes les surdités curables étant du ressort dela pathologie ; et non de l'hygiène,

. On a imaginé-plusieurs moyens propres à faciliter l'audition; mais ils sont loin d’êtré pour l'oreille d’une aussi grande utilité que le sont pour lœil nos instrumens d'optique. On s’est beaucoup occupé de les améliorer , sans obtenir de résultats très-satisfaisans. La difficulté consiste beaucoup moins à rendre le:son plus fort qu’à le rendre plus clair, car à mesure qu'il acquiert plus d’intensité'il devient ordinairement plus confus."Il est cependant vrai de dire que les. instrumens acoustiques net produisent pas. les mêmes effets chez tous les individus; il faut recourir äyde nombreux essais pour chaque persoune, et ce n’est souvent qu'après de longs tâtonnemens qu’on obtient un résultat satisfaisant.

On avait cherché à composer les cornets acoustiques des matières les plus retentissantes ; mais, ainsi que nous l'avons dit, ilne s’agit pas seulement de douner plus de force au son. Jusqu'à présent les matières les plus propres à la confection de ces instrunens paraissent être l’argent , le cuivre , le ferblanc. M. Itard (1), auquel nous empruntons ces détails, a ensé qu'en imitant la structure des parties de l’orane de l’audition qui paraissent influer le plus sur son , ilpourrait obtenir des résultats satisfaisans. Il onc fait exécuter des appareils contenant une exavation représentant la caisse du tambour, séparée du pavillon par une espèce de diaphragme destiné aärendre le son plus clair. Dans quelques uns de ces nsirumens, cette première cavité s’ouvre dans une

ALERT "RES: |

4 (4) Maladies de l'oreille et de l'audition, par M. Itard, médecin de l’Institution des Sourds-Muets.

seconde roulée sur elle-même en forme de limaçon À dont elle est quelquefois séparée par un seconds d ohragme. Dans ceux qui se trouvent ainsi renforcés d’un limaçon,, cette dernière parie s'applique par duit auditif. Quand linstrument, est simple, et n’est muni que d’une cavité tympani-| qué , celle-ci s’ouvre alors dans un conduit de quel: ques pouces, légèrement conique , et destiné à être reçu dans l'oreille. Différentes formes ont été données à ces tympans artificiels : la forme elliptique paraît. augmenter plus sensiblement la force du son. On peut appliquer la modification des tympans artificiels aux cornets les plus simples ; on les fait construire en trois! parties qui s’emboîitent l’on tend une peau de

son sommet au con

qu'on tr nombre de coquillages univalves, pr

l'oreille, de manière à leur fo

rieur, Dans quelques circonstances ces petit neproduisent d’elfetqu’autantqu'elles sonthumectée alors un bourdonnet de coton mouillé , enfoncé pro: fondément, a parfois suffi pour rétablir l'audition: |

+ Lu \ | D'HYGIÈNE. 45 Le son peut être transmis par d’autres voies que par l’air. Des plaques solides de fer ou de bois, qui Viennent aboutir aux parties dures nues ou peu recouvertes de parties molles, telles que les dents, l’apophyse mastoïde, les bosses pariétales, peuvent transmettre les ébranlemens qu’elles recoivent. Un tube en bois , évasé à l’une de ses extrémités pour recevoir la voix de la personne qui parle, et terminé en bec de flûte pour être placé entre les dents du sourd, est assez commode. Les parois de ce conducteur de forme conique doivent avoir au moins deux pouces d'épaisseur. Il doit être suspendu au plafond ou soutenu au moyen d’un pied fixé sur le plancher. On peut réunir dans le même appareil la double prose du son et par le conduit auditif et par ’ébranlement des os du crâne. C’est, à proprement parler, un réceptacle de son formé par deux calottes métalliques réunies par leurs bords et écartées par leurs faces correspondantes. L’une s'applique exactement sur la voûte du crâne et la touche dans tous les points; l’autre, beaucoup plus saillante, et par conséquent plus concave que la première, s’en trouve écartée vers son centre de près de trois pouces. La cavité qui résulte de cet écartement présente du côté du front une ouverture oblongue garnie d’un pavillon demi-circulaire, et du côté des tempes, uv conduit va gagner le méat auditif. Cet appareil ne convient qu'à certains individus; il a l’avantage d’être toujours en place, et pour les femmes, celui d’être facilement déguisé sous un bonnet léger. * Il nous paraît presque inutile de dire ici que tous ces appareils sont de nul effet pour la surdité con- Ro) Cet état des organes de l’ouïe a résisté à

La

LE n y … (4) La cause de la mutité a été ignorée jusqu'aux temps modérnes. On l'avait toujours cherchée dans les organes de Ia voix, jusqu’au moment où un bénédictin espagnol la reconnut. Cette découverte fut communiquée au monde savant par Vallis, médecin de Philippe 11 et ami de ce religieux. |

26 * ÉLÉMENS! | toutes les tentatives faites pour les mettre en action ; | mais au moins la position des sourds-muets dans la | société at-elle été merveilleusement améliorée, |

| De POdhz. tre RTE tea

L Aa è$ AE

; : # ce * Le sens de l’olfaction est impressionné par certai- | nes particules extrêmement ténues qui s’échappent | des corps volatilisables, leur forment une sorte d’atmosphère d'autant moins dense qu’elle s'éloigne davaatage de leur superficie, et qui se répandent con: | tinuellement dans l'air, y flottent et en suivent tou- | tes les impulsions. Sans air point d’odeur : une rose | sous Île récipient d’une machine pneumatique avait conservé tout son parfum au-bout de quinze jours. Il faut que les particules odorantes soient bien ténues, | puisque le corps d’où elles émanent ne perd commu- | nément, dans un espace, de temps considérable, qu'une quantité incalculable de son poids. Les éma- | nations sont plus ou moins abondantes, et consé-| quemment les corps plus ou moins odorans.: Il en est, dont l’odeurne se fait sentir que très-près, et. ce tres qui rayonnent leurs particules odorantes à plu sieurs pieds, et même à de grandes distances. L/0« deur du romarin fait reconnaître les côtes d'Espagne à quarante milles en mer, et l’on dit avoir respiré à neuf lieues de distance des côtes de Ceylan le parfum des aromates de cette île. Au reste, cela ne pronvel que le transport par les vents des particules donti l'air se charge, ce dont nous avons des preuves sanst sortir de chez nous, toutes les fois que le vent du nord apporte sur nos boulevarts Saint-Denis, Saint-Mar: tin et du Temple les émanations dela voirie de Mont faucon. Les corps odorans peuvent l'être toujours où | ne l’être qu’à certains momens. Les uns exhalent leur | arôme le matin, les autres le soir, au milieu du jour.

seul, qui , mélangé avec un autre, a une odeur tresprononcée ; tels autres ont besoin du secours de l'humidité, de la chaleur, de la lumière , du frottement. cadres # RSA ve 1 L'air chargé de particules odorantes est porté naturellement vers les fosses nasales par l'effet de linspiration {1}, etplus cette inspiration a de force ; de profondeur ou de fréquence, plus il passe d’air par lenez, et conséquemment plus la sensation est prononcée. Aussi, quand une odeur nous plaît, faisonsnous des inspirations d’une grande étendue, ou bien vives et fréquentes, ensayant soin de fermer la bouche, pour que tout l'air inspiré passe par les fosses nasales. Si nous voulons au contraire éviter une odeur désagréable, nous fermons le nez et nous ouvrons la bouche. Parvenues dans les fosses nasäles, les molécules odorantes s’y répandent, se combinent avec le mucus , et agissent sur les nerfs olfactifs, qui transmettent au cerveau l'impression qu'ils en reçoivent. L'odoratest beaucoup plus développé chez certains animaux (2)quechez l’homme, etin finiment plus pré-

(1) « Des expériences entreprises par M. Dupuytren, et dont .

les résultats m'ont été communiqués par lui-même, dit M. H. Cloquet (Dict. des scienc. méd.), sembleraient prouver que les sensations de odorat et du goût peuvent avoir leur source dans l'intérieur même des organes, sans cause extérieure. Ayant in-

jecté du lait dans les veines d’un chien, il a vu cet animal exercer les mouyemens qu’il aurait exécutés si le fluide savoureux . eût été en contact avec sa langue. Un liquide odorant injecté * dela même manière a produit un effet encore plus remarquable: le chien ouvrait les naseaux, élevait la tête et se promenait comme pour chercher au-déhors de lui la source de lodeur qu’il ressentait. » De pareils faits paraissent fort extraordinaires et sont loin d’être concluans ; ils auraient besoin d’être répétés

avec de grandes précautions pour soustraire à la vue de Pani-

| mal et à l’action de son odorat les liquides qu'on devrait in-

Miectens as NÉ (2) Il parait presque sûr que l'olfaction existe chez tous les’ . animaux qui respirent Pair, quoiqu’on ne puisse pas toujours

248 ÉLÉMENS pr | créux pour eux que peur lui:Ilest, pour ungrandnom- | bre d’entreeux, le moyen principal de rechercher leur: | proie. Les troupeaux broutent rarement des herbes | vénéneuses. Plusieurs espèces sont évidemment dirigées vers les êtres de la même ou d’une autre espèce par des émanations odorantes qui leur en indiquent la trace et leur en font connaître la présence long- . temps avant que leurs oreilles aient pu les entendre ou leurs yeux les apercevoir. Dans l’homme , les. odeurs n’ont que peu d'influence sur les idées ; les sensations qu’elles donnent activent fort peu l’intelli-. gence ; la privation de l’odorat n’exerce pasun grand dommage. Ce sens a beaucoup d’affinité avec celui du goût : l’odeur des alimens nous frappeavant que nous mangions, et elle ajoute même beaucoup alors aux jouissances du palais. L’odorat est au goût, a-t-on dit, ce que la vue est au toucher. Les nausées et même le vomissement qui surviennent si fréquemment chez un grand nombre de personnes soumises à certaines | odeurs désagréables sont une preuve de l'intimité de! . lodorat et des fonctions digestives ; mais on a exa-. | géré cette connexion lorsqu’on a prétendu avoir nout- | ri des personnes à l’aide de l’émanation seule de substances alimentaires. ae L’odorat exerce aussi une grande influence sur les organes de la génération. Elle est très-marquée chez les animaux, dont un grand nombre exhalent une odeur extrêmement forte au moment de léurs amours. L’olfaction agit sur le système nerveux tout entier : . certaines odeurs produisent l’éternuement ou!les lar-« wes, la joie ou la tristesse, le sommeil ou l’insomnie,” la céphalalgié ou le bien-être. Des rapports intimes | : EL également bien en démontrer le siége. Maïs tout animal qui respire l’eau est privé de l’instrument de l’odorat, de même que’ celui qui habite à de grandes profondeurs et dans une-obscurité parfaite n’a point d’yeux ou n’en a que le rudiment sans usage.

4 D'HYGIÈNE. 240 existent entre Volfaction et la respiration : ce n’est que par le moyen de l’une que V’autre s’exerce (1). L'un des principaux usages de l’odorat est assurément de faire reconnaître les qualités de l'air qui doit pénétrer dans la poitrine: aussi a-t-il son siége à l'entrée des voies aériennes. Ar

Ce sens est sujet à beaucoup de différences parmi les individus de la même espèce. On a plusieurs exemples d'hommes chez lesquels la faculté de discerner les odeurs n’a jamais existé; quelques uns ont le ‘pouvoir de percevoir des odeurs insensibles pour tous ceux qui les entourent. Dans les Antilles, les nègres marronsdistinguent, dit-on, au nez, la trace d’un blanc de celle d’un noir. N’avons-nous pas, nous-mêmes, reconnu plusieursfois, pendant l’invasion denotrepays, celle des habitans du nord, et deviné, à des distances assez considérables , les lieux de leurs campemens ? Une telle perfection de ce sens s’acquiert et se développe par l'habitude chez les hommes qui l’exercent continuellement par leur manière de vivre. Les chimistes et les pharmaciens, qui s'appliquent souvent à percevoir les émanations des différens corps, parvienment à cet égard à une grande délicatesse. Toutefois, ici comme ailleurs, l’exercice modéré ‘et l’abus produisent des résultats opposés. Il arrive souvent aux parfumeurs, qui vivent continuellement au milieu d'émanations plus ou moins fortes, de ne plus s’en apercevoir, et d’être tout-à-fait insensibles à leur impression. R + L’olfaction s’exalte quelquefois à un degré merveil- | eux dans l’état maladif, principalement dans les af. fections cérébrales. M. Bally raconte que, pendant le cours de la fièvre jaune dontil fut atteint à St-Domingue, il distinguait, dans l’eau froide qu’il buvait, le parfum des végétaux qui bordaient les rives du fleuve Re ÿ

Pi ’

j a (1) Jamais l’organe particulier d’un sens n’entre isolément en.

hction. Les impressions qui lui sont propres ne peuvent avoir

ieu sans que d’autres impressions ne s’y mêlent. (Cabanis.)

350, ” ELEMENS > où elle avait été puisée.” Plus souvent aussi l’odorat est suspendu ou perverti par un pareil état morbide, et il est très-fréquent de voir les malades ne percevoir. aucune émanation, ou être tourmentés continuellement par de mauvaises odeurs. Une indisposition tres fréquente et très-simple, le coryza ou rhume de nez#

altère ou suspend tout-à-fait l’odorat. La présence d’une petite quantité de mucus qui humectela mem brane pituitaire est nécessaire pour que lPaction de ee sens s'exerce parfaitement; mais s’ilest trop abonë

dant, comme dans } indisposition” dont nous yeuons. de parler , il devient un obstacle à la libre intromis= sion des odeurs. C’est pour cette raison que dans l’éta

ordinaire, lorsqu'une trop grande quantité de fluide remplit les voies olfactives et que nous nous mous, chous, l’odorat devient beaucoup plus sensible. Quel ques habitudes altèrent sa perfection : telle est 1 de prendre du tabac. Nous verrons ailleurs que plus sieurs professions produisent le même résultat. M

H est des émanations qui peuvent déterminer les accidens les plus graves, les unes en agissant sur Î6s voies aériennes, les autres très-probablement sur cerveau; et sans ajouter foi à ce qu'on nous dit d cet empoisonneur à gages qui ne se servait que € gants parfumés pour exécuter des arrêts de mort nous pensons cependant qu’il est utile de donne quelques conseils sur les avantages que peuvent offci ‘et les dangers que peuvent déterminer certain odeurs.

Les émanations de jusquiame, d’opium, de st monium, de pavot et de beaucoup de solan celles du suréau et du noyer, causentle sommeil elles sont fortes et durables, une céphalalgie pl moins intense. La bétoine enivre les personne cupées à l’arracher. Des hémorrhagies nasales provoquées par le musc : cette dernière odeur ca souvent des douleurs de tête très-vives. nsi .que

nous layons vu, l’odeur de la térébenthine agit premptement sur la sécrétion del urineyl et lui donne

| es NS DIHMGMENE. : 251 “ne odeur de violette; celle du camphre diminue “d'une mauière remarquable l'énergie des organes géhérateurs. Les fleurs les plus suaves peuvent détermr mer des accidens si on les renferme dans un appartementclos ,etilest toujours imprudent de les laisser Ja nuit dans une chambre à coucher. Celles qui sont fort aromatiques exercent une action très-vivesur l'innervation , et peuvent sinon causer, au moins augmenter des accès hystériques, épileptiques ou d’autres né- .vroses. Une jeune dame éprouva les accidens cérébraux les plus graves ; parce qu'une amie qui avait ‘sur elle quelque odeur l'avait visitée vingt-quatre heures après sa délivrance, C’est une fort mauvaise habitude que celle d'effeuiller des roses sur un lit ou d’y répandre des parfums. Les anciens, il est vrai, se | livraient sans réserve à Ce genre de sensualité; mais Jeurs appartemens plus vases, mieux aérés, les expo- saient à moins de dangers ; peui-être d’ailleurs ne -nous a-t-on pas assez transmis la peinture des résul- -tats d’uu pareil abus. Quelques personnes respirent fréquemment certains parfums, sôit par sensualité, soit pour résister au besoin du sommeil. Cette irrieton de la membrane pituitaire, des nerfs olfactifs Le “du éervean , dispose à des congestions de cet organe, et peut avoir de funestes conséquences.

Ii est d’aufres odeurs plus dangereuses que celles des fleurs, et capables de développer plus promptement des résultats ficheux. Les vapeurs arsenicales ont donné la mort ; on dit que les émanations du mancenillier produisent le même résultat. Nous pensons que, dans ces.deux derniers cas, comme pour les exhalaisons &e matières animales en putréfaction Î l'air chargé de parties délétères agit beaucoup moins sur l’odorat même que sur les voies aériennes ; mais nous ne pouvous cependant en détacher l’observaÿ tion, de l’histoire de lolfaction-et des odeurs. La salubrité de l'air est une des conditions les plus essentielles d’une bonne santé, peut-être la première . dé toutes. On ne saurait donc veiller avec trop d’at-

252 | ÉLÉMENS tention à ce qu il ne puisse se charger d’aucune ma= tière propre à l’altérer. Dans notre pays , les hommes! qui doivent s'occuper de la salubrité publique sont loin de s'acquitter dignement de ce soin, et ce n’est pas. sans un sentiment de douleur et d'inquiétude que les | citoyens de Paris, en parcourant cette grande ville, sont incommodés par les.exhalaisons des immondices F qu’on y laisse séjourner (1). Au

Si jusqu'ici nous n’avons fait que blâmer des abus | ou des négligences, nous devons nous empresser de » dire que nous sommes loin de condamner l'usage mo-. déré des odeurs agréables et des fleurs en particulier. Cette jouissance ne doit pas être plus négligée que les autres ; elle peut d’ailleurs être d’un heureux secours … daus certains états morbides : un coucher composé de plantes aromatiques et des fumigations de même . nature ont souvent produit de très-bons effets sur les enfans scrophuleux.

Quelques odeurs fortes et pénétrantes, telles que lai

vapeur de tabac brûlé, l’alcali volatil, etc., sont quel-

quefois seules capables de rappeler Les asphyxiés à la : vie, ou de faire cesser de longues syncopes. - 4

Nous ne devons pas nous occuper ici des différens … états maladifs qui peuvent nuire à l'exercice de l’olfaction. Il est clair que, si un polype s’est développé dans les fosses nasales, il faut l” éxtirper ; que, si l’abus des odeurs fortes a émoussé l’odorat,, on refera heureusement son éducation en éloignant la cause du mal, et en n’exposant à l’action de ce sens que des odeurs | d’abord faibles, agréables, pour arriver insensibl ment à d’autres un peu plus prononcées. Nous ajo =" terons une dernière observation, © est due l'intég

nf ;

(1) Si, comme une compagnie a proposé de le faire mo; nañt, assure-t-on, la concession des boues de Paris, ét con quemment sans aucun déboursé de la part de l'autorité ; de bornes-fontaines étaient établies dans toutes les rues; une eau vive entraînerait sans cesse la malpropreté qui s’y. amasse ; da. ville serait à la fois et plus propre et plus belle, et plus salu bre, la santé des citoyens HER

et le développement normal des organes externes de Vodorat est absolument nécessaire à son libre exercice. Les personnes qui n’ont qu’un nez difforme et peu propre à recueillir les émanations des Corps, pergoivent imparfaitement les odeurs ; celles qui l’ont tout-à-fait perdu ne les perçoivent nullement. On rétablit chez elles l’usage de cette faculté en leur faisant porter un nez artificiel. ”

Du Goût.

Un grand nombre de substances ont la propriété d'exercer sur nous d’autres phénomènes que ceux que nous venons d'examiner. Le goût est le sens auquel nous devons la notion des saveurs, des qualités sapides des corps. Ce sens est infiniment moins compliqué que ceux de la vue et de l’ouie, sans que cependant nous sachions mieux l’expliquer. Î! nous donne fort peu d'idées, agit encore beaucoup moins sur l'imagination que l’odorat , et n’a de grandes affinités qu'avec les organes digestifs. verts

La vue, loue, le toucher, n’exercent qu’une action éloignée sur les corps, ne jugent que de leur ensemble, de leur composition physique, de leur forme, leur étendue, leur son. L’odorat et le goût, au contraire, apprécient leur composition plus intime et presque chimique , l’espèce d’affinité que leurs molécules peuvent avoir avec celles de nos tissus. Le goût, Surtout , a besoin, pour s’exercer sur les substances, de les briser, de séparer toutes leurs parties à l’aide des organes qui sont à sa disposition. Son siége est presque exclusivement à la langue : les lèvres, la face interne des joues , le palais, le pharynx , l’œsophage, léstomac lui-même, ne paraissent pas tout-à-fait étrangers à son action. La langue, tissu musculaire hérissé d’épanouissemens nerveux nommés papilles , saisit les corps , les agite, les soumet à l’action des dents, les mêle à la salive , et perçoit alors la saveur

Lee |

25, ÉLÉMENS | que chacun d’eux est apte à lui communiquer. Tous sont loin d’être sapidés. On a cherché vainement à

classer dans un certain ordre ceux qui le sont. Tout. le monde sait fort bièn reconnaître les saveurs douces, amères, âcres; mais il en est beaucoup qui ne.

Pourraient être exprimées parle langage.

Eu même temps qu’il est une jouissance, le goût, €st un moyen de reconnaître les qualités avantas geuses ou nuisibles des alimens. Presque toujours ler goût agréable de ces substances est en rapport avec! leurs bonnes qualités-nutritives. Il est cependant. quelques exceptions à cette règle, et c’est iei le cas de répéter qu’il est bien rare que nous puissions, sans craindre de nous tromper, nous en rapporter à l’action d’un seul sens. Le sucre et la litharge ont une sa-| veur également douce, quoique le prémier soit un. aliment salutaire, et le second un poison redoutable. | Le mode de sensibilité de la langue et des différentes portions de l’étendue du tube digestif n'étant pas le même , -certaines substances, qui attaquent faible, ment cet organe et le palais, peuvent rencontrer sur! la surface intestinale des points qui se prêtent mieux, à leur action délétère. La gomme gutte , les baies de: belladonce , qui font peu d'impression dans la bouche, * corrodent les voies gastro-ntestinales. GEAR HSE On ignore tout-à-fait la cause de la différence des saveurs : la qualité que possède un corps de faire im pression sur l'organe du goût est un fait qu'il faute accepter , tout inéxplicable qu’il soit, On remarquel chez les diverses personnes les mêmes variétés à l’é- | gard du goût que pour l’odorat. Celui des enfans des hommes et des femmes présente des différences assez marquées, et il éprouve de nombreuses modifié cations pendant tout le premier âge de la vie (178

(1) Le goût des enfans doit nécessairement se modifier avec les besoins des différentes phases de leur accroissement. Le ré-. | ime alimentaire n’est pas le même dans les premiers mois, dans | s premières années , dans l’adolescence et la virilité ; il n'est:

48 | D'HYGIÈNE. 255 Des substances fort insipides pour quelques per-. sonnes, sont plus ou moins savoureuses pour d’autres, et souvent un long usage fait reconnaître dans un aliment ou une boisson une sapidité qu’on avait 4’abord été loin d'y rencontrer. Ainsi l’eau pure, si fade pour quiconque n’y est pas habitué, flatte le goût-de ceux qui en font communément leur boisson. L'état solide ou liquide des corps, leur température, font varier l'impression qu'ils produisent. Is doivent, selon leur consistance, séjourner un temps plus où moins long dans la bouche. Les corps trèschauds et très-froids ne manifestent pas aussi complétement leur saveur que jorsqu’ils ont une température peu différente de celle qui nous est propre. Pour qu'une saveur soit parfaitement appréciée , 1l ne faut pas qu’elle soit immédiatement précédée par une autre plus forte : dans ce cas Îa dernière explorée n’est pas sentic; On met à profit cette connaissance acquise, lorsque, pour atténuer le dégoût d’un breuvage désagréable, on agite préalablement dans la bouche un liquide très-fort, comme de l’aleohol.

Le goût , pour être complétement exercé, exige. V'intégrité de ses organes. Il est plus ou moins parfait chez les différentes personnes. Comme tous les sens, il acquiert du développement par l'exercice, et se ruine par l'abus. Gn lui procure par la culture lune délicatesse extrême : les gourmets reconnaissent ‘aisément jusqu'aux plus petites nuances des mélanges de leurs alimens; ils iront jusqu’à assigner le terroir, Ja localité, l’âge précis. dû vin qu'ils dégustent. Mais quiconque force l'exercice de ce sens par les aromates et les alimens fortement assaisonnés , le blase, le détruit et le perdentièrement. Si l'on est assez. raisOn-

pas le même dans l’homme, la femme, le vieillard ; il diffère Rent dans l'habitant du nord et du midi ; en un mot, le goût est variable selon les sexes, Vâge, le climat, la constitu—- $ion , la santé, les habitudes. AA |

nable pour s'arrêter avant d’être arrivé à un: pareil résultat, il est souvent possible de le prévenir, et rien n’est plus convenable pour y parvenir que de substituer aux agens délétères auxquels on s’est adonné, les bienfaits d’un régime sévère et même peu répara-. teur. Souvent, après l'usage pendant quelque temps du lait, des légumes aqueux , de l’eau pure, un palais flétri reprend toute son ancienne jeunesse, et redevient propre à percevoir des saveurs depuis long-. temps ignorées.

Dans les maladies, le goût est supprimé ou pervertl;: la langue est impropre à distinguer les saveurs. L’abstinence est alors tout-à-fait indiquée : en méconnaître la nécessité, c’est s’exposer à y être condamné pendant un temps beaucoup plus long. Nous renvoyons à cet égard aux observations qui terminent notre chapitre des Alimens.

Tact et Toucher.

Les corps mis en contact avec quelque partie de la ; peau que ce soit, et avec les extrémités des membra-. nes muqueuses (1), y causent une impression particulière qu’on. nomme tact. Ce sens est beaucoup plus 5 exquis à la main que partout ailleurs; là, les épanouissemens nerveux sont plus prononcés, une disposition admirable d'organes permet à chacun des *

Le MAUR M TALONS à TON OC ES

(1) On a prétendu que les membranes muqueuses étaient + douées de ce sens. On a confoudu ici la sensibilité générale avec } le tact, Si les membranes muqueuses jouissaient du tact, celle de l’estomac sentirait la présence des alimens d’une manière moins obscure, les intestins la présence des matières fécales.

M. Leuret, dont tous les momens sont consacrés aux travaux de physiologie expérimentale qui l’occupent depuis plusieurs années, à fait des recherches et des observations fort curieuses sur la membrane interne gastro-intestinale et sur les villosités qu’ellé présente. Nous ne pouvons que désirer ardemment que cette partie de ses trayaux soit incessamment publiée.

or

Re D'HYGIÈNE. | 257 ‘doigts d’émbrasser exactement les corps, de suivre: pue leurs formes. Letact y prendlenom detoucher. 1 s’exerce chez quelques animaux par des organes variables, par des tantacules, des antennes, les lèvres, la langue, le pied, tout le corps. Chez aucun d’eux il n’a Là sa disposition un organe aussi parfait que la main de WHhomme. Mais on s’est livré à lexagération en lui Mattribuant notre supériorité sur les autres animaux. La main n’est qu'un moyeu dont la perfection est en “apport avec celle de l’organisation cérébrale , qui préside à son usage. j … On a appelé le toucher le régulateur de tous les fautres sens: on a eu tort. Tous ont besoin de s’entreaider, et se règlent réciproquement les uns par les autres. Il n’en est pas un seul qui soit moins faillible que ses congénères, et si le toucher rectifie souvent Mes erreurs de la vue, ce dernier sens redresse ou répare aussi quelquefois à son tour l'impuissance du toucher pour les objets d’une grande ténuité. M Ce sens nous met à même de juger de la température des corps, de leur forme, de leur pesanteur Cr}:

| de leur consistance, de leur mobilitéou immobilité, de

leur nombre, etc. L’appréciation de leur température

appartient à lui seul : c’est là sa fonction exclusive. es autres opérations lui sont communes tantôt avec Mouïe, tantôt avec la vue. Il ést infiniment plus développé dans l’homme que dans les animaux, plus &xquis chez la femme que chez l’homme, dans la unesse que dans l’âge avancé, dans les pays chauds uedans les pays froids. SALE

+ Quellé quesoit la siniplicité de cesens, ilnous donne ucoup d'idées, exerce une très-grande influence

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(1; Dans l'appréciation de la pesanteur des corps, un autre Phénomène intervient d'une manière: nôtable pour provoquer

jugement : c’est la conscience du degré de force à employer, € la contraction des muscles, de la résistance que leur opî

pose le corps exploré.

MP de et BR OP ON OP TN NES

258 ÉLÉMENS | sur l'imagination, mais surtout sur lés organes de Ia! génération : il est assurément leur plus puissant ex-! citateur. L’exercice le modifie beaucoup :ily a une immense différence entre le tact obtus de louvrier! sans cesse occupé à de rudes t'avaux ctle tact plein de délicatesse d’une femme quituse convenablement des bains. Il est de tous les sens celui qui peut ac: quérir le plus merveilleux développement : il devient d’une perfection, étonnante chez l’aveugle obligé de recourir constamment à son aide, et lui fournitun grand nombre de notions que nousne pou vous obtenir que de la vue. | |

Il est assurément d’une grande importance de cou: server à ce sens toute sa perfection, et d’éloigner tout ce qui pourrait l’altérer. Les travaux pénibles } les frottemens répétés, émoussent sa délicatesse, et peuvent même le détruire presque entièrement. Pour que le toucher s'exerce convenablement il faut que la peau soit souple, qu’elle ait une température convenable el soit légèrement humectée païl la perspiration dont elle ést le siége. Toutes ces con: ditions ne peuvent exister que si la main est recouverte dans la saison froide. Si on la laisse exposée à l'air, des gerçures ou un épaississement notable dé l’épiderme détruisent uue-partie des avantages de s8 précieuse faculté tangible. £ Let

Mais s'il est avantageux de conserver au touchét en particulier toute sa délicatesse , il faut aussi ed

avec soin ce qui peut exagérer d’une manière vrais ment morbide la sensibilité tactile. L’habitude de là mollesse, d’un coucher voluptueux , d’onctions tro répétées à la peau, ne fait qu’exalter d’une manièfél fâcheuse les propriétés de cette membrane. Chez und femme accoutumée à de pareils soins, le plus faible attouchement , le pli d’une feuille de roses, produi: ront des accidens ; la pression légère d’un corps serd une contusion ; un frottement déterminera des convulsions. Un résultat plus grave encore se. mani-

STONE PS NE Pr NA

1 D'HYGIÈNE. : | 259 feste : cette susceptibilité de la peau irradie pr omptement ses effets sur les organes générateurs , et rien m'est plus propre à développer avec excès leur sensibilité que l'abus des bains, des frictions, du massage et des cosmétiques en général. Si ce genre d'abus produit souvent de pareils résultats, réciproquement aussi un exercice peu modéré des plaisirs vénériens exerce sur la peau de funestes impressions , en exagère ou en pervertit la sensibilité, et un grand nombre d’ anomalies du toucher, dont nous ne pouvons nous occuper ici , puisque ce sont des étais maladifs, ne reconnaissent pas d'autres causes que labus du coït , ou l'habitude HEPERRT plus funeste encore de la masturbation.

; se 2. INTELLIGENCE. — PASSIONS: : CPERGEPTA. )

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k è Fnidlie rence.

Deux actions fort distinctes ont leur source dans l'encéphale . l'intelligence et le mouvement. Nul doute qu’elles n’y aient un siége différent. Certains effets morbides affectent l’une ou l’autre, ou bien collectivement l’une et l’autre, assurément selon que la portion du cerveau qui pré éside à l'exercice de cha-

cune d’elles devient le siége de la maladie, où que double origine de ces doux actes inpor tans est envahie. |

+ Dansces derniers temps, MM. Delaye et Foville ont à peu près conclu de nombreuses observations cadavé- Ro recueillies sur les paralytiques et les aliénées de

Salpétrièr e, que la substance blanche du cerveau est le siége des mouvemens , et la substance grise ce- Jui de l'intelligence. Ces deux portions , en effet, sont très-distinctes et par leur disposition, et par “eur couleur, et par leux texture; mais cette idée toute fleuve a besoin d’être confirmée par de nouveaux faits pour être admise comme vérité,

Ce qui a jeté jusqu’à ce jour beaucoup d’incerti-

tude sur l’action cérébrale, c’est qu’on est toujours parti pour l’examiner , des phénomènes organiques

des autres appareils, sans pouvoir trouver d’analogie satisfaisante entre les deux termes de comparaison :

on a eu tort. L'exercice de nos organes se refuse à»

une explication complète; la difficulté est la même. pour tous. L'action gastrique, les sécrétions , le mou vement, la pensée, sont autant de faits de toute évi-" dence qu’il faut admettre et considérer comme-des! propriétés diverses de l’organisme. Ces faits ne peuvent s’expliquer les uns par les autres. Les expressions. adoptées pour le développement de ceux.qu’on croit. comprendre sont loin d’être suffisantes et exactes: pour tous. Le cerveau ne digère ni ne sécrète la pensée, puisque l’œilnesaisit dans son travail ni pro: duit de digestion ni liquide sécrété ; mais, par cela seul qu’il a un autre mode d’action, il ne faut pas lef rejeter en dehors de l’organisme. Par cela seul que: nous ne découvrons aucune altération dans les corps: qui limpressionnent , il ne faut pas conclure qu’il n’y ait aucune action d’eux à lui et de lui à eux.

Le système nerveux (1) tient tous nos organes sous. son empire. C’est par lui qu’ils sentent : c’est donc par lui qu'ils agissent, car la sensibilité est le prin= cipe et l'essence de toute action organique. Nous! n'avons à nous occuper ici que de celle du cerveau! Cet organe impressionné, ainsi que nous l’avons vus par les corps extérieurs, à l’aide des sens, conservé une trace plus ou moins profonde de cette impres*

(1) On vient tout récemment d’annoncer des travaux impot tans sur le système nerveux. M. Bogrosest parvenu à injecter les, nerfs, et à prouver cequi n’avait été jusqu’à présent qué soupconné: En saurons-nous enfin davantage sur ces conducteurs de la sensibilité? Y découvrira-t-on une seconde circulation? Jusqu’ici la médecine n’agit presque que sur le moyen d’accroissement de la maladie. C’est beaucoup assurément ; mais puisse-t-elle trouver, dans le développement de cette découverte, le moyen d’agir plus sûrement qu’elle ne Va fait jusqu’à ce jour sur sa cause, et a€quérir par-là un degré de plus de puissance et de certitude !

44 D'HYGIÈNE. 261 sion , sur laquelle il peut spéculer comme sur l’objet lui-même : il devient alors le siége d’un travail intérieur plus ou moins actif. On a donné à cette faculté de conserver l'impression des corps non seulement d’une manière continue , mais même eu sorte qu’elle $e renouvelle de temps à autre, le nom de mémoire. Elle est la base de toütes les opérations intellectuelles. C'est sur les images que les objets ont laissées en nous que nous portons un jugement ; ce sont ces différentes images que nous comparons ; c’est sur elles que nous méditons. | Selon que cette faculté (1) de se représenter vivement les objets, ou de multiplier rapidement leurs images, est plus ou moins développée , c’est-à-dire selon que l’organe de la pensée saisit plus ou moins d’harmonies et d’oppositions, l’imagination est plus ou moins brillante. Elle est une heureuse perfection de l'intelligence, si les images qu'elle se représente, qu’elle compare, qu’elle examine sous un grand nombre de faces , sont fidèles, si le pouvoir de les multiplier se lie à celui de les analyser avec sagesse. Mais si elle est dépourvue de cet avantage, elle n’est qu’une stérile abondance. C’est en se livrant à ses dangereux écarts que tant de poètes brillans, mais peu raisonnables, se sont écartés des tableaux à la fois beaux et fidèles des écrivains sages.

L'intelligence est plus ou moins étendue dans les diwersanimaux.Chez aucun elle n’a autant de perfection que chez l’homme. Celle de l’homme est supérieure à

(1) Nous nous servons souvent du mot faculté, quelque fausse ‘acception qu’on ait pu lui donner comme à celui de fonction, habitué qu’on a toujours été à séparer l’eflet de la cause , et à le considérer comme une propriété indépendante de l'agent pro- |ducteur, Nous pensons nous être assez expliqués à cet égard, pour éloigner toute méprise, et pour faire bien entendre que les hcultés intellectuelles , toutes les facultés, toutes les fonctions, sont des effets, et np des causes; sont tantôt le résultat de Paction de l'estomac, durein , des muscles, tantôt celui de l’action dn cerveau ou de chacune de ses parties.

celle dela femme; elle est beaucoup plus parfaite àl’âge adultequedansl’enfanceet dans la vieillesse: plusle cer: veau est développé, plus l'intelligence est grande (1). Onréconnaît aisément les têtes des hommes que l’étendue de leur esprit place en dehors de la foule, et le: pêtit crâne d’un athlète est facile à distinguer de celui d’un Homère ou d’un Aristote. Nous ne: savons pas quelles sont exactement les facultés primitives, mais! mous sommes sûrs qu’elles sont fort distinctes les unes des autres. Chacune d’elles doit avoir un siége particulier dans Porgane encéphalique, et être d'autant plus vive et plus prononcéeque la portion qui lui est consacrée aura plus de développement. Si la même localité cérébrale ne peut percevoir les sons; Ja lumière, les saveurs, les odeurs , la résistance des: corps , il west pas plus probable que les:mêmés por-. tious de cet organe puissent élaborer des produits différens. Telle est la base des idées physiologiques! de M. Gall. C'est par ces idées seules‘qu’on peut ex=" pliquer tant, d'organisations si parfaites sous plus, d’uu rapport , et si imparfaites à quelques égards. Il\ est des hommes très-remarquables par la prédomi-, nance de certaines facultés, qui sont presque entièsl rément dépourvus de quelques autres. C’est même ce! qui arrive communément pour Îles cerveaux ano= males, dont quelques parties semblent ne s’être exa%! gérées qu’au détriment du reste. Ainsi s'éolitac il la bizarrerie, Îe défaut de raison, et souvent les” imperfections choquantes de tantde poètes, peinæ tres ou musiciens célèbres. Il est très-rare de ren# eontrer un développement considérable d’un grands nombre de facultés: C’est cet heureux hasard qui fait apparaître de loin en loin ces hommes qui

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étonnent leur siècle et la postérité, et qui impris 4 : LAS

: È ñ ir SR (1) À moins que ce développement ne soit maladif, ow app: rent sans être réel. À quoi servira un gros gerveau mal organisé,

“ou comprimé par une masse d’eau, comme chez les idiots et les hydrocéphales ?

IR 7 PROS FT LAN PNEUS GOT), VUE CONNUS Ve SR URr ONU, Lt LR Aÿ 20% HUE AN PM FVl

DAMGIÈNE, 265 nt à toute la société lenr manière de sentir. ns les lois communes, les meilleures organisans sont celles dont toutes les parties se balancent. est cet état heureux de rapport entre les différentes ortions de l'intelligence qui donne l'aptitude génétale, la pureté de jugement et la raison qu’on remarque chez quelques personnes. ee 4

De pareilles observations n'étaient pas ici hors de ropos. Elles peuvent être d’üne grande utilité pour Véducation des enfans, toujours mal faite, et faus- $ement dirigée; pour le bien-être dés ‘hommes en Particulier, leur santé, et pour le bonheur dés s0ciétés , si mal influencées, si violemment contrariées dans leurs tendauces. L C4. ARS

Toute éducation doit sans doute exercer l’intelligence de manière à lui donner le plus grand développement possible , sans nuire toutefois à celui des autres organes. Est-ce bien ce qu’on fait en ne tenant nul compte des aptitudes, en communiquant indistinctement à tous les enfans les mêmes idées , c’est-àdire presque toujours les:mêmes erreurs, en mettant ceux qui ont assez de raison pour faire un pareil effort, dans le cas de se dépouiller plus tard, comme d'une chose gênante, de tout ce dont on a embarrassé leur esprit, et en faisant de ceux qui ne sont pas capables de recommencer ainsi leur éducation , des hommes absurdes, vraiment infivmes, et qui ne font que gêner et tourmenter les autres ?

Les différences intellectuelles les plus saillantes se font assurément remarquer entre beaucoup d’enfans d'une même famille, comme la diversité de leurs traits. Soumis aux mêmes habitudes ; aux mêmes préceptes, ils sont loin d’avoir les mêmes penchans, et cependant on u’en-tient compte. Et qu'on rem arque Bien qu’on ne se montre pas plus raisonnable pour le développement d'aucun deleurs organes. Une alimentation commune ne leur convient ordinairement pas plus que des impressions communes, et ils sont continuellement soumis aux mêmes modificateurs, C’est

ut à à

modifier, par l'alimentation ét l'exercice, des tissus trop mous, trop blancs ou trophexcitables. Nous ne savons pas, il estvrai, quel est le mouvement intime | le genre d’activité HN bbane de la pensée en tra vail: mais ce dont nous sommes bien sûrs, c’est qu’il ne s’écarte aucunement de certaines lois physiologi= ques fondamentales qui sont communes à tous no$ tissus, c'est qu’il se développe par Peter. c’est qu'il s’altère par la fatigue, c’est que son état d’acti= vité appelle à lui plus de fluides excitans. On conclura facilement de ces données précieuses que chacune de ses parties pourra acquérir plus de perfection par une culture spéciale, et que tel enfant ainsi im pressionné serait un jour un citoyen utile, qui, s0 mis à d’autres règles, ne devient qu’un homme ins commode et fatiguant. On a souvent l’occasion de déplorer dans la société de ces fâcheuses nullités qu'on ne manque pas de mettre toujours sur À compte de la nature, etqui sont bien aussi souvent L triste fruit d’une mauvaise éducation. Il faudrait qu les hommes qui se consacrent à cette occupation im portante connussent bien les lois de l’organisatia Il n'entre ni dans l'essence ni dans la forme de ce ouvrage de tracer des préceptes à cet égard (x); mai nous ne pouvons omettre d'exprimer une opinit bien sentie, c'est qu'ici, comme dans bien d’au spécialités, tout est à refaire, depuis l’habitude faire réciter à Penfant des fables qu’il ne compre

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