REGLES GÉNÉRALES DU RÉGIME HYGIÉNIQUE
Il est rare qu’un dérangement dans la santé, c’està-dire dans l’état d’un organe, arrive brusquement, : et jamais 1l n’a lieu sans cause. Ordinairement, il est: précédé , pendant quelque temps, d’un état de ma- Jaise approprié. Si on obéissait alors à ses penchans instinctifs , on serait porté, la plupart du temps, à faire exactement ce qui serait convenable pour son rétablissement ; mais l’homme écoute rarement cette voix de linstinét, et quand il s’y soumet, c’est par crainte, et non par habitude. Il en est de même dans l'usage que nous faisons de nos organes, Rarement obéissons-nous au sentiment, quelquefois obscur, qui nous annonce leur souffrance. Par la nature de notre économie, la mesure de tout exercice organique est placée entre le besoin et la satiété , le plaisir et le dégoût : ces termes passés, la fatigue et la douleur surviennent bientôt. qu RE
. Les besoins ne sont pas tous également impérieux. Ceux qui parlent le plus haut €t qui exigent une saüsfaction plus prompte sont positivement ceux que les nécessités sociales ne réprouvent pas. Ils sont hors du domaine de la vie de relation et appartäennent à la division physiologique des fonctions de‘nutrition, faim, soif, respiration , excrétions, ete. Les fonctions destinées à la conservation de l'espèce s’annoncent chez quelques individus.et à certains âges par des Hnpulsions irès- fortes; mais, ‘ici, il né faut pas confondre ce qui naît du besoin en: lui-même avec ce Jui provient de notre imagination ou de l'habitude
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326 ’ ÉLÉMENS ‘1 des sensations vives. Le besoin tout seul exige peu etm se trouve suivi promptement de la satiété ou dégoût Il est remarquable qu'il est plus vif et amène plus det fatigue chez les hommes que chez les femmes ; et ce=1 pendant celles-ci éprouvent, lorsqu’elles lui résistents complétement, des effets plus désastreux. ‘0
Le besoin d'activité, dans les facultés cérébrales % s'annonce, ainsi que leur fatigue, par un phénomène: semblable à celui qu’on remarque chez les animaux dont on supprime le cerveau: il y a des baillemens# fréquens. Au reste , ici, on n’a guère d’autre moyen“ demesure que le plus ou le moins de facilité et des disposition à se livrer à un ordre d'idées. Il est im-" portant de ne point persévérer à poursuivre un sujet dès qu’il échappe: ce serait dépasser les bornes, et des cette trañsgréssion on a vu résulter des maladies de: la tête, et quelquefois de singulières hallucinations. |
Les besoins sont soumis à des retours réguliers séparés par des intervalles de satiété. La périodicité, dans les fonctions et les exercices organiques est une.
grande loi de l’économie que l’on ne doit pas en-:
freindre. Raccoureir comme étendre trop l'intervalle:
qui doit les séparer sont deux choses également nui-.
sibles. L’habitude peut beaucoup à cet égard : aussi devons-nous chercher à régler ces retours d’après les! exigences de nos occupations. C’est à tort que l’on a: dit qu’il fallait s’habituer à n’avoir rien de fixe; rien, de réglé dans la vie, parce qu’il fallait être prêt à tout. IL est possible qu’à certaines époques de la civi lisation, il en ait été ainsi; mais certes ce fut par nécessité. Nous trouvons dans quelques peuplades des influences de position telles, qu’à des excès dans l’alis mentation succèdent de longs jours de jeûne, qu'a près un long espace de repos absolu viennent des fa
tigues effroyables. Mais aussi la moyenne de leur viël est courte, toutes choses égales d’ailleurs; les indivi dus de ces peuplades ont beaucoup d’enfans, dontui bien petit nombre subsistent; l'expérience a appri
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qu’ils étaient moins robustes et moins foris que nous autres hommes qu’on prétend amollis. ILest remarquable que la population n’augmente qu’en raison même
des découvertes que l’on fait et qui tendent à rendre la vie plus facile, ét par suite plus régulière. Dans l’état moderne des sociétés , la profession militaire est la seule qui impose des habitudes déréglées, encore n'est-ce qu’en temps de guerre. Aussi, qu’arrive-t-il alors? Tous les hommes faibles sont moissonnés; il en périt davantage dans les hôpitaux que sur les champs de bataille. La régularité est donc, dans tous les cas, utile à la santé, et prolonge la durée de la vie; on connaît plusieurs exemples de longévité évidemment dus à elle seule. On sait qu’en général
le célibat abrége la vie, parce qu’il donne lieu à des
habitudes peu régulières. (ae
La succession périodique des fonctions est à quelques égards soumise aux révolutions diurnes et annuelles de la nature. Elles apparaissent et éprouvent des modifications qui sont en rapport avec ces révolutions, et qu'on ne doit pas perdre de vue. Ainsi, l’absence du repos des nuits pendant quelques jours ne tarde pas à être suivi d’affections maladives; sa trop longue durée, d’une faiblesse générale, ete. Ainsi, les changemens dans les saisons amènent des prédispositions nouvelles que nous ne pouvons guère entièrement négliger ; l'appétit vénérien éprouve des modifications remarquables. Le goût impose deschangemens dans le régime alimentaire, etc. À
La quantité de ce que nous accordons à nos besoins et la manière dont nous les satisfaisons deviennent à la longue des habitudes puissantes. Chez les hommes en bonne santé et robustes, habitués à un régime fort, un excès sous ce rapport, ou un défaut, sont rarement suivis d’inconvéniens ; il n’en est pas de même chez ceux qui ont des habitudes modérées. Ainsi, un homme doué d’un grand appétit, usant de mets succulens, de vins généreux, supporte très-
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