‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 22 sur 107 · SIXIEME SYSTEME · texte numérisé non relu

SIXIEME SYSTEME

Fif. M. Priflii obliqie lei tjaétriqie. Fif. 32. OcUUre m ijiétriqie.

80 • MINERALOGIE.

Dans un même système cristallin les formes simples que présentent les cristaux ou bien celles auxquelles on peut les ramener varient, dans certaines limites, selon la nature du minéral, et Ton désigne par la dénomination de forme prlmlilve ou fondamentale celle de ces formes qui est le plus communément indiquée comme forme dominante ou qui se prête le mieux, d'après les lois d'accroissement, aux calculs de la formation des autres formet» que Ton appelle secondaires.

Les formes cristallines étant probablement une conséquence de celle des molécules qui composent les corps, il en résulte qu'elles sont en rapport avee la nature des minéraux et qu'elles servent à caractériser ces substances ; mais il est à remarquer, à cet égard, qu'il y a des minéraux qui sont isomorphes^ c'est à dire qui prennent des formes analogues, ce qui n'a lieu que chez quelques corps simples ou dans des composés qui ont la même formule atomique, n y a aussi quelques combinaisons de même nature que l'on appelle dimorphes^ parce qu'elles cristallisent dans deux systèmes cristallins, mais le nombre en est excessivement petit, et d'ailleurs on les considère ordinairement comme formant des minéraux distincts, d'autant plus que cette diiférence dans la forme cristalline coïncide avec d'autres différences extérieures.

Du reste, ce rapport entre la nature des minéraux et leurs formes cristallines n'a lieu que pour les vrais cristaux^ et non pour ceux qui ont changé de nature et que l'on distingue par les dénominations de cristaux épigètus et de cristaux pseudo^yiorphigties. Les premiers n'ont éprouvé qu'un changement partiel, résultant du remplacement d'un des principes par un principe étranger au minéral originaire. Dans les seconds, ce dernier est entièrement disparu et 86 trouve remplacé par une substance différente qui s'est moulée dans l'emplacement qu'occupait le cristal originaire. Les cristaux qui ont changé de nature, se distinguent ordinairement des vrais cristaux, parce qu'ils ne sont pas clivahles^ propriété que nous ferons connaître un peu plus loin; mais quand il s'agit de minéraux qui ne sont pas clivables, on ne peut souvent les distinguer que parce que leurs formes ne sont pas celles que prennent les vrais cristaux de la substance dont ils sont composés. U est à remarquer aussi que leurs angles et leurs arêtes sont souvent émoussés et qu'ils renferment quelquefois dans leur intérieur de petites cavités qui, parfois, sont tapissées d'autres cristaux.

Outre les cristaux normaux, où les lois de la cristallisation se sont exécutées librement et où toutes les formes secondaires peuvent se déduire par des modifications symétriques sur les arêtes ou

PBOPRl£TÉS GÉNÉRALES DES MINÉRAUX. 81

sur les angles des formes indiquées ci-dessus comme types, il y a des eriaUax ansmaox, OÙ ces lois ont été plus OU moins modifiées par des circonstances accidentelles qui ont produit, soit de simples ûifauU de symétrie, soit des ^roupevienls, soit des déformations.

Les cristaux non tymétriquei diffèrent des cristaux normaux, parce qu'ils offrent des exceptious aux lois générales de la cristallisation, exceptions qui toutefois paraissent rentrer aussi dans des lois générales.

Les crittaux sont ordinairement si près les uns des autres, qu'il est rare d'en trouver dans la nature qui aient pu prendre complètement leurs formes normales; ils sont au coatvaiTe groupés entre eux , de manière que leur développement a été plus ou moins entravé et qu'ils offrent une multitude de dispositions qui suivent quelquefois des lois régulières, t«Is sont, entre autres, ce qu'on appelle cristaïus maclés, oii la réunion de deux cristaux donne naissance à des angles rentrants, circonstance qui ne peut exister dans les cristaux simples.

Tif, 33. liemflH h criitiii fw^

HINERALOGIB.

Fij. B. ri'Dri'

Le plus souvent le gi-oirprment a. lieu d'une manière tout à fait irr/ffiilière et donne naissance à des corps qui ressemblent à âos boules, à des crêtes de coq, à des faisceaux de baguettes, à des n''fieaux, à des gerbes, à des dendrîtes, c'est à dire à des dessins d'arbres, d'où on les désigne par les épithètes de ghhoires, de eréi/g, de liaciUaii-es,dû rétimlaires, de fferbi/ormes, diapici/ormes, de dendritiques, etc.

Les erislaux déformés sont souvent le résultat de l'élargissement, de l'allongement, du rétrécissement ou de la disparition de certaines faces ou de TaiTondissoment des arêtes et des angles solides, d'où résultent des formes qui rappellent des lames, des aiguilles, des cheveux, des boules, des œufs, des lentilles, des cylindres, des tonnes, etc.; ce qui les fait désigner sous les épithètes de lamell if ormes, d'aciculaires, de cnptUaireg, de spkéroïde-f, d'oFoitfM, de C!/li?idro''des, As dolif ormes , etc.

Nous appelons tarva*» c«Drréll«BB^cB (1) des formes qui présentent tant de variations qu'il est impossible d'en donner une définition générale, mais qui le plus communément donnent l'idée de mamelons, de stalactites (2), de tuyaux, de rameaux, de filaments, d'enduits, de croûtes, de réseaux, de grappes, etc. ; d'où on les distingue par les épithètes de mameîonnéety stalactitiqnes, fi$tuteiises, ranuileiises, filiformes, pelliculairet, incrustantes, cloisonnées, hytryo'ides, etc.

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Les formes maiifiives étant indépendantes de la nature des substances et déterminant la structure intérieure de Fécorct; terrestre, leur étude intéresse beaucoup plus la géognosie que la minéralogie; nous ferons en conséquence connaître dans le livre suivant ce que Ton entend par couches^ typhons^ filons^ coulées et

Les formeii que, à défaut de meilleures dénominations, nous appelons fragmentaires, sont aussi jusqu'à un certain point indépendantes de la nature des substances qui en sont douées; nous les rangeons en dix catégories, que l'on désigne ordinairement par les noms de hlocs^ de plaques^ de veines^ de rognons^ de cailloux^ de noyaux, de fragments anguleux^ de grains et de paillettes.

Le nom de bloes s'applique à des portions de substances cohérentes que l'on trouve sur le sol, ou enfouies dans des masses d'une nature différente; mais la ligne de démarcation entre les blocs et les amas est à peu près arbitraire, de même que celle entre les blocs d'une part, et les rognons, les cailloux et les fragments anguleux d'autre part. Cependant on ne donne jamais le nom de bloc à des fragments dont le volume n'est pas supérieur à celui de la tête d'un homme. La forme des blocs est quelquefois anguleuse, d'autres fois arrondie ou mamelonnée.

Lesplaqnes se distinguent par une forme aplatie, c'est à dire que leur longueur et leur largeur sont toujours beaucoup plus étendues que leur épaisseur. Elles se trouvent, comme les blocs, à la surface du sol ou enfouies dans d'autres matières ; souvent aussi des masses plus ou moins étendues se trouvent divisées en plaques placées les unes sur les autres, et alors les plaques ne sont que les feuillets des masses à texture feuilletée dont il sera parlé ciaprès. Lorsque les plaques deviennent très minces, on les appelle faînes ou feuilles.

Les velnea ont, comme les plaques, une forme très aplatie; mais elles sont toujours engagées dansd'autres matières, dont elles diffèrent, soit par leur nature, soit seulement par leur couleur ou par leur texture. Les veines sont tantôt droites, tantôt contournées, tantôt simples ou ramifiées; elles traversent les masses dans tous les sens, se croisent et se coupent les unes les autres; elles ne sont, à la rigueur, que de très petits filons, de même que les blocs ne sont que de très petits amas.

Les rognons sont aussi des matières cohérentes qui se trouvent quelquefois intercalées dans des masses d'autre nature ou d'autre texture. Leurs dimensions sont moindres que celles des blocs, et leurs formes sont généralement déterminées par des Surfaces cour-

84 mNÉRALOGIB.

bes, ordinairement irrégulières et souvent plus ou moins étranglées. On se sert souvent du mot nodule ^onr désigner les rognons qui ne sont pas étranglés. Bs sont tsiniot pleins^ tantôt çéodifues^ c'est à dire avec des cavités dans leur intérieur.

Les nldtt sont, comme les rognons, de petites portions de substances minérales enveloppées dans des masses ; mais ils diffèrent des rognons en ce qu'ils sont formés de matières meubles ou très friables.

Nous entendons par eallloiix (1) des fragments cohérents qui ne sont pas assez volumineux pour être appelés blocs, qui ont une forme plus ou moins arrondie ; sans étranglement, et qui se trouvent, soit sur le sol, soit dans des dépôts meubles.

Le nom de soyanx s'applique à des portions de substances cohérentes qui ont, comme les cailloux, des formes arrondies, mais qui se trouvent enveloppées dans d'autres matières, sans être étranglées, comme les rognons, et dont le volume n'est pas assez considérable pour qu'on les appelle blocs, ni assez petit pour qu'on las nomme grains. Les noyaux forment une partie essentielle des masses à textm*e poudingiforme ou amygdaloïde.

Nous désignons par le nom de bloeiinx (2) les fragments qui n'ont pas les formes arrondies ou aplaties qui caractérisent les rognons, les cailloux, les noyaux et les plaques, et qui ne sont pas assez volumineux pour être appelés blocs. Cette espèce de fragments est une partie essentielle des masses bréchif ormes.

Les palnii sont des parties de substances minérales ordinairement arrondies, dont le volume ne dépasse pas en général celui d'un pois, tantôt libres, tantôt adhérents les uns aux autres.

Enfin, on appelle pailleiies de très petites plaques ou plutôt de très petites lames qui semblent avoir été détachées de substances à texture laminaire.

Les formeii organiqiii's que présentent certaines matières minérales sont dues à l'enfouissement de corps organisés, de sorte

<1) Plusieurs naturalistes D'appli(|oent le mol caillou qa*aax frairmeols de pierres dores faisaol feu sons le briquet; mais je ne vois ancnn avantage daii» celle restriciion, qui a rmconvèoienl de ne pins permeitre d'appliquer le nom de cailloux à tous ces fragments roules que Ton irouTe sj souvent dans le lUdex rivières on sur les cdtes de la mer. A la rérité, on par>' à cet iDconvénieot, eu remplaçant Im mot caillou, dans le ^ens que je lui doooe, par celui de galet; mais l'usage du nom de caillou étant p!ns général, eia>nnl, pour ainsi dire, été consacré par les ouvrages classiques du célèbre Saussure, je l'ai préféré ; d autant plus que, dans les contrées où l'on se sert do moi galei dans le langage usuel, on remploie principalement pour désigner la plage couverte de cailloux.

(2) La dénomination complexe de fraçmenUt anguleux me paraissant d*autaot pins défectnense que les blocs, les plaques, les veines ei les paillettes sont souvent d'>s fragments aoguteox, je me suis permis dA proposer le mot blocaux, tiré de blocaille, que Ton emploie dans lesart» fiOQr désigner nn assemblage de fragments de ce genre.

qu'elles ont peu d'intérêt pour la minéralogie; mais elles sont d^une grande importance ponr la géognosie, la géogénie, la botanique et la zoologie; aussi fait-on de leur étude le sujet d'une science particulière à laquelle on donne le nom depaléonMoçie^ et dont nous dirons quelques mots dans le livre suivant.

La texture est Parrangement intérieur des parties qui composent les substances minérales, elle peut être rapportée à sept modifications principales que nous désignons par les épithètes de cristalline^ de feuilletée^ de massite^ de celluleuu, de conglamérée^ ^organique et de meuble. Toutefois il est à remarquer que ces diverses modifications passent non seulement de Tune à l'autre, mais qu'en outre elles ne s'excluent pas l'une l'autre, et que diverses catégories de texture peuvent souvent s'associer : c'est ainsi qu'un même minéral peut présenter en même temps les textures feuilletée et cristaline ou massive et celluleuse (1).

La texture cristalline est, comme toutes les formes cristallines, due à la force de cristallisation; mais quoique ces deux propriétés se rencontrent souvent réunies, on ne doit pas les confondre; car il y a des cristaux dont la texture n'est pas cristalline, et la nature renferme des masses immenses qui ne sont pas des cristaux et dont la texture est cristalline. Cette texture peut se subdiviser [en itorwèole et anomale.

Les minéraux à texUire erlstalUne neroMile se distinguent pai* une propriété très importante, celle d'être clivables, c'est à dire de se laisser diviser en lames minces qui se détachent parallèlement Tune à l'autre dans certaines directions déterminées, d'où on les appelle aussi laminaires; et comme le même minéral a souvent plusieurs clivages, on obtient, en opérant cette division mécanique arec le soin convenable, des solides qui sont ordinairement les formes primitives dont nous avons parlé (page 80) ; d'où l'on voit que cette propriété est en quelque manière le complément du caractère tiré de la forme cristalline. Toutefois le clivage se fait avec plus ou moins de facilité, et il est plus ou moins complet selon les minéraux. Quelquefois il y a trop peu de clivage pour conduire à uil solide complet, et d'autres fois il y en a trop pour un seul solide.

liCS minéraux à textnre erlstallliie aBemale ne sont pas cliva-

(I) On emploie «oavent l« not de structure poar désigner ce qae j*appel1e texture; mais il oi*a para qu*fl était pré&rablo de réserrer le premier de ces mots poor Indiquer l'arrangement <l«s imodes nasses minérales qui CDmpofent Técorce da globe terrestre, et d'appHqn^r l<> second i rarrangement des parties qui composent les mioéranx et \n rocbei, et par cooséquent de dire la Btructure de l'écwce du globe on d'un terrain, et la texture d'un minéral ou d'une roche.

6 MLNEKALOGIE.

bles dans leur ensemble; mais les diverses parties qui les composent jouissent quelquefois de cette propriété et peuvent alors être considérées comme ayant la texture noimale dans leurs petites dimensions. Nous désignons les principales modifications de texture cristalline anomale par les épitliètes de lamellaire^ de Jlbreuse^ de radiée^ de granitoïde^ de porphyrmde^ àHamygdaloïde,

On entend par texture lamellaJre, un assemblage de petites lames, ou de petits cristaux groupés confusément l'un à côté de l'autre, sous toutes sortes de directions.

La texture flbreniie peut être considérée comme le résultat de Tagrégation de cristaux capillaires, ou aciculaires, ou même bacillaires; quelquefois elle présente des fibres droites; d'autres fois elles sont plus ou moins contournées^ et quelquefois comme tressées,

La texture radiée est, comme la texture fibreuse, le résultat de l'agrégation de cristaux allongés, mais qui, au lieu d'avoir une disposition parallèle, ont généralement une disposition rayonnée ou divergente.

La texture s**<^nltoïde ressemble beaucoup à la texture lamellaire et n'en difiTère que parce que les lames ou cristaux qui compostait l'ensemble, au lieu d'être de même nature, sont formés de minéraux difiTérents ; d'où Ton voit que cette texture n'appartient «qu'aux roches mélangées et non aux minéraux proprement dits.

Il en est à peu près de même de la texture porphyroïde, qui consiste dans la présence de cristaux au milieu d'une pâte ; cejendant il arrive quelquefois que la pâte et les cristaux appartiennent à la même substance et ne différent que par la texture ou la couleur.

La texture amygdaloïde se rapporte aussi, comme la texture porphyroïde, à une pâte qui enveloppe des parties cristallines; mais elle en diffère en ce que les parties cristallines, au lieu de présenter la forme de cristaux ont pris celle de noyaux plus ou moins arrondis.

Les minéraux que nous considérons conmie ayant la texture feuilletée, ont la propriété de se diviser en feuillets plus ou moins minces, ou de présenter l'apparence de semblables feuillets. Ils ont quelques rapports avec les minéraux laminaires, car gn peut, à la rigueur, voir un clivage dans leur division; mais ce clivage n a ordinairement lieu que dans un sens, ne conduit pas à des angle.^ fixes, ne présente pas des faces aussi lisses, et ne donne pas ordinairement des lames aussi fines. On peut distinguer chez les minéraux feuilletés trois modifications que nous désignons par les épi-

thètes de sckisiolde^ de stratoïde^ et de globuleuse, La texture schisiùide est celle qui donne le clivage le plus facile et les lames les plus minces. Elle présente souvent deux particularités qui ne se retrouvent pas dans les autres modifications; c^est d'abord que, quand la masse contient des bandes différentes par leur couleur, ou même par leur nature, on voit souvent que les mêmes feuillets se propagent indistinctement dans les diverses parties, et que quand la masse est stratifiée, ces feuillets ont une direction différente de celle des couches. Dans la texture straioïde^ au contraire, les feuillets sont toujours parallèles aux couches et ont souvent une épaisseur plus ou moins considérable au delà de laquelle tout clivage devient impossible. Enfin, dans la texture globuleuse^ les feuillets sont disposés à peu près concentriquement, comme s^ils s'étaient moulés successivement sur un noyau central.

Un caractère de la texture feuilletée, c'est de s'associer avec une autre texture, en ce sens que les feuillets, une fois détachés, présentent un assemblage de fibres ou de petites lames, soit de même nature, soit de natures différentes, ce qui donne des textures que l'on désigne par les épithètes de strato^breuse, schisto-lamellaire^ schisto-granitoïde^ et de même pour toute autre association.

Nous désignons par le nom de textares massives, celles où l'on ne distingue point de joints ou parties séparées, et où, par conséquent, le minéral semble former une seule masse homogène; lorsque ces conditions se trouvent tout à fait remplies, et que l'œil u'aperçoit qu'une surface unie, on dit que la texture est compacte; si, au contraire, on distingue sur cette surface des inégalités qui annoncent comme des espèces de grains unis entre eux, on emploie les épithètes de saccharoïde^ de grenue^ et de grossière. La première indique une apparence cristalline, qui rappelle celle du sucre blanc et qui n'est à la rigueur qu'une texture lamellaire où les lames sont devenues si petites, qu'elles ressemblent à de petits grains. Il en est de même de la texture grenue, qui ne diffère de la texture saccharoïde que parce qu'elle a moins l'appai^ence cristalline. La texture grossière ne diffère, de son côté, de la texture grenue que parce que les aspérités que l'on compare à des grains sont plus fortes et plus irrégulières.

Nous désignons par la dénomination de texlare eellolease celle des matières minérales qui présentent, dans leur intérieur, des cavités visibles à l'œil nu. Ces cavités varient beaucoup par leur forme et leur qualité. Quelquefois elles ne consistent que dans de simples tubulures ou canaux sinueux qui traversent la masse; d'autres fois, celle-ci est con^e criblée par une infinité de petites

8S MINERALOGIE.

cavités plus ou moins arrondies et alors nous désignons cette texture par répithète delmlleus€(l) ; d'autres fois, ces cavités sont de dimensions fort inégales, souvent assez considérables et quelquefois conûne crevées : on dit alors que la texture est scoriacée^ parce qu'elle est semblable à celle des scories, qui se font dans les fourneaux de fusion. Dans d'autres circonstances, les cavités, au lieu de présenter des formes arrondies dans l'un ou l'autre sens, ont des figures polyédriques, et les parties pleines ressemblent à un assemblage de barres ou de lames; dans ce dernier cas, on dit ordinairement que le minéral est carié.

Les cavités qui se trouvent dans les substances minérales paraissent en général provenir de dégagement de gaz ou de la destruction de parties composantes qui se trouvaient renfermées dans celles qui sont demeurées intactes.

Les textuT^n eonglomérées donnent l'idée de fragments plus ou moins considérables qui sont agglutinés ensemble, soit par un ciment visible, soit sans ciment visible. Lorsque ces fragments sont très petits, nous disons que la texture est grésiforme^ et alors elle ne diffère de la texture grenue que parce que les grains sont mieux prononcés. Lorsque ces fragments sont plus gros, la texture devient poudingiforme ou hréchiforme^ selon que les fragments sont des noyaux arrondis ou des fragments anguleux ; alors elle se rapproche des textures porphyroïde et amygdaloïde, dont elles ne diffèrent que parce que les fragments empâtés sont rarement cristallins et souvent plus gros. On doit aussi citer la texture ooliiiqne qui, sous le rapport de la grosseur des fragments, doit se placer entre la texture grésiforme et la texture poudingi forme, et qui ne diffère de cette dernière que parce que les fragments qui composent la masse ont assez généralement une forme globuleuse, et sont ordinairement moins volumineux.

Les lexliire» orfçantqoes sont celles qu'affectent les corps organisés que nous avons dit ci-dessus se trouver enfouis dans le sein de l'écorce du globe : on peut les subdiviser en végétales et animales.

Dans toutes les modifications que nous venons d'examiner, la texture ne se rapporte qu'à dos parties adhérentes les unes aux autres; mais il arrive quelquefois que les substances minérales se trouvent en fragments plus ou moins petits, accumulés les uns sur les autres et non adhérents. A la rigueur, on pourrait considérer

(1) J*ai préféré IVpHhéie de fmlleuse à celle de poreuse, qai est beaucoup plos ositée, mais qui ne parait fort impropre ; car la physique nous apprend que beaucoup de corps qui ooos parahseut compacUf sont poreux, .

PUOl'niÉTES GÉNÊKALBS DES MINÉRAUX. 89

chaque fragment comme une substance isolée, qui a Tune ou l'autre des textures indiquées ci-dessus, et ne voir dans la mobilité des fragments qu^une propriété mécanique. Mais, comme la réonion de ces fragments forme souvent des masses que Ton est dans l'habitude de considérer dans leur ensemble, et que ces masses ne diffèrent de celles à texture conglomérée que parce qu'elles sont meubles , nous croyons pouvoir faire figurer la lextare meuble à la suite des autres modifications de texture, et y distinguer cinq catégories que nous désignons par les épithètes de terreuse^ d^ar^naeée^ de çraveleuse, de caillouteuse et de hlocail^ leuse. Dans le premier cas, les parties sont réduites à un grand état de ténuité; elles deviennent successivement plus grosses dans les deuxième, troisième et quatrième catégories, mais cette dernière diffère de la cinquième, parce que dans celle-ci les fragments sont anguleux, tandis qu'ils sont arrondis dans celle-là.

On appelle cassure la forme que présentent les nouvelles faces qui résultent, dans une matière minérale solide, d'une séparation occasionnée par un choc, d'où l'on voit que la cassure est à peu près la même chose que la texture, puisque celle-ci détermine toiqours une partie du détail des formes que présente une cassure, et que souvent la texture n^est mise à découvert que par la cassure; mais il est à remarquer que la texture existe dans le minéral, indépendamment de la division mécanique que l'on y opère, tandis que la cassure détermine la manifestation d'autres caractères que l'on exprime par diverses dénominations ; c'est ainsi que l'on dit que la cassure est droite^ lorsque son ensemble présente des lignes droites ; qu'elle est conchoïde, lorsqu'elle offre des enfoncements en forme de cône très surbaissé, qui rappellent l'intérieur d'une coquille bivalve. On dit aussi que la cassure est lisse ou raboteuse^ selon que les nouvelles faces présentent des surfaces analogues à celles des corps polis, ou couvertes d'aspérités, et qu'elle est écailleuse^ lorsque ces aspérités forment des espèces d'éclats qui donnent l'idée d'écaillés.

Nous réunissons sous le nom de proprlélës Biécaitlques, divers caractères qui tirent leur origine des forces connues en physique sous les noms de pesanteur et de cohésion^ parce que celles dépen« dantes de cette dernière consistent dans la manière dont les corps résistent à des actions mécaniques, et que celles qui se rapportent à la pesanteur se manifestent par des phénomènes purement mécaniques.

La propriété de cette dernière catégorie qui intéresse particulièrement l'étude des minéraux, est celle appelée den^^iié oupesan-

90 MINËRALOCilE.

leur spécifique^ parce que chaque substance minérale est en général douée d'une densité particulière. Nous ne nous étendrons pas ici sur cette propriété et sur la manière dont on détermine la pesanteur spécifique d'un corps, ces matières étant ordinairement traitées dans la physique. Nous rappellerons seulement que Tou exprime en minéralogie la pesanteur spécifique des corps par de.^ chiffres qui expriment le rapport avec la densité de l'eau distillée, l)rise à dix-sept degrés et demi du thermomètre centésimal. Ainsi, quand on dit que la densité de l'or naturel est de 14.85, ou par abréviation que l'or pèse 14.85, c'est comme si nous disions qu'un volume donné d'or naturel pèse 14 fois 85 dixièmes de fois un même volume d'eau distillée.

Les propriétés qui tirent leur origine de la cohésion sont trè^ nombreuses et très variées : nous avons essayé de ranger les principales dans sept catégories, que nous désignons par le nom de consistance^ de cohérence^ de flexibilité^ de ductilité^ de dureté^ de tactilité et de graphicité. Mais cette éuumération devrait être considérablement augmentée, si l'on voulait exprimer toutes les considérations sous lesquelles les minéraux sont envisagés dans les arts où l'on fait usage de ces corps. Il est inutile d'ajouter que ces propriétés varient dans un même corps, selon la température.

La conftUtance se rapporte aux trois états principaux que le^ physiciens désignent par les épithètes de solide^ de liquide et de gazeux^ et sur lesquels il est inutile de revenir ici.

Nous désignons par le mot cohérence la propriété relative à la manière dont les parties qui composent une substance solide tien- "" nent les unes avec les autres. Lorsque ces parties sont assez adhérentes pour ne pouvoir être séparées sans un effort quelconque, on dit que la substance est cohérente; et comme l'effort nécessaire ])our ol)tenir cette séparation doit être plus ou moins considérable, les minéraux présentent, sous ce rapport, plusieurs modifications que l'on désigne en général par les épithètes de tenace^ àefragiU et de friable. Le premier cas a lieu lorsque le minéral cède ave/ difficulté au choc du marteau, le second lorsqu'il se brise ave-' facilité, et le troisième lorsque les parties peuvent être séparées par la simple pression des doigts. Quand il n'y a aucune adliérence entre les parties, on dit que la substance est incohérente ou meuble^ proi)riété que nous avons déjà fait connaître en parlant de la texture, mais qui appartient plus particulièrement à l'ordre de considérations que nous examinons en ce moment.

La flexibilité est la propriété qu'ont certains corps de céder, sans se rompre, aux forces qui tendent à faire plier un corps so-

lide; d'où l'on voit que cette propriété a beaucoup de rapport avec la cohérence ; car, d'un côté, elle ne se manifeste que dans les corps cohérents, et les got^s flexibles sont généralement tenaces, tandis que les corps fragiles et friables sont ordinairement raides. Mais, comme il y a des corps tenaces qui ne sont point flexibles, la flexibilité doit être rapportée à un autre ordre de considérations que la cohérence.

La 4nclillté est la faculté qu'ont certains corps solides de pou- Toir être étendus par la pression ou par le choc sans se rompre ; cette propriété a beaucoup de rapports avec la flexibilité et la cohérence, en ce sens que tous les corps ductiles sont essentiellement flexibles et tenaces, et que les corps raides, fragiles ou friables sont cassants. Aussi ce dernier mot, ainsi qu'on l'a vu cidessus, est-il également employé conmie synonyme de fragile, c'est à dire comme une des modifications de la cohérence ; mais, attendu qu'il y a des corps tenaces et flexibles qui ne sont pas ductiles, on doit considérer la ductilité comme différente de la flexibilité et de la ténacité. Les corps ductiles peuvent être subdivisés en deux catégories, selon que cette propriété exige des efforts plus ou moins prononcés pour se manifester. Le premier cas est notanmient celui des métaux que l'on appelle malléables^ parce qu'ils s'étendent sous le choc du marteau; le second a lieu dans les corps mous qui, considérés sous ce rapport, pourraient être appelés plastiques^ parce que c'est sur cette propriété que sont fondés la plupart des arts plastiques, tels que la poterie.

La dureté est la propriété par laquelle un minéral solide est susceptible d'en entamer un autre, ou de se laisser entamer par celui-ci (1). Comme les expressions de dur et de tendre ne peuvent donner que l'idée de la comparaison de deux substances et sont insuflisantes pour rendre les nombreuses variations que présente le caractère et la dureté, on l'exprime ordinairement en énonçant si le minéral dont on s'occupe raye ou est rayé par une autre substance assez généralement connue. La propriété de donner des étincelles par le choc du briquet a beaucoup de rapport avec la dureté, puisqu'il faut, pour qu'elle ait lieu, que le minéral soumis à l'expérience soit assez dur pour entamer l'acier; mais, d'un

U) Oaconfood soarenl la dornlé avec la téaacitéi ce qai donne lieu à beaucoup d'inconvènienls. i«croU,ea conséquence, deToir faire remarquer qo*il faut éditer de dire qu'un corps est dur \on- 4«*il B'est que tenace, et tendre lorsqu'il est friable : ainsi, par exemple, le grès n'est jamais (nu/re quoiqu'il soit quelquefoif asses friable pour s'égrener sous leà doigts; il est, au contraire, toQjoars asses dur pour que ses grains puissent rayer le Terre. De même le diamant, le plus dur de tons îei corps, puisqu'il les raye tous, est assez fragile pour élre brisè au premmr coup de norteaa.

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autre côté, il faut que ce minéral ait beaucoup de ténacité et un volume assez considérable ; car un corps très dur, mais qui est fragile, ne donnera pas aussi facilement des étincelles qu'un minéral moins dur, mais tenace. Et, tandis que le plus petit fragment d'un minéral conserve toujours sa dureté caractéristique, une lame mince du corps le plus propre à donner des étincelles se rompra sous le choc du briquet avant de détacher des particules d'acier, et par conséquent sans donner d'étincelles ; car on sait que cellesci sont produites par des particules d'acier détachées par le choc, et qui s'enflamment dans l'air par suite de la chaleur déterminée par cette séparation.

Nous désignons par le nom de taetllité les propriétés qui se manifestent quand nous touchons des minéraux avec nos doigts. Ces propriétés se rattachent en général à la dureté; mais le moven d'observation étant diflférent, nous croyons devoir les classer sous une autre dénomination. Considérés sous ce rapport, les corps peuvent être nommés âpres ^ rudes ^ doux et onctuetix.

Nous appelons graphleilé la propriété qu'ont certains corps de laisser de leurs particules sur un autre corps, lorsqu'on les passe l'un sur l'autre, d'où l'on voit que cette propriété a beaucoup de rapports avec la précédente ; considérés sous ce point de vue, il y a des corps qui, comme le graphite, sont écrivants^ d'autres qui sont simplement tachants^ et une immense quantité qui sont non tachants.

Les propricic!^; opiiiiuen des minéraux peuvent être rangées dans trois catégories principales, selon qu'elles se rapportent à la transparence^ à Véclat et à la couleur.

Les minéraux, considérés sous le rapport de la transpareace, c'est à dire de la manière dont ils se laissent traverser par la lumière, peuvent être divisés en transparents ou diaphanes^ en translucides et en opaques. Parmi ces derniers, il y en a qui deviennent translucides lorsqu'ils ont été plongés dans l'eau, d'oii on les appelle hydropTianes.

La transparence donne lieu d'observer des propriétés qui ont beaucoup attiré l'attention des physiciens, et qui sont utiles aux minéralogistes pourdistiijguer certaines substances : ce sont celles tirées de la réfraction et de Is, polarisation de la lumière. Quand on regarde un très petit objet, tel qu'un trait de plume, à travers un minéral transparent, on voit, dans certains cas, une image simple et dans d'autres une image double; d'où l'on dit qu'il y a réffraction simple dans le premier cas, et réfraction double dans le second. Cettt' propriété dépendant, ainsi qu'on le démontre dans la physique, de

PROPRIÉTËS GËNËRALES DES MINÉRAUX. 93

]& disposition des molécules du minéral, se trouve en rapport avec le mode de cristallisation, d'où il résulte que la réfraction est toujours double et toujours simple dans le même minéral tu dans le même sens. Les substances non cristallisées et celles qui sont cristallisées dans le système cubique, ont toujours la réfraction simple, quel que soit le sens dans lequel on les examine ; tandis que les substances cristallisées dans les autres systèmes sont susceptibles de présenter la double réfraction, mais la distance entre les deux images est quelquefois si faible que pour Tapprécier ou doit recourir aux appareils de polarisation au moyen desquels on reconnaît que les cristaux des systèmes quadratique et rhomboédrique ont la double réfraction à un axe optique, tandis que les cristaux des systèmes ortborbombique, klinorbombique et anorthique ont la double réfraction à deux axes optiques, avec des modifications qui permettent de distinguer chacun de ces systèmes.

L'éclat, tel qu'on l'entend en minéralogie, est une propriété plus facile à concevoir qu'à définir. On sait que l'on emploie le mot éclat, dans le langage ordinaire, pour désigner l'aspect brillant ou la vivacité de couleur qui distingue certains objets ; et, comme les minéraux sont souvent plus ou moins éclatants, l'indication de cette propriété est un moyen de les distinguer que l'on ne doit pas négliger, d'où s'est établi l'usage de parler de leur éclat dans les descriptions, lors même qu'au lieu d'être éclatants ils sont ternes. Mais, dans ce dernier cas, on peut éviter le conti-e-sens en se servant du mot aspect^ au lieu de celui d! éclat. On peut distinguer hait modifications principales d'éclat ou d'aspect, que nous désignons par les épithètes de jnétalliquey de vitreux^ de résÎTUUx^ de ifras^ de nacré ^ de soyeux^ de luisant et de tern^. L'éclat est sujet à présenter beaucoup de variations dans la même substance, et l'on remarque fréquemment que, dans les minéraux cristallisés, le même échantillon présente deux éclats dififérents selon le sens dans lequel on le regarde.

La ceslenr est celui des caractères des minéraux qui frappe le premier notre attention, mais il est loin d'être le plus important pour le minéralogiste. On peut considérer les couleurs sous le rapport de leur dwersiié^ de leur intensité ^ de leur distribution et de leur constance.

Les couleurs, considérées sous le rapport de leur diYer«lté, présentent une multitude de nuances différentes que Ton range ordinairement dans dix types ou couleurs principales désignées par les noms de rouçe^ d^orangéy de jaum^ de vert^ de bleu^ de violet^ de ^n, de fiotr, de {fris et de bUmc. On peut y ajouter une onzième

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modification que Ton appelle limpide^ et qui est l'absence de tout couleur, propriété qui est toujours accompagnée de la transparence ; car les corps opaques que les physiciens considèrent coranie sans couleur sont blancs.

On subdivise ces diverses couleurs en nnances que l'on désigiit. soit par des noms particuliers, soit en ajoutant au nom de la couleur des épithètes qui indiquent le passage d'une couleur à udl autre, ou le rapprochement avec la nuance qui caractérise certairiS objet connus. Ces subdivisions sont quelquefois portées à uu nombre très considérable. Voici celles qui nous paraissent lemieux caractérisées.

Pour le rouge : le ponceau que l'on peut considérer comme le type de la couleur, le rouge de carmin^ le rose^ le cramoisi^ le rouf}tiolâtre^ le rmige noirâtre^ le rouge brunâtre^ le rouge de chair, le rouge de brique et le rouge de cuivre.

Pour le jaune : le blond ^ V Isabelle^ le j amie d* ocre, le jaune d€ cirt, le jaune de paille, le jaune de citron qui est le type de la couleur, 1^ jaune de laiton, lejatme de bronze et le jaune rerdâtre.

Pour le vert : le vert jaunâtre, le vert-olive, le vei't noirâtre, h vert-pistache, le vert-j^o^nme qui est un vert très clair, le vert té maraude qui est le plus pur, le vert-poireau qui est un vert bleuâtre foncé, et le vert-de-gris qui est un vert bleuâtre peu intense.

Pour le bleu : le bleu-verdâtre, le bleu noirâtre, le bleu d^indlgo, le bleu de Prusse qui est le bleu le plus pur, le bleu de ciel et le Ik^ de lavande qui est un bleu clair tirant sur le violet.

Pour le brun : le brun violâtre, le brun rougcâtre, le marron qui est en quelque manière le type du brun, le châtain dont le nom, quoique dérivé du mot de châtaigne, désigne un brun qui n'a point le ton rougeâtre du marron, le brun jaunâtre le brun verdâtre et le br^n noirâtre.

Pour le noir : le noir brunâtre, le noir verdâtre, le noir bleuofrf, le noir de velours qui est le noir le plus pur, et le noir grisâtre.

Pour le gris : le gris noirâtre, le gris d"* acier, le gris de ceiidre, que l'on peut en quelque manière considérer comme le type de cette couleur, le gris bleuâtre, le gris verdâtre, le gris jaunâtre, le grisà^' fumée, le gris de lin, c'est à dire qui ressemble à la fleur du lin et se ra[)proche du rose, tandis que le gris rougeâtre, se rapproche du rouge de brique.

Enfin pour le blanc : le blanc rougeâtre, le blanc jaunâtre, le iîoM verdâtre, le blanc bleuâtre, le bla^ic grisâtre, le blanc d^e'tain, le blnnc X argent et le blanc de neige qui est le blanc parfaitement pur.

On se sert aussi du nom seul d'une couleur terminée en n.irt

pour désigner des teintes qui s'éloignent plus ou moins du type, mais qui s'en rapprochent plus que des autres couleurs. Souvent cette manière de s'exprimer n'est employée que pour indiquer les teintes qui ne sont pas assez prononcées ni assez constantes pour mériter une dénomination particulière; mais d'autres fois elle s'applique à la réunion de quelques-unes des subdivisions admises dans la couleur principale; ainsi, par exemple, en disant que certains minéraux sont rougeâtres^ on n'exclura pas, des teintes que Ton veut indiquer, les modifications de rouge que Ton désigne par les noms de rouge de brique, rouge de cuivre, rouge de chair, etc.

L'inlensilé de chaque nuance se distingue par les épithètes de foncée et de claire ou pâle. Cette propriété est souvent susceptible de varier avec l'épaisseur ou la cohésion de l'échantillon que l'on observe : c'est ainsi qu'une lame mince paraîtra très pâle, tandis que l'échantillon plus épais dont on l'aura détaché, sera très foncé. Quelquefois l'intensité devient telle que la couleur en est changée : c'est ainsi, par exemple, qu'un échantillon peut paraître noir, tandis que, réduit en lames minces ou en poussière, il srera gris, vert, bleu, violet, brun ou rouge. Pour éviter toute erreur de ce genre, on a soin d'examiner et d'indiquer séparément la couleur de la poussière et celle de la masse.

On pourrait rapprocher de l'intensité une propriété qui s'exprime en disant que les teintes sont vives ou ternes^ pures ou sales; mais ce genre de considération se rapporte aussi , jusqu'à un certain point, à l'éclat et à la nature des nuances.

Lorsque l'on considère les couleurs sous le rapport de leur 41btribvtl«ii, on dit qu'elles sont unies ou bigarrées^ selon que la masse ou le fragment que l'on examine présente une seule nuance ou plusieurs nuances; dans ce dernier cas, on dit que le minéral est fubané lorsque les diverses nuances sont disposées par bandes parallèles, veiné lorsqu'elles ressemblent à des veines, nuage si elles rappellent des nuages, tacheté si elles forment des taches plus ou moins arrondies, pointillé lorsq^iQ l'on voit de très petits points sur un fond d'une autre teinte, ieniritique ou ruiniforme lorsque l'association de diverses couleurs donne l'idée de dessins d'arbres ou d'édifices en ruine.

Si nous considérons maintenant les couleurs sous le rapport de leur «•nstance dans une même substance , nous verrons qu'elles peuvent être divisées en couleurs propres à ce minéral lorsqu'elles eu forment un caractère constant, et en eoolenrs aecidenlelles lorsqu'elles varient dans une même substance; mais celles-ci pré-

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sentent de leur côté deux modifications principales, que Ton pourrait désigner par les épithètes de/xes et de mobiles.

Les eoalearfi fixes sont de véritixbles couleurs propres par rapport à la combinaison qui en est réellement douée et ne deviennent accidentelles que par rapport au minéral dans lequel cette combinaison se trouve mélangée et où elle fait les fonctions de principe colorant- C'est ainsi» par exemple, que le vert est une couleur accidentelle dans rémeraude, puisque ce minéral est limpide ou bUnc lorsqu'il est pur, mais le vei-t est la couleur propre de l'acide chronique, corps qui se trouve comme principe accidentel dans les émeraudes qui jouissent de cette belle nuance verte que l'on appelle vert d'émeraude.

Les coalenrp mobllea ne tiennent pas, comme les couleurs propres et les couleurs fixes, à la nature des molécules qui les réflécbissent ; mais elles dépendent uniquement de la disposition de ces molécules, de sorte qu'elle disparaissent lorsque l'on détruit h. cohérence entre ces molécules. On peut les subdiviser en quatre catégories que l'on désigne ordinairement par les noms àHridiation^ à^ pohjchro'isme^ à^astérisme et de chatoiement.

L'iridlalion a lieu lorsqu'un corps présente la réunion des couleurs de l'arc-en-ciel. Dans les minéraux opaques, cette coloration a encore certains rapports avec les couleurs fixes, car les couleurs irisées demeurent ordinairement les mêmes quel que soit le sens dans lequel on regarde le corps qui en est doué. Quelquefois ce phénomène se manifeste sans que la nature du corps annonce aucune espèce de changement, mais d'autres fois elle n'a lieu que dans une pellicule extérieure , soit que cett« pellicule résulte de l'altération d'une partie de la masse, soit qu'elle provienne de matières étrangères qui la recouvrent. Dans les minéraux transparents, l'iridiation ne consiste ordinairement que dans des espèces de reflets tout à fait mobiles et analogues au phénomène connu dans la physique sous le nom d'anneaux colores.

Il y a polychroisHie quand les minéraux sont susceptibles de présenter diverses couleui*s selon le sens dans lequel on les regarde. Cette propriété ne peut avoir lieu dans les minéraux opaques, et, comme elle dépend de l'arrangement des molécules, elle est, comme la double réfraction et la polarisation, en rapport avec le système cristallin ; ainsi tous les minéraux qui ne jouissent pas de la double réfraction sont aussi privés du polychroïsme, et sont, par conséquent, UidcliroUes. Ceux k double réfraction, qui ont un axe optique, peuvent être dichro'ites^ c'est à dire qu'ils peuvent présenter deux couleurs. Enfin les minéraux qui ont deux axes

optiques sont susceptibles d'être trichroïtes^ c'est à dire de présenter trois nuances , selon qu'on les regarde dans une direction parallèle au plan des axes et à la ligne moyenne, ou dans une direction parallèle au plan des axes et perpendiculairement à la ligne moyenne, ou enfin dans une direction perpendiculaire au plan et à la ligne dont il s'agit.

L'astérlsme consiste dans la propriété qu'ont certains minéraux, lorsqu'ils sont convenablement taillés, de présenter une étoile bril* lante dont le nombre de branches varie selon les substances.

Le chatoleMcnt tire sa dénomination de la propriété qu'ont certains ndnéraux, lorsqu'ils sont convenablement taillés, de renvoyer des reflets qui semblent flotter et se mouvoir dans l'intérieur i mesure qué^l'on change leur position, en imitant, jusqu'à un certain point, l'effet que les yeux des chats produisent dans l'obscurité. Ce phénomène, qui paraît provenir de la texture fibreuse de ces minéraux, ne diffère, en quelque manière, de l'astérisme que parce que les reflets produits ne sont pas en forme d'étoiles , et il se distingue de l'iridiation parce que les reflets ne présentent pas les couleurs de l'iris.

Nous ajouterons ici quelques mots sur une propriété qui tient peut-être autant aux propriétés électriques qu'aux propriétés optiques; c'est celle de la phosphoreseenee que manifestent quelques minéraux qui deviennent plus ou moins lumineux dans l'obscurité sans éprouver d'altération dans leur nature. Cette propriété se produit soit par le frottement, soit par réchauffement, soit par l'insolation, c'est à dire par l'exposition au soleil, soit enfin par Taction des étincelles électriques ; mais elle n'est pas dans le cas d'être utile au minéralogiste pour la détermination des substances, parce qu'elle n'est pas constante et que le même minéral peut être quelquefois phosphorescent et d'autres fois non phosphorescent.

Les propriétés éleelrlqaes des minéraux, comme de tous les antres corps, peuvent être envisagées au point de vue de la conduotîMIiUy du mode de développement et de la nature de V électricité détdoppée.

On sait que, considérés sous le rapport de la conductibilité^ les torps sont conducteurs ou isolants. Les minéraux qui ont l'cclat métallique sont ordinairement de la première catégorie et ceux qui ont l'éclat vitreux ou résineux de la seconde.

Le développement de l'électricité a lieu par le frottement, par la compression, par le contact et par la chaleur. On considère tous les corps comme susceptibles de s'électriserj^ûr le frottement^ mais le plus ordinairement la quantité d'électricité développée est si faible

nfccit DE oioLoeii. 7

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que le minéralogiste doit la considérer conrnie nulle. I31e est très prononcée dans le succin. Le développement par la eontpression^ quoique moins général, est quelquefois assez prononcé chez quelques cristaux. C^est ainsi qu^il suffit de presser dans les doigts un rhomboèdre de calcaire pour y déterminer une électricité sensible. Le développement |?ar contact est trop faible pour s'en occuper ici, mais c'est surtout celui par la chaleur qui a attiré Tattention des minéralogistes, parce qu'il est plus sensible et qu'il est quelquefois utile pour la détermination des minéraux. Quant à la nature de Vélectricité développée, elle est parfois négative, d'autres fois positive, et certains cristaux, notamment ceux de tourmaline, acquièrent par la chaleur la polarité électrique.

Les preprIétÀi Buagiictlqves des minéraux se reconnaissent à l'aide d'un petit barreau aimanté, mobile sur un pivot, et alors on dit que le minéral est non attirahle^ qu'il est attirdble ou qu'il est polarisé, selon qu'il n'agit pas sur le barreau, qu'il l'attire, ou qu'il l'attire par un bout et le repousse par l'autre. Du reste, il n'y a que les minéraux contenant du fer qui agissent sur le barreau aimanté, et parmi ceux-ci il n'y a que l'espèce nonmiée magnétite qui jouisse de la polarité.

Les seules propriélés aeoastlqacs des minéraux dont nous nous occuperons ici sont celles relatives au bruit qui se manifeste dans quelques substances lorsqu'on les frappe , lorsqu'on les plie ou lorsqu'on les chauffe. Sous le premier point de vue, presque tous les minéraux donnent un bruit sourd par la percussion, tandis qu'un petit nombre de substances sont plus ou moins sonores. Sous le second rapport, on remarque que certains minéraux craquent lorsqu'on les plie ou qu'on les rompt, tandis que d'autres se plient ou se rompent sans bruit. Enfin il est des minéraux qu'une chaleur plus ou moins forte fait pétiller ou éclater avec bruit, tandis que le plus grand nombre n'éprouvent rien de semblable.

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