PREMIER ORDRE. -ROCHES SILICÉES
Genre unique. — Roches quartzense».
Nous appelons silicées ou quartzeuses la première division de^ roches pierreuses parce que la silice y est en général à l'état libre et que l'espèce minéralogique du quartz en forme l'élément principal. Comme ces roches sont très abondantes et employées à de i: ombreux usages, on est dans l'habitude d'y distinguer beaucoup d'espèces dont plusieurs ne diffèrent les unes des autres que paileur texture ou leur aspect.
C'est ainsi que les variétés de quarU propremeat dit à texture grenue, grésiforme, arénacée et poudingiforrae, étant considérées comme espèces particulières de roche, nous n'entendons ici par cette dénomination que les variétés à texture compacte ou cariée, quelquefois légèrement lamellaire, fibreuse ou radiée, à cassure inégale, rarement conchoïde. Elles sont ordinairement blanches, quelquefois limpides, rarement colorées , et forment des filons, des amas, des fragments ou des cristaux dans les autres roches. Ci* quartz, lorsqu'il est pur, est employé pour la fabrication du verre et de la porcelaine.
Le quartz des filons est souvent accompagné de beaucoup d'autres substances, notamment de métaux, mais ces associations ne sont pas en général assez constantes pour mériter des noms particuliers; nous citerons seulement ici: le quartz micacé {greisen^ hyalomicle) qui n'est en quelque manière qu'un accident du micaschiste. où le mica est moins abondant que le quartz ; le quartz tourmalinifère (schorl/els ^ schorlrock^ liyalotoufmalite)^ et le quartz toparosème ou topaz/els. Ce dernier est composé de quartz, de topaze, de tourmaline, peut-être de leptynite.
Le qaarlzlle (quartzfels^ quartz grenu) est une roche à base de quartz proprement dit à texture grenue. Il forme des couches, des
amas, des filons, de couleurs grise, blanchâtre, jaunâtre, rougeâtre, Terdâtre, bleuâtre, noirâtre, etc., unies ou bigarrées. Le quartzite renferme un grand nombre de minéraux différents, mais la plupart de ces associations qui sont remarquables par leur constance forment des espèces particulières. Nous citerons cependant ici le quartzite talqueux^ le quartzite micacé^ dont une sousyariété a été nommée itacoîv/mite ou grès fiexible; le quartzite sidérocriste {itàbirite^ eisenglimmerschi^er)^ formé de quartz et d'oligiste spéculaire. Ces deux dernières variétés forment au Brésil des montagnes entières qui recèlent des minerais d^or, d'étain, de fer, etc. On pourrait citer le quartzite rouge et le quartzite brun comme des mélanges de quartz avec la sanguine et la limonite. Le quartzite est employé comme pierre à bâtir, comme pavé, comme pierre à aiguiser, etc.
Le grès {pierre de saile^ sandstein^ sandstone) est une roche à base de quartz à texture grésiforme, formant des couches, des amas et des fragments de couleurs blanche, grise, jaune, rouge, etc., unies ou bigarrées. On donne le nom de grès lustré k une roche à cassure conique, luisante, dont la texture est presque compacte, mais dans laquelle, lorsqu'on la regarde à travers une lame mince, on aperçoit des grains séparés, enveloppés dans une pâte compacte. On appelle grès ferrugineux un grès de couleur brune qui est mélangé de beaucoup de limonite; grès chlorité^ celui qui renferme de la chlorite : il est ordinairement de couleur verte ou pointillé de vert. Il existe aussi des grès micacés^ des grès calcarifères^ etc. Le grès est très abondant dans la nature ; on l'emploie comme pierre à bâtir, mais il est surtout recherché pour faire
des pavés.
Le Mible est une roche à base de quartz à l'état arénacé, variant par la grosseur de ses grains , formant des couches , des amas et des filons de couleur blanche, lorsqu'il est pur. Le salle est quelquefois ferrugineux^ et alors ses coideurs sont le jaune ou le brunâtre, s'il est associé à la limonite,et le rouge, s'il est coloré par de roligiste ; d'autres fois il est chlorite et alors il est vert ou mélangé de grains verts ou noirâtre. Il y a aussi des sables argileux^ micacé^ fnénakanitîfèrey etc. (1).
(1) Il n*est peat-étre pa» inulile de faire remarqaer ici que je restreins le nom dexoô/eà une ftobstaoce qoarixeose, ou da moins dans laquelle le qoarti domine, et qoe je pense que Too ne doit pas dire t(U>le calcaire, sable ferrugineux, pour désigner du calcaire ou du minerai de fer entrés petits grains; mais, de même que nous disons «2/^i70 2trcomenne pour désigner la syënila qaicootient du xircoo, le tai>le ferrugineux est pour moi un assemblage de peiiis grains de qoartx mëlangé avec une substance ferrugineuse. Mais, quand jo voudrai indiquer que du calcaire on de la mènakaniie se trouve daos ou état analogue à celui du sable, je dirai calcaire arénacé, mépokanite arénaeée.
15S MINERALOGIE.
Le sable est très abondant dans la nature. On remploie pour faire des mortiers, ainsi que pour la fabrication du verre, des poteries, etc.
Les stlez n^ont pas Faspect vitreux des roches quartzeuses dont nous venons de parler; ils sont ordinairement plus durs et plus tenaces, ils se présentent plus communément en rognons et en blocs qu'en couches ou en filons. On peut y distinguer trois sousespèces, savoir : le pyromaque {pierre à fusil ^ pierre à briquet^ Jlini) dont la texture est compacte, la cassure conchoïde, qui se brise facilement en fragments à bords tranchants et dont les couleurs sont ordinairement le noir grisâtre, le gris et le blond. Le silea? corné (hornstein^ quartz-agate grossier) dont la texture est compacte ou grenue, la cassure droite ou imparfaitement conchoïde et écailleuse, les couleurs ordinairement pâles, telles que blanchâtre, gris rougeâtre, gris jaunâtre, gris bleuâtre. La meulière {pierre à meide^ quartz-agate molaire) qui se distingue par sa texture plus ou moins celluleuse. Quelquefois les cavités sont si rapprochées et séparées par des lames si minces qu'elles rappellent le tissu réticulaire des 08 ; d'autres fois ces cavités sont plus considérables et plus éloignées les unes des autres, et les parties intermédiaires ressemblent au silex corné. Cette substance a une tendance toute particulière à se présenter en fragments anguleux enfoncés dans de l'argile.
Le Jaspe est opaque et n'a point l'aspect vitreux des quartz proprement dits ni la faible translucidité des silex ; il a une grande tendance à passer à ces derniers ainsi qu'au quartz proprement dit, à la limonite et à d'autres substances. On y distingue le Jaspe proprement dit qui a des couleurs variées et qui est quelquefois employé comme pierre d'ornement, et lephtanite {kieselschiefer) qui a ordinairement la texture schistoïde, la couleur noirâtre passant au grisâtre. Il forme des couches et des rognons et se trouve, comme les meulières, en fragments anguleux enfouis dans de l'argile.
Le iripoli {trippeiy est une roche à base d'appai'ence simjJe, composée presque entièrement de silice, infusible. D forme des masses à texture grenue , à grain très fin , presque compacte, souvent schistoïde; il est friable, quelquefois pulvérulent; sa poussière est âpre au toucher, son aspect est terne, ses couleurs sont le jaunâtre, le grisâtre, le blanchâtre, le rougeâtre.
L'examen au microscope de la plus grande partie des tripoUs a fait reconnaître à M. Ehrenberg qu'ils étaient composés de carapaces d'animaux infusoires. Du reste, le nom de tripoli étant ap-
ROCBBS. 15a
pliqué par les ouYiiers à une matière qui a la propriété de donner on beau poli aux pierres et aux métaux, il parait que l'on confond sous cette dénomination des substances de nature et d'origine différentes.
Le p«adlB|;;nc (1) est une roche à base composée de fragments de substances quartzeuses, réunis, soit sans ciment visible, soit par un ciment quartzeux ou quartzo-argileux non calcarifère. H fonne des couches, des amas, des filons et des blocs à texture ordinairement poudingiforme, quelquefois bréchiforme; il présente dirers degrés de cohérence; ses couleurs sont le rougeâtre, le brunâtre, le grisâtre, le blanchâtre, etc., quelquefois unies, souvent bigarrées. Les poudingues sont très abondants dans la nature, et sont employés dans les constructions, notamment pour les ouvrages de fourneaux, quelquefois comme pierre meulière.
Le p«»Blte {gris argileux^ grès de houillères) est une roche à base composée de grès et d'argile; il forme des couches, des amas, p6at4tre des filons, à texture grésiforme ou schisto-grésiforme. Il est tenace ou friable, quelquefois meuble; ses couleurs sont le rougeâtre, le grisâtre, le jaunâtre, le verdâtre, le brunâtre, le noirâtre, le blanchâtre, etc., unies ou bigarrées. 'L^psammite est souvent micacéj d'autres fois charlonneux^ mâcHfère^ etc. Il est extrêmement abondant dans la nature. On remploie conune pierre à bâtir, pierre à paver, pierre à aiguiser, etc.
Le BiAcIgn* {grès argilo-calcarifère^ molasse) est une roche à base composée de grès, d'argile et de calcaire; il forme des couches et des amas à texture grésiforme, quelquefois schisto-grésiforme, tenace, friable ou meuble. Ses couleurs sont le grisâtre, le jaunâtre le rougeâtre, unies ou bigarrées. Le macigno est souvent micacé^ quelquefois charbonneux. Il est très abondant dans la nature ; on remploie coname pierre à bâtir.
Le gomphollte (2) est une roche à base composée d'une pâte de madgno, renfermant des fragments de diverses substances, principalement de quartz et de calcaire. Il forme des couches et des
(1) Tû fait eoonaltre, dans 17n Production à la Géologie, les motifs qui me forçaJeat, en quel- <IM OMaière, de restreindre le nom de poodiogue aax seoles roches où domioe le quartz, et de i*éleadre au roches qaartsenses à textore hréchiforme, aossi bien qo'à celles à texture pouJiogitene.
(9) Le gompholiUest, en général compris dans les roches qne les antears appellent poudingiyuB, cnglomiraiê, et pins spécialement dans celles que les Suisses oomiuent nagelfluU, Les régies <t< ma classification m'ont obligé de donner an gompholite une définilion qui eu exclut legompho- Ute ownogéniqoe d'Alex. Brooguiart, lequel n'est qu'on calcaire poudingiforme. D*aprés ma <li&otlion, le gompholite est an macigno ce qne le poudingue Okt au psammile, et il ne diffère da poudingue qne parce qa*il renferme esteotielloment dn calcaire, de même qne le macigno ne diffère te pitBBito qw parce qu'il renferme aosal da calcaire.
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amas à texture ordinairement poudingiforme, quelquefois brécliiforme, tenace, friable ou meuble; ses couleurs sont le brunâtre, le rougeâtre, le jaunâtre, le grisâtre, etc., unies ou bigarrées. Le gompholite est assez abondant dans la nature, et forme quelquefois des dépôts puissants.
L^arkose (ffrès feldspaihique^ grès avec hiolin^ graufoaekê feldipathique) est une roche à base composée de quartz dominant et de feldspath; elle forme des couches, des amas, des filons, peut-être des masses non stratifiées, à texture grésiforme (arkose miliairè), bréchiforme , poudingiforme , granitoïde , porphyroïde (miniophyre quart ceux) et arénacée {mbîe feldspathique)^ quelquefois tenace, souvent friable, d'autres fois meuble ; ses couleurs sont le grisâtre, le rougeâtre, le blanchâtre, le verdâtre, etc. Ij arkose est souvent micacée, et alors elle ne diffère du granité que parce que le quartz est dominant; aussi l'a-t-on quelquefois appelée granité recomposé. L'arkose est très commune dans la nature; elle renferme beaucoup de minéraux d'espèces différentes, notanmient des métaux. On l'emploie dans les constructions lorsqu'elle est assez tenace.
DEUXIÈME OHDRE. - ROCHES SILICATÉES.
l^ Genre, — Roches grenatlqne».
Le i^renai dit commun forme quelquefois de petits bancs, de petits filons et des fragments de couleurs variables où domine le rougeâtre plus ou moins sombre, c'est une substance très dure rayant ordinairement le quartz. Ou donne le nom de granutfels à une roche composée de grenat, de pyroxène, de calcaire, quelquefois d'épidote, qui sert de gangue aux filons de magnétite des environs d'Arendal en Norvège.
L'ccloglle est une roche à base phanérogène, composée de grenat et d'actinote, à texture granitoïde. Elle renferme accidentellement du disthène, du qunrtz, de l'épidote, de l'amphibole, etc. Elle est très rare dans la nature, et se trouve intercalée en petits bancs ou amas, peut-être en filons, dans le gneiss, le micaçhiste. le diorite,
2' Genre, — Roches amphlgénlques.
L'amphii^^éoUe (îeucitgestein^ leucitophyre) est une roche composée d'une pâte formée d'amphigène, mélangée d'un peu de py-
rozène renfermant des cristaux d'amphigène et de pyroxène. Elle forme des coulées, des filons, des amas, des fragments à texture ordinairement porphyroïde, quelquefois celluleuse ou meuble. La pâte est habituellement d'un gris foncé, les cristaux d'amphigène sont blancs et ceux de pyroxène noirs. Cette roche est abondante à la Somma, dépendance du Vésuve.
3* Genre. ^ Roche» lèldspathlque».
Plusieurs minéraux de la tribu des feldspaths, notamment Tortbose, le labradorite, l'oligoclase et Palbite, entrent dans la composition d'un grand nombre de roches où ils sont mélangés, soit entre eux, soit avec d'autres substances, et, quoique plusieurs de ces mélanges soient placés dans des genres qui tirent leurs dénominations de ces dernières substances, il en reste un très grand nombre que Ton est dans Fhabitude de considérer comme roches feldspathiques. H eût été à désirer de pouvoir diviser ces roches d'après la nature de leur élément feldspathique, mais il est impossible d'atteindre ce but dans l'état actuel de la science, car, lorsque les feldspaths ne sont pas à l'état cristallin, on ne peut en général les distinguer que par la nature et les proportions des éléments alcalins qu'ils contiennent, et les indications données par ces analyses, d'accord avec ce que Ton remarque dans les parties cristallines, annoncent ordinairement l'association de plusieurs espèces de feldspaths. Nous avons dû en conséquence laisser ces roches en une seule série que, conformément à l'usage, nous avons principalement disposée d'après des considérations de texture, d'aspect et d'origine. Quelques-unes de ces roches contiennent une certaine quantité d'eau qui est probablement due à des zéolites qui entrent dans leur composition. Ce caractère permettra peut-être un jour de former un genre particulier. Les roches feldspathiques se distinguent des roches quartzeuses par leur fusibilité ; elles sont aussi généralement un peu moins dures, mais elles rayent encore le verre ; elles ont une grande tendance à prendre les textures granitoïde et porphyroïde.
L'orlhose on feldspath proprement dit^ à l'état cristallin, ne devrait peut-être pas figurer dans la série des roches, car il forme rarement des masses à lui seul, et ces masses ne doivent être considérées que comme des accidents des roches mélangées. L'analyse d'une variété très pure a donné à Berthier 0.642 de silice, 0.184 d'alumine, et 0.170 de potasse. Cette substance se clive faci-
156 MINERALOGIE.
lement parallèlement àun prisme rhomboïdal de 118**,58' à 119°,11', elle pèse de 2.39 à 2.58, elle est quelquefois limpide, d^autresfois blanchâtre, rougeâtre, verdâtre, etc.
Le labradorile ou pierre de Labrador^ à Tétat cristallin, ne forme non plus que des masses accidentelles. L'analyse d'un échantillon de Saint-Paul, en Labrador, a donné à Klaproth 0.558 de silice, 0.265 d'alumine, 0.110 de chaux et de 0.040 de soude. Cette substance donne par le clivage un prisme rhomboïdal oblique de 119*, elle pèse 2.70 à 2.75, elle a l'éclat vitreux, intérieurement nacré sur les faces de clivage, elles est translucide et souvent remarquable par des reflets vifs et changeants de diverses couleurs.
La pcgmatlie est une roche à base phanérogène composée de feldspath dominant et de quartz. La couleur du feldspath est souvent blanchâtre et celle du quartz grise, d'autre fois le feldspath est rougeâtre ou brunâtre. Cette roche forme des filons, des amas, peut-être des typhons.
On appelle peçmatite graphique {schrifft granit) celle dans laquelle le quartz est comme fiché dans le feldspath où il forme des lignes brisées qui donnent l'idée de l'écriture hébraïque. D'autres fois, le quartz ne forme que des grains dans le feldspath, et alors on donne à la roche le nom àepetuntz^. Cette variété est employée pour faire la couverte ou vernis de la porcelaine.
Le grABite est une roche à base phanérogène, composée de feldspath laminaire, de quartz et de mica, à éléments à peu près également disséminés, ou à feldspath dominant; car, quand le quartz devient dominant, la roche passe à l'arkose ; et si c'est le mica qui devient dominant, la roche passe au gneiss et au micaschiste, n forme des typhons, des filons, des amas, des blocs, peutêtre des couches. Sa texture est granitoïde, cependant l'orthose forme quelquefois des cristaux plus volumineux que les autres éléments, et alors on dit que la texture est porphyroïde. Le feldspath est souvent blanc, le quartz gris et le mica noir, et alors on dit que le granité est gris ; d'autres fois le feldspath est rouge, et l'on dit que le granité est rouge. Cette roche est très abondante dans la nature, et renferme une grande quantité de minéraux, soit à l'état de dissémination, soit à celui de filon. Elle est employée comme pierre de construction et de décoration ; elle prend un beau poli, et l'étendue de ses masses permet d'y tailler des blocs qui n'ont d'autres limites que les forces que l'homme peut employer pour les déplacer.
La fiyénlte {çranitel^ granité amphiholique) est une roche à base phanérogène, composée de feldspath ordinairement laminaire et de
hornblende. Elle forme des typhons, des amas, des filons. Sa texture est granitoïde ; quelquefois, cependant, on y distingue des cristaux d^orthose plus volumineux que les autres éléments, et alors on dit que la texture est porphyroïde ; d^autres fois elle de- Tient schistoïde. Les feldspaths de la syénite sont principalement de Torthose, quelquefois de Toligoclasse ou du labradorite, ils sont comme ceux du granité ordinairement blancs ou rougeâtres et la hornblende d'un vert foncé. La syénite renferme une grande quantité de minéraux, et, parmi ceux qui s'y trouvent avec le plus de constance, il faut citer en premier lieu le quartz et le mica, qui sont souvent réunis, et forment ce qu'on appelle la syénite granvtique {granité à quatre substances^ granité rouge égyptien). On distingue aussi des variétés zirconienne^ hypersténique^ diallagique^ etc. La syénite est employée aux mêmes usages que le granité. C'est même avec de la syénite granitique que sont faits les obélisques égyptiens les plus remarquables.
La protoginc est une roche à base phanérogène composée d'arothose, d'oligoclase, d'un mica à [base de fer et de talc, formant des couches, des amas, des filons, peut-être des typhons à texture granitoïde, passant quelquefois à la texture porphyroïde. L'orthose, qui est en général la substance dominante, est ordinairement blanc , l'oligoklase est aussi de couleur blanche , mais avec une teinte verdâtre. Le mica est d'un vert plus ou moins foncé, peu éclatant. Le talc est en lames très minces, vertes ou d'un gris pâle. C'est cette roche qui forme la partie principale du Mont-Blanc (1).
Nous désignons par le nom de Icptysiie (2) les feldspaths alca-
(1) inrioe, qui \ établi Tespèce protogioe, croyait qu'elle était composée de feldspath, de qmrti et de u:c, mais M. Deiesse {An. dechim. et dephy». 1849, t. XXV) a reconoo qae la majaore partie dn ce que Ton prenait pour da talc est un mica contenant 96 ponr cent d*oxyd«s de fer. L*analjse qne M. Delesse a donnée de ce mica ressemblant à celle de la lépldoroélane do Vermeland, il y aurait pent^trA lieu de loi donner ce nom.
On n'est point d*accord sur la question de saToir si les grands dépôts de protogine forment des coQclifs 00 s'ils constituent d'énormes culots; cependant l'opinion qui attribue ooe stratiGcatioo eoévfotail à celai do Mont-Blanc paraît la plos probable.
J'avais admis des protogines schlstoïdes, lorsqoe je considérais, d'après Jurine, l'élément Tert de celte roche comme on hydrosilicale de magnésie, mais dt- pois qo'il est reconoo que la majeure partie de cet élément est on mica, je sois porté à ranger dans le gneiss ce qoe j'ap^lait protogine ■chistolde. Celte manière de voir rend l'application des nobs plos facile, car il y a tant de ressemblance entre la protogioe schistoïde et le gneiss, que beaaconp de masses généralement appelées gDelss aoraient dû ploldt se ranger daos la protogioe sçhisloîde. D'on aotre cdlé, les carafitéres essentiels do gneiss sont, ainsi qoe ceox actuels de la protogine schistoïde, d'être composé de mica et de feldspath et d'avoir nne texture schistoïde ; de sorte qoe la protogine schistoïde peut être considérée comme n'étaolqo'oo gneiss talq«ieox ou stéaliteox.
(I) On reod ici ao nom de leptynite l'acceptioo que loi doonait Haûy, qui l'a créé ; mais depois lors, 00 a beaocoop Tarie sur cette acception, soit en l'appliquant aux mélanges de cette substance avec d'aotres mioéraox, soit eo le restreignant ao feldspath greno avec no peo de mica, loil eo retendant aox feldspaths greoos et compactes. C'est à cette espèce qoe se rapportent les roches Dvamées iveisêtein, granulile, amauiite. La miasciU de M. Rose me parait être on leptynite Bépbélioiqoe.
lins, c'est à dire l'orthose, l'oligoclasse et Talbite, à texture grenue ou saccharoïde. Il forme des filons, des amas ou des noyaux dans des masses d'autre nature. Il est ordinairement blanc, quelquefois rosâtre, verdâtre ou d'autres nuances communément peu foncées : il est souvent mélangé avec d'autres substances, d'où l'on a des variétés micacée^ quartzeuse^ grenatique^ népliélinique^ etc. ; mais il est à remarquer que, quand les feldspaths cessent d'être très dominants, la roche devient, selon les cas, du gneiss, du micaschiste, etc. Elle passe également au granité, à la pegmatite, à la syénite, etc., lorsque le feldspath prend la texture lamellaire.
Nous entendons par carite (1) une roche à base d'apparence simple qui paraît être composée de feldspaths alcalins, à texture compacte, souvent mélangés de parties étrangères. L'analyse d'un échantillon de Passau a donné à Bucholz 0.600 de silice, 0.220 d'alumine» 0.140 de potasse et 0.008 de chaux. L'eurite forme des filons et des amas; elle est ordinairement tenace, de couleurs rougeâtre, blanchâtre, noirâtre, unies ou bigarrées; sa texture devient quelquefois schistoïde, bréchiforme et poudingiforme. Indépendamment des matières étrangères aux feldspaths qui peuvent entrer dans sa composition intime, elle est fréquenmient mélangée de substances qui conservent leurs caractères propres, et outre celles des associations que nous allons indiquer comme espèces particulières, on peut citer des variétés micacée^ quarzifère^ grenatique^ etc.
Le porphyre {feldstein porphgr) est une roche composée d'une pâte d'eurite renfermant des cristaux d'orthose; il forme des typhons, des filons, des amas, peut-être des couches; il est ordinairement très tenace, d'autres fois friable lorsqu'il est altéré. La couleur de la pâte varie du brun rouge et du brun violâtre au rosâtre, au gris rougeâtre et au verdâtre; celle des cristaux est ordinairement blanche, passant quelquefois au rougeâtre et au verdâtre. Le porphyre contient très souvent des grains de quartz; d'autres fois du quartz et du mica, ou du quartz et de l'amphibole. On en trouve aussi contenant des grains de calcaire, d'où l'on a des variétés quarizifêre, micacée, syénitique, calcarifère, etc. Le porphyre est très abondant dans la nature, et il est employé soit dans les constructions, soit comme pierre de décoration; la beauté de son poli, celle de ses couleurs et sa solidité en font, sous
<i) Je preodt ici le nom û^eurite dans le sens que lai a donné d'Aoboisson en le créant, c*est i dire comme synonyme do pétrosilex de Dolomien. Mais il est à remarquer que les noms de pétrosilex et d'eurite ont été étendus i des minéraux qui ne rentrent pas dans non earite, notafflmeat au phonolite. On peut aussi citer comme synonyme de mon eurite le homêiein fusible de W^ner.
ce rapport, une des substances les plus estimées, mais sa dureté le rend d'un travail fort dispendieux.
Le pyromérlde {porphyre orMculaire) est une roche à base com • posée d'eurite et de quartz unis presque intimement. Elle forme de petits amas, des filons ou des blocs, présentant une pâte ^grenue, renfermant des noyaux sphéroïdaux à texture radiée et à cassure raboteuse. Ses couleurs sont le brun et le rougeâtre disposés par couches. Cette roche est rare, on Ta employée comme pierre d'ornement; mais elle ne conserve pas bien le poli.
L'argll«phyre (porphyre argileux^ thonporphyr) est une roche à base composée d'une pâte d'argilolite renfermant des cristaux parallélipipédiques ou sphéroïdaux de feldspath. Elle forme des filons, des amas, et peut-être des couches à texture porphyroïde. Elle est ordinairement fragile ou friable, quelquefois terreuse; son aspect est terne, parfois luisant, tant pour la pâte que pour les cristaux. Les couleurs de la pâte sont le rougeâtre, le jaunâtre, le grisâtre, le verdâtre, le brunâtre. Les cristaux sont ordinairement blancs, quelquefois roses, ordinairement altérés et friables. L'argilophyre renferme souvent des parties accidentelles, surtout du quartz, du mica, de l'amphibole: on la considère comme résultant de l'altération des porphyres.
L'arglloliie est une roche à base d^apparence simple, qui parait être une eurite décomposée. Elle est quelquefois fusible au chalumeau, d'autres fois légèrement fusible sur les bords. Elle happe un peu à la langue, se délaye dans l'eau, mais sans faire pâte. EDe forme des filons, des amas, peut-être des couches, à texture compacte, terreuse, schistoïde ou bréchiforme. Elle est assez dure pour user le fer; friable, rude au toucher. Son aspect est terne, ses couleurs sont le jaunâtre, le rougeâtre, le verdâtre, le blanchâtre, ordinairement tachetés, quelquefois veinés, rarement unis.
La MiBMarlie (Jade de Saussure^ jade tenace) est probablement du labradorite à texture compacte, saccharoïde ou grenue; son analyse a donné à Klaproth 0.490 de silice, 0.240 d'alumine, 0.105 de chaux, 0.055 de soude, 0.037 de magnésie et 0.065 d'oxyde ferreux. Elle est très tenace, de couleur blanche passant quelquefois au grisâtre et au verdâtre. Gomme substance simple, elle n'a encore été trouvée qu'en blocs épars.
L'caphMide (1) (;perde di Corsica) est une roche composée de
(I) Hftfiy aTaii créé le nom d*flopboUde poar dé&igner la belle roche qne les marbriers italiens tppeUeoi verdedico^ffcaj qai est composée de sanssarite et d'one substance Torla qne Hafiy appelait diaUage verte. Dépôts lors on a reconnu qne cette i nbstaoce n*est pas ia même chose qM ki antres variétés de diailage et on en a fait nne espèce particulière sons le nom de imarag-
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saussurite et d^ane substance verte qui paraît être une Tariété d'amphibole. Elle forme des filons, des amas à texture granitoïde. Sa couleur est le blanc tacheté de vert. Cette roche est susceptible de prendre un beau poli et on remploie comme pierre de décoration.
Le grABitone (1) est une roche phanérogène à texture granitoïde composée de saussurite et de diallage. Elle forme des filons, des amas, peut-être des typhons et des couches. La couleur de la saussurite est ordinairement blanchâtre, et celle de la diallage le vert sombre passant au gris, au brun, au noir, quelquefois au blanc verdâtre et au grisâtre. Le granitone renferme souvent delà serpentine, du mica brun, des pyrites, de la ménakanite, etc. Il accompagne ordinairement les ophiolites, avec lesquelles il se lie intimement. 11 est susceptible de prendre un beau poli, et on remploie comme pierre de décoration.
La varloliie {varioIUe de la Durance^ parties de Tamygdaloiàe et du llattersteiii) est une roche composée d'une pâte et de grains ou de noyaux qui paraissent être l'une et l'autre de la saussurite plus ou moins mélangée de diallage et peut-être aussi d'amphibole, de pyroxène ou d'épidote. La pâte est ordinairement grisâtre, rougeâtre ou verdâtre, et les noyaux d'une teinte moins foncée. Cette substance est peu abondante et se trouve principalement en cailloux roulés sur lesquels les noyaux font ordinairement des saillies qui imitent les pustules de la variole.
L'hypcr»lciiiie {hyperstenfels^ hypérite^ paulitfels ^ sélaçite è* Cordier) (2) est une roche composée de saussurite et d'hyperstène à texture granitoïde. Les grains sont quelquefois très gros, d'autres fois ils deviennent si petits que la roche a presque une appa-
(iite, opinion (|oi à son tour a été rrjptée en ce sens qa*ao lien d'y voir one espèce particulière oo 7 Toit une variété d'amphibole mélangée d'autres matière. Quoi qu'il eo paisse étrr M cette opinion, il n'on rei^te pas moins Trui que la substance verte do vercle di corfica est différente de colle à laifuellc je restreins le nom de diallage. J'ai cm eo conséquence devoir considérer les roches rarartérisécs par ces denx substances comme formant deux espèces et en restreignant le nom d'eup/iolide au vrnle di corsica, j'ai désigné l'autre par celui de graniUine qu-* loi donnent les marbriers italiens.
(1> On a TU dans la note précédente les motifs qui m*(iQt porté à séparer celte roche de Teaph»lide d'Haûy et à la désigner par le nom de Granitone. Depuis lors M. G. Rose Ta nommée G«//'ro {Ann. de Poggendorf, XXXIV) ; mais, quel que soit le respect dû à une autorité aussi imporuntf j'ai cru devoir m.iintenir le nom de granitone parce que les marbriers italiens donnent celai >1<* Gahbro à des ophioliles et à des sléaschistes diallagiques. [I parait aussi que parmi les r<vh^< aoiquelles on a donné le nom de Gahbro il y en a qui méritent de former une espèce particulifrc pour laquelle M. Descloiseaux a proposé le nom de DtaUagite et qui devraient se ranger daoj k genre pyroiénique.
(2) Il est remarquer que ces noms ont souvent été appliqués i des roches auxquelles tU neron- ▼enaienl pas parce que l'on avait pris de la diallage et de la brooxite pour de Thyperstéiie. Le typ*' de l'hypersiénite esi à l'Ile de Saiut-Faal sar la cdte do Labrador.
rence homogène. Elle forme des filons, des amas, peut-être des couches. Elle renferme accidentellement de la hornblende, du péridot, du mica, de Papatite, des pyrites, de la ménakanite.
Le phoBolIte (klinçstein^ cUnkstane^ leucosti7ie^ hor^nstein fusible) est une roche à base d'apparence simple qui paraît être composée de feldspaths et de zéolites ; elle est facilement fusible en émail blanc uni ou pointillé de noir ou de vert ; elle est souvent remarquable par le son qu'elle rend sous le marteau. Elle forme des filons, des amas, peut-être des couches, à texture compacte, schistoïde ou écailleuse, quelquefois un peu oelluleuse, de couleur grisâtre, rosâtre, etc. Elle renferme souvent des cristaux de feldspath très distincts, et alors la texture est porphyroïde. La variété schistoïde est quelquefois employée à couvrir les toits.
Le tracbyte {masegna^ nécrolite) est une roche à base d'apparence simple composée de feldspaths; il forme des amas, des filons, des culots et des couches, à texture compacte, grenue, quelquefois huileuse, d'autres fois bréchiforme : il est rude au toucher. Son aspect est terne ou vitreux ; ses couleurs sont ordinairement le grisâtre ou le rougeâtre. Il renferme presque toujours de l'orthose cristalline, soit en cristaux, ce qui lui donne une texture porphyroïde, soit en petites lames si abondantes que la texture devient lamellaire. Il renferme aussi très souvent du mica, de l'amphibole ou du pyroxène, ce qui lui donne une texture granitoïde. Le trachyte amphibolique a été nommé andésite^ à cause de son abondance dans les Andes. Le trachyte fournit de bons matériaux de construction ; celui des Siebengebirge, dans la Prusse rhénane, est employé sous le nom de pierre de Kœnigswinter.
La donlte est une roche d'apparence simple à texture grenue et friable, dont l'analyse a donné à Berthier 0.610 de silice, 0.192 d'alumine, 0.115 de potasse, 0.042 d'oxyde ferreux, 0.016 de magnésie et 0.020 d'eau. Elle forme des amas et des filons, peutêtre des couches ; son aspect est terne, sa couleur ordinairement grisâtre, quelquefois jaunâtre et brunâtre ; elle renferme presque toujours du feldspath cristallin, souvent de l'amphibole, du mica et du quartz. Elle compose presque à elle seule le Puy de Dôme en Auvergne.
Le trasM {trassoîte, duclstein^ tuf ponceux^ asclérine) est une roche dont la base, d'apparence simple et d'aspect terne, parait avoir beaucoup de rapports avec la ponce ; elle renferme souvent des fragments de cette substance, ainsi que de plusieurs autres matières. Elle forme des amas, des couches, peut-être des filons, à texture conglomérée, ordinairement friables ou meubles, de couleur
nftcu »i QÉOLOfln. Il
m MINÉRALOGIE.
communément grisâtre ou blanchâtre. On peut citer, comme typ.' de cette espèce, le trass de la vallée de la Brohl près d'Andernacii dans la Prusse rhénane, où on l'exploite pour faire des mo^tier^ remarquables par leur solidité et très recherchés pour les constructions hydrauliques.
La pence {himstein^ pumite) est une roche à base d'apparenci' simple, dont la composition n'est pas bien connue. Une analyse a donné à Berthier 0.700 de silice, 0.160 d'alumine, 0.065 de potasse, 0.025 de chaux, 0.005 d'oxyde ferreux et 0.030 d'eau. Elle est facilement fusible au chalumeau en émail blanc; elle forme (ie:> fragments plus ou moins volumineux, soit isolés, soit réunis eu couches bréchiformes (confflomerat ponceux). Leur texture est tit< celluleuse ; les cavités sont souvent très allongées et très rapprochées les unes des autres, ce qui donne à la pierre une appareiuffibreuse. Elle se présente aussi en filaments capillaires et en dépùt< graveleux et arénacés. Sa texture celluleuse la rend si légère, qup souvent elle flotte sur l'eau. Elle est fragile, raye le verre et l'acier; elle est rude au toucher. Sa couleur est ordinairement grisâtre, d'autres fois blanchâtre, bleuâtre, verdâtre, rougeâtre. brunâtre. La ponce renferme quelquefois des cristaux d'orthose et des lames de mica. On s'en sert pour polir le bois, etc.
La perllte (perlstem^ pearlstone^ rétinite perlée) est une roche à base d'apparence simple dont l'analyse a donné à Thomson 0.704 de silice, 0.116 d'alumine, 0.052 de potasse, 0.030 de chaux, 0.014 d'oxyde ferrique et 0.043 d'eau. Elle est fusible au chalumeau avec boursouflement en une fritte blanche. Elle forme des amns. des filons et des fragments à texture compacte et grenue, pressentant souvent un assemblage de grains plus ou moins gros, à texture quehiuefois globuleuse, d'autres fois radiée. Elle pèse 2.54>^. est très fragile, a un éclat ordinairement nacré, d'autres fois vitreux, quelquefois terreux. Ses couleurs sont le blanchâtre, le grisâtre, le verdâtre. Elle renferme parfois des cristaux de feldspath et des paillettes de mica, ce qui lui donne une texture porpliyroïde.
La rcllnile (pechstein^ pichstone^ stigmite résinoïde) est une rothe à base d'apparence simple, dont la composition est très variable. L'analyse d'une rétinite de Meissen a donné à Klaproth 0.730 do silice, 0.145 d'alumine, 0.018 de soude, 0.010 de chaux, 0.011 d'oxyde ferreux, 0.085 d'eau. Cette roche est fusible avec boursouflement en une fritte blanchâtre. Elle foime des filons, des amas, des fragments, peut-être des couches, à texture compacte, à cassure raboteuse ou imparfaitement conchoïde. Elie pèse de 2.19G à
2.289; elle est dure, fragile; son éclat est ordinairement résineux, quelquefois gras ou vitreux, ses couleurs le brun, le gris, le jaunâtre, le noirâtre, le bleuâtre, etc. Elle renferme très souvent des cristaux d'orthose ou d'albite, et prend ainsi la texture porphyrciïde {p€chstein-porphyr)\ elle contient aussi fréquemment des paillettes de mica.
L^obsidienne (verre des volcans^ agate noire d*Islatide^ pierre de çaîîituice) est une roche à base d^apparence simple dont la composition paraît ne se distinguer de celle de la rétinite que par Tabsence de Teau. L'analyse d'un échantillon de Telkebanya a donné àErdmann 0.748 de silice, 0.124 d'alumine, 0.020 d'oxyde de fer, 0.013 d'oxyde de manganèse, 0.09 de magnésie, 0.020 de chaux, 0.064 de potasse. Elle forme* des coulées, des filons et des fragments soit isolés, soit empâtés dans des roches bréchiformes, à texture compacte, à cassure largement conchoïde. Elle est quelquefois scoriacée, d'autres fois arénacée. Elle pèse 2.56. Elle est ordinairement opaque, parfois translucide ; son éclat est tellement vitreux, que l'on croirait voir du verre artificiel, quelquefois nacré ou terne. Ses couleurs sont le noirâtre, le verdâtre, le grisâtre; on en cite aussi de jaunâtre, de rougeâtre et de chatoyante. L'obsidienne renferme quelquefois des cristaux de feldspîith, et prend ainsi une texture porphyroïde {obsidiau-porphyr); d autres fois elle est amygdaloïde {verre tigré des volcans), et co:itirnt de petits noyaux compactes ou radiés d'une substance qui ij'est pas encore déteiminée. Plusieurs peuples anciens, notamment les Péruviens, employaient des fragments d'obsidienne pour servir de couteaux et de miroirs; d'où l'on appelle aussi cette substance miroir des Incas.
La téphrlne (1) {lave téphrinique^ greystone, 'partie des hasanites de Cardier) est une roche à base d'apparence simple qui parait principalement composée de divers feldspaths. Elle est fusible en émaU blanc pointillé de noir ou de verdâtre. Elle forme des coulées, des filons et des fragments scoriacés à texture toujours très huileuse. Elle est tenace, rude au toucher. Son aspect est terne; sa couleur grisâtre. La téphrine renferme souvent d'autres substances, d'où l'on distingue des y axiétés /eïdspathigue^ pyroxénique^ amphigénique^ etc. Elle prend alors les textures porphyroïde, amygdaloïde, et même granitoïde. Elle est employée à faire des meules :
U) Jecooserfc ici aa nom île Uiphrioe rjcceplioo qae loi a donnée At. Brongni^rt, laquelle nop P>inll Ia méine qjaceiii; t|Qo lui ;tv.iil atlriboée Delaméthri« en crninl cm nom ; mais Cordier a?ait •ppHqaècvitc (iènoiDin-ttino à (Ias roches altérées, qal me semblent m; ra)iporU»r à me« ei^iéces tris,<i,ai^i'oliie, doroite, (rachyip, etc.
164 MINERALOGIE.
telle est celle de Niodermendig près de Coblentz, que l'on appelle jûierre meulière du RMn, C'est aussi une excellente pierre de conv truction, qui est surtout recherchée pour le carrelage : telle e«t celle de Volvic en Auvergne, que l'on a, pour cette raison, désignée par répithète de patimeiiteuse.
4^ Genre. — Rocbes mlcaclques.
On a déjà vu que les micas entrent dans la composition d'un grand nombre de roches. Nous ne citerons ici que celles oii ils s i:t considérés comme l'élément le plus caractéristique.
Le mleaiiehlste (micacite^ glimmerschiefer ^ micasïate^ 7nica sdUtoïde^ schiste micacé) est une roche très répandue, dont la base est composée de mica et de quartz, à mica abondant et continu. Il forme des couches puissantes, souvent contournées, à texture schistoïde. n renferme un très grand nombre de minéraux, et parmi ceux qui sont le plus fréquemment réî)andus dans la roche, on peut citer les feldspaths, le grenat, le talc, d'où l'on a des varii'té^ feldspaihique^ grenatique^ talquevx. Lorsque le feldspath forme dc> cristaux distincts, on dit que le micaschiste est porpk^roïde.
Le gnelsii (granité veiné de Saussure) est aussi une roche à base phanérogène composée de mica dominant et de feldspath lamina iiv ou grenu. Elle forme des couches et des amas à texture ordinairement schisto-gi^anitoïde, quelquefois schisto-i)orphyroïde, d'aiitrc^j fois, mais rarement, simplement granitoïde ; car, quoique la texture schistoïde soit assez généralement considérée comme un dea caractères distinctifs du gneiss, on est obligé de laisser dans cette espèce des matières qui n'ont pas cette texture, mais qui eut la composition du gneiss. La couleur du mica est fréquemment gri^e, quelquefois brune, noire ou verte, tandis que les feldspaths sunt souvent blancs; ce qui est cause que le gneiss est ordinairement gris. Quelquefois le feldspath est rougeâtre. Le gneiss passe à l'orthose micacé ou au leptynite micacé quand le mica cesse d'être dominant. Il renferme souvent du quartz, et ce g7ieiss quartzeuw passe au micaschiste dès que le quartz devient plus abondant que le feldspath, d'autres fois il renferme du talc ou de la stéatiteet re^ gneiss talqueux et stéatiteus passent à la protogine et au sté.ischiste.
Le gneiss renferme une grande quantité de minéraux. C'est mudes roches les plus abondantes dans la nature.
La fraidronittt, nonamée pierre noire dans le Gévaudan, est une
ROCHES. ns
roche composée de mica et d'orthose ou d'autres feldspaths du 5* système, renfermant accidentellement, mais fréquemment, du calcaire, des hydrosilicates de magnésie et d'autres minéraux. Elle forme dans les terrains anciens des dykes à texture lamellaire quelquefois porphyroïde, grenue, compacte ou meuble (1).
On peut rapporter à la fraidronite la roche nommée minette dans les Vosges. Elle a une composition et une texture très variables et die passe d'un côté à l'eurite et au porphyre, de l'autre elle devient quelquefois tellement micacée qu'on l'a déjà désignée sous le nom de mica en roche. Celle qui traverse le granité ou la syénite est fréquemment à Tétat meuble et alors les parties voisines de ces roches sont aussi décomposées. Sa couleur est ordinairement noirâtre ou grisâtre, et quelquefois verdâtre, brunâtre ou noirâtre.
On donne en Bretagne le nom de ker^anton à une roche composée de mica et de feldspath du 6'' système ordinairement coloré en gris ou en vert, renfermant souvent du calcaire ainsi que du sidérose, des pyrites et d'autres minéraux (2). Elle forme dans les terrains siluriens des envii*ons de Brest, des dykes passant aux textures porphyroïde et compacte. Elle est employée comme pierre à bâtir et se laisse facilement tailler.
On a appelé Aersantite une roche qui forme des dykes dans les terrains anciens des Vosges et qui est de même nature que le ker* santon, mais sa composition est fort variable et elle passe d'un côté au mica lamellaire et de l'autre à un feldspath compact.
ô"" Genre. — Roches amphlliollfiaea.
Les amphiboles entrent dans la composition d'un grand nombre déroches; mais parmi les diverses subdivisions de ce groupe, on De cite que la hornblende ou amphiholite comme se trouvant en masses suffisantes pour figurer dans la série des roches. Cette substance, difficilement attaquable par les acides, est fusible en Terre noir, pèse de 2.80 à 2.45, raye le feldspath et est rayée par le quartz. Elle forme des couches, des dykes, des amas. Les parties
(1) La eomposition de la fraidrootla ett, comme oo Toit, lemblabJe à celle do goeiu.mait il y a au«t de difffrenre eolre les aulres caractôras de cea dcnx roches pour joitificr leor tèparaliOB apéeifiqoe. Aussi n'élait^-ce pas avec le goeiss qne les aoteors, qai n'admeltaieot pas la fraidrootto Cl le kpnanlon comme esrécr, raDKeairnt les di?er«rs Tariéiés de ces rocb<*!i, mais aT#c le dioriu^ le porphyre 00 reoriie.
(!) Oa a fODsidèré loagtemps Tamphibole comme od des éléments esseolleis do kersaotoo d« Bretapie^ d'oà je l'avais appelé dioriU micacé, mais M. Delesse {An,deê mines, 4851, XIX» 164) o'a point tronvé d*amphtbole d.^ns lex kerkaolooe qnUl a eiamioés ; d*oà il cooclot que ce mioéraj s'eii pjiQi uo èlômeot esieotiei do kersanton.
l<î'^» RtlNERALOGIE.
laminaires sont clivables parallèlement à un prisme oblique rhomboïdal de 124° 30' à 127° incliné sur sa base de 105° à 106^ Sa texture est ordinairement lamellaire ouschistoïde, peut>-êtrc quelquefois grenue ou compacte; mais il est probable que les masses (îui ])ré.-entent ces deux dernières textures appartiennent plutôt a Paphanite. La hornblende est communément associée avec d'autres minéraux, et, indépendamment de celles de ces associations qui donnent lieu à l'établissement d'espèces particulières, nous citerons, comme variétés, des hornlleiides micacée^ grenutique, serjuentineuse^ quartzeuse^ etc.
Le diorite {griinstein^ dialase^ granitel^ chlonlhi^ diorïtporphur] est une roche à base phanérogène composée de hornblende et de feldspath. Il forme des dykes, des culots, des amas, peut-être des couches et des typhons, à texture granitoïde, porphyroîde et schistoïde. Une variété dite orlimlaire (grayiite glohulevx de Cot^(\ est composée de gros noyaux sphéroïdaux dans lesquels la hoi-nblende et le feldspath sont disposés par couches concentriques; ces noyaux sont agglomérés par une pâte de diorite granitoïde. Le diorite est très tenace lorsqu'il n'est pas altéré. La hornblende du diorite est ordinairement verte, quelquefois noire, et le feldspath blanc ou verdâtre. Le diorite renferme souvent d'autres minéraux. Nous citerons, entre autres, le diorite quartzifère et le diorlU micacé. Le diorite est une roche abondante dans la nature, il est susceptible de poli, et on l'emploie comme pierre de décoration, ainsi que le granité, etc. (1).
L'aphanlte (2) (diorite compacte ^'partie des cornéennes^ des gruinteins) est une roche à base d'apparence simple, que l'on considère
(<) Haûy, qui a créé l« nom de diorile, distiDftnail CAtle rochp de la syénile par la textnrA et li proportion de Telémenl feldspalhiqne, qui serait lamellaire et dominant dans celle dernière «'t compacte ou grenu dans le diorite. D'un antre côté, M. G. Rose a établi la dislinclioo sur la oaiure du feldspath, qui serait de Torthose dans la syénlte et de l'albile dans le diorite. Celte manière df voir serait préférable à celle d'Haûy, mais il a'ejst pas cerlain qa'elle soit toujours applicable. 0o reste, il paraît qu'il y a entre ces deux roches une différence géogooslique, ia syèQiLe appartecani an terrain granitique et le diorile au terrain trappéen.
(2) Cordier rangeait Paphanile dans les roches pyroxéoiqne8,ce qui la ferait rentrer dans re^P'^cc trappi telle que je la déGniâ ; mais j*ai cru préférable de conserver au nom d'aphaoite l'acce pdoo qu*Haûy lui a donnée lorsqu'il l'a cr<!>é. A la vérité, la plu» grande partie des apbanites d'Uaûy ioot maintenant reportées aux rocbes pyrozéniqncs ; mais, comme il existe aussi des mélanges de TiM 1>pâth el d'amphibole, il vaut mieux continuer à les désigner par le nom qui a été créé pour eux. D'i reste, la manière dont la véritable aphanile s'échappe, pour ainsi dire, dans les analyses, semh;c aoDOOcerqne l'amphibole aurait plus de tendance à se mélanger mécaniquement, et le pyrox(-n<> plus de tendance à se mélanger inlimement. En effet, nous voyons dans la nature beaucoup <lf fcyénite et de dioritp, et fort peu de dolente, telle que je l'en lends, et beaucoup de trapp ol dc basalle, c'est à dire fort peu de mélanges mé'Mniqoe» de pyroxéne avec feldspath et beaucoup df mélanges intimes de feldspath avec pyroxéne. Ou trouvera A l'article du mèlaphyre la maniérr dont jH conçois que l'on peut distingner hs roches formées par un mélange intime de feld^palb avec Tamphibole ou avec le pyroxéne.
comme un mélange intime d'amphibole et de feldspath. Elle est fusible en émail noir. Elle forme des liions, des amas, et des couches à texture compacte ou grenue. Elle est assez tenace lorsqu'elle n'est pas altérée; sa dureté est variable. Ses couleurs sont le grisâtre, le rouge verdâtre, le noirâtre. L'aphanite n'est souvent qu'un accident du diorite. Il parait que cette roche est peu abondante dans la nature; aussi la plus grande partie des matières que l'on y rapportait sont-elles maintenant rangées dans le genre des roches pyroxéniques. L'association de l'aphanite avec le mica a été quelquefois admise comme espèce particulière sous le nom de sélagite (1). L'hénitréne est une roche à base phanérogène, composée de hornblende et de calcaire. Elle forme des bancs, des amas ou des filons à texture granitoïde ouporphyroïde. Sa couleur est ordinairement le vert tacheté de blanc ; elle renferme plusieurs minéraux accidentels ; notamment des feldspaths, des micas, de l'aimant, etc. C'est une roche peu abondante.
6* Genre, — Rocbes pyroxénlqaes.
Eu admettant un genre sous la dénomination de roches pyroxéui«|ues, nous n'entendons pas dire que le pyroxène soit toujours rélément le plus abondant des roches que nous plaçons dans ce genre, car on est dans l'habitude de considérer comme roches pymxéuiques des substances dans lesquelles les feldspaths sont en quantité plus considérable que le pyroxène, mais où celui-ci a imprimé des caractères particuliers qui font que la place naturelle de ces mélanges 'est plutôt dans le genre pyroxénique que dans le îîeure feldspatliique.
Le dolcritc (2) est une roche à base phanérogène composée de pyroxène et de feldspath. Elle forme des dykes, des amas, des coulées, peut-être des couches et des masses non stratifiées, à texture essentiellement granitoïde, la roche passant à une des espèces suivantes quand elle prend une autre texture. Le pyroxène de la dulérite est ordinairement noir, et les substances feldsj>athi(mes iJanches. Cette roche paraît être peu abondante (3).
(I) CMt la lélagite d'Hafiy qa'il oe fant pat coofondre arec c«Ilê de Cordier qai est aoa hyiMn-
UiéoHe.
(i) C«tte roche, telle qae je reotends ici, comprend les parties de la dolérile et de la mimosiU di Cordier, dooi les éléments se diitinguenlà rœil du, tandis qui* je range dans mon espèce trapp ^t partiel qui ont Tapparence homogène. Ma dolérite a aussi été nommée diiûxise par qaeiqaea tieologuei aUemaniJK.
(3) Ce que je dis ici do peu d'abondance de la dolérite no doit s*cnleudre que de celle roche telle <|oe je Tai deOiiie ci-<le»sos, c'e^l à dire où le» ('lemenls se disliuiiueui à l'œit ou; car, pour Jet tolears qoi éieoJeo'^ ce Dom aax mélanges intimes de pyroxeue, la dolérite e»t fort abondante. Oa
Le mëlaphyre (1) {porphyre noir, porphyre pyroxénique, augllporphyr^ oUgoklaS'porphyr ; trapp-parphyr, partie de Vophite, dupor- ' phyre vert, etc.), est une roche à base composée d'une pâte qui paraît être un mélange de pyroxène et de feldspath, enveloppant des cristaux de ces substances. Elle forme des dykes, des culots, des amas peut-être des couches et des typhons, à texture porphyroïde quelquefois huileuse ou conglomérée. La pâte et les cristaux de pyroxène sont ordinairement noirs ou verts, les cristaux de feldspg.th, qui sont tantôt de labradorite, tantôt d'oligoclase sont d'uii blanc passant souvent au verdâtre ou au rougeâtre. La roche renferme, comme parties accidentelles, du mica, du quartz, delamarcassite, de la ménakanite, etc. Le mélaphyre est une roche importante dans la nature, elle est souvent susceptible de prendre un beau poli et d'être employée comme pierre de décoration. Les marbriers italiens donnent le nom de serpentine verde antico à celui qui présente un fond noir parsemé de parallélipipèdes d'un beau veil. Le trapp (2) trappite, partie des dolentes, des mimosites, des cor-
citf) aussi bcaocoap de minéraux intercalés dans la doléril« : mais f ai erii deroir m'absttnîr d'eo parler, parée que je sais porté 4 croire qoe les roches citées comme si riches en minérau sont d«» spililes.
(I) Il 7 a beaaconp de motifs poar ne pins faire tigurer le nom de mélaphyre comme espèce de roche; d'abord on n'est pas d'accord sur l'application de ce nom. Aleiandre Brongniart, qui Tavajl créé en 1813, lièfinissail cette espèce • one pâle noire d'amphibole pèlrosilic^az eoTeloppaol de> cristaux de feldspath : • quelque temps après, Léopold de Boeh, dans son mémoire sur i'origioe des doLomies, a appllqoé le nom de mélaphyre au porphyre pyroxéoiqae, et le retentissement qoe ce mémoire a en dans le monde saraut m'a porté A adopter cette manière dn voir; mais il y a encore des auteurs qui maintiennent l'acception de Brongniart. D'un autre z6\i\ je ne vois ancuoe nécessité de conserver cette espèce : car, dans mon système de nomenclature, le mélaphyre, tel qof Je le déGnis, peut être considéré comme une (Mérite porphyrcndCf et lorsque l'on conserTe u défîuition originaire de Brongniart, on peut l'appeler dioHle porphyroïde. SU malgré cet cou&idératioos je laisse encore figurer le nom de mélaphyre dans ma série des roches, c'est poor ne pas introduire un rhangement dont l'avantage pourrait être contesté, et parce qoe, dans l'état artaet de la science, on e^t loin de pouvoir assurer que l'on ne comprend pas sous le nom de mélaphyre des roches à pâles amphiboliques aussi hien qne des roches â pâtes psroxéniqaes. Il est, en fScL très dilBcile de distinguer si c'est de l'amphibole on du pyroxène qui s'est méUngé avec do feldspath. Quelques auteurs, dans ces derniers temps, ont dit qoe l'on doit considérer comme ampbiboliques les pâles qui contiennent un excès de silice, mais je crois que cet excès doit être attriboe A une plus grande quantité oe feldspath, d'autant plus que le pyroxène et l'amphibole ayant la même forninle chimique, la faible prédominance de silice donnée par quelques anaiy>es d'ampblboles snr celle des pyroxènes doit éire attribuée â des mélanges accidentels. D'un autre cÔié> je parlage l'avis des auteurs qui pensent que l'on doit plutôt prendre égard aux parties cristallme» qui se trouvent dans les pâtes. J'ajouterai encore que quand il n'y a aucun indire cristallin, la prédominance entre la chaux et la magnésie me parait la meilleure indication, parce que les pyroxènes contiennent gën ralement pins de chaux que de magnésie et les amphiboles plus de magnésie que de chaux. Or comme dans la plupart des roches considérées comme mélaphyres on trouve de« cristaux de pyroxène et non d'amphibole et plus de chaux que de magnésie, je continue A les laisser dans le genre pyroxénique.
(9> On a vu dans la note précédente que le trapp, tel qne je l'entends, ne diffère da la dolértte qoe parce qoe leti éléments minéralogiqnes ne sont pus visibles â l'œil no.
tl est très diiBcile de distinguer le irapp do Taphanite qui e^t un mélange intime de feldspath et d'amphibole. Je renvoie â ce sujet â la note précédente.
Il est A remarquer aussi que le nom de trapp est omployé par les géologues anglais dam no sens
wienmes^ des grunsteins)^ est une roche à base d'apparence simple qui parait être un mélange intime de pyroxène et de feldspath ; il forme des dykes, des culots, des amas, peut-être des couches, or* dinairement divisés par un très grand nombre de fissures ; ce qui tait que ses massifs donnent extérieurement Tidée d'un escalier. D est dur et très tenace lorsqu'il n'est pas altéré. Ses couleurs sont ordinairement le yert foncé ou le noir verdâtre, d'autres fois le noir bleuâtre.
Le basalte (1) est une roche à base d'apparence simple, composée de pyroxène, de feldspath et d'autres substances, notamment des zéolites. Une analyse a donné à Klaproth 0.445 de silice, 0.168 d'alumine, 0.200 d'oxyde ferreux, 0.095 de chaux, 0.023 de magnésie, 0.026 de soude, 0.020 d'eau. Le basalte forme des dykes, des culots, des coulées, quelquefois des couches; il est très souvent divisé en prismes pressés les uns contre les autres, quelquefois en tables peu épaisses ; il présente d'autres fois des fragments, soit sphéroïdaux comme des boulets, soit irréguliers et ressemblant à des scories de fourneaux, d'oii on les appelle basaltes scoriacés. Sa texture est compacte ou huileuse ; il pèse à peu près 3 ; raye le veiTC, est très tenace. Sa couleur est ordinairement d'un noir tirant sur le bleuâtre. Il renferme souvent des minéraux étrangers ; le plus commun est le péridot olivâtre ou olivin. On y trouve aussi des cristaux de pyroxène, des titanates de fer, des micas, des zéolites, des pyrites, etc. (2).
Le spUlie {tnandelstein^ toadstone^Toriolite du Drac) est une roche à base d'apparence simple, principalement composée de pyroxène et de feldspath, qui renferme des noyaux de calcaire et d'autres minéraux. H forme des filons, des amas, des couches à texture amygdaloïde ou amygdalo-bulleuse. Sa pâte est ordinairement peu dure, ses couleurs sont le grisâtre, le rougeâtre, le noirâtre, le verdâtre, etc. Aucune roche ne renferme autant de minéraux que le spilite, c'est le gite de la plupart des zéolites ainsi que des agates, des améthystes, etc.
llofiioAiqiia poar désigner le groope que j'appelle temin trappèen, ainii qu'on le terri dans In •iegneiie.
(1) Mon basalte comprend les bataniteê d'AI. Brongniart ainsi qae la péridotile de Cordier qii est poqr moi an boêoUe péridoiique. Il comprend aussi aoe partie des batanites, dngallU naetê el d«s scorieg de ce dernier gèologne.
(ti JeconTieos que les différences qui existent entre le basalte et le trnpp, telles qne je Tient d'établir ces espèces, se rapportent 4 des circonstances de gisement plutôt qu'à de ?èritablei cano- \int mioéralogiqoes, mais l'osage qui distingue ces roches est trop générai pour qu'on poisse les Bteair. An surplus, le basalte a une texture plus communément bullense que lo trapp, sa cooJeor aoiritra ne tire pas sar le verdâtre* comme celle des trapps ; Il renferme soutent do péridot, et il a Boc pins grande tendance que le trapp i prendre la forma de prismes.
170 MINERALOGIE.
La wake (7rach, tarife) est aussi \vw roche à b<ase d'apparence simple qui paraît être composée de pyroxène et de feldspath et dout la texture est compacte, grenue ou celluleuse. Elle pèse de 2.53 à 2.89; elle est moins dure et moins tenace que le basalte et devient même friable. Son aspect est terne, ses couleurs sont le grisâtre, le brunâtre, le rougeâtre, le jaunâtre ou le verdâtre; elle renferme beiiucoup de minéraux et 2)asse au spilite et à la pépérine, ainsi qu'à d'autres roches. Il est même presque impossible, dansTétat de nos coniiaissan'^es, de donner une bonne délimitation de cette roche.
La pépérine t^lle que nous l'entendons (1) n'est qu'une vake à texture bréchiforme, graveleuse, arénacée ou terreuse. Elle forme des amas, des couches, des filons et renferme presque toujours des fragments d'autres substances, notamment du basalte, de la téphrine, du phonolite, de la ponce, du pyroxène, des feldspaths, des micas, de l'amphigène, de l'aimant, du calcaire, etc. Une variété connue sous le nom de pouzzolane est employée pour faire des mortiers remarquables par leur solidité.
7^ Genre, — Rorhes pérldotl<iaes.
La Iheriolif e est composée de péridot, d'enstatite et de pyroxène dans des proportions variables, mais où le péridot est ordinairement dominant. Ses éléments sont quelquefois distincts, d'autres fois mélangés intimement. La couleur de cette roche est le verdâtre ; on l'a trouvé intercalée dans des dépôts métamorphiques où elle forme probablement des filons ou des amas. On l'a observée en premier lieu près de l'étang de Lherz. On l'a retrouvée depuis dans d'autres parties des Pyrénées, notamment près des Eaux Bonnes, ainsi que dans le Velay et dans l'Eifel (2).
S"" Genre. — Rorhes talqnenses.
Nous désignons par l'épi thète de talqueuses les roches qui sont principalement formées d'hydro silicates de magnésie, et où le fer n'est point élément essentiel, mais s'il est diflicile de trouver des
(1) La pépérine fait pirlie des ma<i6resconDucs 90Ds les noms A^Rpcperino, tufs basaUig^i^f> tuf» volcaniques, cendres volcaniques : mài& il est à remarquer que la dèfloiliOD ei-defiso^ eiciat de ma péi'cnne ceiiei de ces roaiiéres qui ne coDtieDuent pas de pyroxène» et dont ane partie rentre dans moi o>péces iras?, ponce, etc.
(t) CeU4 roche a éiè iinpropteiniMjt nommée %fyroœ&ni(e el augitfcls, parce qu'on Ta p«odaDl longtemps con!>idèrée comme un pyroxène en masse. (IVst M. Damour qui a reconnu (HuU. de la Soc. géol. de France 1862, XIX, 413> sa composition lehe qa*elle «»l indiquée ci-descas.
échantillons purs de talc, de stéatite et de serpentine lorsque l'on veut assigner une composition déterminée à ces substances, on conçoit qu'il est encore plus difficile de rencontrer de grandes masses qui se rattacheraient spécialement à l'une ou à l'autre, de sorte que, au lieu d'employer ces noms pour désigner les roches qni en sont composées, nous nous servirons de ceux de stéachiste et d'ophiolite créés par Alexandre Brongniart pour désigner des compositions mélangées.
Le fstëafichisite {talcite^ schiste talqueux^ talkschie/er) est une roche à base composée de divers hydrosilicates magnésiques à texture schistoïde. Elle forme des couches à texture schisto-compacte, schisto-grenue , schisto-lamellaire, schisto-porphyroïde, schistoamygdaloïde, etc. Elle est quelquefois douce et onctueuse au toucher; souvent rude, propriété qui paraît due aux matières étrangères. Son éclat est ordinairement luisant; ses couleurs sont le vert, quelquefois le grisâtre, le jaunâtre, le brunâtre, le rougeâtre, etc. Indépendamment des diverses substances qui entrent dans la composition intime de la base des stéaschistes, et dans lesquelles il faut compter le silicate de fer, qui s'y trouve presque toujours, ces roches renferment un grand nombre de minéraux mélangés mécaniquement, et, parmi ceux qui s'y présentent avec assez de constance pour déterminer Tétablissemeîit de variétés principales, on peut citer le quartz, les feldspaths, le grenat, le calcaire, etc. Le stéaschiste quartzeux est une des variétés les plus abondantes, peut-être même qu'il est très peu de stéaschistes qui ne contiennent pas de quartz, et cette variété passe fréquemment au quartz talqueux. La variété feldspathique est aussi très répandue, et passe ordinairement à la protogine. Les stéaschistes sont, en général, des roches qui jouent un rôle important dans Técorce du globe.
L'ophiollte {serpentine de la plupart des géologues) est une roche à base composée de divers hydrosilicates de magnésie à texture non schistoïde. Il forme des filons, des amas, peut-être des couches, à texture ordinairement grenue ; d'autres fois compacte, lamellaire, granitoïde, porphyroïde ou bréchiforme. Il est généralement tenace, mais tendre ; ses couleurs sont souvent le vert foncé, d'au» très fois le brunâtre, le noirâtre, le rougeâtre, le jaunâtre; ordinairement bigarrées, rarement unies. Indépendamment des diverses substances qui entrent dans la composition intime de la base des ophiolites, et dans lesquelles il faut compter le silicate de fer, qui s'y trouve presque toujours, et quelquefois en quantité considérable, ces roches renferment un grand nombre de minéraux
173! MINERALOGIE.
mélangés mécaniquement, et, parmi ceux qui s'y présentent avec assez de constance pour déterminer rétablissement de variétés principales, on peut citer la diallage, le calcaire, le grenat, le quartz, la grammatite, le sidérochrome ; d'où Ton a des opkioîites diallagiqiie onçabbro des Toscans, calcareux^çrenatique^ quartzeux, grammatiteux^ chromîfère. Les ophiolistes sont assez abondants dans la nature, et ils constituent un système important; cependant ils ne recouvrent jamais à eux seuls une étendue considérable. Il y a des ophiolites susceptibles de poli, que Ton emploie comme pierre de décoration; d'autres, dont on fait des vases qui servent dans les usages domestiques et que l'on préfère aux meilleures poteries, on leur donne alors le nom de pi&rre ollaire.
Le magnëKite (sépiolite) est une roche à base simple, compoî^ée d'liydro8ilicatemagnésique,mais qui est presque toujoursmélangée de matières étrangères, notamment de Ciirbonate magnésique. Elle est assez tendre, rude au toucher, opaque ou faiblement translucide, de couleur blanche tirant sur le jaunâtre et le grisâtre. Elle forme des rognons, des veines, des amas et des bancs à texture ordinairement grenue ou terreuse, quelquefois compacte ou schistoïde. On l'emploie à faire des poteries, et une variété dite écume de mer est recherchée pour faire des pipes.
Le kielMcliiefer ou schiste happant est une roche d'appareuce simple, remarquable par la force avec laquelle il happe à la langue, et qui, lorsqu'il est desséché, absorbe l'eau avec sifflement. Il forme des bancs à texture schistoïde, qui se divisent en feuillets extrêmement minces et ressemblant à du gros papier. Il pèse 2.08, est très tendre, onctueux lorsqu'il est humecté, mais rude au toucher lorsqu'il est séché. Son aspect est terne, sa couleur le grisâtre, passant au brunâtre et au blanchâtre. Il passe souvent à la marne et à l'argile, aussi Al. Brongniart et Cordier Tont-ils nommée argile feuilletée. Mais comme il se délaie et ne fait pâte dans l'eau que quand il est foi-tement mélangé de marne, on ne doit pas le considérer comme une argile.
9' Genre. — Roche» clilorlÉl<|aes.
Les minéraux de la tribu des chlorites, quoique très abondants, ne forment à eux seuls que de petits amas, des nids ou des veines, mais ils entrent comme parties ac<5identelles dans la composition d'un grand nombre des roches, quelquefois même ils s'y trouvent en telle quantité que la roche est considérée comme chloriie. Telle
est la chlorite schistoïde^ aussi nommée chloritoschiste qui a beaucoup de tendance à se confondre avec les stéaschistes, ce qui se conçoit facilement puisqu'elle ne diffère de ceux-ci que parce que le silicate de fer y est assez abondant pour être considéré comme partie essentielle. Or on sait avec quelle facilité l'oxyde ferreux se substitue à la magnésie. H y a aussi une autre variété de chlorite qui est exploitée, sous les noms de pierre ollaire^ top/stein ou potts- Ume^ pour faire des vases destinés à cuire les aliments, mais il paraît que la plus grande partie des pierres oUaires doivent être rangées dans les roches talqueuses.
10' Genre. — Roche» scblsteases.
Les roches schisteuses, telles que nous les entendons, ne se rap portent pas à un type minéralogique, mais elles sont principalement composées de divers silicates d'alumine à texture schistoïde et qui ne se délayent pas dans l'eau (1).
Le pbyllade (2) (schiste tégulaire et tabulaire^ partie du thonsehie/er) est une roche à base d'apparence simple, dont h, compo* sition se rapproche plus ou moins du résultat suivant, donné à d^Aubuisson par l'analyse d'une ardoise d'Angers, savoir : 0.486 de silice, 0.235 d'alumine, 0.113 d'oxyde de fer, 0.016 de magnésie, 0.047 de potasse et 0.076 d'eau. Elle est fusible en émail huileux, résiste ordinairement pendant longtemps aux influences météoriques, et se transforme à la longue en une terre onctueuBe qui ne fait point pâte avec l'eau. Elle forme des couches à texture schisto-compacte, ordinairementsusceptibles dedonner des feuillets d'une grande dimension et de se diviser d'une manière presque in-
(I) Il eiiste daoâ la nature d*abondaDts dépôts de matière qoe Ton désigne ordioairement par Im noms de $chiite$ et A^argile», sans touiefois que l'on ait de bons caraciéres pour les distiosDer, soit entre elles, soit des autres groupes. Voulant cependant conserrer cet dénominations qoi «ont nlréneraent miles dans les descriptions céognostiqaes et m'écarter le moins potsitrfe de rasage ordinaire, fai cru ponTOlr les admettre dans ma classification, qnoiqne je fusse obligé <ie ne leur donner que des caractères négatifs et empiriques, auxquels il est même nécessaire de bire des exceplioai poor ne point rompre des rapports intimes on des associations séoéraienent admises.
Je ferai remarquer, eo outre, que mon genre de roches scbisleuses est bien loin de corresiioodre au groopet formés par les auteurs qui comprennent dans leur seMêies on roches ichiêteustê presque toutes les roches à structure schistoïde, et notamment le gneiss, le micaschiste, la chlorite achislotdp, les stéaschistes, le klebschiefer.
<D ravais désigné, d'après Al. Brongniart, dans tons mes écrits antérieurs à 1863, cette roehe par le nom d'ardoise, mais celui de phjllade, créé par d'Aobuisson, étant maintenant plus oàtéf j'ai cm devoir Tadopler, et celle marche, qui laisse le nom d*ardoise i son acception industrielle, •A d'autant plas arantageose qu'il y a beaucoup de phyllades qui ne peateol servir d'ardoiMet q-te l'on emploie des caUchisles sous le nom d'ardoise.
définie, leur cassure manifeste souvent la division schistoîde jusque dans les fragments les plus minces. Elle est fréquemment assez dure pour recevoir la trace d'une lame de cuivre ; elle est ordinairement terne, quelquefois luisante ; ses couleurs sont souvent le gris bleuâtre, mais quelquefois le rougeâtre, le verdâtre, le jaunâtre. On appelle phyllade pailleté^ celui qui renferme des paillettes de mica: oUgistifère^ celui qui renferme de l'oligiste; mâclifère^ celui i\m contient de Tandalousite ; staurotique^ celui qui renferme de la staurotide; porphyroïde^ celui qui renferme des cristaux de feldspath, etc. Le phyllade est assez commun dans la nature ; il est employé, sous le nom d'ar^owe, à couvrir les toits, à faire des tables. des planches à écrire; on s'en sert aussi comme pierre à bâtir; mais il est peu convenable pour cette dernière destination parce qu'il ne prend pas bien le mortier.
Le collcale (novaculite^ pierre à rasoir, pierre à layicettes^ wet:sschiefer, etc.) est une roche d'apparence simple, dont l'analyse a donné à Faraday 0.713 de silice, 0.153 d'alumine, 0.093 d'oxydo de fer et 0.033 d'eau ; il est fusible en émail brun un peu boursouflé. n forme des bancs, quelquefois des filons et des veines. Sa texture est schisto-compacte ; il présente quelquefois des feuillets épais qui paraissent tout à fait compactes et à cassure conchoïde. D se laisse entamer par une pointe de fer, cependant il use ce métal et même l'acier. Ses couleurs sont le jaunâtre, le verdâtre, le bleuâtre.
On recherche le coticule pour aiguiser les canifs , etc. Lt^s pierres à rasoir sont ordinairement des parallélipipèdes taillés de manière que la partie inférieure soit composée du phyllade dans lequel le coticule forme des veines. Il est à remarquer que daiis ces pierres la division en feuillets se prolonge indistinctement du coticule jaune dans le phyllade gris sans que le changement de couleur, et probablement de nature, se fasse sentir dans la direction des joints.
Nous réservons le nom de sclilKle {schistns fragilis^ schiste argileux d'Al. Broiigniart, schiste ordinaire de Cordier, schi^erthon des Allemands) à une roche d'apparence simple, fusible au chalumeau, qui perd ordinairement sa cohérence par l'exposition aux influences météoriques, et se transforme en argile, c'est à dire en uec terre faisant pâte avec l'eau. Elle forme des couches à texture schistoîde, à feuillets communément droits, non susceptibles d'une division indéfinie, mais donnant souvent de petits polyèdres terminés par des faces qui ne présentent aucun indice de divisiou ultérieure ; elle est ordinairement tendre, mais devient dure par son passage aux roches quartzeuses. Elle est souvent terne, quel-
ROCHBS. 17S^
quefoîs luisante; ses couleurs sont le grisâtre, le brunâtre, le rougeâtre,le verdâtre,le jaunâtre, etc., unies ou bigarrées. On appelle schiste pailleté celui qui renferme des paillettes de mica, et ce cas a très souvent lieu; /wT^(^tf, celui qui contient de l'oligiste ou de la limonite en quantité considérable, car le schiste contient toujours, ou presque toujours, un peu de fer ; charbonneux et hituminifère^ ceux qui renferment des matières charbonneuses ou bitumineuses, ils sont ordinairement de couleur noire et ressemblent extérieurement à la houille schistoïde ; mâclifère^ celui qui renferme des cristaux d^andalousite. Le schiste est très abondant dans la natiire.
L'ampélUe est une roche d^apparence simple, qui est principalement composée de silicates d^alumine et de carbone. H change de couleur par Faction du chalumeau, en se couvrant quelquefois d'un léger vernis vitreux, mais il est en général infusible. Nous y distinguons deux sous-espèces très distinctes, savoir :
V Uampélite aluni/ère (1) (ampélite alumineux^ schistus aluminaris, schiste alùminifêre, alaunschiefer^ alaunerde)^ qui est une roche à base d'apparence simple, contenant toujours, outre les silicates u'alumine et le carbone, du soufre et du fer dans un état de combinaison encore indéterminé, Klaproth ayant émis Topinion que ces deux corps n'étaient pas à l'état de sulfure ferrique, ainsi qu'on le croit communément. Il se décompose par les influences météoriques plus facilement encore que le schiste argileux, et se couvre d'efflorescences composées de sulfates de fer et d'alumine ; il devient rouge par la calcination. Il forme des couches à texture schisto-compacte, quelquefois terreuse ; il est souvent tenie, parfois luisant; sa couleur est le noir bleuâtre ou le grisâtre. On l'exploite dans . beaucoup de localités pour la préparation de lalun.
2'' Uampélite graphique {schiste graphique^ zeichenschitfer, pierre d'Italie^ crayon de charpentiers^ crayon noir) est une roche à base d'apparence simple, dont l'analyse a donné à Wieglieb 0.641 de silice, 0.110 d alumine, 0,110 de carbone, 0.027 de fer, et 0.072 tl'eau. Elle devient blanchâtre, jaunâtre ou grisâtre par l'action du ftîu, se couvre quelquefois d'efflorescences de sulfate de fer et u'alumine. Elle forme des couches à texture schisto-compacte, l'I'se 2.11, laisse des traces sur la plupart des autres corps, et no-
(1) L'épilhète û'alunifère est défecloease, parce qne cette sobslaoce ne TfDÎerme pas d'alnn naKualcmeni letéiémeols de ce sel, qai se forme an moyen de décomposiiiond et de DOOTOllet combinattont; j*ai cro cependant defoir remployer, parce qu'elle a on sa Tareur raolorilé d'Haûr* <• qa'elte m» parait préférable à celle d*a<umtneux^ qui, daosi l*élat actuel dti dos nomeoclataret, o'anaooce pas la présence de l'alan, mats bien celle de Talumine, caractère commua à tooles lei roches scbisieuses.
176 MINËRALOGIB.
tamment sur le papier. Son aspect est terne, sa couleur d'un noir grisâtre. Oii en fait des crayons qui servent aux ouvriers et même aux dessinateurs ; on l'emploie aussi en peinture.
Le ralKchlMe {schiste calcarifère) est une roche à base composée de calcaire et de schiste quelquefois distincts, d'autres fois unis intimement. U fait effervescence dans l'acide nitrique, mais nes'y dissont qu'en partie. Il forme des couches à texture généralement schistoïde, souvent schisto-compacte, quelquefois schisto-amygdaloïdo, alors la pâte est schisteuse et les noyaux calcareux ; d'autres fois la pâte schisteuse est traversée par des veines nombreuses et parallèles de calcaire. Il est cohérent (1), sa dureté est analogue à celle du schiste, ses couleurs sont le bleuâtre, le grisâtre, le rougeâtre, le verdâtre, souvent unis, quelquefois veinés ou tachetés de blanc. Il se présente parfois en grands feuillets susceptibles d'être employés comme ardoise, tel est le calschiste tégulaire de Lavagiia en Ligurie. D'autres fois il est talqueux, c'est à dire mélangé de silicate de magnésie. Le calschiste hituminifère {schiste mamù-bitumineux^ mergelschiefer) est noirâtre ou brun, quelquefois mélangé de chalkopyrite, au point qu'on l'exploite, en Thuringe, comme minerai de cuivre sous le nom de knpferschiefer. Le calschiste est abondant dans la nature et forme souvent le passage entre les schistes et le calcaire.
La porcellanite {thermantide^ jaspe porcelaine) est une roche à base d'apparence simple, dont l'analyse a donné à Rose 0.608 de silice. 0.273 d'alumine, 0.030 de chaux, 0.037 de potasse et 0.025 de fer. Elle est quelquefois fusible au chalumeau, quelquefois infusible. Elle forme deè couches à texture schisto-compacte, avec des feuillets parfois très épais, alors la cassure est imparfaitement conchoïde; elle est moins dure que le quartz, mais plus dure que les schistes. Son éclat est luisant; ses couleurs sont le rouge de brique, le gris jaunâtre, quelquefois rubanées. La porcellanite se trouve principalement dans les lieux où il y a eu des incendies de houille, d'oii l'on croit qu'elle provient de schistes argileux qui ont été brûlés par ces incendies.
La puéphite est une roche à texture poudingiforme ou bréchiforme principalement composée de fragments de roches schisteuses enveloppés dans une pâte argileuse, formant des couches, des amas, quelquefois des filons souvent peu adhérents, d'autres fois très cohérents. Ses couleurs sont le plus ordinairement le rougeâ-
(1) Od peat regarder l'état cohérent comme une propriété da calschiste, parce qae, qaand cette tnbstance derient meoblCi elle appartient â l*espéce marne.
tre oa le verdâtre, souvent disposées par taches. Les pséphites accompagnent fréqnemment les poudingues avec lesquels ils se lient intimement. Ils sont très communs dans les parties des terrains permiens qui reposent sur des roches schisteuses.
11^ Genre. — Rocbes ar|^llea»e» (1).
Les roches argileuses sont composées du mélange de silicates d'alumine et ne se rapportent pas à une espèce minérale déterminée ; eUes sont ordinairement susceptibles de se délayer dans Peau, dans le cas contraire, elles n'ont pas la texture schistoïde. L'argile {argile plastique^ terre de pipe ^ terre à pot^ terre glaise^ ierle) est une roche à base d'apparence simple, composée de silice, d'alumine et d'eau dans des proportions très yariables, et souvent accompagnées d'oxyde de fer et d'autres matières. L'analyse de l'argile de Forges en Normandie a donné à Vauquelin 0.63 de sflice, 0.16 d'alumine, 0.08 d'oxyde de fer, 0.01 de chaux et 0.10 d'eau. Elle fait avec l'eau une pâte tenace qui conserve les formes qu'on lui imprime, et qui, par l'action du feu, devient dure, fragile, rude au toucher, et perd la faculté de faire une pâte avec l'eau. Elle forme des couches, des amas et des filons à texture terreuse, quelquefois compacte, grenue ou schistoïde. Elle est ordinairement friable ou meuble quand elle est sèche, molle quand elle est mouillée. Ses couleurs sont le blanc, le grisâtre, le noirâtre, le brunâtre, le rougeâtre, le jaunâtre, le verdâtre, le bleuâtre, unies ou bigarrées. L*argile est souvent sableuse^ d'autres fois elle est micacée, charbonneuse, salîfère, c'est à dire imprégnée de selmarin, ferrugineuse, c'est à dire mélangée de limonite ou d'oligiste; mais il serait trop long de faire l'énumération de toutes les associations de ce genre que présente cette substance. Cette roche est très abondante dans la nature ; on l'emploie à faire diverses espèces de poteries, des briques, etc.
La nneetite {argile smectique, terre à foulon, waliererde, fuïler*s earth) est une roche a base d'apparence simple, dont la composition est très variable. L'analyse de celle de Riegate, dans le comté de Surrey, a donné à Klaproth 0.530 de silice, 0.100 d'alumine, 0.097 d'oxyde ferrique, 0.240 d'eau, 0.012 de magnésie, 0.005 de chaux, 0.001 de selmarin et des traces de potasse. Elle est fusible au chalumeau, se délaye avec facilité dans l'eau, lui donnant une
(i) Voir la oote placée en téie des roches schiiteases, pag. 173.
paàci«Diokoiooii. 12
178 MINERALOGIE.
apparence savonneuse et la propriété de dégraisser les étoffes, mais ne fait qu'une pâte courte, c'est à dire très peu ductile. Elle forme des bancs, des amas, des filons à texture terreuse, quelquefois compacte ou grenue, à cassure raboteuse. Elle est ordinairement meuble ou friable, présentant parfois des noyaux fragiles ; elle est tendre, onctueuse au toucher. Son aspect est terne; ses couleurs sont le grisâtre, le jaunâtre, le verdâtre, le rougeâtre, le brunâtre. La smectite est employée dans les fouleries pour dégraisser et donner le lustre aux draps et aux étoffes de laine.
Le linoB (lôss^ lehm^ hriz^ terre franche^ terre à brique) est une roche d'apparence simple, qui se délaye facilement dans l'eau et forme une pâte moins plastique que celle de l'argile; son grain, quoique plus fin que celui du sable, est moins fin que celui de l'argile et sa nature plus siliceuse (1). Il est quelquefois calcarifèn renfermant des concrétions de calcaire ; d'autres fois il est mélangé de sable, d'argile ou de limonite, sa couleur la plus ordinaire est le jaunâtre passant au brunâtre. H y en a de noir qui contient une substance nitrogénée. Le limon forme des nappes ou des amas superficiels qui se trouvent principalement sur les plaines basses et sur les plateaux peu élevés. H est très favorable pour la culture et constitue la base des meilleures terres végétales. On l'emploie pour faire des briques et des murs dits de pisé, ainsi qu'à fixer le chaume sur les toits.
La manie (2) (merffelj argile calcar%fère^ mari) est une roche d'apparence simple, composée d'argile et de calcaire dans des pjroportions très variables, d'oii on la divise en marne calcaire ou argileuse, selon que l'un ou l'autre principe est dominant; d'autres fois elle est sableuse, c'est à dire mélangée de sable. Elle fait effervescence dans l'acide nitrique, mais ne s'y dissout qu'en partie, elle
(1) L'analyse d*an limon de Hecbaye a donné i M. Phipton {An. des mineê, 1864, VI, 38i^ 0.932 de Silice, 0.026 d'oiyde de f«r, U.OIS d'atnmine, 0.604 de chaux, 0.007 de magnésie, aO(» d« potasse et de sonde, 0.U01 d*ammoDiaque, 0.002 d*acide phospborique, 0.030 de snbstance organiqae et d*ean. Il résolterait de ci^tle analyse que le limon devrait être placé dans les roches qoar(ieose> à cdlé da tri poli. Je le laisse, conformément à l'ancien usage, dans les roches argilenses, d'abord parce que l'on possède trop peu d'analyses de limons bien déterminés pour pouvoir assurer qne celle ci-dessus ne s'applique pas à une circonstance exceptionnelle et ensuite parce qu'il ne sursit pas Impossible qn'one très petite quantité d'alumine ou d'oxyde ferriqne nemodifiit suffisaoBieDt la silice pour lui donner des caractères particuliers. Toutefois il paraît que la silice dans ua très grand état de division est susceptible de devenir plastique à la manière des argiles.
(2) J'ai cru devoir modifler un peu les caractères de l'espèce marne tels qu'ils sont dODnésdaos les ouvrages syslémaiiques, en la restreignant aux matières qui se délayent dans l'eau, ce qui rend la délimitation de l'espèce plus facile, puisque tous les mélanges d'argile et de calcaire qui ne (e délayent pas dans l'eau sont, d'après ce principe, des calcaires argileux, des argilites calcarifèrt» ou des caischistes, et non de la marne, ce qni d'ailleurs est plus conforme à l'usage ordinaiff, qni ne donne le nom de marnes qu'aux matières qu'on peut répandre sur lei terres pour i«& amender.
se délaye dans Teau, fait quelquefois une pâte plastique, et d'autres fois ne le fait pas. Elle forme des couches, des iMnas et des filons à texture compacte, terreuse ou grenue. Elle est tendre, friable ; happe à la langue. Son aspect est terne ; ses couleurs sont le blanc, le gris, le bleuâtre, le verdâtre, le jaunâtre, lerougeâtre, le brunâtre, le noirâtre, unies ou bigarrées. Les marnes sont très abondantes dans la nature; elles forment quelquefois, à elles seules, des dépôts considérables. On les emploie pour Tamendement des terres, et les plus argileuses servent à la fabrication des poteries.
L'oer« (gellerdé) est une roche à base d'apparence simple, composée d'argile et de limonite dans des proportions très variables. EUe prend par la calcination une couleur rouge, se délaye assez communément dans l'eau, fait rarement une pâte plastique, happe à la langue. Elle forme des couches, des amas et des filons à texture terreuse, quelquefois compacte ou grenue; elle est meuble ou Mable, souvent douce au toucher. Son aspect est terne; elle présente diverses nuances de jaune et de brun (1). L'ocre est employée en peinture, soit telle qu'elle se trouve dans la nature, soit après avoir été calcinée, ce qui lui donne, comme on l'a vu cidessus, une couleur rouge plus ou moins foncée. La variété dite terre de Sienne est très recherchée à cause de sa finesse et de la beauté de ses teintes, qui sont d'un brun jaunâtre dans l'état naturel, et d'un brun orangé après la calcination.
La Miagaine {crayon rouge^ ocre rouge^ lois) est une roche à base composée d'argile et d'oligiste dans des proportions très variables. Elle se délaye quelquefois dans l'eau, et d'autres fois ne s'y délaye pas ; elle ne fait point pâte plastique. Elle forme des bancs, des amas, des filons et des nids à texture compacte ou terreuse, quelquefois grenue; elle est tenace, friable ou meuble; écrivante. Sa couleur est le rouge, variant du rouge de brique au rouge brunâtre. On se sert de la sanguine comme crayon, soit pour tracer les ouvrages grossiers, soit pour les dessins soignés; mais la manière dont ces crayons tachent les doigts est cause que Ton préfère main-
fl) Oq dittiogna ordinftiremeot les ocret en ocre jaaoe, ocre braoe et ocre ronge ; main cette dernière a nne comiiosilion différente des denx antres, puisque, an lien d'être composée d*argild et de limonite, elle est composée d'argile et d'oligiste. Cette circonstance m'a paru commander 1» divisioa en denx espèces, dont chacnoe se rapporte à Tnne de ces compositions; mais je ne Voudrais pas assurer que tontes les matières de couleur rouge dussent être rejetées de Tespèce ocre lAlle qne je Tiens de la définir: car on sait qu*uae très petite quantité d'oxyde rouge de fer suffit P9ttre*lorer une quantité considérable de matière jaune, de sorte qn*il serait très possible qu'il j eAt des oeret plos ou moins rouges dans lesquelles la quantité de limonite remportât sur celle d'oUfUta
ISO MINERALOGIE.
tenant ceux de couleur noire. On a aussi employé en médecine, sous les noms de bols^ terre éC Arménie^ terre àe Lemiios^ terre sigUUe^ des matières qui paraissent appartenir à cette espèce. On fait en* core usage de ces matières dans la composition de la thériaque. On a aussi rapporté à cette espèce la terre de Bucaroe en Portugal, avec laquelle on fait des poteries légères que l'on dit communiquer un goût agréable à l'eau que l'on y renferme.
L'argflUe {argile endurcie, verharteterthon^ thanstein) (1) est une roche à base d'apparence simple, principalement composée de silice, d'alumine et d'eau dans des proportions variables. Sa texture est compacte ou grenue. Elle ne se délaye pas ^ns l'eau ; elle est ordinairement tendre, souvent friable, mais quelquefois très cohérente et assez dure pour rayer le calcaire. Elle forme des couches, peut-être des filons. Ses couleurs sont le jaunâtre, le blanchâtre, le grisâtre, le verdâtre, le brunâtre, le rougeâtre, unies ou bigarrées. Uargilite est quelquefois qnartzifère^ cMaritée^ferrifère^ eah C4irifère^ et se lie ainsi avec beaucoup d'autres roches.
Le ka^lla (terre à porcelaine^ feldspath argiliforme) est une roche à base d'apparence simple, dont la composition est assez variable. Une analyse a donné à Rose 0.520 de silice, 0.470 d'alumine, 0.003 d'oxyde de fer ; mais d'autres analyses annoncent des proportions différentes, ainsi que la présence d'un peu de potasse, qui doit être considérée comme appartenant à du feldspath que Ton n'a pu séparer; car le kaolin renferme presque toujours du feldspath, du quartz et quelquefois du mica.
Il est infusible au chalumeau, fait difficilement pâte avec l'eau, happe légèrement à la langue. Il forme des amas ou des filons à texture ordinairement terreuse, quelquefois grenue ou compacte ; il pèse 2.21 , est ordinairement meuble , quelquefois friable , presque rude au toucher. Sa couleur est le blanc, quelquefois jaunâtre, grisâtre, verdâtre ou rougeâtre. Il est employé pour la fabrication de la porcelaine. Le meilleur est celui de la Chine.
(1) J'ai iolrodaiten 48(3 dans ma série des roches Tespére argilile de Cordier pour d« plus appeler schiste des matières gai n'oot pas la textare scliistoîiie, et je disais qne Targilite diflëre du schiste parte qaVlIe o*a pas la lextnre schistoîde, du psôphite parce qu'elle n'a pas la textare biérhiforme on poadingi forme, et de l'argile parce qu'elle ne se délaye pas dans l'eao. Depuis Ion j'ai éprouvé des difficallés touchant la place et rexten$ioo qu'il convenait de donner i celte espèce. Car j'y avais rapporté la gaize de l'Argonne, et j'ai vu que MM. Sauvage et Buvigoier avaieot trouvé dans celte roche 0 S6 do silice hydratée, 0.23 d'antre silice ei seulement 0.07 d'argile; de sorte que ce serait une roche qaartzeuse plutôt qu'une roche argileuse. D'un autre cdlé il paraît que c*est à tort qne l'on rapporte â Targiliie tous les thoosteio des Allemands, substances qui loni quelquefois très dores tandis qne les argilites sont généralement assez tendres.