CISQVIÈME ORDRE, - TERRAINS PRIMAIRES
Cftraetèrec ^énéranx. — Les terrains primaires sont plus sou-
(1) M. Lorj appelle cette roche ichiste liutré calcareo-tcUgueuXt ee qui devraii être exprimé daos BUDomeoelalare parla dtaoïnioalion de calachiile lalqueuxt m ait à la page 513 de sa detcripUon do DaophiDè l'aolear dit t que les silicates magoèsieos ne s*y troarent qa*en minime quantité, les I enduits lastrés onctaenx des featllets n*étant probablement que le résnltat da satinage nécaniqoe • d*ooe espèce d*argile. * Sans contester Texactitode de celte assertion ponr les roches do Daophioé, je persiste à croire qu'il y a, dans d*antres parties des Alpes occidentales, de ces calMhistes qni eoDiteonent des hydrosilicates de magnésie et qui passent à Pophicalce et an sléascbiste ; je sois même porté i croire que M. Lory partage cette opinion pnisqoe, dans les deux mémoires postérieurs cités i la note précédente, il continue à donner i cette roche l*épithéte de HUqueux. Du reste j'emploie ici la dénomination de calscMtte lustré qui peut aussi bien s'appliquer aux Tariétés talqueutet, c'est à dire qni contiennent des hydrosilicates de magnésie, qu'à celles qui n'en coniienneol pas.
(i> Les dèpêts désignés ici par la dénomination de terraint primaireM ont aussi été nommés terraim hémilytiens ou cLemi-dissouM, et comprennent tonte la partie neptooienne des diristons appelées terrain de transition, Uébergangsgebirge, terraint primitifs, Vrgebirge par les anciens auteurs, ainsi que quelques portions dos terrains secondaires, onFlœtzgebirgsarten des mêmes auteurs.
nicu 01 «ioLocii. SO
306 GEOQNOSIB.
yent en couches inclinées que les dépôts dont il a été parlé ci-dessus, ils renferment plus de filons proprement dits, et sont extrêmement importants pour Pindustrie humaine, à cause de la quantité de combustible et de métaux utiles qu'ils contiennent. Nous avons déjà fait connaître les principaux de leurs fossiles (page 205), mais il y a une partie de ces dépôts, qui est en général douée d'une texture cristalline, et dans laquelle on ne trouve pas de restes organiques.
On partage quelquefois ces terrains en deux grandes divisions sous les noms de pal(fozoïques et d'^azoïques^ selon que Tony trouye ou que l'on n'y trouve pas de reste d'animaux; mais il nous semble que, dans l'état actuel de nos connaissances, il ne convient pas d'établir une grande division sur un caractère négatif, qui peut d'un moment à l'autre être reconnu faux, ainsi que l'expérience l'a déjà prouvé pour d'autres dépôts, tels, par exemple, que le marbre de Carrare (page 292), que l'on avait considéré pendant longtemps comme antérieur à l'existence des êtres vivants, et que nous avons vu se placer maintenant assez haut dans la série. Nous nous bornons, en conséquence, à diviser nos terrains primaires en cinq groupes que nous désignons respectivement par les épithètes gL' liouiller^ détonien^ silurien^ cambrien etcristallophyllien. Les quatre premiers de ces groupes, sans être aussi nettement tranchés quv ceux des terrains secondaires, représentent de même des dép«''t^ successifs, caractérisés par des rapports stratigraphiques et paléontologiques; mais, quant au dernier, qui se distingue principalement par sa texture cristalline et schistoïde, nous n'oserions affirmer qu'il ait toujours la même position relative, et qu'il ne représente pas quelquefois des portions d'autres groupes qui ont été modifiées par les phénomènes du métamorphisme.
1" Sous-ordre. — Terrain hoalller (1).
Caractérefi généraux. — Le terrain houiller doit sa dénomination à la richesse des couches de houille qu'il renferme, mais on no
(i) Sans être ronTaincn qne la chose soit réellement prcférable, y^i cra devoir me roDform'V i Tasai^e qui s'est établi depuis quelques années, de réunir au terrain houiller Tassise calcaire »ct laquelle il repose dans certaines contrées, afin de faire correspondre ce groupe ao Car^oniferoH' System des géologues anglais; mais j'ai conser?é l'ancienne dénomination française pialùt qn* d'adopter celle de terrain carbonifère plus usitée aujourd'hui, mais que je trouve pins dtf<*ctueuse que celle de terrain houiller, car si celle-ci a les défauts de toutes les dénomin.iiioô^ mioéralogiques appliquées à la géognosie, celle de carbonifère est encore plas impropre, pnisqor> le carbone est an corps bien plus répandu dans la nalare que la houille, laquelle est, i peu dViceptions prés, concentrée dans le terrain houiller.
doit pas perdre de vue que la bouille n'eat pas excluBÎTement concentrée dans ce groupe, et que son absence dans certains dépôts n'est pas un motif pour ne point les ranger dans le terrain houiller, si d'ailleurs ils s'y rapportent par leur position et par leurs fossiles. Ces derniers sont surtout remarquables par l'immense flore dont nous avons signalé ci-desaus les principaux caractères (page 205). Sa faune est aussi très ricbe notamment en brachiopodes, en crinoïdes et en zoantliaires. Les lamellibranches, les gastéropodes, les céphalopodes et les poissons y sont assez communs. Tons ces animaux, ainsi que nous l'avons déjà dit, appartiennent, à très peu d'exceptions près, à des genres qui ne se retrouvent plus dans les dépôts supérieurs ; quant aux trilobites, qui tendent à dispar^tre, ils y sont fort rares et représentés par deux genres. Les reptiles y sont aussi très rares ; nous citerons cependant les genres archégosaures, apatéon et dendropeton.
Le terrain hoalller de la Craïule-BrelafEBe peut être considéré comme un des plus développés et des plus riches qui existent, aussi peut-on dire qu'il a puissamment contribué à la prospérité indus^elle de ce pays. Il y est disposé en un grand nombre de bassins séparés et plus ou moins étendus. On peuty distinguer trois étages principaux caractérisés respectivement par la prédominance de la houille, du psammite et du calcaire.
L'étage aapèrleBr, nommé coal meaturei par les mineurs anglais, est principalement composé de schiste et de bouille ; c'est celui qni recèle les couches de combustible les plus puissantes et de meilleure qualité. Il renferme aussi du sidérose, qui forme des rognons ou des amas lenticulaires dans le schiate, et dont le traitement produit une immense quantité de fer. C'est dans cet étage que se trouve l'abondante flore qui caractérise le terrain houiller. Les fossiles animaux y sont fort rares.
Fif. lit. tmitila liittri. Karlm, Sp. Tif. 411. Ciliaitu Sirlirii. Aa. Br.
SOS GBOGNOSIB.
L'èlage ■oyen est principalement formé par an psanunite appelé millitoii^ gnt, qui passe au grès, au poudingue, à l'arkost; ; 3 contient aussi quelques couches de houille, notamment daiâ l'Yorkshire.
L'éugc laférlear a été appelé earloniferous Hmesloae, vwunlak limestone^ metalligeroiu limestone, calcaire de Sritlol, à cause d'un calcaire bleuâtre qui en est l'élément dominant. Il renferme nu^si quelquefois de la houille dans sa partie supérieure, oii elle est intercalée dans le calcaire j on en trouve même dans la partie inférieure, à Berwick sur la Tweed, où ce combustible alterne avec des schistes, du grès rouge et du gypse. Cet étage est aussi parfois traversé par des âlous métallifères, tel est le cas des riches miuts de plomb de Derbyshire.
Il renferme beaucoup de fossiles, notamment des productes, des cvomphales, des orthocèreç, des crinoïdes, etc.
Tig. Vii. Orlbittrii tilfnlt. Phill.
Fi|. m. Bttltrartii ÏMilo. sow.
Les étages que nous venons d'indiquer sont loin de se retrouver aussi bien prononcés dans d'autres contrées, soit qu'ils perdent leurs caractères minéralogiques et se confondent ainsi l'un dan; l'autre, soit qu'un ou deux de ces étages manquent dans ces contrées ; c'est ainsi, par exemple, que le calcaire manque dans la plupart des dépAta hoaillcr* Àm plalean ecntral d« la Franee. Qii dépôts fonnent ordinairement des bassins moins étendus qae ceux de la Grande-Bretagne, et paraissent ne point renfermer de fossiles marins.
Le terrain honlller forme dans le bassin de Moscou et dans les plaines du nord die la Rncsle, un vaste dépôt de couches horizontales, qui di£fère beaucoup, par ses caractères minéralogiques et stratigraphiques, de ceux deTEurope occidentale. Il est principalement composé d'un calcaire blanc, friable, grenu ; les couches supérieures sont comme pétries de fusulines, et la partie inférieure renferme quelques couches de houille de mauvaise qualité. Au sud-est de ce dépôt, c'est à dire dans l'Oural et sur les bords du Donetz, on trouve d'autres massifs moins étendus, dont les couches sont inclinées et qui diffèrent moins de ceux que nous venons de citer.
Le terrain honlller dea Alpec oeeldlentalea a aussi des caractères très différents, mais, au lieu de rappeler des terrains plus nouveaux, il ressemble aux terrains plus anciens, aussi a-t-il été pendant longtemps considéré comme appartenant à ce qu'on nommait terrain primitif. Depuis lors on Ta successivement remonte jusqu'au terrain jurassique, mais, comme ses végétaux fossiles sont les mêmes que ceux des terrains houillers dont la position est incontestable, on a multiplié les recherches et on a fini par reconnaître que son intercalation dans les roches jurassiques n'était point une liaison intime et qu'elle pouvait s'expliquer par les relèvements, les plissements et les renversements qu'ont subis les dépôts qui composent cette chaîne de montagnes.
Ce terrain houiller est principalement formé de psammites et de schistes qui passent au grès, à l'ampélite, au phyllade, au pséphite, au poudingue, à Farkose et qui renferment des couches d'anthracite que l'on exploite pour servir de combustible, notamment dans la Tarentaise, la Maurienne et le haut Dauphiné. Les schistes sont quelquefois susceptibles d'être employés comme ardoise. Ce terrain est d'ailleurs, comme les autres dépôts des Alpes, souvent traversé par des filons métallifères et des dykes pltttoniens.
2* Sous-ordre. — Terrain dévonleii (l).
Caraelèrca p^enëranx. — Le terrain dévonien, placé en dessons du terrain houiller, présente une composition très variée, et
(I) Lorsque, «n iSOB, j'ai décrit pour U preniére fois les têrraini primaires d*eotre l*EscaDt et le BhiD, je les arais di fîtes en deax groupes, désignés par les épilhétes de bituminifère et d*ar(fo{- Her tirées des dénomi Dations de chaux carbonatée bituminifère qo'Hady donnait an calcaire âm premier de ces groupes et de celle de acMale ardoise qa*Al. Brongniart donnait i la roche schlstoMe qui domine dans la seconde. Dans mon édition de 1843, j*ai divisé ces mêmes dépdts en trois froopet, désignant les deax groupes inférieurs par les noms anglais de dévonien et de s</h-
renferme des fossiles qui, sans être complètement différents de ceux du terrain houiller, s'en distinguent pour la plus grande j)artie. On y a trouvé quelque restes de reptiles notamment le Ter- JepetoiiElgincnse^ ainsi que beaucoup de poissons, dont quelques-uns appartiennent à la famille des cé})lialasj)ides qui est si diflërente des i)(>issons actuels, que l'on a cru pendant quelque temps y voir des crustacés. Les trilobites y sont très abondants, et parmi les principaux genres de mollusques nous citerons les Orthocères, Icb Clyménies, les Goniatites, les Évomphales, les Pleurotomaires, les Murcliisonies,lesCardiomorphes, les Spirifères, les Calcéoles, etc. Les Zoophytes y sont représentés par une grande quantité de Crinoïdes et de Cyatliopbyllides.
Ce groupe a été établi par MM. Murcliison et Sedgwick, sur les dépôts qui existent dans la Grande-Bretagne et qui présentent de grandes différences dans les diverses parties de cette région.
C'est ainsi que le terrain <3évoiii«n <Iu DrcooBi<!»hlre et de l'Ilereforsliire est connu sous le nom HCOld rai ^Sandstonc on vieux grès rouge parce qu'il est presque entièrement composé de roclies de couleur rougeâtre, dont les plus communes sont des psammites ordinairement très micacés et à texture schistoïdc, qui se divisent quelquefois en grands feuillets susceptiljles d'être employés à couvrir les toits et qui, d'autres fois, sont assez massifs pour que l'on en fasse de belles pierres de taille. Ces psammites passent souvent à (les schistes et à des argiles d'un rouge violatre, qui sont parfois veinés ou t;ielietés de verdatre. Dans la partie supérieure, on voit des grès, des sables et des poudingues dont la couleur est moins foiicée, et, dans la pai'tie moyenne, on trouve une roche conglomérée ou concrétionnée , nommée conistone dans le pays, qui est souvent un calcaire plus ou moins impur, passant au pséphite et au gonqdiolite. Les fossiles sont rares dans ce dépôt, on n'a même oljservé jusqu'à, présent dans la iiartie supérieure que quelques ti-aces de poissons, mais les restes de ceux-ci sont plus abondants dans la partie moyenne, surtout dans le cornstone, où l'on a observé jdusieurs espèce» appartenant aux genres Oncliv.s^ Cicnachan' tku6\ Cheiroïepis^ Cephalasps^ Chctracanthv.s^ Uiplopterus^Dipterus, et Iloloidj/chns.
rien ; mais <iQ LS'J, Dumoal {Mrin. ik- l'acud. de lie'fjiipi^', l. XX cl XXil) ayant divisé moo ancien terrain artloisier on lerraiu .irdcnuaib et rliénao, j';ii cru devoir adopter cctliMnarche en raaiiilonant le nom de silurien au terrain ardeunais du savant .slrali;:raplic. Mais depuis lors on a reconnu qu'une partie du terrain rhénan contient des fossiles siluriens, et l'autre partie, des fossiles dt'Voui»'ns, ce qui m'a déterminé à abandonner le terrain rhén;in et à suivre la classification proposée en lSo5 par M. Murcliison.
TERRAINS PRIMAIBBS.
ri). 4i3. C^kilufit Ijttlii. Ag.
Les dcpAls da Devonihlre, qui ont donné leur nom au groupe, ont une composition plus variée et sont moins caractérisés qae ceux du Breconsbire. Ha se composent de schistea passant au phyllade, au calschistc, au stéaschîste, au psammite, au grès, et renferment des bancs plus ou moins puissants de calcaire, notamment aux environs de Plymouth. Ces roches se lient dans la partie supérieure avec des Batistes houillers, et dans le bas avec le terrain silurien.
ïij. m. sifji»«*(W»i lifUii. '^fl"
Le lerralH dévoalcH forme entre U Raer et la Dlenel un
vaste massif qui se rattache à celui d'entre laRoer et l'Escaut et qui forme un plateau sillonné par des vallées plus ou moins profondes. M. de Dechen y disûngae trois étages de la maaiore suivante :
312 GÉOGNOSIB.
L'étape ■upcrlenr se compose de schistes qui figurent dans la géognosie allemande sous les noms de VeriieuillUscMeffer ou de cyyridiner-schiefer et qui sont appelés dans le pays kramenzel et Jlinz. Ces schistes passent aux psammites, aux calscliistes et renferment quelquefois des rognons de calcaire. Leurs fossiles principaux sont, outre leSpirifer Vemeuiïïi et les cypridines, des clymenies et des goniatites.
L'étage moyen se compose de calcaire et de schistes.
Le calcaire^ qui est assez développé dans YEifel d'où on Ta nommé Eifelkalk^ est de couleur bleuâtre. Ses fossiles les plus caractéristiques sont le strygocephaltis Burtini dans la partie supérieure et la CalceoUna sandalina dans la partie inférieure ou ce calcaire devient argileux et alterne avec des schistes.
Ces schistes^ qui sont très développés dans le suddela Westphalie, notamment sur les bords de la Lenne^ sont généralement de couleur grisâtre; ils passent aux psammites, aux calschistes et renferment quelquefois des rognons de calcaire.
L'étage Infériear, qui figure dans la géognosie allemande sons les noms de Wissenbacher-schie/eret de coblentZ'ScMchte7i^se compose principalement de psammites, de schistes, de phyllades et de quartzites.
Les psammites^ qui dominent dans le bassin de VAhr^ sont ordinairement de couleur grisâtre passant au bleuâtre, au verdâtre, au brunâtre. Us ont fréquemment la texture schistoïde et passent aux phyllades , d'autres fois aux schistes, aux quartzites et quelquefois à l'arkose.
hes phyllades dits de Colle^itz sont très développés dans le sud de l'Eifel, dans le Hundsriick, le Taunus, etc. Us passent aux psammites et aux quartzites, ils sont quelquefois, notamment à Caub, au sud de Coblentz, exploités comme ardoise pour couvrir les toits; il y en a, surtout dans le bas, qui contiennent de Toligiste et qui se décomposent en Tine terre rougeâtre ; il y en a aussi qui passent à l'ampélite et se décomposent en une terre noirâtre, mais le plus ordinairement, surtout sur le haut, ils se décomposent en une terre grisâtre, luisante, qui ne fait point pâte avec l'eau. Du reste, cette tendance à la décomposition n'a lieu que sur les plateaux ou dans certaines portions qui traversent verticalement le le massif, car la plus grande partie des roches que l'on voit sur les flancs des vallées, sont en général mieux conservées. C'est le quartzite qui domine dans la partie inférieure, mais ses couches se relèvent au milieu des phyllades de manière à former les crêtes qui dominent les plateaux du Hundsriick. Ces quartzites passent sou-
?eiit an psammite, an grès, au phyllade, rarement au poudingue à petits grains, plus rarement à TarkoEâ ; ils renferment des veines de quartz, des paillettes ou des enduits de pyrophyllite, des grains d'oligiste. Cette dernière substance forme quelquefois, notamment anienvirons de Bingen, des taches rouges sur un grès ou quartzite blanchâtre. On trouve parfois dans les phyllades des rognons ou de petits bancs de calcaire et de dolomie. Le calcaire forme même nn petit massif à Stromberg, entre Coblentz et Bingen ; sa texture j est compacte , passant au scMstoïde et au lamellaire , et il renferme des veines de calcaire blanc, quelquefois rougeâtre, avec de petits cristaux de calcaire et de quartz.
Ce massif est traversé par de nombreux djkes de quartz qui for< ment souvent des saillies sur les roches scMstoïdes et dont les débris couvrent quelquefois le sol de gros blocs. Il y a aussi des filons mét^fères qui donnent lieu, surtout sur la rive droite du Khin, à des exploitations plus ou moins importantes de fer, de plomb, de cuiTre, de zinc, de manganèse , etc. Il y a également des dykes et des culots de terrains basaltique, trachytique, trappéen et porphyrique. La plupart des roches dévoniennes qui touchent c«s roches plutoniennes ne diffèrent pas sensiblement des autres; cependant on en rencontre dans certains lieux, surtout dans le pays de Nassau , qui forment des espèces de taches dans le massif, et qui paraissent être la continuation des couches ordinaires, dont elles diffèrent néanmoins par leur aspect et par leur nature. Ces roches ont une texture plus variable; tantôt elles sont pins friables, tantôt elles sont plus tenaces, tantôt elles sont plus cristallines. Elles présentent notamment une roche àtextnre écailleuse, que pour cette raison on appelle Schalstein, et dont la composition paraît avoir des rapports avec celle de la spilite; aussi passe-t-dle effectivement à cette dernière roche.
Tif. 117. CMilirii C«nillci aArûfi tt M V. Tif. 118. Ihllû ittfiitti a'Areà. eldeV.
314 GËOGNOSIE.
Le terrain dëvonien forme dans les plaines de la Rossle un
vaste bassin en partie recouvert par les terrains houiller et permien; il s'y présente avec les caractères distinctifs que nous avons déjà signalés dans le terrain houiller de cette région, c'est à dire que, outre son prodigieux développement géographique, il est formé de couches horizontales très peu cohérentes. Dy est principalement composé de sables et de grès rouges, verts et jaunes, d'argiles, de marnes et de calcaire blanchâtre, renfermant du gypse et du selmarin. Dans rOural, les couches sont relevées, les roches de couleurs plus foncées contiennent des parties cristallines, les argiles et les marnes sont remplacées par des schistes et des calschistes.
3* Sous-ordre, — Terrain stlnrlen (1).
Caraetéres généranx. — Le terrain silurien est caractérisé par sa position en dessous des groupes dont nous avons parlé jusqu'à présent et par ses fossiles qui renferment très peu d'espèces passant à d'autres groupes. Les animaux vertébrés y sont représentés par quelques restes de poissons qui, pour la plupart, ne sont pas encore bien déterminés. Les trilobites y sont excessivement abondants et accompagnés d'un autre crustacé, le ptérigote, dont les formes sont si singulières qu'on l'avait pris pour un poisson. On y trouve beaucoup de céphalopodes, notamment des orthocères, des ascocères , des lituites , des gomphocères , des trochocères. Parmi les autres classes nous citerons les murchisonies, les bellerophons, les conulaires, les cardiomorphes, les spirifères, les atrypes, les pentamères, les orthis, les fenestelles, ainsi qu'une grande quantité de
(1) Deox géologues (mJDeots de la Grande-Bretagne, qoi ataient étadié de concert les terraxTxf dits de transition de Tooest de cette région, reconnurent, dans le commencement de leurs recherches, qa'il y aiait lieu d'y distinguer deux groupes, qu'ils conrinrent d'appeler Silurien et Cambrien, d'après les noms des Silures et des Cambres qui habitaient anciennement ces coD(r> ts . mais, lorsque les deux sarants amis eurent poussé plus loin leurs études dans les domaines qn'iU s'étaient respectivement distribués, ils ne purent plus s'entendre sur la ligne de séparation eotre les deux groupes, ce qui n'a rien d'étonnant, dans ma manière de Toir, car, ainsi que je le re^u? ' souvent, lorsque deux terrains, ayant le même mode de formation, se suivent dans ta série de» temps, il y a presque toujours des raisons ponr mettre la ligne de démarcation plus haot ou pias bas. Aussi M. Murchison a-t-il été conduit à réunir successivement dans le terrain silurien preM^ae toutes les parties fossilifères du terrain cambrien, et M. Sedgirick, au contraire, a été coodait i Caire remonter le terrain cambrien jusqu'au dessus du psammiie de Garadoc. 11 y a cependant Q&f circonstance qui aurait peut-élre tranché la difficulté, si elle avait été connue en Angleterre lor^qoe les savants amis ont arrêté leurs dernières opinions, c'est la découverte faite, en Bohême, ^at M. Barrande d'une faune particulière, qu'il nomme primordiale et qu'il considère comme indépendante des faunes suivantes. Or, cette faune s'étant retrouvée dans la partie inférieure du terma cambrien de M. Sodgwick, il semble qu'il y a lieu de faire concorder la fln du terrain cambrien avec la fin de la faune dont il s'agit; aussi est-ce ce qu'a fait M. Lyeil dans la S* édition de soa Manuel de Géologie et ce que j'ai également fait dans ma 7* édition et dans celle-ci.
TERBAINS PBlUAlKl^â. 816
crinoîdes et d'anthozoaires, notamment des madréporides, des ÛTOBitidea, des cyathophyUides , des graptolithides.
U. MnrchisoD, qui a établi ce groupe sur des ééptu de l'ouest 4e la firaode BrelagMe, le divise eu deux parties.
L'clage «npéfiear contient deux assises calcarcuses au milieu de roches quartzeuses et schisteuses, ce qui permet d'y distinguer cinq systèmes.
Celui de ces systèmes qui est au dessus des autres, et que M. MurchisOB nomme upper Zudlom rock, est principalement composé de piammita passant au macigno et au schiste, que l'on exploite comme pierre à bâtir, notamment aux environs de Xudlow. D recèle plusieurs espèces de poissons, des homalonotes et beaucoup d'autres forailes.
ri), in. I
Fi]. 130. Ttithnlili uiiciU. Sow,
On trouve en dessous une assise très épaisse d'un caîcaift argileux, grisâtre, exploité, entre autres, aux carrières d'Aimetirj/, d'oà vient la dénomination d'Àimestr}/ limestone. Ce calcaire est caractérisé par la présence d'une grande quantité de Peniamerus KnigUii.
On voit repar^tre ensuite des roches {lotoer Ludhw rock) qui ressemblent beaucoup au système supérieur, mais qui ont plus de e à passer au sehUte et au calschiijts avec des concrétions
.■iili'aiffs. Elles rcnlcnnont, viitiv autres fossiles, une grande i{iiaiititéiroi-tlioc;Tc-<.
An do^snas rqianiît une nouvcllo a^^^iso do fakn've bleuâtre (}Verthck limrsl;if) '|iii est. outre autres, très rU'velnppée aux carrières de 1i'e>il'-i-i et (|ui corresiioml ;iu dé|nJt de Dudley, célèbre parmi les paléinitoloKÎiti's coiumo ayant fourui les beaux échautilloiis do Coh/hidie lili'i'icnhu-hii qui ornent un grnnd nombre ds collections. Ce «'stènie «e distiiiirue des autres par la présence de I)lu-iieuf>< gi'iii'i's de cviucïdcs.
TBRRIINS PBIHAIRBS.
Fif. 117. C]iU(fb]Uui l^rtjiilas. lioldf.
Le calcaire de Wenlock se lie dans sa partie inférieure avec des tckùtes et des calacliistes ( Wealoci shales) dont les fossiles les plus nombreux sont des brachiopodes.
ri). 138. UjKkiltlIt (Teltbribli) «ilHit. Suw.
Vil»^ ■■firlcar, tel que noas le restreignons, correspond aux trois sabdiTisioQS que M. Murcbison nomme maintenant Llandorety rocki, Caradoe or Bala formation et Zlandeilo roeht.
Les rocket de Zlandovery forment une transition entre les étages supérieurs et inférieurB, attendu que leur faune présente, outre quelques espèces spéciales, des espèces communes aux deux étages, mus leur nature quartzo-argileuse les rapproche d'un puissant dépôts de piammttes sur lequel elles reposent et qui forme, entre autr^, la majeure partie des collines de Caradoe d'où on les appelle Caradoe Sanditone. Ces psammites sont légèrement micacés, souvent schistoïdes, quelquefois assez massifs pour être employés comme pierre de taille; leur couleur varie du rougeâtre an v«rdâtre et au grisâtre; ils passent quelquefois aa macigno, plus souvent au schiste et au phyllade, surtout dans la partie inférieure qui renferme parfois des bancs de caleaire, notamment à Bala.
La subdivision de Zlandeilo est principalement composée de pléiades qui sont non seulement exploitées conune ardoises dans le nord du pays de Galles, mais qui servent aussi à faire des monutoenta funèbres et d'autres ouvrages d'art. Ces roches passât
310 GBOGNOSIB.
pècGS réparties dans 47 genres dont une seule espèce et 11 genres se retrouTaient dans les f;mnos siluriennes.
Le icrrala c«inkrlen a été établi par M. Segdwick sur des dépôts de la Grande- BrelakgB» et peut, dans les limites où nons le
restreignons, être divisé en deux étages.
LVlage ■npérienr que M. Segdwick nomme (1) FtttiHiog gnraf est princiiialemcnt composé de schistes passant aux pbjUades, am stéaschistfs, aux psammites ; il est trarersé par de nombreux dykeî de roches trappéonues. Les fossiles y sont extrêmement rares, U j a cependant une couche schisteuse qui renferme ordinairement une lingule (Z. Darisii). On y trouve aussi quelques trilobites dcf genres Paraduxides, OJenus^ Conocephalites, £llipsocephal»ê, Agmttus et un autre crustacé {If^riunatHAarU vermkauda).
L'èlage iarérienr que M. Segdwick nomme ZougmiKé aad
Bangor group est aussi composé de schistes passant au quartzite. II est traversé dans le Longmind par de riches filons métaÛifères. Le? fossiles sont si rares dans cet étage que l'on a cru longtemps qu'il n'y en existait pas, et l'on n'en a même pas encore trouvé dans hs dépôts du pays de Galles {Ifarlech grils and Llamberis slatet) m;ii: on a découvert dernièrement sur la côte opposée de l'Irlande dos bryozoaires du genre Oldhamia. On a aussi trouvé dans les schistes du Longmind des fucoïdes, des traces d'annélides et quelques débris de trilobites du genre Paîaupige.
Tti- in. Oldbiiii Tiiliili- Forbti. ^- 1^' >lU>w> uUfn. Forbt».
m Sffnopiit of Ihe clatiilii-atiaTi of Vit BritiichpattaîoIcTotk, IBK.
TERRAINS PRIMAIRES. 3tl
Nons rapportons également au icrratH esHMea des dépôts de k B«liéBi« qui se trouvent au dessous des assises siluriennes dont il a été parlé ci-dessus (page 318) et dans lesquels M. Barrande a distingué trois étages qu'il désigne par les lettres C, B, A. L'étage 0 consiste dans des $chistet qui ne se montrent que dans deux petites bandes le long du massif silurien, notamment à Giiutz et à Skrey. Ds sont ordinairement de couleur verdâtre passant au brun par suite de la décomposition et renferment, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, une faune tout à fait différente de celle des dépôts siluriens qui les recouvrent. Cette faune se compose, d'après M. Barrande (1), de 41 espèces, dont 27 trilobites appartenant aux genres Paradoxidts, Conacephalites, ElUpsocephaîut, Arionellut, Sao, IIydrocephalus\Agnostus, le reste se compose de brachiopodes, de bryozoaires et de cystidées.
Les étages B et A, oii l'on n'a pas encore trouvé de fossiles, occupent à l'ouest du massif silurien un espace considérable d'où se détachent deux larges bandes qui bordent le massif silurien au nord et an sud. Ils sont intimement liés entre eux, mais la partie supérieure ou étage B se compose de roches schisteuses ordinaires passant quelquefois au poudingue et au phtanite, tandis que la partie inférieure ou étage A, qui repose directement sur le granité ou sur le gneiss, présente fréquemment la texture cristalline. Ces dépôts sont traversés par des roches trappéennes, ainsi que par des
(U Butt.-UlaS»c.tiéot., IBW.XVI.SU.
3as GÉOGNOSIE.
filons niûtallif^ros qui donnent notamment lien aux ricbes mines de Pzibram et île Mies.
Le terrain cainbHen a été découvert dornitTCTiient dans les monts riinl4ibri-<« (1). Il y est composé d'un calcaire rougeàtre passant au calseliiste et contenant des fossiles appartenant aux genres Paradoxides AriûitcUus, Conocrphalites^: Affiioslttt, Ltperdilia, Capvhis, Di^eina, OrlAis, Orlhîsiaa, Trochoajstides. Ces roclic'' qni sont en courlics foitemcnt relevées, s'observent sur une longiiLUi de plua de 100 kilomètres, en formant' des bimdes qui ont quLlquetois pris de 40 nu très de puissance et qui sont en contict, soit i\ec d(S cdciiiCi rtnfi'rmant des fossiles dévoniens, soit i\ec de- çics blints contimnt quelques débris de corps organisés que l'un n' i p is encore pu d( terminer.
Le terrain cambrlen est très développé dans l'État de lli«w- Vork et les contrées voisines, où ou le désigne par le nom de
Mit Prado, d« V«ta«Dil lat Dacrando (£ulj. d«la Soc.gM.,
TERRAINS PRIMAIRES. 3i3
Uieoniô System. Sa partie supérieure, appelée Postdam sandstone^ est composée d'un grès rougeâtre, blanchâtre, grisâtre ou verdâtre, ordinairement très cohérent, quelquefois friable, passant souvent au psatnmite et renfermant quelques bancs de dolomie ainsi que des conocéphalites. La partie moyenne est un puissant dépôt de roches schisteuses (Swanton slates^ Georgia êhites^ Saint-Alhans slates) renfermant quelquefois des amas calcareux et plusieurs es* pèces de fossiles, notamment des paradoxides, des Ûngules, des oithis. Enfin la partie inférieure est principalement composée de quartzites et de stéaschîstes dans lesquels on n'a pas encore trouvé de fossiles.
Ge terrain cambrieti se prolonge dans le Canadia oii le grand dépôt schisteux, inférieur au grès de Potsdam, est nommé système Hronien par les géologues canadiens, lesquels appellent système Icmrentien un dépôt qu'ils considèrent comme inférieur et qui est ^core très puissant. Ge dépôt est principalement composé de gneiss et de calcaire cristallin souvent mélangé d'hydrosilicates de magnésie. On a trouvé dans ce calcaire des rhizopodes que M. Dawson a nommés Eozon Canadense et que l'on envisage comme les corps organisés les plus anciens connus (1).
5' SouS'Ordre. — Terrain erlatallophyllien (2).
Caraeléres séaéranx. — Nous avons déjà indiqué que nous n'oserions affirmer que les dépôts que nous réunissons sous la dénomination de terrain cristallophyllien aient, dans l'écorce du globe, une position bien déterminée en dessous des autres groupes que nous venons d'examiner. Ce qu'il y a de certain, c'est que, sauf quelques cas de renversements locaux, ces dépôts ne se trou* vent jamais au dessus de l'un ou de l'autre de ces groupes, mais qu'ils les séparent souvent des masses granitiques. Les dépôts cristallophylliens se distinguent par la prédominance des roches à texture schisto-granitoïde et scfaisto-lamellaire, c'est à dire en même temps schistoïde et cristalline, ainsi que par l'abondance
U) Compte» rendue de l'acad, des ecienceg, I8fô, LXI,i99.
(I) Ce groopé est ordioairement désigné par la dénomiDatioa de schiste» crlstaHint, parce qaû learoebet qui le eompotent oot généralement noe texlore en même temps schistoïde et cristalline» nials]*at cm devoir remplacer celle dénomination par celle de cristallophylliens, c*«*i k dlrt feuillet» cristallins, parce que ce terrain ne contient pas de schiste» dans le .nens que je donne, aiaal que beaaconp de géolognes actuels, A ce nom de roche. J^atais désigné ce yroape dans mea pabUeations aolériearts à 1842 par la dénomination de terrain talqueux, qui a rinconvéoient de M «'appliquer cODTeaâblemeiit qo*A l'an des SYslémes qui le composent.
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des micas et des talcs. Us renferment d'ailleurs une si grande quantité de minéraux disséminés que, si nous voulions en faire rénumération, nous serions obligé de répéter presque toute la nomenclature minéralogique ; mais ces dépôts sont surtout remarquables par les nombreux gîtes métallifères qu'ils renferment, soit en filons, soit en amas couchés. Us sont très répandus à la surface de la terre ; cependant les massifs où ils se montrent seuls au jour sont rarement d'une grande étendue. Us se rencontrent plus frequenmient dans les pays de montagnes que dans ceux de plaines; ils sont en général peu favorables pour la culture, et souvent couverts de landes, de pâturages et de forêts. Us présentent un caractère particulier : c'est que, tandis que les autres groupes dont nous avons déjà parlé ne se lient qu'autant qu'ils se suivent dans la série chronologique, les dépôts cristidlophylliens se lient ordinairement avec la plupart des autres dépôts qui se trouvent en contact avec eux, ce qui vient à l'appui de l'idée que ce groupe, ou du moins une partie de ce groupe, au lieu de représenter une période de la série des temps, serait plutôt le résultat de l'action des plu^ nomènes métamor])liiques , ainsi que nous le verrons dans la Géogénie.
Division. — Si l'on ne peut affirmer que le groupe cristallophyllien ait une position bien déterminée, à plus forte raison no peut-on pas y reconnaître des étages bien caractérisés, et il serait possible que les trois divisions principales que l'on y distingue, et où dominent respectivement le stéaschiste^ le micaschiste et le gneiss, représentassent plutôt une manière d'être minéralogique que dt-s rapports géognostiques. On a aussi placé à côté de ces trois grandes divisions d'autres systèmes caractérisés parla présence du quartzite, du calcaire, du phyllade, de l'amphibole, de l'ophiolite, ainsi que d'autres roches feldspathiques et pyroxéniques. Mais il y a de ces roches, notamment parmi les dernières, qui sont de véritables dykes plutoniens et non des membres du groupe qui nous occupe, et, quant aux autres, il semble que, au lieu de les considérer comme formant des systèmes susceptibles de figurer à côté des trois grandes divisions que nous venons de signaler, il y a plutôt lieu de n'y voir que des membres subordonnés à ces divisions, ou même aux autres groupes neptuniens. C'est ainsi, par exemple, que nous avons déjà vu que l'un des gîtes que l'on avait cités pendant longtemps comme type du calcaire primitif, celui du Carrare, se range maintenant dans un groupe assez élevé dans la série. Les roches quartzeuses ont peut-être plus de droit à figurer comme formant un système indépendant, entre autres celles qui consti-
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tuent un massif paissant dans les montagnes de Minas-Geraes an Brésil, célèbres par l'abondance du quartz aurifère, du quartz à paillettes d'oligiste spéculaire ou itabirite et du quartzite micacé ou itacolumite ; mais les relations géognostiques de ce dépôt ne sont pas encore bien déterminées.
Le système oii dominent les stéaschistes, qui est souvent désigné par les dénominations de schiste tqlqueux ou de talcschiste^ a été quelquefois confondu avec le système des micaschistes, parce que ces deux r(»ches sont fréquemment difficiles à distinguer et passent de Tune à Tautre. Les stéaschistes passent également et peut-être plus souvent au quartzite, car il est rare que les stéaschistes ne contiennent pas de quartz et ne passent pas au quartzite talqueux. D'autres fois les stéaschistes renferment des feldspaths et passent au gneiss. On avait même rapporté à ce système la grande masse de protogine qui forme la cime et le noyau du Mont- Blanc dans laquelle Saussure avait cru reconnaître une stratification, mais que l'on est maintenant porté à considérer comme un immense culot appartenant au terrain granitique (1).
Lesyslème da micaschiste, que l'on a souvent désigné par la dénomination A^ formation du schiste micacé (GfUmmerschiefer)^ est très répandu dans la nature et a beaucoup attiré l'attention des géologues et des mineurs, à cause des nombreux filons métallifères qui le traversent. Les micas qui, comme on sait, sont l'élément dominant du micaschiste, diminuant quelquefois ou disparaissant, la roche devient du quartzite micacé ou même du quartzite à peu près pur; d'autres fois les feldspaths remplaçant tout ou partie du quartz, la roche passe au gneiss. D'autres éléments se développent aussi dans ce système et y forment même des bancs subordonnés, notamment le calcaire, qui est souvent blanc passant au bleuâtre à texture saccharoïde. On peut aussi citer du gypse, de la karsténite, de la hornblende schistoïde, etc.
Le système du goeiss est la plus importante des divisions du terrain cristallophyllien, et celle qui mérite le mieux le nom d'étage qu'on lui donnait généralement avant l'introduction des doctrines du métamorphisme, car on ne peut pas lui contester d'être le terme le plus inférieur des terrains stratifiés. Ce système paraît avoir une composition moins compliquée que les deux divisions précédentes; cependant la diminution ou la disparition de l'un de ces éléments,
(1) Voir entre antres, la description géologique dn Dauphiné, par M. Lory, et la belle coape da Ibmt-Blane, par M. Fafre. (Mém. de la Soc. de phys. et d'hUt. naturelle de Genève, I8S9, XV, pi. IlL) C'est par inadrerlance qne l*opioion contraire i celle ci-dessos est restée dans la note de la page 157.
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les changements qu'éprouve leur mode d'agrégation, et quelquefois enfin l'accession de principes étrangers, déterminent l'existence de roches qui portent des noms différents dans la nomenclature. C'est ainsi que quand le mica disparait, le gneiss passe au lepiynite et à l'eurite ; et si les feldspaths sont remplacés par du quajiz on a du micaschiste, sans compter que ce système renferme aussi des bancs subordonnés de calcaire, de hornblende, etc. Mais c^est surtout avec le granité que le gneiss présente des liaisons et des mélanges; non seulement ces roches se lient si intimement qu'il est souvent impossible de dire où conmience Pune et où finit l'autre, ce qui se conçoit d'autant plus facilement que la composition des deux roches est à peu près la même, et que la différence entre le système du gneiss et le terrain granitique consiste principalement dans la stratification de l'un et la structure typhonienne de l'autre, caractères que les nombreuses fissures et les altérations qui ont ordinairement lieu vers le point de contact rendent très difficiles à reconniutre. D'un autre coté , on trouve des fragments de granité intercalés dans le gneiss, et plus souvent des fragments de gneiss dans le granité.