‹ Précis élémentaire de gravure sur cuivreChapitre 14 sur 30 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

Empâtement pour le genre portrait. — Empâtement des chairs à l’eau-forte ou au burin.

Empâtement pour le genre portrait.

On remarquera que la taille de l'ébauche se trouve toujours la dominante sous les travaux du fini. Les secondes et les troisièmes tailles ne servent qu’à peindre et à donner plus de mollesse à la peau.

Les points doivent être un peu allongés pour ce genre ; ils sont plus serrés vers les ombres, plus écartés et plus tendres, à mesure qu’ils se perdent dans la lumière. On observera aussi que le plein d’un point répond sur le vide qui se trouve entre deux autres, placés au-dessus ou au-dessous.

On dispose les points de cette manière, afin d’éviter que les intervalles qui se trouvent entre eux ne se correspondent les uns au-<lessus des autres, ce qui occasionnerait des petites lignes blanches qui détruiraient la douceur et la tranquillité du travail.

Les touches ne doivent être portées à leur juste

ton de vigueur qu’en dernier lieu, afin de propor-

Fig. 32.

Portrait d’homme gravé par Paul du Pont d’après Antoine Van Dyck; fragment (école flamande).

tionner le degré de couleur qui leur convient, au

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ton de tout le travail. C’est cette analogie qui vivifie le sujet.

La touche doit être brillante ou vigoureuse, par opposition à ce qui l’environne; mais elle doit toujours être fondue et accompagnée pour qu’elle ne soit point dure ou trop tranchante; le moyen d’éviter ce défaut, c’est de réunir le plus grand noir auquel la touche puisse être portée, dans le centre d’elle-même. Si au contraire on donnait autant de couleur sur les extrémités que dans le centre, la touche paraîtrait toujours aigre et dure, quand même elle n’aurait que la moitié du ton de couleur d’une autre, amenée et dégradée du centre vers les bords, comme nous venons de le dire.

Ce principe est relatif, non seulement à la figure qu’on a sous les yeux, mais à tout autre sujet. C’est un axiome, en gravure comme en peinture, que les grands bruns ne peuvent être amenés que par gradation pour produire un effet vrai. On pourra se former un bon goût dans ce genre d’après les portraits gravés par C. Vischer, Nanteuil, Masson, Edelink, Drevet, etc.

Empâtement des chairs à l’eau-forte ou au burin.

Cet empâtement consiste: i° dans un mélange de tailles suivies ou quittées, recroisées par des secondes dans les ombres; 2° de tailles suivies ou en points longs entremêlés de ronds dans les demiteintes; 3° de touches formées par plusieurs traits proches les uns des autres, et quelquefois accom-

pagnées de points pour les rendre plus moelleuses; 4° de contours formés par des points longs ou ronds

Fig. 33.

Atlas au repos ; fragment gravé par J. Pesne d’après N. Poussin (siècle de Louis XIV).

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pour qu’ils ne soient point secs, 5° enfin des masses d’ombre méplates établies par des tailles qui puissent servir, dans le fini, de secondes ou de troisièmes sur les demi-teintes ou dans les reflets.

Cet empâtement est subordonné au goût de l’artiste, qui doit pressentir ce que tous ces travaux deviendront dans le fini, et le moelleux qui en doit résulter lorsqu’ils seront fondus ehsemble sous des travaux plus légers. On pourra se donner une idée de la manière d’exprimer ou d’empâter les chairs d’après les chefs-d’œuvre des grands maîtres, tels que Gérard Audran, Edelink, J. Pesne, Failli, Vischer, etc., déjà cités.

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