X0RP0RATI0N DU PARLEMExNT ÉCOSSAIS AD
PARLEMENT ANGLAIS (1706). — Ccttc même anuéc fut célèbre par l'incorporation du parlement écossais au parlement anglais. Le 2 août 1706 il fut convenu que les deux peuples ne feraient plus désormais qu'une seule nation sous le nom de (h^ande-Br élague; que les Écossais et les Anglais seraient tous assujettis aux mêmes lois et jouiraient des mêmes privilèges; que tout le pays serait représenté par un seul et môme parlement ; qu'on admettrait dans ce parlement seize pairs écossais et quarante-cinq membres des communes, et que l'Ecosse ne diffé-
ANNE STUARÏ. lOo
Ferait de l'Angleterre que pour ses cours de justice qui seraient inépendantes des tribunaux anglais. On déclara en même temps que si la reine Anne mourait sans enfants, la couronne passerait à la branche protestante des Stuaris, par c mséquent à l'éleclrice douairière de Hanovre, la princesse Sophie, petite-fille de Jacques l^'.
*. Nouvelles victoires des Anglais (1706-1709). — La fortune continua à favoriser les armées anglaises sur le continent. L'amiral Rooke s'empara de Gibraltar en Espagne ; dans la Flandre le prince Eugène et xMarlborough attaquèrent le duc de Bourgogne et Vendôme à Oudenarde et taillèrent en pièces leur armée (1708). Lille tomba en leur pouvoir, et Paris commença à trembler. Le peuple jusqu'alors s'était distrait de ses souffrances par des quolibets et des chansons. On avait chansonné Villeroi après ses revers ; et l'on s'amusait de Marlborough au moyen d'une chanson ridicule composée sur son compte par les berceuses du dauphin. Mais le cruel hiver de 1709 ayant fait périr presque tous les arbres fruitiers, la famine devint générale et le deuil universel. 11 fallut demander la paix.
5. Humiliation DE Louis XIV. — Les ennemis reçurent les envoyés de Louis XIV avec le plus insultant dédain. Eugène,qui lui avait demandé autrefois un régiment ; Marlborough , qui dans ce temps-là n'était qu'uu colonel anglais du nom de Churchill, se montrèrent arrogants et fiers. Ils voulaient, dans l'exaltation de leur succès, que Louis XIV détrônât lui-même Phihppe V. A ce mot blessant pour son honneur, le royal vieillard sentit se réveiller toute èon énergie. Puisqu'il faut faire la guerre^ répondit-
il, faime mieux la faire à mes ennemis qu'à mes enfants. Et aussitôt il en appela à son peuple, le conjurant de ne pas l'abandonner dans l'infortune. Une armée de quatre-vingt-dix millehommes fut confiée à Villars. Mais l'illustre guerrier fut encore défait à Malplaquet, et Mons fut ajoutée aux possessions des ennemis. Louis XIV demanda une seconde fois la paix, s'ofîrant à reconnaître l'arcliiduc Charles roi d'Espagne, et à donner de l'argent pour chasser son petit-fîls. C'était le dernier degré de l'humiliation, et ses ennemis trouvèrent que ce n'était pas encore assez : ils prétendaient le contraindre à attaquer Philippe V lui-môme. Alors il envoya Vendôme au delà des Pyrénées sans autre escorte que son grand nom. Une foule de volontaires se rallièrent à lui, et il gagna la fameuse bataille de Villa-Viciosa (1710).
6. Traité d'Utrecht (1713). — Depuis ce moment les circonstances servirent admirablement Louis XIV. Marlborough ayant été disgracié, l'Angleterre ne s'opposa plus à la paix, elle fut conclue à Ulrecht le 1 1 avril 1713. Par ce traité les Anglais obligèrent le roi de France à combler le port de Dunkerque et gardèrent Gilbraltar et l'île de Minorque dont ils avaient fait la conquête. On leur abandonna dans le nouveau monde la baie d'Hudson, l'île de Terre- Neuve et l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse. Leur puissance devint formidable. Ils avaient déjà obtenu auparavant, par le traité de Méthuen (l), le monopole du commerce avec le Portugal. Ils se trouvèrent donc lilacés au premier rang parmi les puissances
(1) On appelle ainsi le traité que l'ambassadeur anglais Methuea conclut avec le Portugal eu faveur de sa nation en 1705.