AFFRANrHISSEMENT DE l'ÉcOSSE (t
Cette humiliation commença la longue chaîne de revers et de malheurs dont se composa le règne d'Edouard H. Robert Bruce profita de la faiblesse de ce monarque pour affranchir sa patrie. Ses progrès furent d'abord très-lents parce qu'il tenait à s'assurer le succès. Mais lorsqu'il eut réuni toutes ses forces près de Stirling, il se prépara à une action décisive. Les deux armées se rencontrèrent près de Bannock-Burn ou Ruisseau de Bannock. Le choc fut terrible : à la fin les Écossais l'emportèrent, et les Anglais par suite de cette défaite se virent contraints d'abandonner successivement toutes leurs villes fortes. Robert Bruce reçut de son pays reconnaissant le nom de libérateur.
3. Guerre en Lilande (1316-1318). — Edouard Bruce, frère de Bobert, passa en Irlande pour aider lesindigènes à recouvrer leur propreindépendance. il alla du nord au sud, prit et saccagea plusieurs villes, et, arrivé à Dundaik, il se fit élire et couronner roi d'Irlande (1 A 1 <>)• Mais il ne garda ce titre que pendant deux ans. Les Anglais envoyèrent contre lui des forces considérables, et il fut tué dans une bataille en 1.^18. Après sa mort les troupes écossaises furent rappelées dans leur pays, et les Anglo-Nor-
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mands reprirent leur domination sur les Irlandais.
4. Les Spenxer. — Après avoir perdu Gaveston, Edouard s'était créé d'autres favoris. Les Spencer avaient remplacé Gaveston dans son aflection, et comme lui ils avaient provoqué par leur faste superbe l'indignation des seigneurs. Le comte de Lancastre, qui était à la têle des mécontents, avait d'abord obtenu le bannissement de ces ministres audacieux, mais dans une seconde tentative il fut défait et mis à mort. Edouard II retrouva un instant son énergie après ce premier succès. Il rompit avec Robert Bruce et le somma de le reconnaître pour suzerain. Le roi d'Ecosse, pour toute réponse, envahit l'Angleterre, et faillit s'emparer de la personne même d'Edouard II. Ces revers décidèrent ce malheureux prince à conclure avec les Écossais une trêve de treize années (1323).
5. Conspiration d'Isabelle. — Charles le Bel venait à cette époque de monter sur le trône de France. Son oncle Charles de Valois s'étant par son ordre emparé de l'Agénois, Isabelle, femme d'Edouard 11 et sœur de Charles le Bel, demanda à passer en France sous prétexte d'y défendre les droits de son mari contre les usurpations de son frère. Elle y fut suivie par Roger Mortimer, le partisan de Lancastre et l'ennemi des Spencer queleroi Edouard avait fait enfermer à la Tour. Ensuite elle fit venir près d'elle son fils Edouard, âgé de douze ans, et sous prétexte d'attaquer les Spencer, elle leva des troupes en Angleterre, en Guienne, en Irlande, et repassa la Manche pour détrôner son mari. Edouard II quitta Londres comme un fugitif, et les Spencer le suivirent. Ces deux favoris furent arrêtés et pendus sans aucune forme de procès.