‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 61 sur 140 · RÈGNE DE RICHARD II · texte numérisé non relu

RÈGNE DE RICHARD II

1 . MiNOBiTÉ DE RICHARD II. — Rlcliard II, fils du |)rirrce Noir, n'avait que onze ans quand il monta sur le trône. L'Angleterre était épuisée par les longues guerres qu'elle avait eu àsoutenir sous le règne d'Edouard, et elle souffrait beaucoup dans son orgueil national d'apprendre chaque jour les succès de Charles V sur le continent. Sans lu trahison du HiST. d'angl. 7

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duc de Bretagne et du roi de Navarre il ne lui serait rien resté de toutes ses anciennes conquêtes. Ce mécontentement général fut exploité par des sectaires, disciples de Wiclef, quiniaientliardiment la légitimité des distinctions sociales, et soutenaient dans tous leurs discours l'égalité naturelle du genre humain. Ils criaient ironiquement : Lorsqu'Adam bêchait et qu'Eve filait, y avaii-il des nobtts ? Ils se trouvèrent bientôt au nombre de cent mille et il fallut leur faire du moins quelques concessions. Richard vit un jour sa vie grandement exposée au milieu d'eux, mais il sut les ramener à l'onéissance et au devoir par son attitude noble et digne ainsi que par l'énergie de sa parole.

2. Guerre d'Ecosse (138o). — Richard II avait fait preuve d'énergie dans sa conduite envers les sectaires . On put espérer qu'il s'allranchirait de l'ennuyeuse tutelle de ses oncles, les ducs deLancastre, d'York et de Glocester, mais il n'en fut rien. Tout son règne ne fut qu'une série de fautes et de malheurs, précisément parce qu'il ne sut jamais se rendre libre de ses pensées et de ses actes. La guerre avec la France continuant toujours avec mollesse, il voulut attaquer l'Ecosse. Ses premières tentatives furent d'abord heureuses, mais il s'eliraya ensuite des difficultés qu'il rencontra, et il laissa Robert II Stuart transmettre paisiblement sa couronne à ses descendants.

3. Administration de Glocester. — Le duc de Glocester étant parvenu à s'emparer detoute la puissance, son administration mécontenta le peuple qui avait à se plaindre des vexations les plus iniques et les plus brutales. Du mécontentement on passa à la crainte, quand on apprit que le roi de France

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Charles VI allait tenter une descente en Angleterre, et qu'il avait réuni à cet effet une flolte de près de UOO vaisseaux entre l'Ecluse et Blamkembourg. La destruction de cette flotte immense rassuralesAnglais, maiscesuccès ne servit qu'à rendre les communes plus menaçantes. Le duc de Glocester leur accorda tout ce qu'elles voulurent, et il eut l'adresse de dépouiller l'autorité royale pour ajoutera sa propre puissance. Toutefois son autorité étant devenuemoinsmenaçante,Richard résolu Idele renverser par une action d'éclat. Un jour il demanda à sou oncle de lui dire son âge. Votre Altesse a vingtdeux ans, répondit le duc. — Je suis donc assez âgé pour conduire mes affaires, répliqua Richard, j'ai été plus longtemps sous le contrôle de tuteurs qu'aucun pupille de mes États. Je vous remercie, my lords y de vos services passés ; mais je ne vous en demande aucun désormais (1389).

4:. Richard règne par lui-même (1389-1396). — Ridiard, ayant pris les rênes de l'Etat, s'environna de conseillers éclairés, consulta le parlement et fit revenir près de lui le duc de Lancastre et le comte de Glocester. Son administration était heureuse et paisible quand il perdit sa femme, la bonne reine Amie. Pour dissiper son chagrin, il alla visiter l'Irlande et y rétablit sa domination. A son retour en Angleterre, il trouva son royaume agité par les disciples de Wiclef, qui sous le nom de Zo/- /ards attaquaient violemment l'Eglise, et poussaient l'extravagance jusqu'à demander la suppression des métiers d'orfèvre et de fourbi seur, comme inutiles et pernicieux sous l'empire de l'Évangile. Il réprima ces sectaires et rétablit ainsi la tranquillité dans ses États. Ce fut alors qu'il sollicita la main d'Isabelle,

fille du roi de France Charles VI. Le mariage fut conclu, et par suite un traité fut signé, d'après lequel la trêve entre les deux royaumes devait être prolongée vingt-cinq ans, moyennant la restitution de Brest et de Cherbourg par les Anglais (1396).

5. Vengeances de Richard. — Richard se laissa aller à la haine qu'il avait conçue contre ses anciens régents. Le duc de Glocester était devenu l'âme de toutes les factions. Il ne cessait de parler contre la pusillanimité de Richard, lui faisait un crime d'avoir épousé la fille du roi deFrance, et parlait même de le déposer. Pour le prévenir, Richard le fit arrêter. On allait statuer sur son sort, lorsqu'on apprit qu'il venait de mourir. Ce trépas subit fit soupçonner un assassinat.

Richard exila ensuite le duc de Xorfolk à perpétuité, et le duc d'Hereford, fils de Lancastre, pour dix ans. Ce dernier se retira en France, où il fut connu sous le nom de Henri de Bolingbroke. Richard lui avait promis d'abréger le temps de son exil,nîais à la mort du duc de Lancastre, Henri ayant pris le titre deson père, le roi d'Angleterre découvrit qu'un proscrit ne pouvait hériter, et sur l'avis de son grand conseil il s'empara de tous les biens de la maison de Lancastre.

6. DÉPOSITION DE Richard (1399). — Cette injustice rendit furieux Henri de Bolingbroke. II profita d'une expédition que Richard avait faite en Irlande, pour faire lui-même une descente en Angleterre. Il débarqua dans le comté d'York, et ne réclama d'abord que les possessions de la maison de Lancastre. Toutefois il marcha sur Londres, et, chemin faisant, son armée s'étant élevée jusqu'à soixante mille hommes, il s'empara de la capitale. A cette nouvelle

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