‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 67 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

RÈGNE d'Edouard iv. — branche d'york. — seconde période DE LA GUERRE DES DEUX ROSES (1461- ! 483).

1. AvKNEMENT d'Edouard IV (1461). — Avec Richard tout en fut pas perdu pour les Yorkistes. Le comte de Warvvick se mit à leur tête et conçui le projet de faire couronner à Londres Edouard, fils de Richard. Warwick était riche, puissant, aimé du peuple, et Edouard avait pour lui la jeunesse, la grâce et la beauté. Toute la ville de Londres, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie applaudirent à rélection de ce nouveau roi, et la maison d'York se trouva plus puissante que jamais.

2. Bataille de Towton (1461). — Toutefois il fallait vaincre Marguerite, qu'aucune difficulté ne décourageait. Warwick s'en chargea, et alla présenter la bataille à cette femme intrépide près du village de Towton. On se battit de part et d'autre avec acharnement : jamais combat ne fut plus sanglant. Il avait été défendu aux Yorkistes de faire aucun quartier, et plus de 36,(i00 Lancastriens périrent dans ce massacre. Marguerite, après cette horrible défaite, alla vainement solliciter le secours de Louis XI, dont elle n'obtint qu'une somme de 20,000 écus, et les troupes qu'elle réunit en Angleterre furent encore entièrement détruites àla journée d'Exham (1463).

3. Chute d'Edouard IV (1470). — Après cette dernière victoire, le trône d'Edouard IV parut par-

failement affermi. Marguerite avait été contrainte de se réfugier en France; Henri VI était devenu son prisonnier, et les rois de Danemark, de Pologne, d'Aragon et de Castille avaient conclu avec lui une alliance offensive et défensive. Edouard ne pouvait même rien craindre de Louis XI, qui avait trop à fairo dans son royaume pour s'occuper de ses voisins. Alors l'éclat de sa fortune l'éblouit. S'étant marié à Elisabeth Wydevile, il réserva toutes ses faveurs pour les parents de son épouse, et chercha même à s'affranchir de l'influence de Warwick, l'auteur de sa fortune. Le comte, indigné, se créa des partisans dans le peuple et la noblesse, et tenta quelques soulèvements. Ces révoltes n'ayant pas réussi, il se jeta ouvertement dans le parti des Lancastriens, s'unit à Marguerite, et vint en France demander des secours à Louis XL Quand il eut complètement organisé son plan de révolte, il revint en Angleterre faire un appel à tous ses partisans. Le peuple, qui l'adorait, accourut en foule à sa rencontre, et Edouard, qui avait songé à ses plaisirs bien plus qu'à sa défense, se vit obligé de gagner précipitamment la mer, pour aller à la Haye implorer un asile près du duc de Bourgogne, qui y résidait (1471).

4. Son rétablissement (I47i). — Warwick, qu'on avait surnommé le faiseur de rois, tira Henri VI de sa prison et le rétablit sur son trône aux grandes acclamations du peuple. Toutefois, son triomphe fut de courte durée. Le duc de Clarence, frère d'Edouard IV,qui s'était allié avec lui, supportait avec peine la vue de cette rose ronge des lancastriens que toussesancêtres avaient haïe et combattue.Une foule deseigneurstémoignèrentlesmêmesrépugnanceset

Page 1