RÉACTION CONTRE SA TYRANNIE
— - Pendant que toutes ces turpitudes déshonoraient le trône, il y eut de grands mouvements parmi le peuple et le clergé. Les habitants des contrées du Mord prirent les armes pour la défense de la foi, et principalemennt pour se venger de la suppression des monastères. L'insurrection prit un caractère menaçant, surtout depuis l'Humber jusqu'aux
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frontières de l'Ecosse. Les révoltés s'avancèrent au nombre de plus de trente mille vers Duncastre. Ils avaient donné à leur association le nom de pèlerinage de grâce. Henri VIII eut l'adresse de les amuser par des promesses, et, quand ils se furent dissipés, il mit à mort leurs chefs.
Le clergé ne fut pas plus heureux dans sa résistance. Mais, il faut le dire, nulle part il ne déploya cette mâle fermeté toujours néces.saire en face d'un pouvoir qui s'attaque à la vérité. La division se mit dans son sein et fut la cause de son asservissement.
8. Nouveaux excès de Henri VIII (1539-1540). — Ces oppositions partielles et mal concertées ne servirent même qu'à aigrir le monarque. Il s'était engagé, comme chef suprême de l'Église, à détruire tous les abus. Sous ce prétexte il abolit plusieurs fêtes, restreignit le culte des images, et assouvit sa cupidité en pillant les châsses et lesrehquaires. C'est ainsi qu'après avoir effacé du calendrier le nom de saint Thomas Becket, il le cita en jugement, pilla toutes les richesses qui ornaient son tombeau, et jeta ses cendres au vent. En même temps il achevait la ruine des monastères et s'emparait de leurs propriétés.
9. Loi des six articles (1539). — Tout en commettant ces injustices, par le fait d'une inconséquence inexplicable, il se piquait néanmoins d'orthodoxie. Ainsi il fit adopter au parlement le fameux bill des six articles qu'on a appelé le statut de sang. Par ce décret il établissait la présence réelle, la communion sous une seule espèce, l'obligation de garder le vœu de chasteté, le célibat des ecclésiastiques, l'utilité des messes privées et la nécessité de la confession auriculaire. Ceux qui niaient
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le premier article devaient être brûlés, et il n'y avait peine de mort qu'en cas de récidive contre ceux qui niaient les autres articles. Une première faute était punie par la confiscation des biens et l'emprisonnement. La persécution enveloppait les protestants comme les catholiques.
10. Soumission du pays de Galles et de l'Irlande. — Le pays de Galles eût voulu se soustraire à toutes ces lois tyranniques ; Tlrlande aussi frémissait d'horreur à la vue de toutes ces innovations monstrueuses. Les Kildares, qui se trouvaient à la [Ole du gouvernement irlandais, s'étant révoltés malgré les conseils de l'archevêque d'Armagh, Henri profita de celte circonstance pour établir par la force sa doctrine qu'il n'aurait pu faire accepter par la persuasion. Le chef des séditieux fut décapité et le calme se rétablit. Les seigneurs irlandais sollicitèrent même la pairie, et du rang de seigneurie l'Irlande fut élevée à celui de royaume.
11. Influence de Henri VIII sur l'Ècosse. — Henri VIII eût aussi désiré faire pénétrer ses principes en Ecosse. Il offrit môme à Jacques V, son neveu, la main de sa fille Marie avec le titre de duc d'York, s'il voulait favoriser son projet. Mais le roi d'Ecosse repoussa toutes ses promesses insidieuses. L'Archevêque de Saint-André, Beaton, et son neveu David, qui devint plus tard cardinal, le soutinrent dans la vraie foi et le portèrent à s'allier avec la France, en épousant d'abord une fille de François I" et ensuite Marie de Guise, veuve douairière de Longueville et sœur du duc de Guise et du cardinal de Lorraine.
Cot'8 alliance blessa grièvement Henri VIII. Il s'en \ engea en semant ses idées de schisme dans
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l'esprit de la noblesse écossaise. Elles prirent racine parmi une multitude dliommes, indifférents à toutes les croyances, qui regardaient depuis longtemps d'un œil d'envie les richesses des monastères et des églises. Quand il crut les esprits disposés en sa faveur, il commença la guerre (1542). La fortune seconda les Écossais en toute rencontre; mais la noblesse refusa de suivre Jacques V, et l'armée mutinée laissa deux fois le champ de bataille libre aux Anglais. Ces défections remplirent de deuil Jacques Y qui s'enferma dans son château de Falkland et mourut peu de temps après.
Huit jours avant sa mort, on lui annonça que la reine était accouchée d'une fille, l'infortunée Marie Stuart (1542). Par fdle elle est venue, répondit-il avec tristesse, en parlant de la couronne, et par fille elle s en ira. Cette douloureuse prophétie s'accomplit malheureusement dans la vie de cette pauvre enfant qui fut reine au berceau. Quand il s'agit de lui donner un conseil de régence, deux partis se formèrent. Les uns tenaient à lalliance de l'Angleterre, les autres à celle de la France. Marie de Guise et le cardinal David Beaton firent aisément triompher ce dernier parti, parce que le peuple craignait pour son indépendance, en se rapprochant trop des Anglais. Henri Vlll, mécontent, déclara tout à coup la guerre à l'Ecosse. Ses troupes furent vaincues à LilUard's Edge (1544). Tous les Écossaiis s'étant prononcés pour la reine mère, il fut obligé de renoncer à ses projets, et il comprit l'Ecosse dans le traité de paix qu'il conclut avec François I" (Io46).
13. Mort de Henri VIII (1547). — Le 29 janvier de l'année suivante, Henri VIII alla rendre compte