LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
place de l’école de médecine, »• 4-
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lusqu’à l’époque où j’ai eu l’honneur d’être nommé professeur à la faculté de médecine de Paris , l’enseignement de l’histoire naturelle médicale, se bornait à une seule des trois branches de cette science, la botanique. Il est vrai que par scs applications plus nombreuses à
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la matière médicale, la botanique justifiait
en quelque sorte la préférence exclusive qui
lui avait été accordée pendant si long-temps.
Mais néanmoins les deux autres branches, la zoologie et la minéralogie méritent également d’entrer dans les études médicales, parce que Tune et l’autre ont, comme la botanique, des applications nombreuses et importantes à plusieurs des parties dont se compose la médecine. Aussi déjà dans les cours particuliers que j’ai faits pendant si long-temps, donnais- je des notions générales de zoologie comprenant la classification des animaux, les caractères des principales divisions établies dans le règne animal, avec l’indication dans chacune d’elles, des espèces qui offrent de l’intérêt sous le point de vue médical.
Lorsque je publiai en 1851,1a secondé édition de mes Êlémens d’histoire naturelle 'Médicale , je me bornai à quelques généralités très abrégées • sur la Minéralogie. Mais depuis cette époque l’expérience m’a démontré l'insuffisance de ces généralités. J’ai reconnu que pour être consé-
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qucnt, je devais traiter la minéralogie comme je
l’avais fait pour la botanique et la zoologie, c’està-dire donner d’abord les notions générales qui servent de base à la science et y joindre la description des espèces qui préscntentde l’intérêt par leurs propriétés médicales, ou leurs usages journaliers dans les arts. C’est aussi ce que je me suis efforcé de faire depuis cette époque dans mes cours publics.
S’il n’est pas nécessaire que le médecin soit un -profond naturaliste, également versé dans tous les détails de la science immense qu’on , nomme histoire naturelle, il n’en est pas moins
vrai qu’il doit avoir une connaissance au moins générale de cette science et des principaux traits caractéristiques des grandes divisions qui y sont établies. Le médecin regretterait d’autant plus de n’avoir point acquis ces notions générales et élémentaires, que leur connaissance lui est presqu’indispcnsable et qu’elle n’exige de sa part qu’un peu d’application et de temps.
C’est pour concourir, autant qu’il dépend de nous, à compléter cette partie des études mé-
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dicales, que nous nous sommes décidés à publier ces notions générales de Minéralogie: elles serviront à remplir une lacune que nous avions laissée dans nos Élémens d'histoire naturelle médicale , et à diriger dans l’étude de la Minéralogie les jeunes gens qui se vouent à la pratique de la médecine et de la pharmacie.
Mais liâtons-nous de prévenir que nous n’avons nullement eu l’intention de publier ici un traité complet de Minéralogie : une semblable prétention est bien loin du but plus modeste et plus circonscrit que nous nous sommes proposé. La science possède en ce genre des ouvrages de premier ordre, avec lesquels nous n’aurions jamais eu ni le .courage ni la volonté d’entrer en concurrence. Destinant spécialement notre livre aux personnes qui s’appliquent à l’étude des sciences médicales, nous n’avons dû y faire entrer que des notions générales sur les élémens de la Minéralogie et nous borner à la description des espèces qui nous ont paru offrir de l'importance par leur emploi dans la médecine ou les arts. Nous en avons donc élagué la des-
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cription de toutes celles en si grand nombre , qui, examinées sous ce point de vue neprésen- 5 taient aucun intérêt.
Un coup d’œil jeté rapidement sur la marche que .nous avons suivie, et le plan d’après lequel « nou§ avons rédigé cette partie de l’iiistoire naturelle médicale, fera beaucoup mieux connaître
le but que nous nous sommes proposé.
L’ouvrage est divisé en deux parties : la pre- “. mière comprend les Généralités de la science; la seconde la Description particulière des espèces. Dans les généralités nous traitons successivement des propriétés physiques et chimiques dos minéraux, qui fournissent les caractères à l’aide desquels on distingue entre elles les diverses espèces. Nous parlons ensuite du gisement des minéraux, c’est-à-dire de leur manière d’être dans la nature. Ce sujet nous amène à donner quelques notions générales de Géoloqie. Ainsi nous examinons successivement l’âge relatif des différentes couches du globe, leur division en six ordres ou terrains. Nous faisons connaître les principales matières dont ces différens terrains sc
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composent ; la nature des roches de chaque espèce de terrain, et enfin nous terminons par quelques observations sur les principales hypo- • thèses qui ont été émises pour expliquer la formation des diverses couches du globe.
Dans cette première partie nous exposons aus-
si avec quelques détails, les diverses classifications proposées par les minéralogistes, après avoir bien défiui les mots d 'individu et d’espèce,
La seconde partie est consacrée à la description particulière des espèces qui nous ont paru offrir de l’intérêt à cause de leurs propriétés ou • de leurs usages. Nous adoptons ici la division des h inéraux en trois grandes classes : 1° les corps métalloïdes ; 2° les métaux bétéropsides, et 3° les métaux autopsides ou métaux proprement dits.
Dans la classe des métaux bétéropsides, nous établissons, à l’exemple de M. Alexandre Brongniart, trois ordres fondés sur l’insolubilité ou la solubilité plus ou moins grande des oxides de ees métaux. Dans la troisième classe se trouvent deux ordres : le premier comprend les uié-
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taux autopsides électro-positifs, et le second les métaux autopsides électro-négatifs.
Dans chacune de ces divisions, nous avons décrit avec quelques détails les espèces les plus importantes. Quelquefois nous nous sommes bornés à une simple indication, quand ces espèces n’offraient qu’un intérêt très-secondaire.
En général nous pouvons afïirmcr que plus des trois quarts des descriptions d’espèces que nous présentons ici , ont été faites d’après nature , c’est-à-dire ayant les échantillons meme sous les yeux. Cependant nous nous sommes bien souvent aidés des ouvrages fondamentaux delà science, et, en particulier de ceux d’Haiiy, de MM. Berzélius, Brongniart, Brochant et surtout deM. Beudant. Le traité élémentaire de Minéralogie que ce savant a publié est sans contredit le meilleur que nous possédions, et celui auquel nous avons constamment renvoyé les personnes qui veulent approfondir cette science. Si au milieu de ces excellens ouvrages, nous avons cru devoir en publier un, c’est qu’il nous a paru qu’aucun de ces illustres savans ne s’était pro-
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posé le même but que uous, c’est-à-dire de ne choisir et de ne décrire que les espèces que leurs usages dans les arts ctplus particulièrement dans la médecine, rendent utiles à connaître pour le médecin et le pharmacien.
Paris, ce 1" mars 1835.