RECTANGLE
Le prisme oblique (fig. a 5 ) est celui dont les bases ne sont pas perpendiculaires aux arêtes des pans.
Les arêtes latérales sont semblables , mais celles des
bases sont de trois sortes, ce qui multiplie le nombre des modifications possibles.
Les formes principales de ce système sont le prisme oblique à base rectangulaire, passant à l’octaèdre obli-
que' à hase rectangulaire (fig. 26); le prisme oblique à base rhombe (fig. 27), provenaiit de la troncature des quatre arêtes latérales, pouvant former l’octaèdre oblique à base rhoinbe (fig. 28). Chacune de ces formes peut aussi en produire beaucoup d'autres.
fje sulfate de chaux ou pierre à plâtre, le feld-spath, l’amphibole, le pyroxène, sont des exemples du cinquième système cristallin.
VI e TYPE : SYSTÈME DU PRISME OBLIQUE A BASE DE PARALLÉLOGRAMME OBLIQUAT! GLE.
Dans ce sixième type nous trouvons les mêmes forriies secondaires que dans le '.système du prisme oblique à base rectangulaire ; mais ici les bases des prismes et des octaèdres sont obliques et à côtés inégaux.
A ce système se rapportent le sulfate de cuivre , l’axinite , etc. ■
En terminant ici cet énoncé succinct des six types ou formes fondamentales sous lesquelles les substances cristallines peuvent se présertter , et des formes secondaires qu'ils peuvent constituer par les modifications de leurs angles et de leurs arêtes, noqs ferons remarquer qu’une même espèce minérale petit souvent offrir un grand nombre de ces modifications, sans pour cela changer de- nature. Ainsi, le sulfure de fer, par exemple, se montre tantôt en cube, tantôt en octaèdre, tantôt en dodécaèdre. Ces formes différentes constituent de simples variétés et. non des espèces distinctes, ainsi que nous l’établirons prochainement en traitant de la classification. *
Ce qui n’est pas moins remarquable , c’est qu’à chaque système appartiennent des formes secondaires differentes; de telle sorte que la seule inspection de l'une de ces formes secondaires indique an minéralogiste la forme fondamentale dont elle est dérivée.
Nous avons déjà fait observer précédemment que tous les cristaux d'une mèmè espèce et d'une même forme offraient constamment la même valeur datas leurs angles. Deux espèces différentes appartenant au même système cristallin (ai l’on eç excepte le système cubique) peuvent se présenter sous la même forme ; mais la vajeur de leurs angles sera différente. Ainsi , le carbonate de chaux et le carbonate de magnésie cristallisent lnn et Vautre en rhomboèdres. Mais dans le premier la valeur des angles est «le ib 5 * 5 ’, et 74° 55 ’j tandis que dans le second elle est de 107* 25 ' et 82° 35 '. Ainsi donc par le goniomètre et sans avoir recours en quelque sorte à aucun autre moyèn , on peut distinguer tes cristaux de ces deux espèces minérales.
§ IV. Des causes du changement de Jormes dans un même système cristallin.
Nous Venons dê parlèf dés oliaYigemens de formes qui peuvent s’opérer dans tes cristaux d'une même èspèeetttidéraleoudanstlesespècesdï?Férentesappàrtenarttà‘tt‘itiêrrtè système cristallin. Tons ces changemens , nous les âVdtiS expliqués, en admettant qu’une même forme TontJâmehtale, tronquée successivement on à 1 la fois sur ses atagles solides et ses arêtes, pouvait donner naissance à.tïtt nombre prodigieux de formes secondaires qui ne sont
évidemment que des dérivés de la forme fondamentale. Ce moyen , en quelque sorte tout mécanique , nous a suffi pour démontrer avec quelle facilité ou peut passer d’une forme à une çiutre , par une suite de formes intermédiaires.
Mais il est une putre manière d’expliquer ces change-* mens, q’est celle que l’on connaît depuis Haüy sous le nom de Théorie des décroissemçns.
Tons les corps anorganiqucs. sont composés'de particules extrêmement petites , appelées atomes ou molécules constituantes. La ténuité dç ces molécules est telle qu’elles échappent à notre vue, et a tous nos moyéns de les saisir. Cependant leur existence ne saurait être un objet de doute. Ces molécules doivent avoir et ont en effet une forme quelconque. On peut par le raisonnement et par l’examen de§. faits, admettre que cette forme est régulière, et qu’elle se rapporte à l’un des polyèdres les plus simples de la géométrie; puisque l’on voit que les substances minérales , liquéfiées par le feu ou par un liquide, tendent constamment, quand rien ne vient troubler l’arraiigement de leurs molécules, à former des polyèdres réguliers ou des cristaux. Ainsi donc les atomes des corps anorganiques seront, suivant les espèces des cubes, des rhomboèdres, des prismes, etc.
Prenons la forme cubique pour point de départ. Un cristal cubique sera composé d’une multitude de molécules cubiques disposées par couches ou lames toutes formées d’un égal nombre de molécules. Ainsi, par ex'emple, si l’on prend de petits cristaux cubiques de seî marin , et qu’on les plonge dans upe dissolution concen-
trée de ce sel , on verra leur volume s’accroître successivement, parce que sur chacune de leurs faces s’ajouteront de nouvelles couches de molécules toutes égales , et qui recouvriront exactement les prertnères. La forme
du hoyau ne sera donc pas changée , seulement son volume aura augmenté.
Mais supposons maintenant que ces nouvelles couches qui s’ajoutent au noyau cubique, au lieu d’avoir exactement les mêmes dimensions que les facesstir lesquelles elles s’appliquent, se composent chacune successivement d’une rangée de moins de molécules sur chacun de leurs côtés. Il en résultera nécessairement que les faces du cube se termineront chacune par une pyramide à quatre faces triangulaires, et comme ces décroisseinens se seront faits également sur chacune des six faces, il se sera formé un solide à douze faces rhombes ou dodécaèdre rhomboïdal. . .
Tâ. % V .....
Gn peut ainsi, en partant du cube ou de toute autre forme fondamentale ,' expliquer par des décroissemens analogues, soit sur les faces, soit sur les angles, soit
sur les arèteà , par*une, deux, ou même trois rangées de molécules , les changemens qu’une même espèce minérale peut éprouver dans ses formes cristallines.
Cette vérité fondamentale a été démontrée ayec la rigueur mathématique et développée dans tous ses détails par Hafty, dans son grand traité de minéralogie:
. § V. Des cristaux groupés et altérés.
Jusqu’à présent nous avons considéré les substances
minérales comme formant des cristaux isolés les .uns des
MINERALOGIE.
autres et parfaitement distincts. Mais il s’en faut de beaucoup qu’ils se montrent ainsi dans le plus grand' nombre des cas. Au contraire, le plus souvent les cristaux sont groupes et réunis ensemble, de telle sorte que dans beaucoup de circonstances il n'y a que quelques-unes de leurs parties qui soient libres,* tout le reste est confondu dans une masse commune. Mais cependant comme dans toutes les formes cristallines les faces et les angles ont des inclinaisons déterminées, cette confusion ou cette soudure des cristaux se fait toujours d une certaine manière , en quelque sorte régulière , et qui varie suivant la forme particulière des cristaux:
Parmi les substances cristallines qui, en se groupant, offrent une disposition remarquable 4 nous citerons la stpurotide ou pierre en croix , dont les cristaux prismatiques s'entrecroisent deux à deux , de manière à former soit une croix rectangulaire ^ soit une croix obliquangle.
On donne le nom de trémies à des espèces de pyramides creuses, tantôt carrées, tantôt rhomboïdales , et qui semblent en quelque sorte formées par une suite de cadres appliquésdes uns sur les autres, et diminuant successivement d’étendue. Ces groupes singuliers sont également formés par des cristaux réunis entre eux.
La structure régulière des minéraux, avons-nous déjà dit, peut se reconnaître à l’aide de deux caractères, là forme régulière et le clivage. Nous venons de traiter du premier de ces caractères, occupons-nous du clivage.
§ VI. Du clivage.
Un grand nombre de substances minérales cristallisées
3 4 MINÉRALOGIK.
sont susceptibles d'être divisées* en fragmens réguliers par l'emploi de moyens mécaniques, et souvent par la simple percussion. Ainsi, un morceau de galène ou sulfure de plomb, de spath calcaire, frappé avec un marteau, se partage en un grand nombre de fragmens cubiques dans le premier, rhomboédriques dans le second. De même , si l’on prend un morceau de gypse ou pierre à plâtre, ou de mica, on les partagera avec la plus grande facilité en lanies dè plus en plus minces. C’est à cette division mécanique que présente un grand nombre de cristaux, qu’on a donné le nom de clivage. Cette propriété" dépend évidemment de la structure même des çristaux , qui, ainsi que nous lavons expliqué précédemment, sont composés de rangées de molécules, formant des lamelles superposées les unes sur les autres. Uq conçoit dès lors que ces cristaux doivent, par l’action des agens mécaniques, se diviser plus facilement dans le sens de la superposition de ces lamelles, que dans tout autre.
Cependant tous les cristaux ne se prêtent pas aussi facilement que ceux que nous venons de nommer à l’opération du clivage. 11 ea est quelques-uns dans lesquels elle est à peu près impossible ; dans d’autres J la perçus^ sion produit simplement des fentes ou fissures légères dans l'intérieur même du cristal ; ces fissures correspondent toujours aux faces naturelles du existai , et par la direction de leurs stries ou les reflets de lumière qu’elles déterminent, elles servent encore à faire reconnaître leur direction. Dans les substances très-dures, le cristal de ro-» che , par exemple , on se sert d’un autre moyen pour
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rendre sensible la direction des joints du clivage: après avoir fait chauffer assez fortement le cristal , on le plonge rapidement dans l'eau froide. Le changement brusque de la température donne lieu à la formation de fissures , qui indiquent les joints naturels du cristal.
Quelles que soient les variétés de formes secondaires sous lesquelles une même espèce minérale se présente, lé clivage donne constamment des fragmens d’uDe même forme. Ainsi le calcaire ou carbonate de chaux offre un nombre prodigieux de formes cristallines secondaires; cependant tous ses cristaux, quelle que soit leur forme , donnent par le clivage un noyau rhomboédrique. Il en est de même du sulfure de fer qui donnera toujours un noyau cubique. On nomme forme primitive le solide ordinairement simple, ‘ que l’on peut extraire d’un cristal par le moyen du clivage. Ainsi le rhomboèdre est la forme primitive du carbonate de chaux ; le cube esfja forme primitive du sulfure de fer. Cette forme primitive est, en effet, le noyau sur lequel les molécules ou atomes se sont diversement groupés pour donner naissance, par suite de la loi des décroisseraens que nous avons fait connaître, à toutes les formes secondaires sous lesquelles une même espèce minérale peut se présenter. On pourrait également admettre, selon nous, que les molécules intégrantes du corps ou atomes doivent avoir la même forme que le noyau désigné sous le nom de forme primitive.
Certaines substances ne sont qu 'incomplètement clivables; c’est-à-dire, qu’on ne peut par ce moyen mettre à nu qu’un certain nombre des faces de leur forme pri-
mitive. Cependant on peut encore reconnaître par ces faces découvertes leur forme primitive , et distinguer ces espèces entre elles. Ainsi, par exemple, le feld-spath , l'amphibole et le pyroxène ont tous trois pour forme primitive, un prisme oblique à base rhombe. Ces trois substances, d’ailleurs si abondamment répandues dans la nature, ont un clivage incomplet, mais qui suffit néanmoins pour les distinguer l’une de l’autre. Ainsi le feldspath présente deux faces de clivage, l’une parallèle à la basé du prisme, l’autre parallèle à l’axe; l’amphibole présente des faces parallèles aux pans, mais aucune parallèle aux bases; enfin, dans le pyroxène ce sont-les faces parallèles aux bases qu'on obtient avec le plus de -facilité.