‹ Précis élémentaire de minéralogie contenant des notions générales sur la minéralogie et la description de toutes les espèces employées dans les arts et particulièrement la médecineChapitre 73 sur 84 · K SC · texte numérisé non relu

K SC

Sixième espècé' ï ARGENT caRRôNÀTé.

•JR

Il est d’un gris de fer, peu éclatant, assez tendre , nullement cristallisé , fircilèmenf réductible au chalumeau ét faisant effervescence aVefc l’acidé nitrique.

I, 'analyse de Selb y a montré les proportions sui-

vantes : . . : ,

Argent 73,5

Acide carbonique 13

Carbonate d’antimoine et tra- ! .

ces d’oxide de cuivre i 5,5

On ne l'a encore trouvé qu’à l’état amorphe dans la mine de Yenceslas près d’Altwolfach. Il est très-rare.

Septième espèce : argent muriaté .

v {Argent corné , chlorure d'argent. ) r ; >1 >

Il est métalloïde d’un gris de perle , passant souvent âu violet, et même au noirâtre, quand il a été long-temps exposé au contact de l’air. Il est excessivement malléable et même n’ayant guère que la consistance de la cire quand il est à son état de pureté. Il cristallise facilement dans le système du cube.

Il se compose, d’après Klaproth , de :

Argent. . . . » 67,75

Acide muriatique. ....... 31

Oxide de fer 6

Alumine. 1,75

Acide sulfurique. . o ,»5

Perte 3 ,a 5

H existe en Saxe, en Sibérie, et surtout au Pérou et au Mexique, où il est très-commun.

Principales mines d argent.

Sous la dénomination générale de mines d argent^ on comprend non-seulement les minerais où ce métal, à

m Ht i. •

SL i>

t • ii •

'•j r /'> il. >

l’état natif ou à celui de combinaison, est la partie dominante du minerai , comme dans les espèces que nous venons de décrire, mais encore tous ceux où l’argent se trouve en quantité assez notable, pour que son produit compense les frais de son extraction. C’est ainsi par exemple que les mines de galène et les pyrites argentifères peuvent être exploitées comme mines d’argent dès qu’elles contiennent plus de sept à huit millièmes de ce métal.

En France, l’exploitation la plus considérable est celle d’Allemont, à dix lieues de Grenoble, département' de l’Isère. On y trouve de l’argent natif, de l’argent rouge, de l’argent sulfuré et de l’argent muriaté. A Sainte-Marie-aux-Mines, età Giromagny, dans lesVosges, on a trouvé des blocs d’argent natif qui pesaient jusqu’à 24 et 3 o kil. Mais aujourd’hui ces deux mines se sont singùRèrement appauvries , et elles sont presque abandonnées. Nous devons encore citer, parmi nos mines d’argent , (telles du Huelgoët, dont nous avons déjà parlé en traitant du plomb. On y exploite de la galène argentifère.

La mine d'argent Ta plus riche en Europe est celle de Kongsberg, en Norwège. On y a trouvé des blocs d’argent hâtif d’une valeur extraordinaire t on cite deux morceaux, dont l’un pesait sio livres; et l'autre, s’il n’y a pas eu exagération ou erreur, 4 oo quintaux , ou 4 o,ooo livres.

Les mîhes dès environs de Freyberg, d’Annaberg, de SchUnbèrg, en Saxe, celles du Harz fournissent aussi des quantités considérables d’argent.

L'Eiùagne possède aussi des minerais d’argent trèsriches'j'ëhtr’autres à Guadalcanal.

Mais ce sontsurtout les mines du Pérou et du Mexique qui fournissent l’énorme quantité d’argent qui, tous les ans, est versé dans le commerce. La montagne du Potosi, au Pérou, est surtout fameuse par la richesse des filons d’argent quelle renfermait autrefois, pendant les premières années de leur découverte, ces mines'produisirent environ 100,000 kil. d’argent par an; et suivant Ulloa, cet argent était si pur, qu’on pouvait le couper au ciseau.

Les mines d,u Mexique sont encore plus riches, car

en t 8 o 3 . elles donnèrent 66 5 , 000 kil. d’argent pur.

Trailemënt métallurgique de V argent.

Les minerai^ d'argent qu’on exploite le plus communément sont ; l'argent patif; 2 0 le sulfure d’argent; 3° l’argent rouge et le chlorpre d’argent, et enfin, les galènes et pyrites argentifères. Mais c’est le sulfure qui est de beaucoup lç plus abondamment exploité,,,; ... , -, Les mine» d’argent natif se traitent par deux prçcedqs ; r° l’imbibidop;, a” l’amal^mafiqq. !l( dl j t . b r L'imbibition çpirçiste à faire fondre, dgtns un fq^rp eau d’affinage environ parties égales dç plomb et d urgent; séparé autant que, possjblç .df g^nguaf. on trajfe ; en^ suite cet tentasse par la compilation,! qpj^épafe cçtür,

^léteçien t Ip, ,plo|pb d.e l’arg^nfejHÎgftaP i&eilç jfo**

pellation est fondé sur la facile conversion $ht plomb

oxide par le moyen de la chaleur, tandis, qpe l’arg^ep; fui est inaltérable s'«n.Aéppr,e J( Ce,pMmierprocédé,j|fiÂff^ ploie que pour les nifueraisj très-riches. g : ;ih-/p e-.ï> , Q l >a nt app^o^clé par, les minerais d argent co»yenab}^^|

de sulfure de fer , par le mercure. Ce dernier métal jouit de la propriété de former , avec 1 argent, un alliage , fusible à la température ordinaire. Cet alliage séparé de toutes les parties étrangères que contenait le minerai, est ensuite soumis à la distillntion. Le mercure se volatilise et l’on obtient l’argent métallique. 11 ne reste plus qu'à fondre et à affiner ce métal, pour l’avoir tout à fait à l’état de pureté. Le procédé par l’amalgation s applique de préférence aux minerais pauvres.

Quand l’argent est minéralisé ou disséminé en petite quantité avec des sulfures, on commence par le fondre avec du fer sulfuré , et on obtient alors des malles crues qui contiennent tous les sulfures métalliques, les scories renfermant le fer oxidé, les gangues, etc. On grille plusieurs fois les mattes pour en dégager le, soufre, et on traite ensuite par le plomb et la coupellation.

Usages. Ils sont très-variés.

En médecine, on se sert du nitrate d’argent cristallisé, ou cristaux de Vénus, qu’on administre à 1 intérieur à la dose de i /^à i/8 e degrain dans l’épilepsie; et^u nitrate d’argent fondu ou pierre infernale, comme escbarrotique.

L’argent est fort recherché à cause de sa belle couleur, de son éclat e^ de son inaltérabilité à 1 air, pour faire des plats, des assiqttes, des couverts, et d’autres ustensiles de ménage. Il ^serjt au^si à la fabrication des monnaies. , isitwqq

Seizième genre. OR.

.éuiimci frciiosn : ; : : saiitjàab »b smtoi sdog *c

L’or a été connu et employé par, les peuple^ les plus

anciens. Il ne se rencontre dans la nature qu’à 1 éta^ na-

MINERALOGIE.

tif, ou simplement uni ou allié à quelques autres métaux, et particulièrement avec l’argent; mais il n'est jamais minéralisé par aucun des corps simples électrorésineux, ni à l’état de sel. Sa description minéralogique est donc extrêmement simple.

Espèce unique : on natif.

Il est d’une belle couleur jaune caractéristique , quelquefois d’un jaune plus pâle, passant au grisâtre , au verdâtre. Ces différences proviennent de son alliage avec l'argent, ou avec quelque autre métal. Il est extrêmement malléable et ductile , très-tenace , puisqu’un fil d’Or de deux millimètres de diamètre peut supporter un poids de plus de 68 kil; '216 ; assez tendre , d’une texture entièrement compacte, sans indice de structure, non clivable, susceptible dun très-beau poli.

La pesanteur spécifique est de 19,3. L’or est èntièrement inaltérable à l'air. Il est fusible au chalumeau , volatil , inattaquable par les acides , à l’exceptioh 3 e l'eau régale,' bu acide nitro-muriatique, qui le dissout. Le chlorure d’étain forme, dans celle dissolution , un précipité pourpre, désigné sous le nom de pourpre de Cassius, ’ ét qui est un mélange d’or métallique et d’oxide d’étain. *■ :i Variétèi. r* L’or se trôuve quelquefois en très-petits cristaux , qui tous appartiennent au cube ou en sont desdérivés. ;; .mjqin j> :

a° Sous forme de dentrites plus ou moins ramifiés. *'■ 3 * Èn lames plus ou moins étendues au milieu dç

-1 i iiiiiix ■; 1 ; " - i ; »f i ’ : i »; * . 1 ' >lî’î • 1. i «. . • *f ’M

leur gangue»

4* En grains plus ou moins volumineux : quand leur volume est assez considérable , on leur donne le nom de pépites.

5* Enfin , en paillettes menues et légères.

Gisement. L’or est peut-être, après le fer, la substance métallique la plus universellement répandue à la surface du globe. En effet , il est peu de contrées qui ne possèdent de l'or, mais partout il y est en très-faible quantité.

On trouve l’or dans les terrains primitifs , dans les terrains de transition , et dans des terrains évidemment d’origine ignée, comme les trapps et les trachytes. Il forme bien rarement à lui seul des filons : le plus souvent il est sous la forme de lames, de cristaux, ou en petites niasses disséminées.

Dans beaucoup de localités , l’or est mêlé accidentellement à d’autres minerais métallifères, et alors il est en particules disséminées et invisibles, soit dans la gangue , soit dans le minerai lui-même. Mais quelque soit la faible quantité' de ce métal qui existe ainsi dans ces minerais, on l’en retire constamment tant que son produit compense les dépenses de son exploitation- Dans certaines mines du Harz, où l’or ne forme guère que la cinq-millionième partie en poids du minerai où il se trouve , on peut cependant encore l’exploiter avec profit. Les minerais qui accompagnent le plus souvent l’or, sont le fer et le cuivre pyriteux , la blende , ou sulfure de zinc ; le mispikel , ou fer arsenical.

On ne connaît pas d’or dans les terrains véritablement sédimenteux. Il est au contraire excessivement répandu dans les terrains d’alluvion anciens j il y est disséminé

MINERALOGIE.

sous la forme {le paillettes, dans des sables le plus souvent ferrugineux, soit daosle lit d'un grand nombre de rivières, dans toutes les parties du monde, soit même dans les terrains meubles des plaines , d’où elles sont ensuite entraînées par les pluies dans le lit des rivières. Qn a cru long-temps que ces paillettes d'or, cltariées par un si grand nombre de rivières , avaient été arrachées par les eaux de liions ou d’amas métalliques , existant dans le sein de la terre ou des montagnes où ces eaux avaient leur source. Mais aujourd'hui on sait qu’il n’en est pas ainsi, car très-souvent , l’or est plus abondant dans les parties basses de la rivière que plus près de sa source , et l’on a souvent remarqué que la quantité en augmentait quand il avait beaucoup plu dans les plaines que ces rivières traversent. Cet or, fourni par les terrains d’alluvion, est plus pur que l'or provenant de roches ou de liions. Presque tout celui qui est versé dans le commerce provient ainsi du lavage des terrains et des sables aurifères»

Principales mines d’or.

L’Europe possède beaucoup de mines d’or , mais leur produit est incomparablement moins grand que celui des mines du nouveau continent.

En France, on n’exploite pas de mines d’or. Cependant il existe un filon contenant du fer sulfuré aurifère, et même de l’or natif , à La Gardette , vallée d’Oysans, département de l’Isère. Mais un grand nombre de rivières contiennent de l’or en paillettes: tels sont l'Arriége,

le Gardon , le Rhône, le Rhin, la Garonne, l’Hérault, etc.; mais la quantité en est trop faible pour

pouvoir être exploité avec avantage. On prétend qu’il existe aussi un peu d’or dans le terrain des environs de Paris , auprès de Pontoise , par exemple.

Ce n’est guère qu’en Hongrie et en Transylvanie que les mines d'or sont exploitées avec grand avantage, surtout les mines de Kœnigsberg et de Vorospatak. Leur produit est évalué environ 65 o kilogr. par an.

L’Afrique fournit une grande quantité de poudre d’or, qui fait encore aujourd'hui une des grandes branches du commerce des habitans de l’intérieur de ce vaste continent. Les localités les plus renommées pour la quantité d’or qu’on en retire, sont le Kardofan entre le Darfour et l’Abyssinie , le sud du grand désert de Zaahara et le pays de Bambouck.

Mais c’est de l’Amérique et principalement de l’Amérique méridionale que nous vient la plus grande partie de l’or qui arrive en Europe. Le Pérou , la Colombie , le Chili en fournissent beaucoup , mais moins que le Brésil. Dans presque toutes les provinces de ce vaste empire existent des lavages d'or. Mais celles qui en renferment le plus sont les provinces de St-Paul et de Minas Geraes. M. Correa de Serra , évaluait à deux milliards quatre cent millions de livres tournois, l’or fourni par le Brésil dans un période de cent vingt ans. Aujourd'hui il sort du Brésil environ sept mille kilo* grammes d'or fin par an , ce qui représente une valeur de 34,000,000 fr.

Traitement métallurgique de l'or.

L’or obtenu par lavage n’a besoin d’aucun traitement métallurgique; puisqu’il est en général d’une très-grande pureté , il suffit de le fondre en lingots.

L’or natif disséminé dans une gangue doit être d'abord bocardé, puis lavé à grande eau afin de le séparer de sa gangue; on le soumet ensuite aux opérations métallurgiques.

Mais très-communément, surtout en Europe, l’or est mélangé à différens sulfures de fer , de cuivre , d’argent , de plomb, dont il faut le débarrasser. Pour cela on emploie deux méthodes : la fusion et l’amalgamation.

i re Méthode : la Fusion.

Les sulfures métalliques aurifères, après avoir été débarrassés de leurs gangues, doivent être grillés à plusieurs reprises afin de chasser le soufre qu’ils contiennent et d’oxider les métaux mélésà l’or. Quand on a obtenu des mattes , autant privées que possible de soufre, on les fond avec du plomb et on les soumet à la coupellation. Cette opération que l'on emploie pour séparer l’or et l’argent des autres métaux , est fondée sur ce que ces deux substances ne peuvent pas s’oxider par l’action du calorique, tandis que les autres métaux s’y oxident. Pour cela on place le mélange de plomb et la matière contenant l’or dans un four à réverbère. Le sol doit être formé d’une couche de cendres bien lessivées disposée en coupe.

MINERALOGIE. 385 *

Lorsque le feu est convenablement poussé , le plomb fond, s’oxide, entraîne avec lui les autres métaux qui se sont également oxide'set qui sont absorbés par la couche de cendres, et l’or apparaît subitement avec son éclat brillant.

Mais par ce procédé on n’a pas sépare' l’or de l’argent, , qui y reste uni. Pour les isoler l’un de l’autre on se sert d’un procédé connu sous le nom de départ. Il consiste à traiter la masse auro-argentifère par l’acide nitrique ou mieux encore par l’acide sulfurique qui dissout tout l’argent sans toucher à l’or, puisque ce dernier n’est soluble que dans Veau régale ou acide nitro-muriatique.

. a e Méthode : l'Amalgamation.

Elle est fondée sur la propriété que le mercure possède de s'allier avec l’or et l’argent avec lesquels il forme un alliage liquide. Quand on a débarrassé le minerai de toutes les matières étrangères et qu’on l’a réduit en poudre , on le mélange avec du mercure, qui s’empare de tout l’or qu’il contient. On en forme une pâte que l’on chauffe ensuite pour en séparer le mercure par sublimation et l’or reste pur, étant à peine volatil.

Quand l’or existe dans les pyrites , celles-ci doivent d'abord être grillées à plusieurs reprises afin d’en chasser la plus grande partie du soufre, ce n’est qu'après ces préparations préliminaires, qu’on procède à l’amalgamation. ..•>

38$ MIKiRAMXyR.

i . Jii'j ,f tîtil il*iV;nl > Je - . • ti I •> *• '(VII..Î

\« ! ri t -y, u. Usages (kl’or* . . i;..-

•fi. l <•< i p !•) .i .1.

L’or est le métal le plus recherché et celui don$ U prix est le plus élevé.

Il sert à la fabrication des monnaies d'or. La monnaie d’or la plus ancienne qui nous soit parvenue, est celle de Baltus IV frgppée à Cyrène en Afrique du temps de Pisistrate. Les monnaies grecques en or les plus anciennes sont celles de Philippe, roi de Màcédoine et père d’Alexandre.

*• - » ir jj ■ i. • .. < iii

L or est surtout employé à faire des bijoux, de$ or-

nemens et à dorer les métaux , la porcelaine , etc.

L’oxide pourpre d’or est la base des couleurs rose, pourpre et violette qu’on appliqué sur les émUux et la porcelaine.

Eh médeèine pies préparations d’or, le chlorure surtout, ont été usités dans le traitement des maladies syphilitiques. ••> >■ " '•

L’or et 1 argent; ainsi que nous l’avons déjà dit précédemment , sont employés pour la fabrication des monnaies. Mais pour leur donner plus de solidité on leur associe communément une petite quantité de enivre. En France cette quantité est rigoureusement déterminée par la loi.

Le titre des alliages d’argent et de cuivre autorisés en France j est : pour la monnaie d’argent o,i de cuivre; pour la vaisselle, o,o 5 ; pour les bijoux, 0,2; pour la soudure, de 0,12 ào^ 3 o; pour les monnaies d’argent, on a une tolérance de a millièmes. La monnaie d’or

française renferme de 0,098 à 0,102 de cuivre; la vaisselle, de 0,08 à o,s 5 . Dans la monnaie anglaise, il y a 1/12 de cuivre ou i/ia de cuivre et argent.

De l’essai des monnaies et des alliages (for, tl argent et de cuivre.

Il est d'une grande importance* pour les transactions Commerciales, de pouvoir déterminer avec précision le titre des alliages d’or, d’argent et de cuivre. Le procédé anciennement employé était connu sous le nom dé coupellation. C’est une des opérations les plus ingénieuses de la métallurgie; on la connaît depuis un temps immémorial ; elle diffère de la scorification en ce que les scories sont absorbées par la matière du vase appelé coupelle, dans lequel on opère; l’alliage soumis à la chaleur restant toujours découvert, on oxide tous les métaux étrangers qui sont entraînés dans la coupelle par l’oxide de plomb , qui se forme continuellement au moyen de plomb qu’on a ajouté à l’alliage à analyser; il ne reste à la fin que de l’or ou de l’argent purs ou alliés entre eux. La dose de plomb à ajouter, pour l’alliage des monnaies d’argent, est de y fois le poids de l’alliage; pour des alliages au dessous deo, 5 oo, elle est de 16 fois le poids.

Les coupelles ordinairement employées sont en phosphate de chaux. La coupellation ne donne pas exactement la proportion d’argent contenu dans un alliage. La perte provient de trois causes : i° de la volatilisation, a° de l’oxidation, 3 ° de l’introduction de l’argent en globules dans les cavités delà coupelle. Ces imperfections

ont conduit à rechercher un procédé plus exact : c’est celui par la voie humide , qui aujourd’hui est généralement substitué à la coupellation.

Essai des alliages de cuivre et d'argent par la voie

humide.

Voici sur quoi est basé le procédé donné pat M. Gay- Lussac, adopté au laboratoire de la Monnaie de Paris et du bureau de garantie : on déterminele titre des matières d’argent par la quantité d'une dissolution de sel marin titrée ( c’est-à-dire dont on a préalablement déterminé la capacité de saturation pour l’argent) nécessaire pour précipiter exactement tout l'argent contenu dans un poids donné d’alliage. Ce procédé est fondé sur les principes suivans : l'alliage, préalablement dissout dans l’acide nitrique , est mêlé avec une dissolution titrée de sel marin, qui précipite l’argent à l’état de chlorure, composé toutà-fait insoluble dans l’eau et même dans les acides ; la quantité de chlorure d’argent précipité est déterminée par le volume de la dissolution titrée de sel marin nécessaire pour précipiter exactement l’argent dissout dans l’acide nitrique. On reconnaît facilement le terme de la précipitation complète de l’argent à la cessation de toute nébulosité, lorsqu’on verse graduellement la dissolution de sel marin dans la dissolution de nitrate d’argent qu’on a clarifié par une vive agitation et par quelques instans de repos.

En supposant qu'on opère sur un gramme d’argent pur, la dissolution de sel marin doit être telle qu’il en faille

loo centilitres pour précipiter exactement tout l’argent. Cette dissolution est divisée en 1000 parties , appelées * millièmes ; le titre d’un alliage est donné par le nombre de millièmes de dissolution de sel marin nécessaires pour précipiter l’argentf contenu dans i gramme de cet alliage. On désigne la dissolution titrée de sel marin sous le nom de dissolution normale. Les 100 centilitres de dissolution normale sont mesurés dans une pipette, jaugeant exacte' ment cette quantité à une température déterminée. On prend un poids décuple d’une autre dissolution qu’on nomme dissolution décime , et qui renferme une proportion dix fois moindre de sel marin que la première. Quand on a ajouté les ioo centilitres de la dissolution normale dans la dissolution d’argent, on agitepour éclaircir; et quand le dépôt s’est précipité, on verse dans la liqueur un centilitre de la dissolution décime, qui représenteunihilligr&mme d’argent : s’il y a trouble , on agite de nouveau, puis on ajoute encore un centilitre de la dissolution décime, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de : précipité. Si dès l’abord on avait employé une trop grande proportion de dissolution normale , l’addition du premier centilitre de dissolution décime ne troublerait pas la liqueur : dans ce cas, pour achever l’essai , il faudrait se servir d’une dissolution décime d'argent dans l’acide nitrique étendu d’eau de manière quelle contînt un gramme d’argent dans un litre. En ajoutant à la dissolution de l'alliage soumis à l'essai, un centilitre de dissolution d’argent , on détruit le sel marin provenant du centilitre de la dissolution décime de sel qu’on a ajouté, et le nombre de centilitres qu’il faut

MINERALOGIE.

Spo

ajouter pour qu’il n'y ait plus de précipité , indique le nombre de millièmes qu’il faut retrancher pour avoir le titre de l'alliage examiné.

Détermination du titre des monnaies d'or. On fait ce$ essai par la coupellation de l’alliage au, moyen du plomb. Mais le cuivre ne peut être séparé complètement par patte, opération si on n’a pas ajouté au préalable a i/a d’argent à l’alliage. On appelle cette opération inquartation ; quand l'essai est bien passé à la coupelle , on l’a-> platitsur l'enclume, on le recuit, on le roule en cornet, on le chauffe ensuite pendant 20 minutes avec de l’acide nitrique à 22°, puis avec du même acide à 32 °, on fai| recuii*e et on pèse le cornet de retour qui est de l’qr pur} en déduisant la perte on a lé titre de l'alliage.

On ise contente souvent de déterminer approximativement le titre des alliages d’or et dé cuivre par lepreuvé à la pierre de touche. On. fait sur une pierre de touche une trace avec l’alliage, puis on mouillé cette trace avec une barbe de plume trempée dans de l’acide nitrique contenant de l’acidé hydrochlorique : cet acide dissout le cuivre. On en examine l’effet, on essuie l’acide, et, quand on en a l’habitude, on aperçoit très -approximativement le titré de l’ajliàge d’après l’épaisseur dé la trace d’or qui reste sur la pierre, et la couleur ; de l’acide; f..i. '

.in • -.Îî". 1 ■ •: 1 1 ..O un

Appréciation des quantités d’or et forgent qui existent dans la circulation. !> > n

On doit à M. de Hpmboldt des recherches extrême-

ment curieuses sur ia statistique desmétaux ^précieux. Nous en reproduirons ici les principaux résultats.

Ge célèbre voyageur estimait en i8n, de là manière suivante , le produit annuel des mines d’argent et d’or; '

Page 1