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* 3g3 MINÉRALOGIE.
Ainsi on peut évaluer approximativement à la somme de 339,202,888 fr. la valeur des métaux précieux qui chaque année sortent des entrailles de la terre pour entrer dans les njRijBS de l'homme. . 1.
M. de Humboldt évalue à une somme de plus de 28 milliards, l'or et l’argent que l’Amérique a fournis à l’Europe , depuis l’année 149a, époque de sa découverte , jusqu’en i 8 o 3 . Mais il s’en faut de beaucoup que cette somme, à laquelle il faudrait joindre i® l’or et l’argent qui existaient déjà en circulation à l'époque de la découverte de l'Amérique, jusque ri i 8 o 3 ; 2 0 le produit, pendant cette longue période , des mines de l’Europe et de l’Asie boréale , existe encore tout entière en Europe. Par la voie du commerce avec l’Asie il en sort annuellement une énorme quantité. M. de Humboldt porte à i 65 millions 3^5,000 francs la valeur des sommes qui annuellement sont versées en Asie par le commerce de l’Europe. Il faut aussi ajouter à cette cause de diminution du nu» raéraireen Europe , les quantités d’or et d’argent qui sont converties en bijbux. En Sorte que la somme totale du', numéraire en circulation dans tout l'Europe n’exoède " guère 8 milliards 6 o 3 , 000,000 de francs. .
q f( , f DlX-SEPTIBMK GENRE. OSMIUM. :
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L’osmium , découvert en 1 8 o 3 , par Tennant , n’existe dans la nature que combiné à l’iridium et formant l’osmiure d’iridium. Celui que l’on a isolé est pulvérulent ou compacte, de couleur noire ou bleuâtre ; celui qui est compacte offre selon M. Berxélius une densité de to ;
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tandis qu a l’état pulvérulent ejle n’est que de 7. A la température ordinaire * l’air est sans action sur ce métal ; mais à une température très-élevée , il s’oxide et s’enflamme. L’acide nitrique, l’eau régale, le nitre, la potasse, font passer l'osmium à l’état d’acide osmique', qui est blanc , très-volatil , très-fusible et soluble dans l'eau.
Espèce unique : osmiure d’iridium.
( Iridium natif , Iridosmine.)
, Il est en grains ou en petites lamelles hexagonales, d’une couleur grise argentine, d'une densité de I9,a5; «anA malléabilité , plus durs que les grains de platine; inattaquables par les acides et réfractaires au chalumeau. Composé d’après Thomson de :
Osmium., i ...... . ...... ..a 24 , 5
Iridium 72,9
Fer..iw.‘tJv.v... . . .'. ia,6.
Gisement. Cette espèce se trouve dans les mêmes lo* calitésque le platine, et. mélange avec lui; en Amérique et dans les monts Ourals, en Sibérie. On sépare facilement l’osmiure d’iridium dè la mine de platine , qui le contient ,' en la traitant par l’eau régale. Celle-ci dissout le platine et n’attaque pas l’osmiure d’iridium.
L’iridium séparé de l’osmiuin par l’analyse chimique , ressemble beaucoup au platine; il est néanmoins plus dur quélui , un peu ductile, inattaquable ^àr l’eau régulè, On le retire de l’osmiure d’iridium. Il a été découvert en même tems que l'osmium. .m* ■ ■ •»■'}>
Dix-huitième genre. PALLADIUM.
Il est un des douze métaux qu’on trouve à lett\t natif dans la nature. Il se présente communément en petites, lamelles , d un blanc grisâtre , tenant le milieu entre l’éclat de l’argent et celui du platine ; il est très-malléable et d’une densité de ii,3o à n,86. Il est très-difficilement fusible , si ce n’est avec le chalumeau à gaz. LeS acides nitrique , sulfurique , nitro-hydrochlorique le dissolvent facilement. La potasse et le nitre l’attaquent vivement.
Gisement . Dn fa trouvé mêléaux minerais de platine, dans le Brésil et dans lés monts durais. '■■■'■'• ■ ou" Le palladium a été découvert y en i8o3 , par Wollaston. > >t t .-sii-.-j: r- ■ s , ■ i . »
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Dix-neuvième genre. . PLATINE.
On ne connaît le platine qu’à l'état natif: >'i
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Métal d’un gris de plomb ;oq argentin , br^hS#- ^éabiq ( , duptHe Jf pesant lorsqu’il a, ét$ uoo
11 est ccff^Jét^ent inaltérable.,^ J’qir,, inft^lp 9$
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» LeJ platineifcst sdluble darta Veaiu régule, , maisil faUjt que ce liquide marque^ %#6‘là l’aréomètre , sans quoi
il n’attaque pas le platine. Il se forme ainsi un hydrochlorate de platine qui précipite en jaune-serin par la potasse çt l’ammoniaque. Le précipité est un sej double. Cette dissolution est, comme on sait, un excellent réactif pour distinguer la soude de la potasse, la première , formant avec l’hydrochlorate de platine un sel double soluble. L’hydriodate de potasse très-étendn lui donne une teinte jaune brunâtre , qui se fonce graduellement et devient d’un rouge vineux au bout d’un quart d’heure.
Le platine se trouve dans la nature sous forme de petits grains aplatis, rarement ces grains ont la. grosseur d!un pois qu d’une amande. Gependant on a trouvé des masses d’une livre et plus, et dans les monts Ourals, erç Sibérie, on a découvert un morceau qqj pes#j près de neuf livres.^. . :> , .. . - ;.. .... \
Le platine n’est, jamais pur. Il est toujours allié avec différens métaux et particulièrement le rhodjym, le palladium , l'iridium , l’osmium , le fer, le titane , la sijtce.
Gisement. C’est une matière peu répandue 41a surfacq du globe. Elle est disséminée dans d,es tjéppt^arÇÇ^Çfi 5 ». entièrement semblables à pçux op.l’on requ^He le diamant et l’qr. partout où l’pn, trouve du platine également de l'or en paillçttes. C’est donç, par; ,1e lavage
qu’on se procure çe.mftta^K , • y„ lln „ lr î, 1 >
C’est en qu’on a fait lit découvert^ df m ®tal daup la, Cofombie, province, d^.Choco et 'de Ijacbacoas, Il efisjèe. aussi au Brésil, daos)px,p£Qviof;es destines et de MatOrGrospo , à Saint,. Efomiogue,, eu Sibérie» sur, la pente occidentale, de l'Oural. Lout, récemmept.,; vers la
fin de i833, MM. Gauthier de Claubry, Dargy et Michaud ont constaté l'existence du platine dans certains minerais de Galène. Cent livres de ce plomb contiennent suivant cas chimistes, 1 once, 7 gros, 46 grains de platine. '
Traitement métallurgique et usages du platine.
L'infusibilité du platine et son Inaltérabilité par la plupart des agens chimiques ont été mises à profit avec le plus grand avantage pour le perfectionnement de la chimie , considérée comme science et de la chimie dans ses applications aux arts. Mais les qualités mêmes par lesquelles ce métal l'emporte sur les autres , ont rendu plus difficiles les procédés de son traitement métallurgique. C’est Janety qui , le premier , fit connaître les moyens de forger et de travailler le platine de manière à en faire des ustensiles Si utiles dans les arts chimiques.
Le platine n’existe, dans la nature , comme nous l’avons dit , qu’à l’état natif. Or , dans cet état , il est infu-
sible. Janety a eu le premier l’idée de l’unir avec d’autres corps qui lé rendissent fusibles. Voici en peu de mots' son procédé: après avoir pilé et lavé le platine pour le débarrasser des matières étrangères qu’il contient , on fond, dans un grand creuset de terre, un mélange de trois parties de platiné , de six parties d'acide arsenieux et de deux parties de sous-carbonate de potasse. On obtient ainsi un culot d’arseniure de platine et d’arsenikte de potasse , surmonté d’une scorie d’arseniate de potasse. Le culot est refondu plusieurs fois avec de la potasse , jus-
qu’à ce que celle-ci ne se colore plus. Quand l’arseniure • de platine a été ainsi purifié, on le refond en y ajoutant trois parties d'acide arsenieux , et une partie de potasse pour deux parties d’arseniure. Le nouveau culot est grillé à plusieurs reprises dans une moufle pour le débarrasser de l'arsenic. A la fin de chaque chaude on le plonge dans de l’huile. Quand on suppose que tout l’arsenic a été volatilisé , on place le culot dans de l'acide nitrique qui dissout et enlève toutes les parties étrangères et on le lave à l’eau bouillante. On a alors le platine purifié et prêt à être mis en œuvre. Il suffit de le chauffer fortement et de le battre à l’enclume. Tel est le procédé de Janety , qui , pendant long-temps , a été le seul mis en usage par les fabricans. Mais aujourd'hui on lui en a substitué un qui est généralement usité. Il consiste à obtenir le platine par la voie humide. Ce procédé est dûaux recherches de Vauquelin, de Wollaston et de quelques autres habiles chimistes.
M. Wollaston dissout le platine brut dans de l’eau régale. Mais afin de ne pas dissoudre l’iridium que le platine contient presque constamment , l’acide doit être affaibli. On aide la dissolution par une douce chaleur, que l’on augmente graduellement. On décante la liqueur et par le repos il se dépose une petite quantité d’iridium qui avait été dissoute à la faveur de la chaleur. On verse alors dans la liqueur une dissolution d'hydrochlorate d’ammoniaque. 11 se forme un précipité jaune dechlorure de platine et d’ammoniaque. On lave ce précipité , et on le fait chauffer dans un creuset de plombagine. On ne doit employer qu’une très-faible chaleur, qui chasse tout
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lé sel ammoniac contenu dans le précipité et laisse le platine seul. Ce re'sidu de platine est grisâtre, on en forme une poudre très-fine , soit en l'écrasant entre les doigts, soit en le broyant dans un mortier de bois et avec un pk Ion de bois. On lave la poudre ainsi obtenue et on en remplit des moules en laiton dont on a graissé l'intérieur et qui vont un peu en s’élargissant à l’uné des extrémités. Cette poudre est soumise à une forte pression pour chasser toute l’eau dont elle est imprégnée. On retire ensuite des moules la masse ainsi pressée , on la place sur un feu de charbon qui chasse le reste de l’humidité et brûle la graisse, et on obtient des cylindres qui ont une grande cohésion ; ces cylindres sont placés debout dans des fourneaux à vent sur une couche de sable très-fin et très-pur. On les recouvre chacun d’un creuset excessivement réfractaire et on élève la température aussi haut que possible. Le platine rougit; on retire les cylindres du fourneau et on les bat sur uneenclutne, mais en ayant soin de les frapper dans le sens perpendiculaire à la longueur du lingot, sans quoi on le briserait avec facilité. Amené à cet état, le platine peut être étendu en lames ou tiré en fils, car il est également malléable et ductile.
Le platine sert principalement à la fabrication de creuset de bassines, et de cornues qui sont aujourd'hui indispensables dans plusieurs arts chimiques. C’est là son principal etpresque son unique usage. Les bijoux qu’on en forme sont peu recherchés parcequ’ils ont moins d’éclat et une-couleur moins belle que l’or. En Russie on fait aussi de la monnaie avec le platine. Mais cette monnaie n’a cours que dans l’empire russe.