‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 2)Chapitre 36 sur 43 · P REGIS ELEMENT A J KE · texte numérisé non relu

P REGIS ELEMENT A J KE

Organes génitaux de l'homme.

Organes génitaux de l’homme.

Testicules.

Ces organes sont les testicules , les vésicules spermatiques , la prostate , les glandes de Gopwer et le pénis.

Il y a deux testicules. Les cas rapporlés dans les auteurs, où Ton dit en avoir vu trois et même quatre , sont fort incertains. Leur forme est ovoïde et leur volume peu considérable ; leur parenchyme consiste en un nombre infini de petits vaisseaux repliés et contournés sur eux -mêmes, nommés spermiferesj et se dirigeant tous vers un point de la surface , nommé la tête de l’ épididy me : là ils se rapprochent, s’anastomosent, diminuent de nombre, et finissent par ne plus former qu’un canal contourné qui règne au-dessus de l’organe, et y prend le nom d ' épididy me ; si par la dissection ou autrement on détruit le tissu cellulaire qui maintient plissés les vaisseaux spermifères, on peut s’assurer qu’ils ont une longueur très-considérable, qu’ils forment, en s’anastomosant , des mailles de plus d’un pied de diamètre.

Le canal qui leur succède, ou qui résulte de leur réunion, se détache de l’organe sous le nom de conduit déférent y remonte vers les anneaux inguinaux, se plonge dans le bassin, et arrive enfin à la partie inférieure et antérieure de la vessie ; là il communique d’une part avec les vésicules sperma-

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tiques , et cle l’autre avec la portion prostatique de l’urètre.

Le parenchyme du testicule est enveloppé par une membrane fibreuse et résistante ; il est en outre recouvert, i° par une membrane séreuse, nommée t unique vaginale j qui dans le fœtus a fait partie du péritoine; 2° par une membrane musculaire qui peut élever le testicule et l’appliquer contre l’anneau inguinal; 3° par le dartos, couche de tissu cellulaire fort lâche qui paraît être contractile ; 4° enfin , par la peau rugueuse et de couleur fon cée qui forme le scrotum ou les bourses. Cette portion de peau a la propriété remarquable de se contracter à la manière des tissus musculaires non soumis à la volonté.

Le sang artériel arrive au testicule par une petite artère qui naît de l’aorte à la hauteur des rénales. Les veines de cet organe sont grosses, flexueuses et multipliées ; elles ont des anastomoses fréquentes, et portent ensemble le nom de corps pampiniforme . Quoique la sensibilité des testicules soit des plus vives, il ne paraît pas qu’on ait pu y suivre aucun nerf, soit du cerveau, soit des ganglions.

On donne le nom de vésicule spermatique à deux petits organes celluleux situés au-dessous du basfond de la vessie, et qui paraissent destinés à contenir le fluide sécrété par le testicule. Les parois en sont minces, recouvertes en dedans par une

Vésicules

sper¬

matiques,

V il ÉC I S É LÉ AI E NT AIRE

roms.

Corps

caverneux.

membrane moqueuse , et en dehors par une lame fibreuse : on ignore si la membrane intermédiaire est ou n’est pas contractile. L’extrémité antérieure de ces petites vessies communique avec les canaux déférents de l’urètre par l’intermédiaire d’un canal très-court et très-étroit, appelé éjaculateur.

M. Amussat vient de s’assurer, par une dissection attentive et délicate , que les vésicules sont formées par un canal étroit, d’une longueur assez considérable , et replié plusieurs fois sur lui-même en divers sens. Ses contours sont rendus fixes par des brides cellulaires, à la manière des vaisseaux spermifères.

Enfin , la verge ou pénis est au nombre des organes génitaux mâles. Elle est principalement formée par les corps caverneux > la portion spongieuse de [urètre ; et le gland .

Les corps caverneux déterminent en grande partie la forme et les dimensions de la verge; ils commencent sur la partie interne des branches de l’ischion , se rapprochent bientôt, et finissent par s’adosser pour former le corps de la verge. Ils sont séparés l’un de l’autre par une cloison fibreuse percée de beaucoup d’ouvertures. Ils ont une membrane extérieure fibreuse, dure, épaisse, et trèsrésistante. A leur intérieur, il existe un très-grand nombre de filaments, de lames entre- croisées en divers sens, et qui, par leur réunion , produisent une sorte d’éponge , au milieu de laquelle le sang

est épanché. Ce tissu communique librement avec les veines, ainsi que j’en ai plusieurs fois acquis la preuve directe (i). L’urètre et le gland, qui font aussi partie essentielle de la verge, ont un parenchyme analogue, mais ils ne sont pas entourés d’une membrane fibreuse.

Six artères se rendent à la verge. Cette partie reçoit aussi plusieurs nerfs qui naissent des paires sacrées.

Les organes génitaux de l’homme ne constituent réellement qu’un appareil de sécrétion glandulaire, dont le testicule est la glande, les vésicules le réservoir, le conduit déférent et l’urètre le canal excréteur. Cette sécrétion est indispensable pour la génération.

On nomme sperme le fluide sécrété par les testicules. Le petit volume de ces glandes , le nombre et la ténuité des conduits spermifères, la petite quantité de sang qu’y apportent les artères spermatiques, la longueur et l’étroitesse extrême des canaux déférents, rendent probable que sa quantité est très-peu considérable , et qu’il ne se dirige

Corps

caverneux.

Sécrétion du sperme.

(i) Pour bien voir cette communication du tissu caverneux de la verge avec les veines, j’insulïïe et je fais sécher le pénis; alors, au moyen de quelques coupes fort simples, on voit les veines faire suite immédiatement aux cellules caverneuses. Dans le cheval, la communication se fait par des ouvertures assez grandes pour contenir le doigt.

Sécrétion cl ii sperme.

Propriétés physiques et chimiques *hi sperme.

vers les vésicules qu’avec une extrême lenteur. Il est probable aussi que la sécrétion du sperme se fait d’une manière continue, mais plus rapide , si l’on éprouve des excitations voluptueuses, si l’on a fait usage de certains aliments, et si l’on répète souvent l’acte vénérien.

O11 conçoit assez difficilement comment la liqueur sécrétée par le testicule chemine à travers les canaux spermifères et î’épididyme , et comment elle parcourt de bas en haut le canal déférent. Peut-être y a-t-il dans ce canal un effet de capillarité que rend probable son étroitesse , ainsi que l’épaisseur et la résistance de ses parois. Il est un peu plus facile de comprendre comment le sperme, arrivé à l’extrémité du canal déférent, peut pénétrer dans les vésicules : les canaux éjaculateurs, embrassés avec le col de la vessie par les releveurs de l’anus, doivent résister à l’abord du liquide , qui trouve un plus libre accès dans le col de la vésicule spermatique.

Jamais le sperme n’a été analysé tel qu’il sort du testicule ; le fluide qui a été étudié sous ce nom est formé par le sperme , le liquide sécrété par la membrane muqueuse des vésicules , celui de la glande prostate , et peut-être celui des glandes de Cowper.

Au moment où il sort de l’urètre, ce fluide mixte est composé de deux substances, l’une liquide, légèrement opaline , I ’a utre épaisse , presque opaque.

Abandonnées à elles -mêmes , ces deux matières se mêlent, et se liquéfient en quelques minutes. L’odeur du sperme est forte, et sui generis ; sa saveur est salée, et même un peu âcre. Vauquelin, qui l’a analysé, l’a trouvé composé de : eau, 900; mucilage animal, 60; sonde, 10; phosphate de chaux , 5o/ Examiné au microscope , on y aperçoit une multitude innombrable d’animalcules , qui paraissent avoir une tête arrondie et une queue très -longue : ces êtres singuliers se meuvent avec une certaine rapidité; ils semblent fuir la lumière et se plaire davantage à l’ombre. Pour les voir, il suffit de faire une légère piqûre au testicule d’un anima! en âge de féconder, de recueillir sur un porte-objet une parcelle du liquide qui s’écoule de la piqûre, de délayer avec de l’eau tiède, et de placer ensuite sous le microscope avec un faible grossissement. Ces animalcules n’existent que chez les individus aptes à la fécondation ; les affections tristes (1), les maladies, les excès, les font disparaître : chez les animaux, on ne les trouve que durant le temps du rut. Les mulets, qui le plus souvent sont inféconds, n’en offrent point, bien qu’ils aient du sperme.

(1) M. Bory-Saint-Vincent a en vain cherché cesanhnalcules sur deux individus jeunes et vigoureux qui avaient subi la peine capitale; il les a trouvés, au contraire, sur des militaires tués par le boulet.

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