‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 3)Chapitre 2 sur 29 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les sciences naturelles ont eu , comme l'histoire, leurs temps fabuleux. L'astronomie a commencé par l'astrologie; la chimie était naguère l'alchimie ; la physique n'a été long-temps qu'une vaine réunion de systèmes absurdes, etc. Singulière condition de l'esprit humain, qui semble avoir besoin de s'exercer long- temps sur des erreurs avant d'oser aborder la vérité!

Telles furent les sciences naturelles jusqu'au dix-septième siècle. Alors parut Galilée, et d'admirables découvertes apprirent au monde que pour connaître la nature, il ne suffisait pas d'iMAGiNER ou croire ce qu'eu avaient dit d'anciens auteurs , mais qu'il fallait I'observbr , et par-dessus tout I'intkrroger au moyen des expéribncbs.

Cette philosophie féconde fut celle de Newton; elle ne cessa de l'inspirer dans ses immortels travaux.

Il PRÉFACE.

Ce fut aussi celle des hommes de génie qui, dans le siècle dernier, anéantirent l'antique doctrine des quatre éléments et la remplacèrent par la théorie pneumatique.

Ce même esprit anime aujourd'hui les physiciens et les chimistes de tous les pays , les guide dans leurs ingénieuses et utiles recherches , et forme entre eùx un nouveau lien social à jamais indissoluble.

Gloire donc à Galilée! En démontrant

par des exemples mémorables les immenses avantages de l'observation et de l'expérience; en détournant l'esprit humain de la fausse direction où ses forces s'épuisaient en vain depuis tant de siècles, il a réellement jeté les fondements des sciences physiques} de ces sciences qui relèvent la dignité de l'homme, accroissent sans cesse sa puissance , assurent la richesse et le bonheur des nations, placent notre civilisation au-dessus de toutes celles des temps passés, et préparent aux générations un brillant avenir.

PKÉFAC.E. lit

Je voudrais pouvoir dire que la physiologib, cette science de nous-mêmes, selon l'expressionde Bacon , a pris le même essor et subi la même métamorphose que les sciences physiques. Malheureusement il n'en est pas ainsi ; la physiologie est encore, dans beaucoup d'esprits et dans plus d'un ouvrage, une œuvre d'imagination; elle a ses croyances diverses, ses sectes opposées et militantes; on y admet des êtres chimériques qui , semblables aux dieux du paganisme, président aux phénomènes vitaux; on y invoque l'autorité d'auteurs soi-disant infaillibles, enfin on dirait le cadre d'une religion bizarrement rempli par des termes scientifiques.

À diverses reprises cependant il s'est montré des hommes qui ont appliqué avec succès la méthode expérimentale à l'étude de la vie ; de grandes découvertes ont été le fruit de ces efforts; la science s'est enrichie, étendue, mais sa forme générale, sa méthode d'investigation , est restée la même ; et à côté des phénomènes de la circulation nu sang, de la respiration, de la con-

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