DE LA MORT
L’existence individuelle de tous les corps organisés est temporaire ; aucun n’échappe à la dure nécessité de cesser d’être ou de mourir ; l’homme subit le même sort. L’histoire particulière des fonctions nous a fait voir que dès les premiers temps de la vieillesse , et quelquefois auparavant , les organes se détériorent , que plusieurs cessent complètement d’agir , que d’autres sont absorbés et disparaissent ; qu’enfin , dans la décrépitude , la vie est réduite à quelques restes des trois fonctions vitales , et à quelques fonctions nutritives détériorées : dans cet état , la moindre cause extérieure , le plus petit coup , la chute la plus légère , suffisent pour arrêter Tune des trois fonctions indispensables à la vie , et la mort arrive immédiatement , comme le dernier degré de la destruction des organes et des fonctions.
Mais un très-petit nombre d’hommes arrivent à cette fin , qu’amènent les seuls progrès de l’âge. Sur un million d’individus , à peine quelques-uns y parviennent : le reste meurt , à toutes les époques de la vie , d’accidens ou de maladies , et cette grande destruction d’individus par des causes en apparence éventuelles paraît entrer aussi bien dans les vues de la nature que les précautions prises par elle pour assurer la reproduction de l’espèce.