DES CORPS ÉLECTRISÉS
qu’elle surmonte la* pression atmosphérique. Alors l’air lui-méine sert d’enveloppe isolante -, et l’ouverture se fait par l’effort de l’électricité même ; au lieu que dans notre première hypothèse , nous supposions qu’on la pratiquait artificiellement. Le phénomène est absolument pareil à ce qui arriverait , si l’aiguille , au lieu d’être électrisée , était un vase creux rempli d’eau ou de mercure , et que les extrémités , recourbées en pointes , fussent deux petits canaux dont les orifices auraient été crevés par la pression du fluide. Alors, la pression devenant nulle à ces orifices, celle qui s’exercerait sur l’élément opposé de la surface intérieure pousserait l’aiguille en sens contraire , et la ferait tourner ainsi autour de son centre. Nous ayons reconnu la possibilité de pareils mouvemens dans le premier livre , page 42.
Dans ce cas , si l’on fait le produit des masses par les vitesses de toutes les molécules liquides qui s’échappent , ce produit sera constamment égal à la somme des produits des masses par les vitesses des autres points de l’aiguille , et du liquide qui tourne avec elle en sens opposé. La même égalité devra encore avoir lieu dans le mouvement de l’aiguille électrisée , or, comme la masse des molécules électriques qui s’échappent est absolument inappréciable , puisque les corps les plus fortement électrisés n’acquièrent aucun accroissement sensible de poids aux balances les plus précises , il faut que , par compensation , la vitesse des particules électriques soit infiniment considérable , et aucun exemple peut-être n’est plus propre à donner une idée juste de leur rapidité.
Avant que l’on connût les véritables lois de l’équilibre de l’électricité , on ignorait comment les attractions et les répulsions , qui n’ont réellement lieu qu’entre les. particules électriques , pouvaient se transmettre aux particules matérielles des corps - et l’on désignait cet effet par le mot vague de tension , qui représentait l’électricité à peu près comme un ressort placé entre les corps électrisés , et tendant à les rapprocher ou à les écarter. Les détails dans
CONSTRUCTION
lesquels nous venons d'entrer montrent comment cette transmission de force s’opère, par l’intermediaire de la pression que l’électricité exerce contre l’atmosphère environnante , ou en général contre les obstacles qui s’opposent à sa dissipation.