MESURE ET POIDS DES VAPEURS
d’eau distillée liquide donne un volume de vapeur égal à ï ^6964 , cette vapeur étant mesurée à la température de 1 oo° et sous la pression om, 76. Or, un gramme d’eau, pris à la température du maximum de condensation , occupe précisément un centimètre cube , dont le litre contient mille. Ainsi le centimètre cube d’eau , partant de cette température , et réduit en vapeur dans les circonstances précédentes, remplit un espace égal à 1696,4 centimètres cubes. Il en résulte aussi que 1000 centimètres cubes, op un litre, de cette vapeur
is
pese en grammes , pq— ^
On verra dans un des chapitres suivans, qu’un litre d’air atmosphérique sec , pris aussi à la température de ioo°, et sou*
la pression om, 76, pèse — 7 — • Ainsi, dans ces circonstances semblables , le poids de la vapeur aqueuse est à celui de l’air , à volume égal, comme 10677 est à 16964 , ou comme 1000 à 1604, c’est-à-dire à très-peu de chose près, comme ioà 16. D’après l’égalité de dilatation des vapeurs et des gaz , ce meme
rapport de qp subsistera toujours lorsque l’air et la vapeur
aqueuse seront l’un et l’autre soumis à une meme température et aune même pression quelconque.
Par une expérience semblable faite sur l’éther sulfurique , M. Gay-Lussac a trouvé qu’un gramme de cet éther , réduit en vapeurs, occupait o1, 443*3, c’est-à-dire environ le quart de l’espace qu’occupe un gramme de vapeur aqueuse j d’oii l’on voit , qu’à force élastique et à température égale , la vapeur d’éther sulfurique est beaucoup plus lourde que la va-
peur d’eau. D’après ce résultat , on pourrait être tenté de croire que les liquides qui sont les plus évaporables sont aussi ceux qui ont les vapeurs les plus lourdes. L’alcool favoriserait cette conjecture ; car son degré d’ébullition est plus élevé que celui de l’éther, et moindre que celui de l'eau • et aussi ses vapeurs sont plus pesantes que celles de 3’eau , et plus légères que celles de l’éther. Mais M. Gay-Lussac s’est assuré que cette loi n’est pas générale ; car le carbure de soufre bout
s5o DU MELANGE DES VAPEÜRS
k une plus îiaute température que l’éther , et pourtant ses vapeurs sont plus pesantes. M. Gay-Lussac a aussi examiné le poids des vapeurs formées par des mélanges d’eau et d’alcool à diverses proportions : il a trouvé qu’à la température de ioo° , où il opérait ce poids , était exactement le même que si les vapeurs de chacun des deux liquides eussent été isolées. Or elles le sont en effet dans ces expériences , car M. Gay- Lussac s’est assuré que la combinaison se défait par la vaporisation. La meme loi s’applique aux mélanges d’alcool et d’étlier , et probablement à toutes les combinaisons assez faibles pour se désunir à la température de ioo°. Serait— ce la même chose dans des températures plus basses? il serait important de s’en assurer. On saurait alors si la séparation des deux liquides, dans de telles circonstances , tient à l’élévation de température ou à l’acte même de la vaporisation.
Connaissant le volume qu’occupe un poids donné de vapeur à la température de i oo° , et sous la pression de om , 76 , on peut en déduire le volume que cette même masse occuperait sous une autre pression et sous une autre température quelconque. Il ne faut que condenser ou dilater par le calcul le volume primitif , selon les mêmes lois que celui d’un gaz permanent. Car nous ayons dit plus haut , que les vapeurs , tant qu’elles persistent , se dilatent et se contractent comme les gaz. Mais pour que le résultat abstrait, obtenu par cette réduction, puisse effectivement se réaliser , il faudra encore que la vapeur à laquelle il s’applique , puisse physiquement subsister à l’état aériforme , dans les circonstances auxquelles le calcul la suppose ramenée.