‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 76 sur 181 · DE L’HYGROMÉTRIE. 2&S · texte numérisé non relu

DE L’HYGROMÉTRIE. 2&S

alteration sensible dans l’état hygrométrique de l’air , sur lequel il agit.

Etudions maintenant les différens degrés d’absorption que son affinité opère : d’abord, si l’on place l’hygromètre dans un espace complètement saturé de vapeurs , quelle que soit d’ailleurs la température , on observe qne l’aiguille s’arrête toujours au même point fixe. Ainsi , le cheveu s’allonge de la même quantité dans ces diverses circonstances , et par conséquent il absorbe la même quantité d’eau. Cependant la masse des vapeurs existantes dans l’espace saturé , est très-différente selon la température ; mais elles ont toujours cela de commun , qu’à ce point de saturation , la plus petite force suffit pour les réduire en eau. L’affinité du cheveu pour elles est une force de ce genre , qui produit par conséquent son effet accoutumé ; et comme l’absorption qui en résulte est si petite qu’elle n’abaisse pas sensiblement la tension de la vapeur qui reste dans l’appareil , il s’ensuit que le cheveu doit continuer à précipiter de cette vapeur tant que £on affinité pour l’eau n’est pas complètement et entièrement satisfaite ; ce qui fait voir pourquoi il doit toujours en absorber la même quantité dans tout espace saturé , quelle que soit la température , en faisant toutefois abstraction des changemens que la chaleur peut produire dans son affinité pour l’eau ; changemens qui , d’après l’expérience , paraissent tout-à— fait insensibles , dans l’étendue de l’échelle thermométrique y du moins , tant que la constitution même du cheveu n’est point altérée.

Maintenant plaçons l’hygromètre dans un espace qui ne soit pas complètement saturé d’eau ; alors une force infiniment petite ne suffira plus pour précipiter les vapeurs élevées dans cet espace ; car elles résistent à un certain degré de pression , et à un certain degré de refroidissement. Par conséquent , l’effet du cheveu sur elles s’arrêtera avant qu’il en soit complètement saturé; car c’est une loi générale dans les phénomènes chimiques , que l’affinité d’une substance pour une autre augmente à mesure qu’on l’en prive , et di-

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minue à mesure qu’on l’en sature. Lorsque le cheveu parfaitement sec est introduit dans le manomètre , il exerce d’abord sur les vapeurs aqueuses une affinité trop puissante pour qu’elles y résistent. Une partie d’entre elles se précipite donc à l’état liquide , et est absorbée par le cheveu qu’elle allonge ; mais cette absorption même diminue son avidité ; et enfin il arrive un terme où l’action qu’il exerce sur les vapeurs est justement égale , pour l’effet , au degré de pression ou de froid qu’elles peuvent subir sans devenir liquides $ alors elles résistent à son action , et l’allongement du cheveu s’arrête. Il indique ainsi le degré de saturation de l’espace , d’après le terme variable auquel son affinité pour les vapeurs cesse de pouvoir les précipiter. Cette limite dépend donc de la loi suivant laquelle l’affinité du cheveu pour l’eau diminue à mesure qu’on le sature. Voilà ce qu’il faudrait connaître pour pouvoir déterminer théoriquement le rapport de son allongement avec les quantités d’eau réellement vaporisées. Mais comme on n’a aucune notion sur cette loi de décroissement , non plus que sur celle d’aucune autre affinité chimique , on est réduit à recourir sur ce point à l’expérience , c’est-à-dire, à multiplier les observations de l’hygromètre dans des circonstances connues , pour en déduire empiriquement la loi de ses indications. C’est à quoi M. Gay-Lussac est parvenu par un procédé aussi simple que sur et ingénieux. S’étant procuré un hygromètre dont la marche soit bien constante , c’est-à-dire qui , placé dans les mêmes circonstances , revienne toujours au même degré de son échelle , il le suspend dans un grand vase de verre, en partie rempli d’eau ou d’une dissolution saline connue , et dont il a préalablement mesuré la tension , dans le vide , à une température donnée. La suspension de l’hygromètre s’opère en l’attachant intérieurement au couvercle même du vase , qui est un disque de verre plan. On lute hermétiquement ce disque aux bords du vase , et on laisse l’expérienoe se continuer pendant quelque temps. Le liquide répandu sur toutes les parois du vase , ne tarde pas à saturer l’espace intérieur de vapeurs aqueuses , jusqu’au terme que sa propre

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tension comporte , et l’hygromètre -, après s’être mis en équilibre avec elles , finit par s’arrêter à un certain degré de sa propre division. On apprend donc ainsi que ce degré correspond à la tension observée du liquide j et en répétant sa même épreuve à la même température , pour diverses tensions connues, comprises entre la sécheresse extrême et la saturation complète de l’espace par les vapeurs émanées de l’eau pure , on peut obtenir autant de termes de cette correspondance , aussi rapprochés que l’on voudra.

Ce procédé peut , comme on voit , s’appliquer , avec un égal succès , à toutes sortes d’hygromètres ; il offre par conséquent un excellent moyen de les comparer. Mais M. Gay- Lussac ne l’a jusqu’ici appliqué qu’à l’hygromètre à cheveu, qui , en effet , étant le plus sensible , et peut-être le plus exact , du moins si l’on s’en rapporte à l’opinion de De Saussure , méritait d’être le premier objet de ses déterminations. En l’étudiant ainsi à la température de dix degrés de la division centésimale , il a obtenu une série de résultats qui, étant interpolés , m’ont donné les tables suivantes, où les tensions de la vapeur aqueuse inférieures au maximum sont exprimées en centièmes de la tension totale. On peut même , sans une grande erreur, étendre l’usage de ces tables à toute autre température , depuis o jusqu’à 100e, en prenant pour tension totale celle qui convient à chacune de ces températures. Cependant le résultat de cette proportionnalité indiquera une quantité de vapeurs un peu trop faible audessus de la température de 10% et un peu trop forte audessous.

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TENSIONS

de la

vapeur.

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