CHAPITRE XXI
Des Phénomènes capillaires.
Nous avons déjà plusieurs fois remarqué que les phénomènes les plus curieux de la physique , sont ceux qui nous donnent quelques lumières sur la constitution même des corps et sur les actions réciproques de leurs particules. Nous allons considérer une classe entière de phénomènes de ce genre trèsétendue et très-variée, et qu’il est d'autant plus important de connaître, qu’elle offre le grand avantage de pouvoir être soumise à un calcul rigoureux.
Si F on suspend horizontalement des plaques de verre , de marbre , de métal , etc., à l’un des plateaux d’une balance j et après les avoir mises en équilibre avec des poids, si on les fait toucher à ia surface d’un liquide , on voit qu’elles y adhèrent avec une certaine force ) car elles ne peuvent plus en être séparées qu’en ajoutant de nouveaux poids dans l’autre plateau. Cette adhésion n’est pas produite par la pression de l’air, car elle a lieu de même dans le vide. On voit donc qu’ici ce sont les molécules même du corps solide cpii s’attachent aux particules du liquide , en vertu d’une force d’affinité. Mais, ce qu’il y a de bien remarquable , il en résulte aussi qu’il s’exerce une action de ce genre entre les particules du liquide luimême. En effet, lorsque le disque est susceptible d’être mouillé par le liquide , comme cela a lieu, par exemple, dans le cas d’un disque de verre posé sur l’eau ou sur l’alcool , ce disque , lorsqu’on le retire, emporte avec lui une petite couche liquide qui y reste adhérente. Ce n’est donc pas alors , à proprement parler, le corps solide qui s’est détaché du liquide, c’est cette petite couche qui s’est séjiarée des molécules Jiquides qui étaient au-dessous d’elle. Or, la. force qu’il faut employer pour l’en détacher ainsi , est incomparablement plus considérable que son propre poids, et par conséquent cct excès de force prouve nécessairement l’existence d’une adhé-