I. la mort , mais qui n'ont pu être rejetées : les hu
Cunsidéra- . ' . . , , .
lions gêné- nieurs qui participent a la vie , déplacées et déposées dans des lieux où elles ne doivent point se trouver dans l'ordre naturel; îfe précipité des sels que contient la matière des excrétions ; ces excrétions elles-mêmes ; le produit des exhalations augmentj||^?t accumulé ^ des substances gazeuses introduites par diverses Voies dans les lieux où elles s'accumulent, peuvent constituer autant de corps
DilTérences. étrangers. Ils présentent d'abord entre eux ces .
grandes différences , que les uns sont introduits du dehors, d'autres proviennent du détritus des organes , de celui des humeurs , du déplacement de ces dernières , ou de la rétention prolongée de la matière des excrétions ; et d'autres sont procréés parles actes de la vie. Une nouvelle différence peut être tirée de leur consistance : ils peuvent être solides , liquides où gazeux. Enfin, ils diffèrent encore entre eux par les points qu'ils occupent. Ces différences essentielles nous fournissent -Jutant de points de division , et l'ordre dans lequel nous examinerons ce sujet important.
Sort des Toute sùbstance placée dans l'intimité de nos
corps etran- organes sans 611 faire partie dans l'ordre naturel,
gerîi. O r '
quelle que soit son origine , doit être incessamment pénétrée 'de la vie et organisée, ou dévorée par l'action du systèrhié absbrblaht, ou élimiTiée par line voie quelconqùe| ou bien elle doit déterminer un changement considérable dans l'organisàtibn dés parties contiguës, afiil d'être soufferte sans inconvénient.
Des corps étranger S4 5 Le sang exlravasé et déposé en plus on moins Cmap.. i. grandes^ niasses , hors .des vaisseaux destinés à le tionT'gïulconienir, peut être considéré comme un corps étranger : il en joue effectivement le rôle dans tous les cas, et présente, selon lës conditions où il peut ise trouver placé, les divers phénomènes que nous venons d'énoncer. On connaît des exemples de con - oi-ganisanoa lusiou où l'action du corps vulnérant, ayant fait une éuangtfs!'^^* solution de continuité au tissu cellulaire sans intéresser Iji peau ; ayant par conséquent formé une cavité cachée, dans laquelle le Sang s'est accumulé, ce dernier, eu se solidifiant, a changé de Constitution 3 s'est organisé à la manière des solides , et a formé une masse fongueuse identifiée avec les parties conliguës, et vivant en commun avec elles. Ce phénomène a eu lieu même lorsque la peau , trop maltraitée par l'action du corps contondant pour recouvrer immédiatement âbn état naturel , s'est enflammée et ulcérée : ce travail secondaire, commencé presque tout aussitôt que Celui de l'organisation du sang extravasé, n'a pas nui sensiblement à la formation du noutel ot-gane. On sait avec quelle rapidité l'albumine épanchée tend à l'organisation : sans les conséquencé? heureuses de cette loi réparatrice, ce produit de l'exhalation des parues enflammées formerait constamment un corps étranger. *
Sans sortir de notre premier exemple , nous Absointiod pouvons trouver des preuves du second procédé ét^rgori!"^* que la «ature emploie pour faire disparaître le^
Chap. I. corps étrangers : la résorption des ecchymoses est tioïl"'gîat" pliénomène très - commun ; et l'on ne peut laiea. clouler de la voie par laquelle passe le sang extra-
vasé, puisqu'on peut, pour ainsi dire, le suivre des yeux dans les vaisseaux lymphatiques, à la faveur de la teinte jaune-verdâlre qui se propage le long de leur trajet. 11 ne reste aucune trace de l'extra- • vasation ; preuve que tous les élémens constitutifs du sang ont été absorbés en entier. La résorption n'est pas complète dans tous les cas : il paraît qu'elle est plus difficile lorsque le sang est rassemblé en grandes niasses. Ainsi , quoiqu'il soit arrivé souvent que la totalité d'une tumeur anévrismale ait été résorbée après la ligature du vaisseau dont elle dépend , il arrive plus communément, dans les cas analogues, que la partie séreuse et la ujalière colorante du sang soient seules absorbées , et que les masses fibrineusos se conservent fort lon»temps, 11 paraît au moins que la résorption de ces dernières exige un temps beaucoup plus long. Absorption Dcs obscrvaiLons analogues ont été faites à l'océtrangers°'^'' casiou de corps étrangers de »ature différente , mais de consistance comparable à celle que peut prendre la fibrine du sang. Aingsl, on a introduit à dessein dans la plèvre , des boules de cire , des calculs biliaires, de volume et de forme tels qu'ils ne pussent point, par ces propriétés seulement, produire une inflammation violente. Ces corps étrangers ont été retrouvés logés dans une cavité qu'ils s'étaient pratiquée dans le poumon, assez près de la surface;
même solides.
DES COR l'S ÉTR ANGERS. 5
el la réduction sensible qu'ils avaient soufferle a Chap. r: toujours été proportionnée au séjour qu'ils avaient j;^^"^""^!^^'^ fait dans rinlimité des organes. D'un aulre-côté, "ks. des bourdonncts de charpie, d'autres pièces d'appareil de la même substance , ont été abandonnés dans la poitrine , à l'occasiou de plaies qui pénétraient dans cette cavité ; et" ces corps étrangers s'étant fait un chemin à travers le poumon , ont été rejetés par les bronches , n'ayant subi presque aucune altération. Ces faits nous paraissent propres à établir celle proposition générale : que Conditiona
, , . - 7 T / 7 » , de l'absorp-
les corps étrangers inorganisabLes sont resorbes , par Le tion des corps sjsièvie lymphatique , avec une facilité et inie promptitude égales à la divisibilité des molécules de ces mêmes corps. Ainsi une injection aqueuse faite dans le péritoine a été résorbée facilement; rien n'est plus prompt que l'absorption de l'air épanché dans la plèvre , si l'on peut tarir la source d'où il provient; quel que soit le séjour des balles de plomb, non-seulement elles ne perdent rien de leur volume, mais encore elles se recouvrent de concrétions. •
Ce n'est pas que l'absorption ne puisse s'exercer sur les substances les plus dures : il est des exemples incontestables d'absorption des séquestres osseux; la séparation des nécroses est elle-même uu phénomène qui atteste que les os peuvent 5tre dé-^vorés par le système absorbant ; nous possédons un calcul vésical dont la surface , burinée et comme Y(?nnoi)luc, ne peut devoir sa forme qu'à l'action
Chap. i. des vaisseaux lymphatiques. Mais ces exemples euxtionr'géné- lîlêmes , et les circonslances des faits qui les four, wies. nissent, prouvent que l'absorpiic^ est facile et
prompte lorsque déjà la division des mole'cules est faite , qu'elle s'accomplit bien plus lentement lorsque les vaisseau^ absorbans doivent remplir tout à la fois celte condition physique, et que dans ce cas , la lenteur de la destruction est en raison de la ténacité de la substance à résorber.
Le contact Pour que les cprps étrangers qui en sont suscep-
est indispen- .-i f • a r i ri
sable pour
iiDies puissent être attaques par le système ansor-
l'absorption • vi • • 'i-
des corps ^^^^ > " ueccssaire qu il y ait contact immédiat étrangers. pi'o]Qng^ entre le corps à détruire et les surfaces organisées environnantes. Toute interposition, toute distance , sont des obstacles invincibles : ainsi , la formation d'une certaine quantité de pus autour du corps étranger et dans une cavité qui ne peut être vidée continuellement, s'oppose à la résorption de sa substance ; de naêrae aussi , l'isolement comj>lt t d'un séquestre dans une cavité fort vaste , nuit à sa destruction. C'est en partie pour ces raisons, sans doute, autant que par rapport à la consistance des corps étrangers, qu'il n'est que certains séquestres dont l'absorption fasse disparaître une partie , çl que la deslrucliou partielle des calculs vésicaux est si rare.
L'inflammation peut e^core mettre, obstacle à
lion nuita . , , ' ' • ' li
î'absprptjoa ai])sorplion des corps étrangers , soit qu elle sus- ^'tTangers.^' pcude Ics fouclions du système lymphatique, ce qui ne paraît pas vraisemblable , soit à cause des
DEvS CORPS ÉTRANGERS. 7
exhalalions, des sécrëilons qu'elle entraîne, et de Chap, i. riulernosilioa qui en résulte. Celte dernière opi- . Consi.icr.v
I tions geue-
niou nous paraît la plus favorable ; car il existe bien raies. uQ état inflammatoire dans le cas de nécrose , et cependant l'absorption a lieu; ce même état est incontestable dans les suppurations , surtout quand la collection purulente est renfermée dans une cavité sans issue; et cependant, le pus a été reconnu en pareil cas, dans les vaisseaux lymphatiques en rapport avec la cavité de l'abcès. Cet obstacle indirect que l'inflammation paraît mettre à l'absorption des corps étrangers, est cependant d'autant plus efficace, que l'inflammation est plus marquée ; elle donne lieu alors à la formation d'une plus grande quantité de sécrétions", qui jouent à leur tour le rôle de corps étrangers, et qui ajoutent à l'importance du premier.
Lorsqu'un corps étranger n'est susceptible , uî Eliminatimi de se prêter à une organisation immédiate , ni de étrangi subir une absorption complète , il peut déterminer dans les parties au milieu desquelles il se trouve placé , une inflammation plus ou moins considérable , une ulcération propre à l'expulser. Ces phénomènes sont excités, ou par les propriétés chimiques , ou par les qualités physiques du corps étranger ; et ces mêmes circonstances règlent aussi J'iniensité de l'inflammation , la rapidité de sa marche et celle des conséquences qu'elle entraîne. Ainsi , une substance capable de se lalsscHdissoudre et d'agir sur les. oj'ganes euvironuans , à
corjis ers à la faveur de l'iuinmatibu..
Chai.. I. la manière d'un caustique ou d'un irritant, ne ■^ Considéra- manquera pas de produire une inflammation des
lions gene- ±11
laics. plus violentes. Ce dernier phénomène acquerra encore un plus grand développement, si, sans cire soluble , le corps étranger jouissant d'une grande , densité, présente des inégalités, ou toute autre forme capable d'irriter puissamment les parties environnantes. Ainsi , si un fragment de potasse caus-!tique, de nitrate d'argent, était engagé dans rœsophage , abandonné dans le canal de l'urètre , il en résulterait une cautérisation plus ou moins profonde, et une inflammation des plus aiguës; ainsi, quand le foetus étant passé dans la cavité périto-? néale, il se décompose lentement, il ne manque pas de produire une inflammation proportionnée à l'âcrelé des résultats putrides de sa décomposition , et des ulcérations extérieures, si toutefois les conséquences ne sont pas immédiatement plus fâ-r cbeuses. C'est encore pour les mêmes raisons que l'on voit une esquille , un fragment de verre', uu quartier de balle , produire un abcès, à l'ouverture duquel le corps étranger se trouve expulsé.
Il n'est pas nécessaire que l'inflammation causée par un corps étranger soit tumultueuse et grave , pour être reconnaissable : elle a lieu quelquefois d'une manière sourde et équivoque , mais qui se décèle par ses effets. On voit survenir quelquefois lentement , des ulcérations dont les progrès successifs finissent par mettre à nu, et produire l'expvdslop des corps étrangers qui les ont déterminées,
DES CORPS ÉTRANGE R«. 9 et dont on ne soupçonnait même pas rexislencc. Chap. i; Tel est souvent le cas des pièces de vêtement , que ^[^^"""gi les projectiles de guerre entraînent dans l'épaisseur •"i'^''des parties, et sur lesquelles une cicatrice peut se former avec toutes les apparences d'une solidité inaltérable ; tel est encore le cas de très - petites portions d'os , de séquestres fort peu étendus , qui rouvrent inopinément des cicatrices terminées depuis long-temps, et qui s'échappent par la nouvelle ulcération. Le déplacement successif des balles de plomb né peut-il point être attribué à l'inflammation ulcérative procédant avec une extrême lenteur? On voit, en effet, ces corps étrangers faire quelquefois un chemin étonnant entre les muscles ou dans le tissu cellulaire sons-cutané , et se présenter dans des lieux très-éloignés de ceux par lesquels ils ont été introduits. Ce déplacenîent suppose nécessairement une solution de continuité •dans les parties par lesquelles passe le^corps étranger ; et s'il est vrai qu'un mode particulier d'inflammation soit le rnoyen ordinaire de celte sorte de divisiotfs, on ne peut se refuser d'admettre l'existence de l'inflammation dans ces cas.
Lorsque les corps étrangers sont placés dans les Corps étrancavités intérieures qui ont une issue naturelle, ils duits par Us
A 1 , . . . , voies nata-
peuvent être expulses par cette voie. Ainsi des leiiea. pièces de monnaie, dns corps bien plus volumineux et d'une forme beaucpup moins favorable, ont éi« portés dans les voies alimentaires , les ontparcourncs, et en ont été expulsés sans accident, avec le
Chap. I. résidu des digestions. Néanmoins, le résultat de Considéra- cette sortc d'accidens n'a pas toujours été aussi
*]OTis geiie- * '
raies. simple : des corps étrangers avalés se sônt quel-
Efiicacité p • >•. ' t 11 iii 1
fie liuHam- quclois arrctcs dans la longueur de 1 œsophage, ont «"même'lTs! séjoumé daus l'estomac, dans l'iniesiin, y ont produit une irritation, une ulcération lente, et se Elimination sout fait jour de la sorte à l'extérieur. Introduits
impossible. , , . , . , . .
dans des cavités mterieures mouis ^leureusement disposées, ils ont souvent produit des accidens bien plus graves : ainsi portés dans le larynx ou les bronches , rarement ont ils été expulsés par le courant d'air que la nature prend soin de rétablir à tout instant par le moyen de la toux , et ils y ont souvent produit une sufiFocation mortelle. Introduits dans la vessie, ils n'ont pas manqué d'accroître leur volume de celui des concrétions urinaires, et de devenir le noyau d'un calcul plus ou moins considérable.
Corps ctran- Enfin, les corps étrangers également incapables
gers séjour- . . , . i r ' i • j'
nant sans ac- d organisation , d absorption , de dissolution , d ex-
citlent , à la . i , . • ^ • n
faveur dune Citer daus Ics parties «nvironnautes une inMammapfikuiièrT tion susceptible de les expulser , peuvent être supportés par ces dernières à la faveur d'une condition : les organes qui les entourent doivent éprouvei" par leur séjour une altération telle , qu'il en résulte la formation d'un kyste capable de le&. contenir. Il est. probable que l'enveloppe membraneuse qui les renferme alors ^ est douée d'assez peu de sensibilité pour n'en être pas facilement irritée^ et d'assez de solidité po;ir les assujcllir invariable-
DES GORPS KTRANGERS, H
ment. C'est assez communcment le cas des halles Chap. i. jde plomb , lorsqu'elles ne sont point déformées , tions'^'^glu'é-^ et lorsqu'elles sont placées de manière à pouvoir être retenues quelque temps, dans le même lieu. Il est^rare , lorsque les choses sont en cet éiat , que le kyste s'enflamme , et qu'il en résulte un abcès propre à expulser le corps étranger.
Ainsi que nous venons de l'exposer , il est peu Efforts d.-inde corps étrangers dont la nature souffre patiem- fnut°es ac°'a
^..1 ' 11 T nature, pour
meut la présence : elle se livre presque cons- léiiminaiion tamment à un travail qui n'est pas toujours le ^tTangei^"^^^ luême , et dont le but commun est l'élimination d'une substance qui ne peut participer à la vie. Mais dans quelques cas , ces efforts somt accom-r pagnes de dangers ; dans d'autres ils sont inutiles , et le péril est attaché à la nature du corps étranger et à celle des organes dans lesquels il se trouve, Abstraction faite de l'aBsorption , par laquelle la nature ne peut faire disparaître que des substances a un certam ordre , l'inflammation est le moyen qu'elle met communément en usage : or , les bornes dans lesquelles . l'inflammation sera renfermée , ne peuvent jamais être connues d'avance ; cette affection , tout utile qu'elle ào'it être alors , peut être grave; elle peut intéresser profondément des organes de la plus grande importance , et constituer ainsi une affection beaucoup plus dangereuse que n'était la présence du corps étranger. Ainsi il peut^ en résulter une péripneumonie des plus intenses, une péritonite mortelle, etc. D'un
Chxï.i. autre côté , le corps étranger peut être lourd , et CoasidéiM- par-là susceptible de déplacement : il peut se
lions gene- ' , v
raies. irouver engagé dans un organe dont la structure
délicate soit incapable de lui opposer aucune résistance ; d'où peuvent résulter une foule de Jésions secondaires plus graves les unes que les autres : ainsi une balle de plomb , après avoir pénétré le crâne et la dure-mère , peut s'arrêter à la surEice du cerveau , et sa pesanteur peut l'en- Irainer dans la suite à une profondeur plus ou moins grande dans l'épaisseur de cet organe , où elle pourra causer des lésions mortelles.
Principes de L'habileté du praticien , dans les cas de celte
la thérapenti- . , , . • i i> <
que daus ces sorte , coftsistc a prcvoip Hvcc cxactitudc 1 espèce d'efforts que la nature pourra faire ; à quel poinE ils pourront être nécessaires ou utiles ; de quels dangers ils pourront être accompagnés ; par où l'art pourra-t-il les seconder , ajouter à leur efficacité , et retrancher des p^friis qu'ils pourront entraîner ; s'il devra être avantageux ou indispensable d'abandonner la nature à elle-même , ou bien s'il sera possible et nécessaire de lui épargner le travail qu'elle ne tardera pas d'entreprendre : toutes considérations de la plus haute importance , sur lesquelles il n'est possible d'établir qu'un petit nombre de préceptes généraux , et qui ne seront traitées à fond , qu'à mesure que nous examinerons les diverses sortes de corps étrangers.
Préceptes gér. 1°. Tout corps étranger qui n'est jliscepiilile ni iierau>:. organisé , ni de disparaître par l'absorption ,
DESCORPSÉTRANGERS. ' j5
doit être extrait : c'est une loi écrite par la nature Cbap. t. elle-même , et que les efforts constaus auxquels tions*""'"'*' elle se livre , consolident suffisamment ; mais il est des exceptions importantes à cette règle générale.
2°. Il est des corps étrangers dont l'introduction a causé une lésion mortelle , mais dont la présence suspend les effets des désordres qit'ils ont déterminés ; par conséquent, leur extraction , quoique possible et même facile , serait dangereuse. Ainsi , on a vu une épée traverser le cœur , une artère principale , et son extraction donner lieu sur-le-champ à une hémorragie mortelle.
5°. Un corps étranger peut être placé de manière qu'il serait impossible de l'atteindre sans léser d'une manière très-grave des organes d'une grande importance ; dans des cas de celte espèce , quels que soient les dangers que le corps étranger peut entraîner , quelle que puisse être l'inefficacité des efforts de la nature , l'extraction ne peut être entreprise.
4°. Les lésions nécessaires pour atteindre et extraire un corps étranger, sans être dangereuses eu elles-mêmes , peuvent l'être par leurs conséquences : telles sont une inflammation grave , la destruction d'un organe essentiel, etc. 11 doit suffire de cette contre-indication , à moins qu'elle ne soit balancée par des dangers encore plus grands , attachés à la présence du corps étranger.
5". L'eiDplacement de ce dernier peut être tel, qu'il soit probable que les tentatives que l'on fera
l4 SECTION V.
dans rintention de l'exiraire , serviront à l'eiigagèr plus avant : ainsi , sans la ressource d'enlever patune même couronne de trépa*i , une bulle engagée dans le crâne jusqu'à son plus grand diamètre et l'anneau osseux qui la soutient , toute tentative d'extraction pourrait la pousser dans le cerveau. De même , 'une balle engagée profondément sous des muscles larges, portant sur des surfaces inclinées , est ordinairement poussée plus loin par les manœuvres qui tendent à soù extraction : c'est le cas ordinaire des balles engagées profondément dans la fesse , etc. ; et dans ces circonstances, on peut compter , ou qu'un abcès isolera dans la suite le corps étranger et le rendra Irès-facile à saisir au milieu d'une cavité phlegmoneuse , ou qu'à la faveur de déplacemens successifs , il se présentera plus commodément sous la peau , et dans des lieux pins ou moins éloignés de celui de son introduction.
6°. Il est des cas dans lesquels ou peut prévoir qu'un corps étranger sera supporté sans inconvénient ; il en est d'autres où la chose se trouve déjà déiuontrée par l'expérience : tel est le cas des balles perdues dans le tissu cellulaire , et fixées depuis long- temps dans la même situation. Dans ces circonstances , à moins qu'elles ne gênent quelque fonction , ou que l'on ne puisse les extraire par un moyen très simple , on doit s'abstenir d'y toucher.
7°. Lorsqu'un corps étranger se présente com-
DES CORPS ÉTRANGERS. l5
modénient dès l'instant de son introduction , lors- c«a?. r. oue son extraction est facile et ne doit coûter ni
T lions gi;;i«-
peiue ni danger , elle doit être faite immédiatement, quelque peu que cette extraction dût coûter à la nature.
8". Toutes les fois que l'expulsion d'un corps étranger ne pourra être accomplie qu'à la faveur de l'inflammation , et qu'il sera possible de prévenir cette dernière par des incisions qui donneront la facilité et la certitude d'une extraction immédiate , ce dernier parti devra être préféré.
g". On devra suivre la même route , quand il sera douteux si la nature parviendra seule à expulser un corps étranger au prix d'une inflammation prolongée et pleine de dangers, et si son extraction ne deviendra pas plus difficile dans la suite : c'est le cas des fragmens dans lesquels sont réduits les oscomminués, lesquels peuvent se trouver, dans la suite , enveloppés d'un étui osseux propre à rendre leur extraction très - embarrassante , ou même impossible.
lo". La situation d'un corps étranger peut être telle, qu'il ne puisse manquer de causer une inflammation des plus graves , et que les manœuvres propres à l'extraire doivent avoir des conséquences tout aussi dangereuses : tel est le cas des baUes ou de toute autre substance engagée dans une grande ai l'icnlalion. L'inflammation sera terrible, et probablement «jortelle ; les incisions qui mettent à dccoiivert les surfaces articulaires sont extrêmement
l6 SECTION V.
Chxp. I. à craindre; l'exlraciion peut être difficile, et par- .ns"'s'lné- ' ^''P^^'c d'exciter uue grande irritation ; le parti «s- d'extraire le corps étranger et d'attendre les évé-
uemens pour prendre une autre détermination y est sujet aux plus grands iuconvéniens : ordinairement les accidens inflammatoires sont tels, qu'ils détruisent la possibilité de toute autre ressoupce. L'expérience a prouvé qu'en pareil cas , l'amputation est tin parti indispensable. Peut-£tre pourrait-on lui substituer souvent la résection des extrémités articulaires des os.
11°. L'extraction d'un corps étranger doit être entreprise toutes les fois qu'il augmente incessamment de volume, que son séjour comproriiet l'état des organes , la santé et même l'existence du sujet, et que les efforts d'expulsion auxquels se livre la nature ne peuvent être qu'infructueux. C'est le cas des calculs urinalres séjournant dans la vessie. . ' '
1:2°. L'extraction d'un corps étranger , quoique nécessaire , doit être ajournée , lorsque l'on ne peut connaître' exactement sa situation et sa forme , l'altération qu'il a introduite dans l'état naturel des parties environnantes , et former un plan de manœuvres que des circonstances imprévues ne puissent faire varier , au préjudice de quelque o.rgaue important à épargner. Cette règle est applicable aux calculs biliaires : il est indispensable d'àtleudi e qu'ils se présentent près de i'ouverture«d'un abcès qui a perforé les parois de l'abdonieu ; parce -qu'il
CoQsiflc'îi'aj tioiis gcii«i*
DES CORPS ÉTRANGERS. l/
est impossible de prévoir jusqu'où s'étendent les Cha.p. ï. adhérences pérltonéales , et que l'on ne peut être certain de ne pas provoquer un épancheinent blliaire, qui ne peurrait être que promptemeut mortel.
CÊAPITRE IL
DES COUPS ETRAiyOERS INTRODUITS DU DEHORS.
C E chapitre doit comprendre les considérations relatives à toutes les substances solides , liquides ou gazeuses , introduites du dehors , soit dans les cavités naturelles , soit dans l'intimité des organes ; ce qui nous fournira la matière de trois articles.
ARTICLE PREMIER
Ves corps étrangers solides, introduits. d,u-^ehors,
Les uns sont assez conslstans et poussés avec oifféisnee», assez de force pour pénétrer à une grande profondeur ; dans des circonstances opposées , ils pett-vent s'engager seulement dans la superficie des parties. Les uns et les autres , selon lelir forme eï la violence de l'action qui les chasse, pénétreot les parties en les divisant , en les déchirant , ou en écrasant leur tissu. Une épine divise les partiefi * dans une étendue proportionnée à celle de sa pointe ; mais la base du cône qu'elle représente ne se. loge da»« l'épaisseur des organes qu'à la fa- II. •
l8 GECTION V.
CpAr. II. vt-ur d'uue distension violente , ou d'une déclii".j
Des corps . , ^ iii'
piiaugoi-8. ruie de Jeur lissu. il en est de même de la lame
JntroduUs du -i, ' ' i i • »
r/t/io/;f. cl'une epee dont Jes vives arêtes ne sont pomt, tranchantes. Les ecJals ,de bois , las fragmens de vases d'argile , présentent ordinairement la même disposition , ont une manière ^'aglr semblable : ils ne peuvent pénétrer qu'à la faveur de quelque pointe plus ou moins aiguë , et de la division me* dipçre qu'elle est capable de faire i dans io,ut le reste de leur étendue , l'irrégularité de leur surlace et leur volume déLerannent des déchirures proportionnées à ces mêmes circonstances , et une distcAsion des parties ej^xtiison inverse de .l'ié,tendiu<e de 1^ solvition de coulinuité. Les fraginuens 4e verriç^ ceux des vases ,ou d'autoes ins^rumens n?étailique* j quoique beaucoup plus consistans , présentent rarement des poiulies -©u des -lranc4>ans capables de diviser neltement les parties , el dans une étendue proportionnée à celle de la masse introduite. Les corps :é,LraHgers oi^l-us , .et surtout Geu?c ,:qui. ont upe foripe orbiculaire .ftu ,toute auixe disposition analogue , ne peuvent opérer des solutions de continuité qu'eu é,ci;asan,t le tissu dçs organes ; et la profondeur dfi 1^ désor^'anisation est toujours égale au volume des masses , parce qu'une pltis grandç étendue de fi^rties ^ <?û résister à ia fods et " péc.ç^ssitier une -forçe bien plus grande. . j
. XjJçi ç,or,ps étranger salidp peuJt av^>ir fak partie d'une pltis grande masse , et n'en avoir été séparé <jue par j'actiou de la violence eUe-weme qtii l'a
iîoussé dans l'épaisseur des parties ; ce qui sup- CuAr. it.
jiose une grande résistance de la part de quel-
ou'une de ces dernières, ou une crande fragilité iritroduUs da
)■ ° dehors. ' ' '
dans le corps introduit. Celui-ci peut, au contraire, iivoir été mis seul eu mouvement, et tel qu'il se trouve , engagé dans l'intimité des organes : c'est le cas des balles , de la mitraille , et de tous les '})rojectiles de guerre.
Ces différences sont importantes à connaître, et doivent influencer le pronostic et les principes du traitement.
Un corps étranger qui n'a été introduit qu'à la Corps étran-
■f, ...... ' rc r ^^^^ erabras-
faveur d'une division insuflisante , en ccai^tant , en sés étroitedéchirant les parties , a fait une grande violence à ces dernières , et doit en être embrassé exactement : de là, une irritation proportionnée au défaut de rapports entre la solution de continuité et la masse introduite. L'irrégularité de la surface tenue de la sorte dans un contact exact et continu avec des organes irritables , est une nouvelle source d'accidens ; surfout si les parties souniises à une telle irritation , sont exposées , pour racComplissemeut d'une fonction inévitable , à des mouvemens fréquens : c'est un véritable aiguillon capable de développer le travail inflammatoire le plus violent , et dont l'action ne cessera que lorsque la nature, aura réussi à l'isoler , en l'entourant de toutes parts d'une abondante collection de pus. Or, l'inflammation est le seul moyen capable de conduire à tin' semblable résultat : elle peut n'être pas très à
CnA.r. IL craindre daus les organes où elle va se développer j Des corps c'est le cas des grandes masses de tissu cellulaire
étrangers. '-' \^ j
intiodmtsdu situées à portée de la surface extérieure; et si ,
dehors. «f ' '
en pareille occasion , on prévoit de grandes difficultés ou des dangers dans la recherche et l'extraction du corps étranger , malgré les inconvéiiieus attachés à son séjour , il vaut mieux attendre les résultats du travail de la nature. Dans d'autres cas , l'inflammation , telle qu'on peut la prévoir , peut dégrader les parties qui vont en être le siège , ou compromettre la vie du malade en se communiquant à des organes importans. Des suites aussi fâcheuses peuvent être prévenues par une extractioa immédiate; et si les désordres à exercer avec l'instrument tranchant ne doivent pas être. plus dangereux que les conséquences probables du séjour du corps étranger , on ne doit pas balancer à remplir celte indication évidente. Enfin , il est des occasions dans lesquelles le praticien n'a plus qu'un parti désavantageux à prendre. Un corps étranger aussi défavorablement disposé que nops l'avons dit cidessus , peut être engagé de vive force dans des organes très-irritables et d'une texture délicate : l'état des choses permet ou s'oppose à la formation d'un diagnostic exact ; dans le premier cas , la présence du corps étranger., sa. situation positive , sa forme , sa consistance , les désordres inévitables à faire pour réussir dans son extraction , sont pariaitement connus ; dans ces circonstances , les onctions de l'organe iméressé dussent-elles être
perdues sans retour par les suites du procédé d'ex- Crap. ir. tracliou, cette dernière doit être faite, pour éviter ^.r^ngers'!''" au moins les dangers du travail de la nature. Dans J^o"?'"'''* le second cas , quelque dangereuse que doive être réliminatiou par un travail inflammatoire , il faut s'abstenir de rien entreprendre , parce qu'on n'a point d'indications évidentes à remplir.
Les corps orbiculaires lancés avec assez de force Corps étran-
, , 1 1 • 1 • S^^^ libre»
pour pénétrer dans le tissu des parties et y rester dans l'épais-
, ^ * . T. ' X senr des par-
engages , ne peuvent en être embrasses exacte- ties. ment , et ne gênent que par leur consistance et leur pesanteur. La solution de continuité par laquelle ils ont été introduits est nécessairement proportionnée à leur volume ; la désorganisation qu'ils déterminent peut même donner un espace plus grand , lorsqu'elle va jusqu'à la mortification des parties écrasées. D'un autre côté , ce mode de solution de cotniniiité entraîne une stupéfaction des parties , à la faveur de laquelle ces dernières ne se prêtent que lentement et difficilement à une inflammation intense : eii sorte que les accidens ne se développent que tard , avec lenteur , et rarement sous des formes redoutables ; à moins que les organes intéressés ne soient éminemment susceptibles d'inflammation. De là , le précepte général de ne procéder à l'extraction immédiate de ces corps étrangers , qu'autant qu'ils sont très à portée , oa qu'ils peuvent léser des parties extrêmement irritables , dans lesquelles i'inflanuualion sera?l accompagnée des plus grands dangers ; et de s'en
(5hap.il rapporter , en tput autre cas, au travail de la ; Des corps naiure. Cette règle ee'ne'rale est applicable à cer-
et rangers. «j i i
Introduits du taïiis corps étrangers introduits parles coups de
dehors.. 1
feu , et noiampient aux balles.
Corps étran- TJu instrument vulnérant peut être fragile; et
gers implan- -i > • ' /
tts dans les SI G ailicurs il D cst pas bien acere , celle circonstance peut suffire pour expliquer sa fracture par la seule résistance des parties molles , et le séjour d'un fragment. Mais si cet accident est le résultat d'une blessure faite par un instrument solide, la pointe d'un sabre , celle d'une épée , etc. , il est la preuve d'une résistance puissante de la part de quelqu'une des parties blessées , et une forte présomption qu'un os se trouve intéressé. Celte circonstance peut servir à diriger les recherclies , à former un diagnostic exact , et à délerniincr le parti qu'il convient de prendre. Les parties molles ne manquent pas de s'enflammer quand elles renferment un corps étranger , et ce moyen est celui^que la nature emploie pour le rejeter ; mais les os ne peuvent participer utilement à ce travail : les exsudations purulentes que leur tissu altéré par l'inflammation peut fournir , ne sont pas capables d'écarter le contour de la cavité qui renferme le corps à expulser , et ne .peuvent isoler ce dernier , comme il arrive dans les parties molles. Dans cette sorte de cas , ou bien les parties molles et l'os sont tenues dans un état liabiiuel d'irritation , et fournissent un écoulemeul dont, l'imerposilion suffit pour entretenir la
solution de coptinuilé extérieure, ou bien la portion Cuir. ir. d'os clans laquelle est engagé le corps étranger est , Des corps frappée de mortification , se sépare l'entement , introduits du
^ . . dehors.
et remplit ainsi avec beaucoup de temps et plus ou moins de danger, I« voeu de la nature. Ces motifs suffiraient pour procéder immédiatement à l'extraction du corps étranger , toutes les fois qu'il est possible de l'atteindre ; mais il peut ën même temps en exister de pins impérieux : wa. os peut être traversé d'outre en outre , par un fragment d'épée , etc. , et le corps étranger peut irriter , par son extrémité profonde , des organes imporlans. Ainsi , la plèvi'e , le poumon , le cerveau et ses enveloppes , peuvent être exposés à l'inflammalion la plus dangereuse , que Fon peut prévenir ou faire cesser en supprimant au plus tôt sa cause.
Nous verrons dans son lieu , quel est le sort dés substances solides ingestées , ou poussées dans les diverses cavités intérieures : il n'est pas possible d'établir à cet égard des règles générales utiles.
^. P'. Des corps étrangers solides^ introduits dans
le crâne.
Des corps étrangers d'une grande consistance , Voîos par et poussés par un mouvement très-rapide , peuvent penveu" p<f. seuls pénétrer dans l'intérieur de la cavité , si ce n'est chez les jeunes enfans, et avant? l'époque de rentier développement des os dti crané. Il ést cependant quelques points de celte encéïrile osséuse', <Mi les parois ont moins d'épaisseur, plus de fragir-
netrer.
24 SECTION r.
CwAP. II. lii^^ et peuvent élre pe'ne'trées à la faveur d'une force
l)es corps . . - . '
étrangers. mediocrc : ainsi des mslrumens de fer , de plomb
Introd. dam J . ^ . » i . ■■. .
u crâne. de tout auiTc mêlai, mus avec rapidité, ont
souvent pe'ne'tré par les re'gious frontale, occipitale , pariétale ; mais des baguettes de bois , même assez minces , ont pu être introduites par le fond de l'orbite, ou par le bas de la région temporale. 11 en serait de même de la paroi supérieure de la fosse nasale, et des intervalles. memZ'/wiz/b/Tne* ap- ^elés fontanelles , dans les très-jeunes sujets. Quoique la consistance du centre de la région spbénoïdale ne puisse être comparée à celle de la plus grande partie du crâne , la situation profonde de ce point, sa structure ^spongieuse, nécessitent une grande force, elle rendent difficilement accessible.
îîenx condi- Pour traiter brièvement des corps étrangers so-
tioiis diffé- , , , j , . , j ^
rentes des lidcs, pénétrant dans la cavité du crâne, nous consicorps ai.-»n. j^j.gj.Qjjg(jg^^ j^Q(jgg^ Qm^eyx (degrés de leur action, auxquels peuvent être rapportées les nombreuses variétés que . ces accidens peuvent présenter : ils peuvent être encore engagés dans les parois du crâne , ^n pénétrant plus ou moins profondément dans la cavité ; ils peuvent être totalement introduits dans cette dernière.
Ils peuvent (A). T^es coY'^s élYSiXiS^GT?, engagés dans les porois
vXvs dans , , , , •, • t i • ^ r ^ \
cinq étais d'u crâne , ont preseiUe .des. variétés intéressantes a diftorea,. connaître : i". Une, balle peut être engagée d'une fraction moindre que la moitié dfson diamètre, et n'être retenue que- par quelque déformation , ou par les dispositions de. quelques fragmens osseux.
{,'ers interes snnt.le crâue.
S*. Le même projectile peut avoir pénétré jnsques, Ç"*^»"- Qu UQ peu au-delà de son demi-diamètre , et se .j,,f„g\.,?°'"P* trouver enclavé par l'exactitude des rapports. 5°. On ^^j^;^;^"^ a vu une balle fracturer le crâne , être laminée, et pénétrer ainsi par la fracture , soit entre les deux tables de l'os, soit jusque sur la dure-mère. 4°. Une baguette de fusil , ou tout autre corps métallique , sous forme de cône ou de cylindre , peut pénétrer les parois du crâne , en faisant une saillie variable à l'intérieur et à l'extérieur. 5". On a vu une baguette de fusil traverser le crâne d'outre eu outre, d'une tempe à l'autre.
I. Dans le premier cas , rien n'est plus simple p,aiic încom-
i, . 1 <■ 1 ' r plèteincal Cli-
que 1 extraction du corps étranger, maigre sa lorme g^géc.
sphérique ; mais il n'a pu se loger ainsi , aux dépens de la continuité du crâne , sans réduire ce dernier en ffagmens, dans une étendue proportionnée à son diamètre, et sans pousser ces mêmes pièces vers l'intérieur, d'une quantité égale à celle de son progrès. Il arrive même, le plus souvent, ainsi que nous l'avons exposé ailleurs, que la table interne se laisse fracturer au loin , et que des fragmens fort étendus de la surfac? profonde sont séparés , déplacés et nuisent plus ou moins aux fonctions cérébrales, ou causeront des accidens consécutifs. Il reste donc après l'extraction du corps ^ étranger, des indications importantes à remplir.
II, Dans le second cas, l'extraction du. corps i^aiieoompiè
' 1 tement ciiga-
étranger est encore plus Importante : il gêne les S^«fonctions du cerveau, et ne peut tardct* d'exciter
dHAP. n. une irritation inflamraalolre des plus graves , soit à Des corps causc de SCS propres dispositions, soit à cause de
étrangers. * '
introd. dans cclIes des fragoiens osseux qu'il a forrue's. Cepen-
le crâne. ^ *
dant, l'extraction pure et simple est impraticable : wn corps spliérique ne peut être saisi que par les exirémiiés d'un même diamètre, et si le point central de la balle répond à l'intérieur, cette coudiiiit)a ne peut être remplie ; il faudrait pouvoir saisir la balle assez solidement pour pouvoir lui imprimer, eu sens rétrograde , un effort capable de surmonter la résistance d'une ouverture proportionnée à son diamètre , ce qui est évidemment impossible ; des pinces , des leviers , ne pourraient être employés , qu'autant que le corps étranger tiendrait solidemettt dans l'ouverture qu'il s'est pratiquée, ce qui ne peut être jugé à priori; l'usage du tire fond serait plein de dangers. Il est évident que 1^ seul moyen qui reste à la disposition du praticien , est celui qui a été employé avec tant d'intelligence en pareil cas , et qui consiste à comprendre dans une même couronne die trépan, k balle et l'anneau osseuiî qu'elle a formé. Ce procédé a le double avantage de procurer en lout^ sûreté l'extracliau du corps étranger, et de mettre à portée de remplir telle indication qui pourra paraître convenable , par rapport aux fragmens osseux poussés à l'intérieur par le projectile.
Bailenainï- lU- Dans le troisième cas , une partie de la balle représentant une portion de sphère plus ou moin^ considérable , se présente à l'extérieur comme si
DES CORPS ÉTRAMGEIIS. 27
elle était altacliée à la surface du crâne, mais sans Chat. it. être entourée des symptômes ordinaires d'une coni- .^^.l^l^^"''^'^ minuilon de Tos. Un corps mince peut être passé incod.dam
* * le cràfie.
entre la balle et le crâne, et la première peut être également soulevée: un effort serait capable de rompre la lame qui l'assujettit sur les os. Une fracture , quelquefois capillaire , traverse évidemment le lieu où la balle paraît être fixée. Jusque-là, il est impossible de savoir jusqu'où a pénétré 1^ corps étranger; il est seulement évident qu'il est engagé dans la fente extérieure, et très-probable qu'il s'est , ati moins insinué entre les deux tables de 1 os , ce qui suppose la séparation d'un grand fragment de la table interne. Bans ces deux suppositions, le trépan est inévitable ; dans la première, pour épargner à la nature le travail de la séparation des deux côtés de la fente, qin ne manqueront pas d'être nécrosés; dans li seconde , pour enlever la totalité du corps étranger, et prévenir les dangers d'une ésquille cachée. Enfin, le diagnostic ne pourra êU'e complet qu'à la faveur de cette opération : elle donnera la connaissance entière de l'état des choses, et fournira les indications ultérieures ; si le corps étranger s'étendait jusqu'à la dure-mère , il faudrait l'enlever en entier avec le plus grand soin. Or, il n'a pu pénétrer qu'à la faveur d'une fente étroite , et en se laissant réduire à une lame très-mince: il faut user des plus grands ménagemens pour ne pas rompre celte dernière 3 car elle seule peut guider
• i28 SECTION r.
Chap. II. dans les recherches , el apprendre la quantité du Des corps corps étranger qui a pénétré dans l'intérieur. '
et rangers. , ^
\introd.dans IV. Le quatrième cas n'est pas toujours évi-
k crâne. , . .
instrnmens "cnt , parcc qu un instrument conique ou cylinconiques on (Jpiqye '^avant pénétré dans les parois du crâne ,
cylindriques T . J i I '
oupscs (luDs peut se rompre au niveau de la surface extérieure,
jiue paroi cla * ^
cràuc. sans avoir fait un grand désordre aux parties molles; et ces dernières peuvent être en tel état, au bo^|t de peu de jours, que l'on ne soupçonne même pas le véritable état des choses , surtout si l'on n^a pas eu la commodité d'examiner J'instrument vulnérant. Ainsi, une fille étant tombée sur ' l'exlrérailé d'un fuseau , qui fit une petite plaie à la paupière supérieure, on ne se douta qu'après sa mort, que le cône de cuivre dont cet instrument était garni, était resté engagé solidement dans une perforallcn du crâne, et plongé de toute sa longueur dans le cerveau , où il avait causé" une suppuration mortelle. On voit cependant quelles peuvent être les conséquences, et combien il importe d'examiner attentivement le fond de semblables blessures. La présence du corps étranger une fois constatée, soit par la saillie ex,térleure qu'il peut former , soit sans le secours de ce phénomène et seulement par les résultats de l'examen du corps vulnérant, Il est évident que le trépan doit être mis en usage. On réussirait vainement à faire l'exlraclion pure et simple, en pinçant la partie saillante, quand il en existe : ' il est Impossible que le corps étranger n'ait pas fait des esquilles de la table Interne du crânej on ne sait
à quelle profondeur il a péiicirc ; si la dure-inèrc et Ch^p. ii. le cerveau sont blessés , il y aura des exsudations '=°'P' auximelles il est prudent de préparer d'avance une /«foj^
1 ' ' ' le cruiie.
issue libre; enfin , les efforts d'extraction peuvent roaipre le corps étranger, ou bien imprimer au cerveau des violences que l'on peut éviter par un autre moyen.