I. Nous nous sommes trop étendu précédem- Hémorra
. ^ , ^ gies utérines-
ment sur les hémorragies cachées provenant de la rupture du cordon ombilical , pour qu'il nous reste grand' chose à dire ici sur le même sujet. Quel que soit le moment où cet accident survient au terme de la grossesse, on doit entreprendre l'accouchement et l'accomplir le plus promptement possible. La déplétion de la matrice est bien aussi la fin que l'on doit se proposer lorsque • le sang provient du dégreffement du placenta, et que l'hémorragie est extérieure; mais on peut le plus souvent y procéder avec moins de précipitation et plus de méthode. Les eaux de l'amnios occupent un grand espace, et l'on peut, en évacuant ce liquide, donner à la matrice- la faculté, de se réduire considérablement, et de resserrer d'autant les vaisseaux utérins. Aussi, malgré les désavantages attachés à l'évacuation prématurée
33o SECTION T.
Chap.IV. (Je ce même liquide, l'indication de le répandre, ctrang.*'°or- ^n perçant à dessein les membranes, est-elle alors ^^^DT/betus très-conforme aux principes de la saine pratique etdessecon- et EUX résultats de l'observation. Il est souvent arrivé que l'on a pu confier l'accouchement à la nature , après avoir fait cesser de la sorte une hémorragie grave, qui n'a plus reparu. Du reste, cette manœuvre a moins d'inconvéniens' dans le cas dont il s'agit. L'hémorragie relâche ordinaiment l'orifice , et rend moins importante pour sa dilatation la coopération de la tumeur formée par les membranes.
L'hémorragie provenant de la séparation partielle du placenta situé sur l'orifice de la matrice, est plus à craindre que toute autre. Dans les cas opposés , la perte peut bien être extrême et dangereuse j mais enfin, si elle est suspendue par une syncope ou par toute autre cause fortuite , et si, les forces venant à se réparer, la matrice se contracte, l'accouchement peut s'accomplir et la perte ne pas reparaître. Au contraire , lorsque le placenta répond à l'orifice de la matrice , c'est le travail de l'accouchement lui-même qui provoque l'hémorragie : la faiblesse qui lui succède peut la suspendre, mais la première contraction de la matrice la reproduit. La nature est donc privée d'une ressource dont elle peut tirer parti dans toute autre occasion , et les secours de l'art sont de la plus grande importance. L'accouchement artificiel doit être pratiqué au plutôt, dès
que la disposition du placenta a pu être reconnue ^^^J'^Jp^
par le toucher. étrang. oi-
IL Nous avons déjà dit de quelle importance ^ yj^^^,
est la conservation de la tumeur formée par les ^^'f^J
eaux deTamuios renfermées dans les membranes j Evacuation
il arrive quelauefois que l'extrême délicatesse de prématurée
T- i i- des eaux uo
ces dernières leur ôte la faculté de résister suffi- l'amnios. samment aux efforts de la matrice, et les expose à être rompues avant l'entière dilatation de l'orifice. L'impatience fait aussi commettre assez souvent la faute de les rompre avant qu'elles n'aient pu produire tout l'effet auquel elles sont destinées. Il s'ensuit que l'accouchement devient plus long , non pas faute d'humidité pour faciliter les glissemens, mais parce que les parties molles n'ont pas été suffisamment préparées au passage de l'enfant. Il est possible que par cette seule cause , et par le séjour prolongé des parties les plus volumineuses du corps de l'enfant , les parties sexuelles et la matrice elle-même soient jetées dans un état d'irritation plus ou moins grave ; ou que les forces de la mère s'épuisent à tel point, qu'il devienne nécessaire de terminer l'accouchement.
III. Sans le concours de la cause précédente , Piolonge et par le seul effet de l'extrême rigidité des par- me du traties à distendre , et surtout de l'orifice de la ma- couclleme^ut". trice, le travail de l'accouchement peut devenir très-long. Tant que les eaux de l'amnios ne sont point répandues , la longueur de l'accouchement ' n'a d'autre inconvénient que la grande dépense
Chap.iv. (ie forces qu'il occasîone : le repos, une nourctranV*'°or- riture légère et suffisante , donnée avec discerganiqiies. ncment, quelques heures de sommeil adroite-
Du Jcettis ^ ^
etdessecoii- ment ménagées, peuvent prévenir toute espèce d'inconvénient,- mais lorsque le liquide est évacué , la matrice embrasse à nu le corps de l'enfant, et s'accommode à ses inégalités. C'est sur ces dernières que tous ses efforts s'exercent -, et les parties les plus saillantes peuvent causer une irritation considérable : elles peuvent séparer une partie du placenta, et donner lieu de la sorte à une hémorragie; elles peuvent déterminer une rupture du point correspondant de la matrice; le corps de l'enfant est soumis à une compression dangereuse; les efforts prolongés et multipliés de Yutérus compriment fortement le placenta, et gênent d'ailleurs la circulation entre ce corps et la matrice, et par conséquent celle de l'enfant ; enfin les forces s'épuisent ; après de violens efforts de plusieurs heures de durée la faiblesse indirecte survient ; et , pendant un intervalle plus ou moins long, les douleurs deviennent moins pressantes , ou sont totalement suspendues. C'est pendant ces intervalles que l'on voit paraître l'hémorragie, lorsque le placenta a été séparé en partie.' Si un tel état se prolonge long-temps, on ne voit d'abord que la faiblesse que produit un travail pénible ; mais , plus tard , le pouls s'accélère, il devient vif et fébrile; la face se colore, la tête s'injecte, les yeux de-
viennent étincelans j la langue se dessèche ; la Ciiap. IV.
, 11 corps
soif devient intolérable ; le ventre est uouloureiix ^.tran;,'. oriiii touclier, d'abord dans la région de V utérus ^^^^^ fœtus seulement, puis dans toute son étendue: signes etdcssecon-
... dmes.
certains du développement d une irritation grave, ou d'une inflammation commençante des parties soumises aux .violences d'un travail pénible et prolongé. Il faut tout appréhender d'une douleur permanente et plus ou moins aiguë , qui se fixerait en pareil cas dans un point quelconque de Tétendue de Vutérus, à l'occasion d'une de ses contractions : il est très-probable que ce point est menacé de rupture.
On a souvent rendu aux accouchemens de cette Uiiiité de
> 11 • saignée.
espèce toute la célérité naturelle en pratiquant une ou deux saignées. L'évacuation d'une certaine quantité de sang peut assouplir l'orifice de la matrice et favoriser sa dilatation ; mais ce moyen peut avoir une bien plus grande utilité lorsque des signes d'irritation de la matrice se sont déjà manifestés : la saignée peut alors prévenir une inflammation des plus dangereuses. Enfin, rien n'est plus important qu'une évacuation sanguine , lorsqu'il y a lieu de craindre la rupture de la matrice ; ce qui ne peut guère avoir lieu sans une irritation considérable de l'organe. On peut tirer parti en même temps de l'évacuation des eaux, ce qui, en faisant cesser les douleurs pour quelque temps, donne cependant à la matrice la liberté de se réduire , et d'acquérir
Chap.iv. plus d'épaisseur et de consistance dans le point
Des corna „ ' ^
^trang. or- mcnace.
^^iT}Lus important, lorsque le travail de l'accou-
ejdessecou- cliement est violent et prolongé, et que l'on juge Utilité du convenable, d'ailleurs, de le confier à la nature, repos dans de faire cesser de temps en temps les efforts de
la durée i ^ • ^ j , ,
d'un travaU lamatricc, et de procurer quelques heures de pénible. repos à la mère. Il nous est souvent arrivé , eu pareil cas , de pratiquer une saignée copieuse , et d'administrer de suite une dose d'opium. Le travail étant suspendu par cette méthode, et la femme pouvant se livrer au sommeil pendant quelques heures, l'irritation générale et locale se dissipe, les forces se réparent, et la reprise du travail est tout à la fois plus elFicace et moins périlleuse. Il ne faut point omettre les secours des topiques relâchans , tels que bains , fumigations, onctions , etc. ; mais leur utilité est toujours médiocre lorsqu'on néglige les moyens dont nous avons déjà parlé.
Si les soins que nous venons d'indiquer ne surmontent pas les obstacles qui retardent l'accouchement, et si d'ailleurs l'irritation et la faiblesse paraissent portés à un point dangereux, on ne doit pas balancer à terminer Taccouchement par les moyens convenables.
Convul- IV. Le col de la matrice est quelquefois assez sensible pour que les violences qu'il éprouve à l'occasion de l'accouchement donnent lieu à des accidens nerveux de diverse nature. Ceux qui
siens
ont la forme de convulsions hystériques ne sont ^^J"^^^,^^ pas à craindre j ils ne nuisent pas à l'accouche- étrang. or-
• T • 'ta gaûiques.
ment, et ne laissent ordinairement aucune suite fâcheuse : mais les convulsions épilepliques sont ^'f^*''^""" bien plus dangereuses, surtout lorsqu'en même temps l'orifice de la matrice est affecté de spasme, et résiste aux efforts de la tête de l'enfant. Dans ce dernier cas, les accès de convulsions deviennent d'autant plus fréquens et d'autant plus prolongés que le travail se développe davantage. Les attaques correspondent aux contractions de la ' matrice ; on peut les reproduire à volonté, en comprimant l'orifice de Yutérus. Après les premières, la femme tombe dans l'assoupissement le plus profond, et tout porte à croire que la tête est fortement injectée et menacée d'épanchement sanguin. Comme nous l'avons dit précédemment , rien n'est plus urgent que de terminer au plutôt un accouchement semblable ; et le seul moyen qui nous paraisse offrir quelques chances favorables, est la section d'un ou plusieurs points du contour de l'orifice de Vutérus.
Dans les quatre sortes d'accidens que nous ve- Moyens nous d'examiner , et qui peuvent rendre contre termine/ nature un accouchement d'ailleurs naturel s'il ^'^ccouche-
, . . . . ment clans
est nécessaire de le terminer artificiellement, on les quatre peut entraîner l'enfant par la partie qu'il pré- deosî* "^^"^ sente, si elle est susceptible de se prêter à l'extraclion, ou bien amener les pieds à l'orifice de la matrice. JXous avons déjà signalé quelques désavan-
CHA.P.IV. tages attachés à l'accouchement qui se fait par les ëtSmV°oÇ- parties inférieures du corps , et démontre que le ^"loT/betus P^'i"cipal est la compression du cordon ombilical ejdessecon- sur la tête de renfant. Cet inconvénient ne peut être éludé qu'à la faveur d'une dilatation trèsample ou très-facile de l'orifice de la matrice : l'accouchement par les pieds n'est donc pas préférable, quand on a d'ailleurs le choix, lorsque la nécessité de terminer le travail se fait sentir tandis que l'orifice de la matrice n'est pas complètement dilaté , ou lorsqu'il n'est pas extrêmement souple. Mais il est d'autres motifs qui peuvent détourner de pratiquer Vincersion de l'enfant, lorsque la partie qui se présente permet ' d'ailleurs de terminer l'accouchement. La main doit pénétrer dans la cavité de la matrice pouf aller saisir les pieds, qui, dans le cas supposé, ' sont sitiiés ordinairement très-loin : or , s'il s'a-
git d'une hémorragie, on est d'autant plus exposé à l'augmenter, que l'on ignore la situation du placenta , que la rdain peut être conduite vers le point qu'il occupe, et que , dans les manœuvres nécessaires, il est aisé de le séparer dans une plus grande étendue. Il est facile de sentir aussi que lorsqu'il s'agit d'un état d'irritation de la matrice , occasioné par la longueur de l'accouchement ; lorsque des convulsions violentes et réitérées dépendent de la sensibilité excessive et de la densité de l'orifice ,• que lors surtout qu'on a quelques raisons de craindre la rupture de cet
or^^ane, rinlroduclion de la main dans l'utérus, Chap.iv.
. . 1 • ' • J' corps
les violences qu'il peut devenir nécessaire a exer- ,5traiig. oi-
T 1 • ^' ganiques,
ccr pour accomplir la manœuvre projetée, peu- " y^eiM* vent avoir les plus fâcheuses conséquences. Enfin, etdessecon-
. . . . aines.
quelle que soit la raison pour laquelle il devient uécessaire de terminer l'accouchement lonj^- ; temps après l'évacuation des eaux, il ne faut pas perdre de vue que la matrice , uniformément contractée sur le corps de l'enfant, l'embrasse immédiatement et avec force, en se conformant à toutes les inégalités de sa surface : or, il faudra faire de grandes violences pour pénétrer jusqu'aux pieds j il n'est pas douteux que si l'accouchement peut être terminé en saisissant la partie qui se présente , on ne doive préférer ce parti. Dans tous ces cas , il est donc évident que si la tête de l'enfant est à portée, et située d'une manière favorable par rapport aux dimensions du bassin , on doit recourir à l'application du forceps plutôt qu'à l'inversion de l'enfant.