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Division de cavalerie, — Le général Digeon,
commandant.
¥ rég. de hussards, !«% 2«, 3«, 4« escadrons. 12« — — ler,2«, 3« —
13» rég. de cuirassiers, 1«'^,2«, 3®, 4* —
l«r régiment de hussards, détachement.
'i« de chasseurs à cheval, —
Artillerie — Le général Dewaujc, com^
mandant.
'^* d'artiilahe à pied.
28« compagnie.
Quatre compagnies de canonniers marins.
î*" d'artillerie à cheval, 7® compagnie.
9« et 13« compagnies d'ouvriers d'artillerie. 3* bataillon du train.
3» comi)agnie du 4^ bataillon (6ii)du train.
Compagnies provisoires du train.
9* bataillon du train des équipages.
Total général.
un riÉcEs
A S. A. S. le prince de B^névent, vice-graiid-élecleur.
Au quarcier-général, à Valencei le 13 a?ril 1914.
Monseigneur, Les papiers publics, dont le prince de Hesse-Hombonrg , «général en chef de Tarmëe autrichienne , qui est en face de moi, a bien voulu me donner connaissance , aROoecimt des événements de la plus haute importance. J^en attends vainement, depuis plusieurs jours, Tavis direct et officiel. Dans la cruelle incertitude uù me jette cette ignorance de tout ce qui se passe, position qui a les plus graves inconvénients pour mon armée, j'ai cru devoir provisoirement, et & tout événement, conclure avec le général en chef autriehien nne suspension d'armes jusqu^au retour d'un de mes aides-de-camp (le major Deleau), que j'expédie à Votre Altesse.; Je la prie de me faire connaître le véritable état des choses et de me réexpédier cet ofQeier dans le plus court délai possible. Ma position vis-à-vis l'ennemi et envers ma propre armée exige impérieusement que je sois fixé sur les événements qui se sont succédé depuis le 34 mars.
Le maréchal d'empire , AUfiEREAU',
ducdeCastigtîDne,
Rapport du général Dessaix sur l'attaque du fiMPt r£chise.
Carouge, le 20 mars 1814, 3 heures aprèft-midi.
Monseigneur, J'ai l'honneur d'udresser à Votre Excellence les détails de
JUSTIFICATIVES. .tH^Vli
l'attaque que reuueml a tentée, hier 19, sur te Tari de VCdtue : depuis plusieurs jours, il poussait des recooDaissaoces de cinq à dix hommes à cheval, jusqu'à la vue du fort. Les il et 18, ses patrouilles furent plus fréquentes ; enlin , le 19, Tennenii a fiait ses dispositions pour attaquer le fort. A neuf heures du jqiatin , un parlementaire s'est présenté de la part de Bubna, et a sommé le commandant du fort (M. le capitaine Bonnet, du S3« léger) de le rendre; le com mandatât a répondu avec cette noble fierté qui caractérise les braves, qu'il était officier français, que Thonneuret vingt-un ans de services lui faisaient un devoir de le défendre , et qu'il le défendrait jusqu'à la dernière extrémité ; le parlementaire parut recevoir cette réponse avec beaucoup d'humeur, et assuraque les dispositions étaient prises pour tirer sur le fort. Tirez tant qut vous voudrez^ répondit le capitaine, je vous répondrai. La canonnade a commencé par un feu très vif, qui , au bout de deux hemes, avait endommagé le pont-levis; les deux chaînes ont cassé Tune après l'autre, par Teifet du boulet; l'activité du commandant y a suppléé de suite par des cordages; le pont a été réparé autant qu'il a été possible dans le premier moment, et il le sera tout-à-fc<it demain.
L'ennemi s'était emparé des hauteurs de lu montagne avant que la troupe de renfort qui nous venait de Bellegarde fût arrivée, mais, dans l'après-midi , cette même troupi», aidée par les paysans, a repris ces positions vivement et en a culbuté l'ennemi ; nous n'y avons perdu qu'un seul homme, qui, emporté par le feu de l'action, s'est précipité malheureusement dans un ravin. On essaierait en vain de donner une idée de l'énergie, du courage et du bon esprit des habitants ; toutes les communes environnantes rivalisaient de zèle et d'amour pour la patrie. On cite surtout les communes de Sessery, Longeret et Léa.
\XVU1 PIÈCES
M. Béatrix, adjoint du maire de Collonges et, ancien oommandant de la garde nationale, s'est mis lui-méme& la tète des habitants, et a partagé avec eux et nos soldats les périls et la gloire de cette journée : son exemple est suivi par toute la population de ces contrées, les maires le donnent à leur tour; je citerai avec plaisir, parmi ces derniers, M. de Serraval, maire de Viry ; il a lui-môme servi de guide à mon aide-decamp M. Nass, chargé par moi de conduire et faire placer une batterie composée d'une pièce de douze et une de quatre, qui a été établie cette nuit sur la rive gauche du Rhône, en face du fort, et que j'ai fait soutenir par une compagnie d*infanlerie ; ces deux pièces assurent la défense de la place, si l'ennemi était tenté de s'y présenter de nouveau.
L'artillerie du fort a paru faire du mal à l'ennemi, on a vu enlever beaucoup de blessés ou tués par les boulets et la mitraille, nousjleur avons démonté une pièce de canon et unobusier; nous avons à regretter, dans cette journée, deux hommes tués et six blessés, dont trois le sont légèrement.
L'éloignement progressif du feu des bivouacs de Tennemi a fait penser qu'il se disposait à la retraite pendant la nuit. Le commandant du fort se loue beaucoup des canonniers qui ont servi sej pièces ; il mérite lui-môme les plus grands éloges, non-seulement pour sa bravoure, mais pour le zèle et le talent avec lesquels il sait tirer parti de l'esprit public qui règne autour de lui; il a distribué des fusils et des cartouches aux militaires retraités et à beaucoup de paysans qui accourent de bonne volonté pour s'armer et aller faire feu sur Tennemi; toutes les communes prennent les armes ou en demandent, et le tocsin sonnera partout au premier signal.
L'eimemi a fait tirer quelques coups de canon et plusieurs coups de fusil sur un groupe de femmes et d'enfants que la curiosité avait conduits au bord du RliônC; heureusement par-
JDSTinCATIVËS. XXft «
sonne n'a été blessé. Cette conduite doit apprendre aux Français ce que Ton peut attendre de ces hommes barbares qui , par un raflTineraent de perfidie, s'annonçaient comme les libérateurs de la France î
Agréez, monseigneur, l'assurance des sentiments respectueux avec lesquels je suis votre très humble , très obéissant serviteur.
Le général de division, comte DESSAIX.
P. S. Au moment où je clos ma lettre, trois heures après midi, j'apprends que l'ennemi est rentré dans Genève et que les avant-postes sont à une lieue en-deçà du fort.
Dans l'affaire qui a eu lieu sur la montage du fort TEcluse, un des paysans a été blessé à la jambe.
Note B.
Le général Dessaix, intrépide soldat et oflBcier-général de mérite, qui, malgré ses blessures et l'état de sa santé, combattait depuis le commencement de l'invasion, abandonna tout-à-coup Tarmée pour entrer à Genève. Dans la nuit du 22 au 25 mars, sa UUe, mariée dans cette ville, lui apporta un sauf conduit du comte de Bubna. Dessaix fit appeler le colonel du 18*, commandant la brigade en po2>ition à Garouge. 1! était revêtu d*habits bourgeois. « Colonel, lui dit-il, l'empereur est trahi par ses maréchaux, il n'y a plus rien à faire pour les vieux défenseurs de la France, tâchez de vous en tirer. » Mon général, répond le colonel de Cubières, lesjennes se feront tuer jusqu'au dernier.
Il est d'après celaabsolumenl impossible d'admettre, avec les auteurs militaires, (]iie le général Dessaix battit en retraite, prit position à la Chavanne, etc., etc. Aucun rapport de Des-
%\\ PlKf.BS iOSTinCATIirES.
saix, postérieur à œl^ii du M ftiaps, ne ») trouve aux archî-^ ves, ce qui ;$'explique très-bien par œ que nous venons de (lire. Nous croyons donc que le récit de la retraite de la division Marchand est entaché de grandes erreurs, dans les ouvrages de MM. Koch et Vaudoucourt.
Note C.
Nous n^avons pu trouver nulle part aucune trace officielle des opérations du général Serrant après le 23 mars ; comme nous ne voulons écrire que d'après des documents [K)silirs, nous avons cru devoir laisser au général Vaudoucourt la responsabilité du récit qu'il fait du combat du pont de laCailfe. Nous sommes fondé à croire aussi que cet auteur, lorsqu'il parle des positions occupées entre Montmeillan et les Echelles par Serrant, à la fin de mars, et à la Chavanne, par Dessaiï, est encore dans Terreur. Peut-être confond-il les positions tenues par la division Marchand à la fin des opérations, avec celles occupées par ces mêmes troupes au commencement des hostilités, lors de la reprise de Toffensive.
En tout cas, comme presque toutes les forces du général Marchand étaient, après la retraite de Carouge , ooQGentrtes autour de Grenoble, vers Voiron et Voreppe, c'est sur œs points que nous avons porté principalement nos investigations.
FIN DES NOTES ET PlèCBS IDSTinCATIVai.