COMPOSITION DE LA RATION DE DÉBARQUEMENT
5 livres de biscuit.
2 livres de viande cuite.
I ration de fromage.
I demi-litre de vin et un demi-litre d’eau , dans les bidons de fer-blanc.
I litre d’eau saturée d’un huitième d’eau-de-vie. lo onces de riz.
Note F.
M. de Kerdrain communiqua le soir même avec M. r amiral, et, le 26 à midi, la Proi^ence revira de bord pour aller à la rencontre de la frégate turque. Etant à son travers, elle lui fit un salut de vingt-et-un coups de canon, auquel il fut répondu immédiatement.
Taher-.Pacha vint à notre bord; l’équipage était en tenue, et la grade sous les armes ; M. l’amiral attendait sur le pont, précédé par son capitaine de pavillon , et accompagné de l’état-major de l’armée d’expédition.
Taher-Pacha avait à sa suite deux drogmans ; sa figure est régulière et calme , son regard vif et pénétrant ; ce n’est point un turban qui couvre sa tête , il porte le bonnet grec; sa démarche est lente et ses manières affectueuses.
Nous apprîmes par Taher-Pacha (il parle l’italien avec une grande facilité), qu’il avait quitté Constantinople dans les premiers jours d’avril, et avait d’abord relâché à Tunis, où il n’était resté que quatre jours, pour de là se diriger sur Alger, avec mission de la Porte d’amener le dey à des accommodemens ; cependant il n’avait pas pu communiquer , parce qu’en effet les ordres de M. le capitaine de Massieu , commandant le blocus , s’y opposaient.
Taher-Pacha resta une demi-heure à bord, où il accepta le café que lui offrit M. Tamiral ; toutefois , pendant cet entretien , l’aspect imposant de cette innombrable armée (l’escadre) l’avait vivement frappé; son regard annonçait une sorte de préoccupation , et nous remarquâmes à deux ou trois reprises qu’il avait fixé les fenêtres de la dunette , comme pour s’assurer que sa frégate ne quittait pas sa position.
Taher-Pacha continua sa route vers Toulon. Sa visite, dont on ignorait le motif, devint pour le reste de l’escadre le sujet de commentaires et de conjectures sans fin.