ORDRE
Pour le service dans les bdtimens-écuries .
L^officier ou le sous-ofBcier le plus élevé en grade ou à grade égal le plus ancien aura la surveillance dans chaque bâtiment-écurie de tout ce qui aura rapport à la nourriture et aux soins à donner aux chevaux et mulets embarqués.
Dès que rembarquement sera fait , cet officier ou sous-officier établira un contrôle signalétique des chevaux ou mulets, indiquant le corps ou l’officier auxquels ils appartiennent; il établira aussi un état nominatif des hommes de troupe et des domestiques préposés à la garde et au pansage des chevaux et mulets, et s’assurera de leur présence à bord au moment du départ.
L’officier ou le sous-officier reconnaîtra les quantités de fourrage chargées à bord, ét s’assurera qu’elles sont dans la proportion d’un mois d’approvisionnement, à raison de :
4 kilog ammes de foin pressé; 4 kilogrammes d’avoine ; 2 kilogrammes d’orge moulue.
Il fera faire tous les matins la distribution du fourrage pour la journée, dans la proportion indiquée ci-dessus.
11 veillera à ce cjue le pansage soit fait aussi bien et aussi exactement que possible, et à ce que la plus grande propreté soit maintenue à bord.
En cas de mort d’un cheval ou mulet , l’officier*
ou sous-officier en dressera de suite un procèsverbal , présentant toutes les indications portées sur son contrôle signalétique : celle du corps ou du propriétaire du cheval , du nom du soldat ou domestique chargé du cheval ou mulet, et de la cause de la mort. Ce procès-verbal sera signé par le soldat ou domestique, lequel fera sa croix devant témoins s’il ne sait signer.
Au moment du débarquement, l’ofiScier ou sous-officier s’assurera que la totalité de l’approvisionnement des fourrages qui n’aura pas été consommée soit débarquée et livrée au magasin de l’armée ; ou s’il n’était pas possible que cette totalité fut débarquée, il fournira un état constatant les quantités restantes à bord du bâtiment. Cet état sera signé par le commandant du navire.
Après le débarquement , l’officier ou sous-officier adressera au chef de l’état-major général et à l’intendaflt en chef de l’armée son rapport sur tout ce qui aura été relatif à l’exécution du présent ordre pendant la traversée.
RAPPORT
général en chef.
D’après l’opinion de la marine , le débarquement du matériel de l’administration ne pourra , quel que soit le temps le plus favorable que l’on puisse espérer à la côte d’Afrique, être fait sur un point concentré. La célérité qu’il sera nécessaire d’apporter à cette opération forcera les chaloupes à se diriger sur la partie de la côte la plus à portée de chaque bâtiment, et sur laquelle d’ailleurs le vent les dirigera le plus promptement possible.
Ce matériel, qui est très-considérable, puisqu’il comprendra plus de 80,000 colis, se trouvera donc réparti, sans ordre, sur une étendue de côte d’une demi-lieue et peut-être plus , et il faudra que l’administration s’occupe de suite à faire transporter et réunir chaque nature de denrées ou de matériel sur le point qui sera affecté à chaque service.
Il est à présumer d’ailleurs que cette opération se fera de nuit comme de jour, et il est indispensable de prendre à l’avance toutes les précautions possibles pour éviter la confusion ou le désordre.
J’ai pensé qu’un des moyens à employer pour obvier à cet inconvénient serait d’élever, sur les points de la côte où devra être réuni chaque nature d’objets, des fanaux de nuit et de jour, com-
posés d’un guidon ou petit drapeau et d’une lanterne au-dessous , le tout placé au bout d’un mât de quinze à vingt pieds , planté en terre et assujetti par des cordes et des piquets.
Les guidons ainsi que les verres des lanternes seraient de couleurs différentes, dont la combinaison indiquerait la nature des objets réunis sur chaque point ;