NEUVIÈME ÉPOQUE
DEPUIS l'UNIO.V des DEUX CANADAS EN 1840, JUSQU'a LA CONFÉDÉRATION EN 1867.
LE CANADA ÉCHAPPE A l'aBSORPTION.
Avec l'Union, la Nationalité canadienne semblait devoir succomber. L'encouragement donné à l'émigration, joint aux entraves mises à la colonisation, ne pouvait que hâter sa ruine. Cependant, elle sort de cette dernière épreuve plus vivace que jamais. Les événements de cette Epoque sont connus ; qu'il suffise de les rappeler. Le 8 Avril 1841, s'ouvre à Kingston le nouveau Parlement, et M'' Cuvilller est
L'H^^'L.B.ViGER.
L'Hl.J.P AFIN EAU,
SirH. Lafontaine.
Si?. E. P Tache
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nommé Orateur de l'Assemblée. A la suite de cette Session, le D"" Meilleur, l'un des fondateurs du Collège de l'Assomption, devient Surintendant de l'Education pour le Bas-Canada. Cette même année, le pays voit arriver les Oblats et reçoit la visite de Mgr. TEvèque de Nancy qui ouvre à Montréal une Retraite restée célèbre. Lord Sydenham étant mort sur ces entrefaites, il est remplacé par Clitherowe d"abord et ensuite par Jackson. — L'année suivante, arrive Sir C. Bagot, en qualité de Gouverneur. Lafontaine, une des plus fortes têtes du parti réformateur, monte au pouvoir et le Ministère responsable est inauguré. Cette même année, Toronto est érigé en Diocèse ; les Frères des Ecoles Chrétiennes, appelés en Canada en 1837 par le Rév. M' Quiblier, ouvrent des classes à Québec. Dans le même temps, reviennent au pays les Pères Jésuites ; leur retour coincifle avec l'arrivée des Dames du Sacré-Cœur. — Sir C. Bagot est remplacé en IS4.3 par C. T. Metcalfe. Le Siège du gouvernement est alors transporté à Montréal ; le Ministère Baldwin-Lafontaine fait place à cekii de Draper-Viger ; M"' E. Caron est nommé Président du Conseil, comme l'avait été avant l'Union M"^ F. Baby. Cette même année voit naître à Longueuil l'Institut des Sœurs des SS. Noms de Jésus et de Marie. sous l'administration de Mgr Bourget, successeur de Mgr. Lartigue. M"' Bibaud, si justement apprécié pour ses œuvres littéraires, donne la seconde édition de son Eisloire du Canada, — Après de nouvelles élections, les Chambres se réunissent au mois de Novembre 1844. Cette même année, dix ans après la formation de la S' Jean- Baptiste ])nr M'' L. Duvernay, fondateur de la Minerve, Tun des journaux les plus estimés du pays, Québec est érigé en Métropole ecclésiastique. Les Sœurs du Bon-Pasteur d'Angers s'établissent à Montréal. — L'année 1845 est marquée par un vaste incendie qui dévore une partie de la ville de Québec. Vers le même temps, Metcalfe repasse en Angleterre poi,ir cause de santé et a pour successeur le Comte de Cathcart. — Au mois de Mai 1846, le Ministère Draper-Papineau succède à celui de Draper-Viger. Alors est reprise l'exploitation des mines du lac Supérieur. Pendant que deux nouveaux Evêchés sont érigés, l'un à S' Boniface et l'autre à "Vancouver, le Collège Joliet prend naissance et est confié aux Clercs de S* Viateur ; la Société de S' Vincent de Paul est établie à Québec et s'étend ensuite à Montréal. — L'année 1847 devient tristement célèbre par l'apparition du typhus qui fait les plus grands ravages dans le pays, particulièrement à Montréal. Nombre de Prêtres et de Religieuses sont victimes de leur charité. Cette même année, arrive un nouveau Gouverneur dont les vues larges et l'esprit impartial devaient rappeler les Carleton et les Prévost. Après avoir dissous les Chambres, Lord Elgin convoque les Collèges électoraux qui se prononcent en faveur du parti libéral. Dans le même temps, un nouvel Evéché est érigé à Bytown (Ottawa); le Collège Masson est fondé : les Pères de S' Croix s'établissent à S* Laurent. Alors aussi est inauguré le Télégraphe électrique entre Québec, Montréal et Toronto. — Le 24 Janvier 1848, a lieu l'oviverture des Chambres. Lafontaine et Bald^^yn sont au Ministère : le choix de l'Orateur de l'Assemblée tombe sur M'' A. N. Morin.avPcl'Hble D. B. Viger, l'une des plus nobles figures de cette époque. Cette même année, les Sœurs-Grises fondent une maison à Québec, pendant que l'Institut des Sœurs de la Miséricorde prend naissance rà Montréal. — L'année 1849 est témoin d'une éclatante réparation: une indemnité est accordée aux victimes de 1837. Cette justice n'étant pas du goût des hommes outré?, les plus violents se livrent au pillage età la dévastation. Le Parlpment est incendié et la riche Bibliothèque, formée par les soins de M' Faribault, est détruite ; plusieurs
maisons sont saccagées. Après avoir exercé leur fureur contre leséflifices, les émeutiersportent l'e.xcès jusqu'à insulter le Gouverneur. Cette même année, les Jésuites ouvrent le Collège S'« Marie. — L"année suivante, l'Eglise Canadienne a la douleur de perdre Mgr. Signay qui a pour successeur Mgr. Turgeon. Cette même année, Mgr. Baillargeon donne naissance au Bon-Pasteur de Québec. — L'annéQ 1851 vùits"ouvrir le premier Concile provincial. Yers la lin de cette même année, le 24 Décembre, s'ouvre aussi le quatrième Parlement du Canada-Uni. Lafontaine est remplacé au Ministère par Hincks, plus tard Gouverneur aux Antilles. — Après a^•oir passé par les flammes en 17C5, Montréal est de nouveau le théâtre d'une vaste conflagration qui réduit en cendres une partie de la ville. Cettemêraeannée, sont jetés les fondements de TUniversité-Laval, Institution appelée à maintenir le niveau des études et à faire la gloire du jiays. Deux nouveaux Evéchés sont aussi créés, l'un à S' Hyacinthe et l'autre aux Trois-Rivières. — Le Canada a Thonneur de recevoir, en 1 853, la visite de Mgr. Bedini, Nonce Apostolique au Brésil. Sa présence à Montréal coïncide avec celle de l'apostat Gavazzi, dont le passage est marqué par une émeute. Cette même année, pendant que les Sœurs de S"' Anne et de l'Assomption donnent naissance à leur Institut et que les Sœurs de la Présentation arrivent dans le pays, le chemin de fer, commencé en 1836 est étendu d'une province à l'autre, et bientôt, grâce à ces nombreuses voies ferrées et aux canaux de la Chine, deBeauharnois, deCornwall, de Welland, etc., les communications deviennent partout faciles. Alors aussi, le Bas-Canada déjà divisé en sept Districts, dont ceux deGaspé, Kamouraska, St. François et Outaouais, ajoutés aux trois précédents, est encore sulxlivisé en 58 Comtés. — Après sept ans d'une administration justement appréciée des Canadiens, et iiendant laquelle sont sanctionnés les Bills qui mettent lin à la Tenure-Seigneuriale et sécularisent les résen-esdu Clergé, Lord Elgin passe au gouvernement des Indes et a pour successeur Sir E. "\V. Ilead. Cette même année, a lieu le second Concile de Québec. Les Chambres s'élant réunies vers le même temps, M"' L. V. Sicotte, depuis Juge, est nommé Orateur de l'Assemblée. — L'année suivante, comme au temps de la victoire de Trafelgar, de grandes réjouissances ont lieu à l'occasion de la prise de Sébastopol. La Proclamation du dogme de l'Immaculée Conception de Marie ne fait qu'ajouter à la joie des Canadiens-Français. La Capricieuse, frégate française, étant alors venue mouiller dans les eaux de Québec, les citoyens de cette ville profitent de la présence des officiers pour inaugurer le monument élevé aux braves de 1760. Cette même année, 1855, pendant que le Canada est représenté à l'Exposition Universelle, le Conseil est rendu électif; la Milice active est organisée : les Municipalités de Paroisses sont étendues aux campagnes. — En 1856, M"' E. P. Taché, l'une des gloires du Parlement canadien et l'un des plus francs Catholiques du pays, devient premier Ministre. Dans le même temps, deux nouveaux Diocèses sont érigés, celui d"Hamilton et celui de Sandwich. Alors aussi arrivent les Sœiu'S de Jésus et Marie. Commencé trois afts auparavant, l'Aquéduc de Montréal est terminé. — Sir E. Head étant passé en Angleterre, Sir W. Eyre prend les rênes de l'administration. Cette même année, l'Hble.G. Cartier, l'un des plus grands hommes d'Etat qu'ait produit le Canada, devient premier Ministre ; M"' N. Belleau qui, plus tard, devait être fait Baronet, ainsi que MM. Lafontaine et Tache, est nommé Président du Conseil. Yers ce même temps, sont inaugurées à Québec et à Montréal les Ecoles-Normales ; la décentralisation judiciaire est aussi opérée. — Ajirès de nouvelles élections, arrive le Ministère éphémère de G.
Brown. Dans le même temps, est ouverte à S»« Anne une Ecole d'agriculture. Mgr. Ecran succède à Mgr. Phélan sur le Siège de Kingston, précédemment occupé par Mgr. Gaulin. — Pendant que MM. Falardeau, Plamondon et Hamel, ainsi que, bientôt, M'' Bourassa, honorent le pays, en se faisant un nom dans la peinture, M"" Garneau. homme de génie, le fait connaître au loin, en donnant la troisième édition de son Histoire du Canada, i Celte même année, est formé le Conseil de l'Instruction publique par les soins de l'Hble. P. Chameau, successeur du D'' Meilleur, et auteur d'Eugène Guérin. Vers le même temps, le commerce avec l'étranger ayant pris une grande extension, nombre de Puissances accréditent des Consuls à Québec et à Montréal pour veiller aux intérêts de leurs nationaux. — La visite du prince de Galles en 1860 est pour tout le pays l'occasion de brillantes réjouissances. Alors est inauguré à Montréal, avec le palais de Cristal, le pont Victoria, une des merveilles de ce continent, ainsi que celui de Niagara. L'apparition à Québec du Greal- Easlern, 52 ans après la construction du premier steamboat canadien, et 3 1 an après celle du bateau à vapeur qui le premier ait traversé l'Océan, ne fait qu'ajouter à l'allégresse universelle. Cette même année, ont lieu en plusieurs villes des démonstrations en faveur du Pouvoir temporel du Pape. Vers le même temps, Mgr. J. Larocque succède à Mgr. Prince et Mgr. Lynch à Mgr. de Charbonnel. Alors aussi prend naissance le Collège des Trois-Rivières. — L'année suivante, ariive le "V" Monk, le 20« Gouverneur anglais depuis la cession du Canada. Peu après son arrivée, ce Gouverneur convoque le Parlement, et M"' J. E. Turcotte est choisi pour Orateur de la Chambre. Cette même année les Religieuses de l'Hotel-Dieu de Montréal quittent leur antique Monastère pour aller occuper des édifices plus spacieux au pied de la montagne. Alors aussi, le regretté M'' Ferland publie le 1" volume de son excellent Cours d'histoire du Canada, 25 ans après la première Histoire du pays par Perreault. — Déjà en possession de plusieurs Banques, d'Institutions charitables telles que Salles-d'Asile, Ecoles de Sourds et Muets, etc., et d'Instituts littéraires : Cabinet de Lecture, Institut-Canadien-Français, Union-Calholique, etc., Montréal est encore doté en 1862 de la Banque Jacques-Cartier et d'mi Télégraphe d'Alarme. Cette même année, le Canada reçoit la visite de y)lusienrs personnages de distinction, entr'autres celles des princes Alfred, do Joinville et Napoléon Bonaparte. Vers le même temps, les Trajtpistes s'établissent dans le pays. — L'année suivante, s'ouvre le troisième Concile de Québec. Les Chambres s'étant aussi réunies. M"' N. F. Tessier, un des plus éminents citoyens de Québec, devient Président du Conseil. Alors, déjà riche des écrits de M' E. Parent, des poésies de M"' Crémazie, etc., le pays s'enrichit encore des Anciens-Canadiens, ouvrage remarquable dû à la plume de M' de Gaspé, contemporain des Moquin, des Vatlières, des Painchaud, etc., dont il se plaît à rappeler les mérites. Cette même année, un an après l'apparition du Verger-Canadien par le Rév. M"' Provencher, et pendant que les Sœurs du Précieux-Sang jettent les fondements à S' Hyacinthe de leur nouvel Institut, M^ J. LeMoine, autre érudii distingué, commence la publication de ses Meaple Leaves. — L'année 1819 et 1837 avaient été marquées, l'une par une grande obscurité et l'autre par la Proclamation de la loi martiale ; celle de 1864 devient célèbre par des faits d'un autre genre : la catastrophe de
l Pour les dernières Epoques, nous n'avons fait que suivre cet éminent Historien.