SAIGNÉE DU BRAS
Fig. 1. ANATOMIE.
La peau et le tissu adipeux qui recouvrent les veines du pli du bras ont été enlevés , ainsi que l’aponévrose antibrachiale subjacente, 2, afin de montrer les rapports que les parties profondes affectent avec les veines superficielles. Ces dernières sont, de dehors en dedans :
A, Veine radiale, accompagnée par quelques filets nerveux, a, provenant du nerf musculo-cutané.
B, Veine médiane céphalique, croisée par le rameau interne, b, du nerf musculo-cutané.
C, Veine céphalique, formée par la réunion des deux précédentes ; son bord interne est longé par le nerf musculo-cutané, c.
D, Verne médiane commune et filets, d provenant des nerfs musculo-cutané et cutané intofne.
E, Veine médiane basilique, croisée par la branche antibrachiale, c, du cutané interne. Plus volumineuse et plus superficielle que les précédentes, elle marche, dans sa moitié externe , parallèlement à l’artère humérale, F , dont elle est séparée par l’expansion aponévrotique du biceps, G. Elle est croisée en haut et en arrière par le nerf médian , H.
I, Veines cubitales; M, Veine basilique, naît de la réunion de la médiane basilique avec les cubitales . N , nerf bra-
Tiff! "
Fig. 2. procédé opératoire.
Le malade étant assis ou couché , l’opérateur, muni d’une petite bande en fil ou mieux en drap , place d’abord son plein sur la partie .antérieure du bras , à trois ou quatre travers de doigt au-dessus du pli du coude, et en ramène les deux chefs sur le côté externe du bras , où il les fixe par une simple rosette. Pendant que les veines se gonflent sous l’influence de cette constriction , assez modérée toutefois pour ne pas empêcher de sentir le pouls au poignet, le chirurgien prépare une petite compresse ployée en quatre pour le pansement , et arme sa lancette pour l’opération , e’est-à-dire qu’il l’ouvre de façon que la lame fasse uu angle un peu obtus avec sa châsse ; après quoi il la place dans un endroit à sa portée , ou bien encore saisit le bout de la châsse entre les dents , de manière que la main qui opérera puisse facilement saisir l’instrument par le talon.
Alors le chirurgien reprend le bras du malade , le place dans l’extension , et fixe la main sous 3on aisselle gauche , si c’est sur le bras droit qu’il opère, et vice versa, si c’est sur le bras gauche; puis, au moyen de douces frictions , il fait remonter le plus de sang possible dans la veine, qu’il maintient avec le pouce de sa main gauche, en même temps que les quatre derniers doigts saisissent le membre et se placent en arrière pour tendre la peau. Cela fait, l’opérateur prend le talon de sa lancette entre le pouce et l’index , et se sert des autres doigts pour s’en faire un point d’appui sur le bras , au moment où il va piquer la veine. L’ouverture de la veine doit se faire en général par simple ponction, et obliquement à la direction des veines, a, a' , a". Aussitôt après la piqûre , le sang jaillit avec plus ou moins de force , et on facilite son écoulement en faisant presser dans la main dii malade un lancetier, une bande roulée , un étui , etc. Lorsqu’on a obtenu la quantité de sang désirée , on arrête la saignée en appliquant le .pouce de la main>.gauche sur l’ouverture de la veine , pendant qu’on enlève la ligature du bras. Après avoir nettoyé les parties souillées do sang, on applique sur la plaie , à la place du pouce, une petite compresse ployée en quatre , qu’on maintient au moyen d’une bande disposée en 8 de chiffre , et dont on assujettit le bout avec une épingle.
La saignée du bras offre quelques particularités relatives au choix de la veine et de la lancette. On peut saigner toutes les veines du pli du bras, quand elles sont bien apparentes sous la peau. Cependant c’est ordinairement aux médianes basilique A ou céphalique B qu’on s’adresse. Ce que nous avons dit précédemment peut être appliqué à la saignée delà médiane céphalique; mai3 quand la médiane basilique
ou In seule apparen to et qu’on est forcé do la piquer, il convient à I
en général , faire la piqûre à la partie inférieure^ la veine, para i que là elle est séparée de l’artère par l’expansion aponévrotiquè du biceps. Si au moment de pratiquer la ponction on recommande nu I malade de contracter son bras , comme s'il voulait attirer l’opérateur à lui , on obtient , par suite de la contraction du biceps , une tension i plus forte de son expansion aponévrotiquè, qui soulève davantage h veine médiane basilique , et l’éloigne d’autant plus sûrement de l’artère qui est placée au-dessous et qu’on veut éviter.
I-a lancette à pointe large et brusquement terminée, dite à grain d'orge (PI. 5, fig. 1 ) , fait une ouverture plus large, et convient dans le plus grand nombre des cas; la lancette pointue, dite à grain d'avoine ( fig. 2), et celle très-pointue, dite à langue de serpent .% 3), sont employées lorsque les veines sont très-profondes et recouvertes di graisse : on recommande , dans ce dernier cas , d’élargir la plaie ds la veine en faisant éprouver à la pointe de la lancette un mouvement ’ d'élévation ou do bascule qui succède à celui/de ponction.
Piir ce moyen , on favorise l’écoulement du sang et on prévient le ’j thrombus, c’est-à-dire son épanchement dans le tissu cellulaire sous-