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OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE GLOBE OCULAIRE

Nous nous bornerons à rappeler et décrire succinctement les parties constituantes du globe oculaire qui ont quelque importance au point de vue des opérations pratiquées sur cet organe. Eu procédant de la périphérie vers le centre de l’organe on rencontre :

La conjonctive , membrane fine et vasculeuse qui , après avoir recouvert la face interne des paupières, se replie sur le globe de l’oeil pour tapisser toute la portion visible de la sclérotique et la cornée. A l’angle interne de l’oeil elle forme un cul-de-sac assez profond avant de se replier sur la solérotique. La cornée transparente est intimement unie à la sclérotique. Elle est constituée par des lames superposées entre lesquelles les instruments peuvent s’engager quand ils n’y sont point plongés par une ponction assurée. Elle est dure et résistante ; les incisions qui se pratiquent sur cet organe nécessitent l’emploi d’instruments parfaits.

La sclérotique s’étend du nerf optique à la cornée transparente. Cette enveloppe est blanche et nacrée ; d’une consistance élastique et résistante, aussi faut-il la pénétrer par une ponction brusque et assurée en présentant la pointe des instruments bien perpendiculairement à sa surface. C’est sur la sclérotique que les muscles de l’œil prennent leur insertion mobile.

La choroïde tapisse la face interne de la sclérotique à laquelle elle adhère faiblement. Cette membrane est composée de deux feuillets distincts, l’un interne, entièrement constitué par du pigment, l’autre externe et essentiellement vasculeux. C’est entre la sclérotique et la choroïde que rampent les vaisseaux et nerfs ciliaires.

Les artères ciliaires longues qui se rendent & l’iris sont au nombre de deux : l'une interne, l’autre externe. On les rencontre entre la sclérotique et la choroïde dans le plan du diamètre transversal du globe et horizontalement dirigées d’arrière en avant. Pour éviter leur lésion, il faut piquer la sclérotique au-dessus ou au-dessous du diamètre transversal de l’œil.

Entre la choroïde, la sclérotique et l’iris, au niveau de la grande circonférence de la cornée, se trouve le cercle ciliaire sous la forme d’un anneau grisâtre. Il est essentiellement vasculaire et tissu de filets

nerveux anastomosés entre eux. Les instruments plongés dans l’oeil doivent l’éviter.

Les procès ciliaires, plis constitués par le feuillet interne de la choroïde, flottent derrière l'iris et entourent la circonférence du cristallin avec lequel ils n’ont aucune adhérence intime.

L’iris, diaphragme situé entre la cornée transparente et le cristallin, sépare cette portion antérieure du gloh'e oculaire en deux chambres: l’une, anterieure , comprise entre la cornée et l’iris ; l’autre, postérieure, comprise entre l’iris et le cristallin. La distance qui sépare la cornée de l’iris est vers le oentre de deux à trois millimètres. La distance gui sépare l’iris du cristallin est d’un millimètre, et souvent il y a contact , ce qui rend le passage des instruments entre ces deux organes très-périlleux pour l’un et pour l’autre.

Les deux chambres communiquent entre elles par \a, pupille, ouverture circulaire placée au centre de l’iris. La grande circonférence de l’iris est en rapport avec le cercle ciliaire, dont on peut facilement la récoller. Cette disposition anatomique a été utilisée pour les opérations de pupille artificielle. L’iris flotte librement dans le milieu de l’œil aussitôt que les instruments par leur présence ont détruit l’équilibre de pression des liquides qui le maintenait en place. Aussi faut-il redouter les lésions de cette membrane et pénétrer dans la chambre antérieure avec précaution en opérant la cataracte par extraction.

On a diversement. expliqué, par des idées théoriques sur la structure de l’iris, les mouvements de la pupille. Nous indiquerons les théories qui ont donné naissance à quelques procédés particuliers pour l’opération de la pupille artificielle. On connaît l’action de la lumière et de la belladone sur l’iris; nous indiquerons également les cas dans lesquels on peut- utiliser oes deux agents.

Le cristallin, situé derrière l’iris , se présente sous la l'orme d’une lentille biconvexe. Il est constitué par des couches concentriques d’inégale densité, qui sont d’autant plus solides qu’on se rapproche du centre de la lentille. . La couche la plus extérieure est presque liquide et a reçu le nom d’humeur de Morgagni. La couche la plus concentrique, ou noyau, est d’une consistance gommeuse et facilement écrasable sous le doigt. Par la pression , le cristallin se segmente facilement en triangles ayant leur sommet à son centre. Ces segments peuvent être isolément frappés d’opacité, ou.bien présenter ensemble différents degrés d’opaoité,. ce qui donne h certaines cataractes leur caractère étoilé ou marbré. La facilité avec laquelle le cristallin se divise rend assez délicate la manœuvre de l’abaisse-

Le cristallin est enveloppé par une capsule ou membrane qui , par

ses adhérences aveola membrane hyaloïdienne et son contact avec les procès ciliaires, maintient la lentille en place. Ces rapports rendent souvent difficile l’abaissement en masse de l’apipareil cristallinien dans les cas de cataracte générale. Dans les cas de cataracte laiteuse ou lenticulaire, il suffit de dilacérer la capsule pour qu’elle laisse éehap-per son contenu.

Derrière le cristallin se trouve le corps vitré , masse gélatiniforme qui remplit les quatre cinquièmes postérieurs du globe oculaire. Une membrane extrêmement mince, la membrane hyalotde, enveloppe le corps vitré, et, par des prolongements multiples, le cloisonne en cellules isolées et de formes variables. Pour faciliter l’abaissement de la cataracte, il est souvent nécessaire de rompre avec l’aiguilleles cellules hyaloïdiennes.

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