‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicaleChapitre 67 sur 142 · LA TROMPE D’EITSTACHE. (PL · texte numérisé non relu

LA TROMPE D’EITSTACHE. (PL

et PL. 34, fig. 1.)

Rappelons ici que la trompe d’F.ustache est un conduit long de 4 à 5 centimètres, présentant une ouverture, c, pl. 43, ng. , regardant en bas, en dedans et en avant; ouverture située en arrière du méat et du cornet inférieur, a. On peut donc atteindre cet orifice de la trompe soit par la bouche, soit par les fosses nasales. La fig. 1, pl. 38, représente une sonde de M. Deleau.d, couchée sur le plancher des fosses nasales etintroduite en e.dansl orifice pharyngien de la trompe d'Eustache.

Le cathétérisme de la trompe a pour but de la desobstruer. On obtient ce résultat par des injections d’air ou de liquides médicamenteux.

Méthode de Guyot. - En 1724, Guyot. maître de poste it Versailles, tenta le premier avec succès le cathétérisme de la trompe d’Eustache. Il introduisait une sonde dans la trompe en passant par la bouche. Ce procédé eut d’abord de nombreux partisans mais en 1741, Clcland fit le cathétérisme parle nez, et le procédé de Guyot fut, dès-lors, généralement abandonné.

Méthode de Cléland. — Procédé ordinaire. — On le pratique avec une algalie en argent, assez fine et ayantla courbure d’une sonde d'e femme (voy. instrum., pl. X, fig. 8). Le ma'ade étant assis, la tête légèrement renversée en arrière, et maintenue immobile par un aide placé derrière lui, l’opérateur saisit de la main droite

l’algalie préalablement huilée, puis il l’introduit par îa narine située du côté de la trompe à sonder, en la glissant sur le plancher des fosses nasales jusqu'au niveau du voile du palais. Dans ce premier temps de l’opération , le bec de la sonde est tourné en bas et un peu en dehors.Après un trnjétde six à sept centimètres, le bec de la sonde heurte le voile du palais, ce qui produit une sensation désagréable au malade et provoque un mouvement subit de dégluti lion. Il faut alors tourner légèrement le bec de ia sonde en dehors et en haut, par un mouvement de rotation imprimé à la tige qu’on maintient toujours accolée à ia paroi externe de la narine. On exécute ensuite délicatement des petits mouvemens de va et vient pour engager le bec de la sonde dans le pavillon de la trompe. Le succès est indiqué par la fixité de l’instrument et par la sensation particulière que ie malade éprouve dans l’oreille Pour pratiquer les injections, il suffit de maintenir la sonde immobile en la pinçant avec la narine entre les doigts , et d’engager' dans le pavillon l’extrémité d’une petite seringue.

Procédés de M. Deleau — (voy. pl. 38, fig. X). Au lieu d’une algalie d’argent, M. Deleau se sert d;une sonde flexible en gomme élastique qui peut être dégagée plus profondément dans la trompe sans arc-bouter contre les parois flexueuses de ce conduit (voy. instruis., pl. X, fig. 11). Uii tnahdrih fixé dans la sonde sert à Ja maintéhir et à lui donner la cdiirbiire convenable. L'extfémiié du mandrin dépassant la sonde, s’engage d’abord seule dans ie conduit; la sonde, guidée par le mandrin, est ensuite poussée aüssl avant qlle possible, après qudi, bn te lire le mandrin. L’extrémité de là sondé se termine par Un petit pavillon en argent sur lequel est adapté un fil métallique bbfitourné faisant ressort et servant à fixer l’appareil en pinçant l’dilë du nez du malade. Dès que la solide est immbtlilisée on peut faire les injec lions nécessitées par la maladie. M. Delëaü préconise suftoüt les injections d’air; et, pour les pratiquer, il se sert d’une vessie en eaom-ehouc (voy. instrum. pl. X, fig. 17) qu’ilsuffildeeomprimer pour établir un courant d’air dans la trompe.

Ces douches d’air peuvent, dans certains cas, offrir un moyen précieux de diagnostic. En effet, l’opérateur, appliquant son oreille sur l’oreille du malade, reconnaît facilement quand l’air pénètre dans la caisse du tympan et revient sur lui-méme enlie Ja sonde et les parois de la trompe; dans ce cas l'obstruction n’o t pas complète, Si Je cours» d’air traverse l’oreille moyenne et sb t par le conduit additif exlerbé, il y à perforation de la irtcmbrahü du tympan. Enfin , les rftjes bu gargoullleiüëns cjü’on percevra par auseiillatiofi révéleront la présente de lidüldfea purulents ou autreti darië l'Urëillë indÿëhnë; elc;

Autre ■procédé de M. Deleau. — Quand la narine correspondant à la trompe malade est elle-même obstruée, on pratique le cathétérisme par l'autre narine, en ayant soin d’augmenter la courbure dé la sonde et en appropriant les dimensions de la partie coudée à la longueur du trajet à parcourir, pour atteindre le pavillon de la trompe. Afin 4e faciliter l’introduction du bec de la sonde, on fera bien de le redresser un peu sur la convexité do l’instrument.

Procédé de il. Gairal. — M. Gairal pousse la sonde jusqu’à l’extrémité postérieure des fosses nasales; aussitôt que Je bec de l'instrument ne repose plus sur le plancher, il Iqi fait décrire un quart de cercle de bas en haut et en dehors; alors, il suffit de pousser un peu la sonde pour engager son extrémité dans Je pavillon de la trompe, tout en continuant un léger mouvement de rotation en dehors, qui engage plus profondément l’instrument dans la trompe.

Le pavillon de la sonde de M. Gairal porte des divisions qui indiquent les limites du mouvement de rotation à opérer.

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