CHEILOPLASTIE DE LA LÈVRE INFÉRIEURE
Les méthodes italienne et indienne sont abandonnées aujourd’hui; la méthode française ou par glissement est seule usitée. Quel que soit le procédé employé, une indication importante h remplir est de conserver le plus de muqueuse possible pour recouvrir la lèvre nouvelle.
Procédé de Chopart (voy. pl. 44, fig. 6). — La ttimehr est comprise entre deux incisions verticales et parallèles partant du bord libre de la lèvre et descendant jusqu’à la région süs-liÿoïdienné. Ces deux incisions déterminent un lambeau quadrilatère qu’ofi dissèque ensuite du haut en bas. La dissection, une fois faite, oii ëxcise toute la partie malade du lambeau par une incisioij horizontale. Pour réparer là perte de substance produite par l'a- WdtioÜ de la tüineur, il suffit dé faire baisser la tête dü malade pendant qu’on élève le lambeau jusqu’au niveau dés commissures labiales ou de la portion réservée de la lèvre inférieure. On maintienne lambeau en position par des points de suture placés latéralement sur les dèux incisions perpendiculaires.
Si l’on a pu recouvrer une partie de la muqueuse, elle servira pour recouvrir la lèvre nouvelle. Dans le cas où le bord libre de la lèvre Serait saih; on pourrait également le réservéf en incisant les téguments malades au-dessous de lui afin de pouvoir l’appID qUer ensuite sur le lambeau quadrilatère relèvé (Viguerie).
Procédé de M. Roux de Samt-Maximin. — La tumeur étant enlevée par une incision en demi-lune, qui va d’une commissure à l’autre, M. Roux dissèque lès téguments en bas; il les isole du maxillaire inférieur et pousse la dissection jusqu’à la région sushyoïdienne dans une étendue proportionnée à la perte de substance à réparer. La peau du menton forme ainsi au-devant du maxillaire une poche mooile, un véritable tabiier qu’On peut remonter jusqu’au niveau delà lèvre inférieure et maintenir dans cette position à l'aide de bandelettes agglutinatives ou d'un bandage, jusqu'à parfaite cicatrisation. Si la tumeur s’étend sur ia joue, on peut débrider les commissures et prolonger jusqu’à l’extrémité externe du débridement l’une des cornes de l'incision
Procédé de M. Morgan. — Pour faciliter la dissection du lambeau qu'on doit rempoter, M. Morgan a modifié le procédé précédent en incisant verticalement les téguments, à partir du milieu de l’incision setni-lunaire. On a ainsi deux lambeaux qu’on peut dissé-; quer facilement, remonter au niveau des commissures et réunir sur la ligne médiane par des points de suture.
Procédé de M. Malgaigne. — « Toutes les parties dégénérées doivent être enlevées d’abord, soit par une incision en V, soit par deux incisions verticales descendant jusqu’à la base de l’os maxillaire, et réunies là par une incision transversale.
« Dans le premier cas on aura une pette de substance triangm laire; il convient alors de prolonger les angles de la bouche de chaque côté par une incision transversale, et de disséquer de façon
à obtenir deux lambeaux triangulaires. On en réunira les bords verticaux, sur la ligne moyenne, à l’aide de points de suture ; quant au bord supérieur, tout ce qui dépassera l’étendue qu’on veut donner à la lèvre sera également recousu à l’autre bord de l'incision horizontale.
« Dans le second cas , la perte de substance est quadrilatère ; aux deux incisions qui prolongent les commissures, il faut en ajouter deux autres parallèles qui longent la base de la mâchoire. On pourra ainsi détacher parla dissection deux lambeaux latéraux quadrilatères, qu’on réunira l’un à l’autre sur la ligne moyenne, et aux autres incisions, partout où besoin sera.
« Il résulte de ce procédé , que les joues seules contribuent à former la lèvre dont le bord libre est constitué par le bord saignant de l’incision horizontale. De cette manière, la lèvre nouvelle contient des fibres musculaires appartenant à l’orbiculaire et h ses antagonistes; elle est recouverte en arrière par une muqueuse naturelle; et même on peut recouvrir son bord libre par la muqueuse en se servant du procédé de Dieffenbach. » ( Manuel de médecine opératoire.)
On a rarement l’occasion de pratiquer la cheiloplastie de la lèvre supérieure. — Les pertes de substance seront ici réparées au moyen de lambeaux empruntés aux joues. Suivant le cas on remplira les indications fournies par la nature, et la forme des pertes de substance à réparer.
GÉNOPLASTIE.
Quand les pertes de substance qui nécessitent cette opération sont peu considérables, on peut se borner à aviver les bords de la plaie, à les disséquer, puis h les réunir au moyen de quelques points de suture. (Roux, de Saint-Maximin.)
Si la perle de substance est de nature à ne pouvoir être réunie par ce procédé, on pourra emprunter un lambeau à la région cervicale et restaurer la joue par la méthode indienne ou par la méthode française. La forme, les dimensions et le lieu de la perte de substance fournissent à l’opérateur les indications à remplir. Dans tous les cas, on se conformera aux principes généraux que nous avons établis en traitant de la blépharoplastie et de la cheiloplastie.