‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicale [electronic resource]Chapitre 107 sur 172 · OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR L’ABDOMEN · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR L’ABDOMEN

PARACENTÈSE DE L’ABDOMEN.

Anatomie, fig. 1 et 2. — C’est généralement sur le milieu d’une ligne a c, fig. 1, s’étendant de l’épine iliaque antérieure gauche à l’ombilic que les chirurgiens français plongent le trocart dans l’opération de la paracentèse. On évite ainsi les parties charnues de la paroi abdominale et la lésion de l’artère épigastrique, b, fig. 2, qui rampe sous le muscle droit a, de l’abdomen. En Angleterre , cette opération se pratique sur le trajet de la ligne blanche a b , fig. 1.

La paracentèse abdominale a pour but l’évacuation d’un liquide accumulé dans le péritoine. C’est généralement dans l’ascite qu’on la pratique; or, cette maladie peut être compliquée, 1° par un état de grossesse; 2° par un kyste de l’ovaire; 3° par des cloisons constituant une hydropisie enkystée ; 4° par une hydrocèle congéniale Ces diverses complications peuvent fournir à l’opérateur les indications du point où la paracentèse peut être pratiquée. Dans les cas de grossesse, il faut surtout éviter l’utérus. C’est dans ce but que Scarpa proposa de faire la ponction dans l’hypochondre gauche, un peu au-dessous de la troisième fausse côte. L’ombilic était indiqué par Ollivier d’Angers. M. Velpeau pense qu’on peut pratiquer sans danger la ponction dans toute l’étendue du flanc gauche. L’époque de la grossesse, la direction du corps de l’utérus, etc., seront prises en considération par l’opérateur pour le choix du procédé à suivre. Dans le cas d’hydrocèle congéniale, Morand et Ledran ponctionnaient l’hydrocèle. Dans l’hydropisie enkystée et dans les cas douteux, la fluctuation et la saillie formée par le liquide indiqueront le lieu de l’opération.

Procédé ordinaire. Ponction avec le trocart. — L’appareil instrumental se compose d’un trocart , d’un bandage de corps et de petites compresses destinées au pansement avec lequel on comprime le ventre à mesure que le liquide sort.

Le malade est couché sur le bord de son lit; l’opérateur détermine par la percussion le niveau et l’étendue du liquide épanché, afin de ne point plonger le trocart dans un point de la paroi abdominale

recouvrant des anses intestinales. Un aide pressera méthodiquement avec ses deux mains le côté opposé à celui de l’opération.

L’opérateur saisissant alors le trocart à pleine main, le doigt indicateur avancé sur la tige (voy. pl. 65, fig. 1), afin de limiter la longueur du trocart qui doit traverser la paroi abdominale, plonge l’instrument dans l’abdomen d’un seul coup. La canule est ensuite maintenue en place d’une main et de l’autre on retire le trocart. Des flocons nageant dans la sérosité , ou bien des anses intestinales peuvent obstruer l’ouverture de la canule et empêcher le liquide de s’écouler : il suffit d’introduire dans la canule un stylet ou de la tourner en différents sens pour écarter l’obstacle. L’écoulement du liquide doit se faire d’une manière lente, et pendant cet écoulement un aide exerce une compression progressive avec le bandage de corps. Cette compression a pour but d’empêcher la dilatation trop brusque des vaisseaux mésentériques, et de prévenir la syncope qui pourrait résulter d’une déplétion survenant trop subitement dans une autre partie du système circulatoire.

Quand l’évacuation du liquide est suffisante, on retire la canule, on applique une petite compresse sur la plaie et on maintient la compression avec le bandage de corps.

Procédé de M. Fleury du Val-de- Grâce. — Il consiste à introduire dans la canule du trocart une sonde de gomme élastique et à retirer ensuite la canule pour laisser la sonde en place.

La sonde suit mieux le retrait des parois abdominales et peut être plongée plus profondément que la canule, avantage qui permet de la laisser ii demeure pendant plusieurs heures.

S’il survenait une hémorrhagie, ce qui est très-rare, on laisserait la canule dans la plaie, ou on la remplacerait par un fragment de bougie de cire, ou de gomme élastique; on pourrait aussi soulever la plaie dans un pli de peau et comprimer ce pli.

Procédé de M. Baudens. — Il arrive quelquefois que l’épanchement abdominal se fait jour au niveau de l’ombilic , après en avoir distendu et ulcéré la peau. Cette ouverture accidentelle et fistuleuse permet au liquide qui s’épanche de s’écouler chaque jour. C’est pour imiter ce résultat que M. Baudens imagina une canule qui, laissée à demeure et se bouchant à volonté , permet au malade d’écouler nu dehors la sérosité au fur et à mesure que l’épanchement se forme. L’ombilic est le lieu d’élection choisi par M. Baudens pour l’application de sa canule. Ce procédé qui nécessite un instrument spécial n’est qu’une modification heureuse du procédé de M. Fleury.

Nous n’insisterons pas sur les différents moyens, injection, corps étrangers, etc., proposés pour la cure radicale de l’ascite.

Ces procédés sont périlleux, et mieux vaut recourir à l’opération de la paracentèse toutes les fois que la maladie l’exige.

GASTROTOMIE,

Cette opération ne peut être motivée que par la présence d’un corps étranger dans l’estomac et dans le cas seulement où le corps étranger, ne pouvant remonter par le pylore, détermine des accidents graves et fait saillie à l’extérieur. C’est alors sur la tumeur ou sur l’abcès déjà formé que l’incision sera pratiquée. Mais si les signes extérieurs de la présence du corps étranger manquent , on peut faire sur la ligne blanche, dans la région épigastrique, une incision longue de sept à neuf centimètres. Le péritoine sera divisé avec précaution, le colon transverse abaissé et la face antérieure de l’estomac dégagée et mise à nu sera incisée dans des limites qui ne permettent pas d’atteindre les artères coronaires.

Il est inutile d’insister sur les dangers auxquels expose une opération aussi grave, et avant de pratiquer la gastrotomie, les chirurgiens feront bien d’employer les instruments lithotriteurs qui peuvent être facilement introduits par l’œsophage.

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