POLYPES DES FOSSES NASALES. ( PL. 46, FIG
Le traitement chirurgical de ces polypes est souvent subordonné à la nature, au siège et à la forme de ces affections.
Relativement à leur nature les polypes sont divisés en : lo polypes mous, muqueux ou vésiculaires; 2° polypes charnus; 3° polypes durs, fibreux, cartilagineux; 4° polypes fongueux ou carcitnomateux.
lo Les polypes muqueux sont les plus communs et les moins
graves, ils sont formés par une substance grisâtre, peu vasculaire et souvent composée de vésicules contenant de la sérosité. En général peu adhérents et souvent pédiculés, ces polypes sont facilement enlevés par arrachement. Ils naissent de la paroi supérieure et externe des fosses nasales.
Les polypes charnus sont riches en vaisseaux sanguins. Ils sont souvent très volumineux et ils repoussent et déforment les parois qui font obstacle à leur développement.
3o Les polypes durs et fibreux, moins fréquens que les précédées sont formés par un tissu dense presque complètement dépourvu de vaisseaux. Ils refoulent et souvent corrodent les parois osseuses. Leur implantation est plus ou moins éloignée du lieu , où on les observe et leur pédicule est quelquefois très résistant.
4» Sous le nom de polypes fongueux (polypes malins), les auteurs ont décrit des tumeurs molasses, douloureuses, saignant avec facilité mais dont la nature n’est pas encore parfaitement déterminée. Avant de tenter les opérations, le chirurgien devra rechercher, autant que possible, quelle est la véritable nature du polype. Une affection carcinomateuse commanderait la plus grande réserve.
[.es procédés opératoires généralement employés aujourd’hui sont : 1° la cautérisation; 2o la torsion; 3o V arrachement ; 4o Vexcision et la ligature.
lo Cautérisation. — On peut employer tous les caustiques solides ou liquides. Les caustiques liquides tels que l’acide sulfurique, le nitrate acide de mercure, le beurre d’antimoine, etc, seront portés sur le polype avec un pinceau. On devra se servir d’un petit spéculum nasi afin de protéger les tissus sains contre l’action du caustique, et on répétera plus ou moins souvent les cautérisations suivant l’étendue et la nature du mal.
Sous le nom de Caustique de Jensck, un mélange d’acide sulfurique, de beurre d’antimoine et de nitrate d’argent, a joui d’une grande célébrité en Allemagne. Le nitrate d’argent et le fer rouge comptent aussi des succès. Le fer rouge sera surtout applicable aux polypes muqueux qu’on peut atteindre dans le pharynx. On ne devra le porter dans les narines qu’avec beaucoup de prudence et d’adresse parce qu’il peut déterminer des accidens inflammatoires qui se communiqueraient au cerveau.
2° et 3° La torsion et V arrachement sont souvent combinés. On les pratique avec des pinces dites à polypes (voy. instrum., pl. XII, fig. 1 et 2) M. Gerdy se sert avec avantage d’une pince très forte, dont les mors sont armés de dents depuis l’extrémité jusqu’au pivot de l’instrument. Cette pince ressemble assez à la pince à phimosis (voy. phimosis); elle permet de saisir solidement une