DE LA PREMIÈRE ÉDITION
« // na pas été donné en France, depuis Bazin et Hardy, de Traité général des affections cutanées qui pût servir de guide classique à t élève ou de guide pratique au médecin », disent MM. E. Besnier et A, DoYON, dans l'introduction de leur traduction des Leçons sur la pathologie et le traitement des maladies de la peau de M. le professeur Moritz Kaposi, de Vienne.
Certes, pour ne pas remonter aux vieux maîtres fondateurs de la dermatologie française, aux Alibert, aux Rayer, aux Cazenave, aux Devergie, etc., le Monument impérissable de Bazin, le Traité pratique et descriptif des maladies de la peau de M. le professeur Hardy, les Notes et additions, véritable traité de dermatologie, intercalées par MM. E. Besnier et A. DoYON dans leur dernière traduction de l'ouvrage
CHATELAIN. — 2»ÉDir. 1
PRÉFACE
du savant dermatologiste viennois, le Traité, malheureusement inachevé, des maladies de la peau de MM. J.-B. HiLLAiRExet E. Gaucher, le Traité descriptif des maladies de la peau, publication à peine commencée, de MM. H. Leloir et E. Vidal, enfin le Traitement des maladies de la peau de M, L. Brocq, sont des œuvres véritablement magistrales, mais qui ne peuvent s'adresser qu'à un public médical restreint, déjà au courant des choses de la dermatologie, à des dermatologistes de profession.
Seul, jusqu'à présent, le Manuel pratique des maladies de la peau, dû à la plume de notre savant confrère M. le D'' F. Berlioz, professeur à l'École de médecine de Grenoble, pouvait convenir aux étudiants ou aux médecins, peu ou point versés dans les études dermatologiques' et facilement égarés dans les dédales de cette branche de la médecine si remaniée à l'époque actuelle. Mais si, d'une part, les traités volumineux sont délaissés par le plus grand nombre des lecteurs effrayés par la diversité et par l'accumulation des détails, il faut bien, d'un autre côté, reconnaître qu'une description trop abrégée des dermatoses ne peut guère permettre au praticien et à l'étudiant d'émettre avec assurance un diagnostic précis et d'en déduire
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les conséquences thérapeutiques et pronostiques qui en découlent.
D'ailleurs, en médecine comme partout, les meilleures descriptions ne vaudront jamais les leçons de choses: une minute d'auscultation est préférable, pour apprendre à diagnostiquer un souffle, à la lecture de dix pages de théorie. Ce principe, applicable dans toutes les branches de la science médicale, est vrai surtout en dermatologie, et V éducation de l'œil, suivant l'expression si juste de M. le professeur A. Fourmeu, est ici absolument indispensable.
Or, combien rares sont les médecins qui ont étudié de visu les maladies de la peau ! « La majorité des étudiants, disent MM. E. Besnier et A. Doyon [loc cit.), termine ses études et reçoit le grade de docteur non seulement sans jamais avoir étudié à l'hôpital Saint-Louis, mais sans y avoir jamais pénétré. »
Depuis quelque temps, toutefois, la réorganisation de l'enseignement médical est à l'ordre du jour; de toutes parts, cliniques officielles et particulières se disputent les élèves et redoublent d'ardeur pour semer la bonne parole. C'est pour joindre à l'œuvre commune nos humbles efforts que nous
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Dous sommes décidé à publier notre Précis iconographique des maladies de la peau, destiné, suivant nous, non pas, bien entendu, à remplacer les ouvrages de haute portée que nous signalions plus haut, mais seulement à guider, dans l'étude de notre spécialité, tout à la fois l'esprit et l'œil des commençants.
Donner des affections cutanées, en puisant aux sources les plus autorisées, une description aussi succincte mais aussi exacte que possible, en mettre sous les yeux du lecteur, grâce à la libéralité de notre éditeur qui nous a assuré la collaboration de l'éminent artiste dermatographe, M. F. Méheux, une reproduction aussi fidèle que faire se peut, tel a été simplement le but modeste que nous nous sommes fixé.
Nous nous sommes donc attaché surtout, après avoir, dans les notions 'préliminaires , pris langue avec le lecteur, à présenter des affections cutanées par le texte et par la figure (1) un tableau clinique
(1) La plupart de nos planches ont été exécutées d'après les ma^ lades de nos divers services, clinique, dispensaire, etc. ; seules, les planches XV et XLI sont reproduites : la première, d'après un malade de M. le I)"" Thibier^e, suppléant M. le D'' E. Besnier à l'hôpilul Saint-Louis; la seconde, d'après un malade du service de M. le D"" Tenneson, auxquels nous adressons nos bien sincères remercîments pour l'obligeance avec laquelle ils ont bien voulu mettre ces deux malades à notre disposition.
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fidèle, reléguant au second plan les questions anatomo-pathologiques et étiologiques souvent encore controversées dans beaucoup de cas, laissant presque complètement dans l'ombre les discussions parfois trop théoriques de la haute dermatologie.
Comme l'ont fait les auteurs des livres les plus récents sur les maladies de la peau, nous avons adopté l'ordre alphabétique.
Nous ne nous dissimulons point les imperfections de notre travail; mais le souvenir de nos efforts personnels au début de nos études dermatologiques nous a soutenu dans l'œuvre difficile que nous avions entreprise.
C'estl'espoir de rendre service à nos confrères en vulgarisant parmi eux l'étude si attachante des maladies de la peau, qui nous a engagé à poursuivre avec énergie le but que nous nous étions proposé.
E. CHATELAIN, de Paris.
31 mars 1893.