‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 50 sur 120 · térébenthine · texte numérisé non relu

térébenthine

. , ^, , , aa .) crammes.

Ichtliyol \ "

Unguentum zinci 10 —

le matin, friction à l'eau glacée, suivie de l'application de poudre d'amidon sinapisée.

Hebra conseille l'emploi de la pommade suivante (onguent de Hebra) :

Litliarge 100 grammes.

Huile d'olive 40 —

faire chauffer doucement et ajouter :

Aqua fontis q. s.

pour obtenir un onguent de consistance assez ferme, auquel on ajoute :

Huile de lavande 10 grammes.

On enveloppe complètement le pied (faces dorsale et plantaire, doigts séparément) dans cet emplâtre dont on a étalé sur un linge une épaisseur de 2 millimètres environ, le malade se chausse avec des bas et des souliers neufs; le lendemain, on enlève le linge, on frotte le pied sans le aver et on refait un nouveau pansement, cela pendant dix

ÉPIÏHÉLIOME.

OU quinze jours. Au bout de ce temps, on poudre avec des poudres inertes; quelques jours après, l'épiderme tombe et l'affection est guérie, sauf dans certains cas, où l'on doit recommencer le même traitement immédiatement.

Ce traitement, infaillible d'après Hebra, Kaposi, etc., a échoué entre les mains de L. Buoco-

ÉPITHÉLIOME

Synonymie. — Épithélioma. — Cancro'ide. — Cancer épithclial. — Ulcère chancreux. — Ulcère rongeant. — Ulcère cancéreux primitif. — Carcinome épithélial. — Chancre malin. — Cancer bâtard. — Cancer faux. — Noli me tang-ere. — Cancer des ramoneurs. — • Cancer cutané. — Cancer cellulaire plat. — Ulcère cancro'idal.

Définition. — C'est une lésion du tégument due à la prolifération dans l'épaisseur des tissus d'éléments plus ou moins semblables à l'épithélium normal.

Symptomatologie. — A sa période d'état, l'épithéliome consiste en une ulcération plus ou moins grande, de forme arrondie ou allongée, parfois irrégulière, inégale, dont le fond, d'un rouge sombre, granuleux, bourgeonne et fournit une suppuration peu abondante, quelquefois sanguinolente ; les bords de l'ulcération sont saillants, durs, renversés en dehors, recouverts de petites croùtelles.

L'épithéliome est ordinairement unique; lorsqu'il en existe plusieurs, ils sont presque toujours voisins les uns des autres, quelquefois môme confluents.

L'affection ne provoque aucun symptôme subjectif accentué : rarement de la douleur, parfois quelques élancements ou une légère sensation de prurit.

ÉPITHÉLIOME.

Siège. — L'épithéliome se rencontre ordinairement à la face : nez, front, joues, angles des panpières, lèvres, surtout l'inférieure; on l'a vu au pénis, sur les orteils, sur les doigts.

Marche. — La marche de cette affection, quelquefois rapide, est le plus souvent très lente, l'épithéliome mettant dix ou vingt ans à évoluer. La guérison spontanée a été observée (Hardy) ; dans la plupart des cas, l'ulcération gagne en surface et en profondeur, les ganglions lymphatiques se prennent en môme temps que les tissus sous-jacents sont envahis et bientôt survient la cachexie cancéreuse [épithé- Home térébrant, malin, phagédénique, mutilant, etc.).

Pronostic. — ïoujoursgrave, le pronostic varie suivant le siège de l'affection, plus grave lorsqu'elle est située au voisinage des muqueuses.

Diagnostic. — L'épithéliome diffère de \di verrue simple en ce que celle-ci ne desquame ni ne s'ulcère.

Il se différencie de Y acné sébacée concrète et de la séborrhée en ce que, dans ces affections, lorsqu'on enlève la plaque grise, on constate qu'au-dessous d'elle l'épiderme n'est pas ulcéré. Enfin, le diagnostic des ulcérations épithéliomateuses et des ulcérations syphilitiques et scrofulotuberculeuses se fera grâce aux caractères suivants : dans l'épithéliome, les bords de l'ulcération, qui saignent facilement, sont durs, saillants, renversés en dehors; dans la syphilis, les bords sont limités, à pic, taillés à l'emportepièce, non saillants ; dans la scrofule, les bords sont minces, déchiquetés et décollés; la douleur, lancinante, dans l'épithéliome, lorsqu'elle existe, manque dans la syphilis.

Dans tous les cas, l'âge du malade, la dimension, le siège

ÉPITHÉLIOME.

et la longue durée de l'afFection aideront singulièrement à établir le diagnostic.

Étiologie. — L'épithéliome ne s'observe guère que chez les gens ayant dépassé la cinquantaine ; ce sont les hommes qui en sont le plus fréquemment atteints.

Depuis quelques années, on tend à démontrer que l'épithéliome est de nature parasitaire.

Un point acquis, c'est que les irritants locaux ont sur sa production une influence considérable, comme on a pu le constater très fréquemment chez les fumeurs, les ramo- . neurs, les raffmeurs, etc.

Variétés. — L'épithéliome comprend deux variétés principales : l'ÉPITHÉLIOME PAPILLAIRE Ct I'ÉPITHÉLIOME PERLÉ.

1° L'épithéliome papillaire ressemble pendant longtemps à un papillome, qui devient un peu douloureux, saignant, se recouvre de croûtelles noirâtres.

Cette forme est rangée par E. Besxier et A. Doyon dans l'épithéliome multiforme [épithélioines maculeux, papillaire, verruqueux , rhagadiqiie , papy racé , hyperkératosique , corné, eczématoïde , végétant [épilhéliome papillomateux , papillome malin (Kaposi) , ulcérant, cratér/fo7'me,elc.,eic.),

2" L'épithéliome perlé consiste en une plaque souvent arrondie, couverte au niveau de ses bords, légèrement saillants, de petites tubérositésblanches, nacrées, lisses et brillantes, véritables perles épithéliomateuses ; le centre en est squameux oanlcéreu's.^épithéliomeperlé, ulcérant, rongeant, crateriform-idcer de Jonathan Hutchinson, rodent ulcer des auteurs anglais (Arthur Jacob, W. Tilbury Fox, T. Colcott Fox, etc.), ou cicatriciel [épithéliome perlé, superficiel, plan, syphiloïde, lupo'ide.

Cette forme est généralement bénigne et superficielle.

ÉPITHÉLIOME.

E. Besnier range sous les noms à' épithélioine aciiéique, séborrhéique, sébacé, sudoripare, les épithéliomes « à début acnéiforme » comme Vacné sébacée concrète [cancroïde d'ArDOUARD), dans lesquels des croûtes, molles et graisseuses, possèdent des prolongements qui partent de l'intérieur des follicules et recouvrent une surface rouge, saignant facilement et bordée ou non de perles.

Ces formes prolifèrent souvent plus ou moins {épithéliomc végétant en tumeur , fongueux, etc.) avant de s'ulcérer.

Ce sont des variétés analogues qui se développent sur les verrues plates séborrhéiques ou la crasse des vieillards.

Anatomie pathologique. — L'anatomie pathologique de l'épitliéliome est encore à l'étude; on le considère comme un épithéliome lobulé ou tubulé.

Traitement. — La destruction complète de l'épithéliome est la base du traitement, quels que soient les moyens employés.

On peut détruire la lésion à l'aide de tous les caustiques connus, mais ils doivent être maniés par le médecin, seul capable de les utiliser avec assez d'énergie pour détruire la lésion et non l'irriter, ce qui irait contre le but et aggraverait la maladie ; les caustiques les plus usuels dans ce cas sont la pâte de Vienne ou de Canquoin, la pâte du Frère Gôme, l'acide lactique (Mosetig), la pommade à l'acide pyrogallique au dixième (Ka.posi), le mélange de Manec :

Acide arsénieux 2 parties.

Sulfure de mercure 6 —

Éponge calcinée ■12 —

Tous ces caustiques, appliqués sur la lésion préalablement nettoyée, y sont maintenus pendant un temps va-

ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES

riable au bout duquel le néoplasme se détache et tombe spontanément.

Contre les épithéliomes ulcérés, E. Besnier et A. Doyon recommandent le bromure de potassium et le nitrate de plomb en poudre.

Lorsque les malades y consentent, la cautérisation ignée est préférable aux caustiques; on se sert du galvano-cautère ou de la pointe fine du thermo-cautère et l'on panse avec la pommade boriquée ou aristolée, la poudre de salol, d'aristol, les emplâtres de même nature, etc.

Enfin, le meilleur traitement consiste dans la rugination à fond, enlevant complètement tous les tissus malades, l'hémorrhagie est arrêtée avec le coton hydrophile et l'on panse avec le chlorate de potasse (très douloureux), les poudres de bismuth, d'aristol, de salol, etc.

ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES

ÉRUPTIONS TOXIDERMIQUES (Princk a. Morrow et James C. White)

Définition. — Ces éru[)lions peuvent être dues à des causes externes, à des contacts irritants divers appliqués directement sur la peau [éruptions ariificielles par action locale de Hardy; éruptiom artificielles provoquées directes de Bazin; dermatites traumatiques et vénéneuses des dermatologistes américains) ou à des causes internes, ingestions d'aliments ou de médicaments [éruptions artificielles de

CHATELAIN. 2' l'iDlT. 12

cause interne ou provoquées indirectes ou pathogénétiques de Bazin; dermatites toxiques des Américains .

Symptomatologie. — Les éruptions peuvent être érythémateuses, urticariennes, purpuriques, papuleuses, vésiculeuses, pustuleuses, huileuses, escharotiques, et ces lésions coïncident souvent les unes avec les autres; certaines d'entre elles sont toutefois plus spéciales à certains irritants déterminés, exemple : la bulle pour la cantharide, la pustule pour l'huile de cade, le tartre stibié.

Enfin, on voit parfois de véritables affections cutanées (eczémas, lichens, etc.) s'établir chez des sujets prédisposés atteints pendant longtemps ou fréquemment d'éruptions artificielles.

Les symptômes subjectifs varient avec l'agent producteur de la lésion, avec l'intensité de cette dernière et avec la sensibilité de l'individu atteint.

Ce sont, en général, des sensations de chaleur, de cuisson, de démangeaison ; parfois, lorsqu'elles sont intenses, on a constaté de la fièvre, de l'anorexie, de la céphalalgie, etc.

Siège. — Ces éruptions siègent toujours aux endroits irrités, mais peuvent, dans certains cas spéciaux, se généraliser.

Pronostic. — Le pronostic est toujours favorable en raison de l'adage : sublatâ causâ, tollitur effecius; il peut néanmoins être assombri par suite d'une complication,

qui peut se produire, consistant dans le développement d'une dermatose véritable.

Diagnostic. — En dehors des commémoratifs, les éruptions artificielles de cause externe possèdent des caractères qui leur sont propres et qui permettent de les distinguer; ce sont :

1° Le siège : régions découvertes comme la face, les mains, les avant-bras, ou facilement accessibles comme les régions génitales;

2° La limitation à la région sur laquelle a agi la cause provocatrice;

3° La forme bien nette dans certains cas;

4° La symétrie complète dans certains autres;

5° Enfm l'évolution.

Étiologie. — Ces éruptions se produisent sous l'inlluence d'agents irritants d'ordres différents :

Agents atmosphériques : froid, chaud, vent, chaleur du feu, soleil [eczéma solaire, érythème calorique, dermatitis calorica, eczéma caloricum), électricité.

Parasites animaux : puces, poux, acares, guêpes, cantharides, scorpions, méduses, etc.

Parasites végétaux : trichophyton tonsurans, microsporon furfur, achorion Schoenleinii , dermanyssus gallin* [prur 'ujo dermcuiijssiqur de Mégnin).

Substances âcres : farine de moutarde, sucs végétaux divers, poils de chenilles ou de plantes [erythema venenosum).

Irritants divers végétaux : arnica montana, canne de Provence, lin, quinine, etc.

Et chimiques : goudrons et dérivés, acide ohrysophanique, iode, iodoforme, salol, arsenic, viXQVcnYQihydrargtjrie,

fréquente à la suite de frictions avec les onguents mercuriels, hydrargyria mitis, febrilis, maligna, scarlatinlformis), nitrate d'argent, bichromate de potasse, elc, etc., constituant les éruptions professionnelles ou dermatoses professionnelles [gale des épiciers, eczéma professionnel, etc.).

Le vernis, la chsiux [lic/ien polymorphe mitis à'E. Vidal).

Liquides et sécrétions de l'organisme comme la sueur [intertrigo], la crasse, l'urine [diabélides génitales), les matières fécales [éry thème paratrimme), le pus de la blennorrhagie, de la vaginite, du coryza.

Symptomatologie. — Ces éruptions peuvent affecter tous les types : elles se présentent sous forme d'érythèmes (copahu, antipyrine, cliloi'al, opium, quinine, mercure); de papules (iodures et bromures) ; de vésicules (iodofoi'me) ; de pustules (iodures et bromures); de bulles (iodures, bromures, copahu); elles peuvent ressembler à l'urticaire (moules, copahu, antipyrine, chloral), à l'acné (iodures et bromures), à l'anthrax (iodures et bromures), au purpura (quinine, iodure de potassium , acide salicylique) ; elles peuvent être simplement pigmentaires (arsenic , nitrate d'argent), ou s'accompagner de gangrène (arsenic, ergot de seigle).

En dehors de l'éruption urticarienne provoquée par l'ingestion de moules, les plus communes et les plus connues sont les éruptions copahique, iodiques et bromiques, arsenicales.

Pl. XI. — Erythême copahique.

ÉRYTHÈME COPAHIQUE.

ÉRYTHÈME COPAHIQUE (Voir la planche XI.)

Occasionné par l'absorption d'une dose faible ou modérée de copahu ou de substances résineuses du même ordre (térébenthine, matico, cubèbe), cet érythème, qui est souvent précédé ou accompagné au début d'un peu de fièvre, d'anorexie, de malaise général, se présente sous la forme d'une éruption composée de taches rouges plus ou moins arrondies, plus ou moins larges, plus ou moins saillantes, disséminées çàet là ou confluentes. Ces taches, dans certains cas, se localisent à des régions bien spéciales : poignets, mains, coudes, pieds, malléoles, genoux ; dans d'autres cas l'éruption est généralisée.

En même temps que la rougeur apparaît, le malade ressent des sensations de chaleur et des démangeaisons provoquant un grattage assez intense parfois pour amener l'insomnie.

L'éruption, dès que l'on cesse l'emploi du médicament, disparaît en moins d'une semaine.

La guérison spontanée est donc toujours la règle.

On pourra calmer les démangeaisons par des moyens appropriés (voir l'article prurit) et débarrasser au besoin le tube digestif à l'aide d'un purgatif.

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