I. — TERREURS NOCTURNES
Décrites par Hesse (1845) et surtout par West, Debacker (1881), etc., les terreurs nocturnes s'observent principalement de^ à6 ans, mais peuvent se rencontrer plus tôt (11 mois dans un cas de West) et plus tard, jusqu'à 10 ou 1:2 ans, aussi bien cbez les garçons que chez les filles.
Étiologie. — Les terreurs nocturnes peuvent être dues à des li'sions erri'brales : sclérose cérébrale, tubercules cérébraux, méningite tuberculeuse à la période prodromique. — à des névroses : hystérie, épilepsie.
Plus souvent, elles dépendent de causes qui agissent sur Tencéphale par action réflexe ou toxique : troubles gastro-intestinaux, digestions laborieuses, suralimentation, facteurs que Ton retrouve presque toujours; — usage de boissons alcooliques (alcoolisme de la nourrice pour le nourrisson) ; — vers intestinaux (taenias, lombrics, oxyures); — végétations adénoïdes, qui causent pendant le sommeil des troubles respiratoires et circulatoires (p. 55).
Ces causes diverses agissent de préférence chez les enfants nerveux ou prédisposés par une hérédité névropathique. Parfois elles sont aidées par des contes effrayants, des scèues violentes, etc., qui impressionnent vivement Penfant.
Symptômes. — La crise de terreur nocturne apparaît de une à trois heures après le début du sommeil, généralement à la même heure, presque à la même minute. Brusquement l'enfant s'agite, crie, s'assied sur son lit, le regard fixe, en proie à une
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vive terreur causée par des hallucinations de la vue (il croit voir un chien, un chat, un voleur, etc.); il ne reconnaît pas les personnes qui Tenlourent. Cet état dure quehiues minutes à une heure, puis Tenfant se calme et se rendort. Au réveil il n'a aucun souvenir des évéuemenls de la nuit et parait normal.
Généralement il n'y a qu'un accès dans la nuil, quelquefois il y en a deux, exceptionnellement davantage. Parfois isolés, les accès se reproduisent le jtlus souvent plusieurs nuits de suite, il peut en être ainsi pendant 4 ou 6 semaines.
Diagnostic. — Il est généralement facile. On ne confondra pas l'accès de terreur nocturne avec les crises épileptiques, qui s'accompagnent de morsures de la langue, de miction involontaire d'urines, et au réveil de torpeur intellectuelle ; il faut se rappeler d'ailleurs que les terreurs nocturnes peuvent apparaître au cours de l'épilepsie.
Pronostic. — Il est hénin, à moins que les terreurs ne soient liées à une affection incurahle du système nerveux.
Traitement. — Il sera d'abord et surtout étiologique : traitement des troubles digestifs, des végétations adénoïdes, etc.
Le traitement proprement dit a pour but de calmer l'excitabilité cérébrale par les bromures et le chloral, dont l'association est particulièrement efficace (West).